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dimanche 29 décembre 2024

La sainte famille, plus élargie qu’on pourrait le croire, et son ancêtre royal sans scrupule

Aujourd’hui, nous fêtons la famille de Jésus. Une famille bien plus élargie que l’on pourrait le croire, car Jésus est le premier né de Marie et Joseph, et ses parents ont quatre fils que sont Jacques, José, Simon, Jude, et deux filles, vivant dans le village rural de Nazareth de 1600 à 2000 habitants, il n’ont sans doute pas fréquenté les villes hellénisées de Galilée : Sepphoris et Tibériade, et cette famille n’est pas pauvre puisqu’elle a pu cultiver des parcelles de terre, selon les traditions locales, et faisait sans doute partie des «artisans» (tekton) du bâtiment et du textile. Premier-né et sans doute objet d’une attention particulière de la part de Joseph dans l’initiation au métier et à la vie religieuse (avant sa vie publique), comme le montre sans doute l’épisode de Jésus retrouvé au Temple à l’âge de 12 ans. Joseph est sans mort quand Jésus commence sa vie publique ou après sa mort. Sa famille le suivra comme le Messie attendant l’avènement du Royaume de Dieu, qu’il annonce pour très bientôt malgré quelques tensions avec sa famille (Marc 3,21; et Jean 7,5) qui vient le chercher à Capharnaüm alors qu’Hérode Antipas cherche à l’arrêter et désire qu’il se déclare Messie lors de la Fête des Tabernacles de l’an 29  à Jérusalem sans pour autant l’éloigner d’elle, puis après la mort et la résurrection de Jésus auquel elle aurait assisté, sa famille autour de Jacques qui aurait été “disciple bien-aimé”, a longtemps dirigé, secondé par Pierre, la toute première communauté chrétienne fortement ancrée dans le judaïsme de son temps, et fidèle à la loi de Moïse permettant d’arrêter les déviations des Hellénistes autour d’Étienne entre 34 et 37 et des communautés fondées par Paul lors du concile de Jérusalem entre 49 et 52, et des parents de Jésus ont continué à jouer «un rôle des plus prédominants dans la direction des communautés chrétiennes d’origine judéenne» de Jérusalem, après la mort violente de Jacques en 62 et après 70 sous l'autorité de son «évêque» Siméon bar Clopas, qui a succédé à Jacques le Juste, non sans difficulté.

 

Au Portugal se fête aujourd’hui le Dia da Sagrada Familia, le Jour de la Sainte famille de Nazareth, qui est un jour spécial pour la plupart des familles chrétiennes qui peut prendre un tournant original. Dans le diocèse de Leiria, elle a pris une importance particulière en 2014, car le Département de Pastorale Familiale du diocèse de Leiria-Fátima a envoyé une suggestion aux paroisses pour qu'elles «donnent un caractère plus familier à l'Eucharistie, en les invitant à participer plus activement à la célébration», et à cette fin, il avançait quelques propositions, dont l'implication des familles dans la liturgie. En 2020,  pour les familles de la paroisse de Seiça, cette fête a inspiré la Pastorale Familiale à inviter les 12 chorales de la Sagrada Família de la paroisse pour un après-midi de convivialité, commençant par un temps de prière, suivi de l'écoute d'un concert de Noël du groupe Cantares das Fontaínhas et une délicieuse collation offerte par les chœurs de la Sagrada Familia. En 2023, à Fatima, dans toutes les messes du jour de la fête, après l'homélie, est dite la prière pour les familles, suivie d'un chant.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : John P. Meier, Un certain juif, Jésus. Les données de l'histoire : vol. 1, Les sources, les origines, les dates, éditions du cerf, 2004, Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Albin Michel, 2003, Françoise Chandernagor, Vie de Jude frère de Jésus, Albin Michel, 2015, Simon Claude Mimouni, Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth, Bayard, 2015, https://www.fatima.pt/pt/news/o-natal-e-uma-oportunidade-de-encontro-com-deus-e-com-os-outros-no-silencio-e-na-oracao, https://www.leiria-fatima.pt/festa-da-sagrada-familia/, et https://www.leiria-fatima.pt/seica-encontro-das-familias-no-dia-da-sagrada-familia/

 

On fête aussi le roi David (1040-970 av. J.-C.) dont prétend descendre la famille de Jésus. Il est devenu au fil de trois millénaires le père du Messie des juifs et le modèle de tout bon roi de la chrétienté, mais il faut nuancer ce portrait tardif. 

 

Fils cadet, David quitte sa maison afin de trouver des ressources, et entre d’abord au service  de Saül, roi d’Israël, cependant ambitieux, il tente de devenir roi au dépend de ce dernier puis devient le chef d’une bande de mercenaires recherché par Saül entrant au service des Philistins qui gouvernent la Palestine pour les Égyptiens notamment un de ses rois Akish de Gath qui lui donne la cité de Ziqlag et il se retrouve impliqué dans la mort de Saül au mont Guilboa, puis il se taille finalement un royaume à Juda, un État petit peu peuplé s’étendant sur les hautes terres du Sud, gouvernant d’abord à Hébron et en organisant une véritable campagne de terreur et d’assassinats dont les victimes seront Nabal afin d’obtenir Abigaïl, Abner, général d'Ishbaal, et Ishbaal, le roi d’Israël qui succéda à son père Saül, puis il prend Jérusalem, aux Jébuséen et s’y installe en faisant de ce gros bourg, ne couvrant que 3 à 4 hectares, et dont la population totale ne dépasse pas une centaine d’habitants, sa capitale. Devenu roi d’un État guerrier contrôlant les hautes terres de la région de Béthel au nord à la région d'Hébron au sud, protégé par des sites fortifiés tels que Khirbet Qeiyafa, Beth Shemesh, Tell en-Naṣbeh (Mizpah biblique), et Khirbet ed-Dawwara, qui n'a pas nécessairement pris le contrôle d'autres territoires, mais a peut-être imposé des tributs comme celui pour la confédération tribale édomite et des alliances, par la guerre et le mariage, comme les rois tribaux ont l'habitude de le faire tout en gardant en otage le roi d’Israël, Meribaal afin d’éviter une nouvelle guerre contre le royaume d’Israël et s’allia aux Philistins pour vaincre Hadadézer, roi de Tsoba, près de Damas, c’est aussi un amateur de conquêtes féminines n’hésitant pas à tuer un de ses hommes Urie pour posséder sa femme Bethsabée, qui ne recule devant rien, pas même le meurtre, notamment en fin de règne pour garder son pouvoir en tuant son propre fils Absalon, soutenu par le royaume d’Israël, et Chéba, fils de Bikri, devenu tout aussi dangereux, mais dont le pouvoir finit entre les mains de Salomon après un coup d’État. Pourtant, ce n'est qu'en 1993 qu'une preuve de son existence a été découverte, dans les débris d'une stèle en Israël.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Steven L. McKenzie, Le roi David : le roman d'une vie, Labor et Fides, 2006, Christian Elleboode, Le roi David dans la Bible revisitée, Le Lys Bleu Éditions, 2023, https://allisrael.com/biblical-kingdom-of-judah-expanded-earlier-than-original-thought-says-hebrew-university-archaeologist, https://www.geo.fr/histoire/bible-et-archeologie-ce-que-revelent-ou-non-les-vestiges-de-jerusalem-200015, https://www.haaretz.com/archaeology/2021-07-26/ty-article/was-king-david-a-nomad-new-theory-sparks-storm-in-archaeology/0000017f-f90d-d887-a7ff-f9edcc580000, et https://www.nationalgeographic.fr/histoire/david-et-goliath-la-bible-confrontee-a-larcheologie.

 

Merci, bonne fête de la sainte Famille et bonne Saint David !

samedi 28 décembre 2024

Le massacre des innocents, un mythe cachant une réalité menant à des festivités


Nous fêtons aujourd’hui les saints Innocents. Cette journée rappelle l'événement biblique connu sous le nom de Massacre des Innocents, où Hérode, le roi de Judée, a condamné à mort tous les garçons du village de Bethléem, de peur de perdre son trône au profit du nouveau-né "Roi des Juifs", annoncé par les trois mages. Les garçons assassinés sont devenus connus dans l'Église sous le nom de «Saints Innocents» et comme les premiers martyrs chrétiens. La première célébration de la Journée des Saints Innocents dans l'Église occidentale remonte à l'année 485, au "Sacrementaire Léonin". La date de célébration de la Journée des Innocents varie entre le 27 et le 29, selon le type d'Église. Pour l’Église catholique, l’Église anglicane et l’Église luthérienne, la date de célébration est le 28 décembre.

 

Ce massacre suit la date de naissance de Jésus et donne le point de départ des persécutions pour un événement survenu peu avant la mort d’Hérode, en 4 avant J.-C. Cependant, l’évangile de Matthieu est le seul texte à évoquer cet événement qui joue un rôle fonctionnel dans la littérature chrétienne. Le récit présente, Jésus comme le nouveau Moïse sauvé du massacre des enfants de Bethléem par l’ange du Seigneur comme Moïse fut sauvé par Dieu du massacre des enfants des Hébreux. Ni les autres évangélistes, ni l’historien juif Flavius Josèphe, qui partagent la même réprobation des crimes d’Hérode, n’en disent mot. Le seul témoignage qui pourrait l’attester indirectement est une plaisanterie d’Auguste, déclarant que mieux valait être le porc d’Hérode que son fils. Connue par l’anthologie tardive de Macrobe, ce bon mot doit son succès, dans le contexte culturel des calembours gréco-romains en vogue à la cour impériale, à la contamination entre un lieu commun pamphlétaire sur l’infanticide et une plaisanterie anti-juive sur l’abstinence du porc. En réalité, les rédacteurs de l’évangile de Matthieu ont fait un rappel déguisé des crimes d’Hérode envers ses probables successeurs mis en avant la mort de ses deux fils Alexandre et Aristobule sont punis de mort pour complot parricide en 7 avant J.-C., massacre programmé des notables de Judée emprisonnés dans l’hippodrome de Jéricho dont aurait échappé le père de Jésus, Joseph, et le massacre des Pharisiens qui avaient prédit que son trône lui serait enlevé au profit de son frère et de sa femme et de tout enfant qui en naîtrait, l’exécution de son fils Antipater en 4 avant J.-C., auquel on peut ajouter un autre épisode qui a pu inspirer le massacre des innocents et la fuite en Égypte présenté comme le lieu habituel de refuge pour ceux qui fuyaient la tyrannie des rois de Palestine, et donc l'auditoire de Matthieu devait trouver l'événement vraisemblable, c’est la répression par Varus, légat impérial propréteur d’une révolte en Galilée et en Judée en 4 avant J.-C, et il le fit sans douceur : il crucifia nombre de captifs, incendia Sepphoris et Emmaüs, assiégea Jérusalem, et comme Nazareth étant à proximité de Sepphoris, les parents de Jésus fuirent sans doute dans des villes galiléennes moins exposées que sont Capharnaüm et Cana. L’amalgame chrétien entre les enfants de Bethléem et les fils d’Hérode n’est pas dû à Auguste, c’est une addition introduite a posteriori et popularisée par la mémoire collective.

 

La fête au Moyen-Âge, avait lieu dans les évêchés qui possédaient une école d’écolâtres, la fête des Saints Innocents restait la leur. Elle a commencé la veille du 27 décembre et s'est terminée le lendemain. Ayant choisi parmi eux un «évêque», ces petits chanteurs prirent possession des étoles des chanoines et chantèrent à leur place. Cet évêque improvisé était chargé de présider les offices, d'entonner l'Inviatoire et le Te Deum, et d'accomplir d'autres fonctions que la liturgie réserve aux grands prélats. La crosse pastorale ne leur fut retirée que lorsqu'on chanta le vers du Magnificat : Il renversa les puissants du trône, à la fin des secondes vêpres. Ensuite, le «renversé» offrit un banquet à ses collègues, aux frais du chapitre, et revint avec eux sur leurs bancs. Cette cérémonie extravagante était également utilisée au Portugal, principalement dans les communautés religieuses. Elle inspira le jour des farces en Espagne et en Amérique latine. Au Portugal c’est différent puisque La Casa do Povo de São Roque do Faial à dans l’île de Madère organise chaque 28 décembre, la Journée des Enfants - Santos Inocentes. Cette activité a commencé il y a environ deux décennies dans le but d'honorer les enfants de la paroisse, puisque la Casa do Povo, le 1er juin, Journée des Enfants, n'a organisé aucun événement pour eux. C'est ainsi qu'est née l'idée d'honorer les enfants, dans les octaves de Noël, en souvenir des Saints Innocents, célébrés liturgiquement par l'Église catholique le 28 décembre. Le programme commence à 16h par une messe à l'église paroissiale de São Roque do Faial où le père Abraão Marcos bénira tous les enfants. C'est le point culminant des célébrations. Après la messe, dans le cimetière, aura lieu un spectacle du Grupo Recreativo da Casa do Povo, un groupe composé principalement d'enfants et de jeunes. Enfin, il y aura la visite du père Noël qui offrira des petits souvenirs aux enfants présents. Cette activité se terminera par un rassemblement de tous les enfants qui participent à l'activité, ainsi que leurs parents et membres du groupe récréatif. Et, même si le nombre d'enfants diminue, Casa do Povo maintient également ces activités, afin que ceux qui vivent ici se sentent intégrés et accueillis par l'ensemble de la société.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Raymond E. Brown, Birth of the Messiah,  Yale University Press, 1998, et https://www.mystereetvie.com/Brown_enf2.html, Édith Parmentier, Le massacre des Innocents, une construction mémorielle, dans Ékklèsia. Approches croisées d’histoire politique et religieuse, Pallas, 104 | 2017,  https://www.calendarr.com/portugal/dia-dos-santos-inocentes/, https://funchalnoticias.net/2023/12/27/casa-do-povo-de-sao-roque-do-faial-celebra-dia-dos-santos-inocentes/, https://www.jm-madeira.pt/regiao/casa-do-povo-de-sao-roque-do-faial-organiza-dia-dos-santos-inocentes-2023-EB15274257, https://santo.cancaonova.com/santo/santos-inocentes-padroeiros-das-criancas-abandonadas/, et https://www.universalis.fr/encyclopedie/publius-quinctilius-varus/.

 

Merci et bonne fête des saints Innocents !

vendredi 27 décembre 2024

La Saint Jean, un saint aux multiples identités et une célébration originale portugaise


Aujourd’hui, nous fêtons Jean l’évangéliste dont le texte est souvent tenu pour difficile. En réalité, ce saint est composite, car il mélange l’apôtre Jean, le disciple que Jésus aimait, et le ou les rédacteurs des évangiles et des épîtres selon Jean, et enfin de l’Apocalypse. C’était la période où on faisait un un feu de joie et durer la grosse buche mise durant Noël.

 

Commençons d’abord par  l’apôtre Jean, membre des Douze, fils de Zébédée et de Salomé, et frère de Jacques, un autre des douze apôtres, qui avait avec  lui et son père une grande entreprise familiale avec des employés (Marc 1,20), qui furent d’abord disciples de  Jean-Baptiste et furent appelés par le Christ parmi les disciples de Jean, avec Pierre et André, à devenir ses disciples (Jean 1,35-42), puis il suivit Jésus avec son frère Jacques et ont été qualifiés de «fils de tonnerre» par (Marc 3,17), et il fait partie de plus épisodes importants de la vie de Jésus au sein de son entourage intérieur avec Pierre et Jacques (Marc 1,19-20 ; 1,29-31; et 5,37-43, où il présent avec Pierre et Jacques à la résurrection de la fille de Jaïre; 9,2-9 où il est présent à la Transfiguration de Jésus avec Pierre et son frère, 9,38 où ils demandent avec Jacques à Jésus d’interdire à homme de chasser les esprits au nom de Jésus, un événement qui montre la radicalité des deux frères avec l’épisode où il s'est énervé face à l'hostilité d'un village samaritain (Luc 9,54); 10,35, où ils menacent sa position avec son frère sur les dix autres apôtres en cherchant une position privilégiée dans le futur royaume, 13,3-4 où il demande à Jésus sur les événements à venir; et 14,33 où il est présent jardin de Gethsémani avec Pierre et Jacques), et après la résurrection de Jésus et la Pentecôte, fut considéré comme un apôtre de premier plan secondant Pierre (Actes 3,1-3, où il est avec Pierre à la guérison de l'homme boiteux, 4,11, où il été arrêté et mis à l'épreuve avec Pierre par les autorités du Temple; 6,13 où les Douze choisissent les sept pour diriger le mouvement helléniste, 8,14- 25 où ils enquêtent sur la réception par les Samaritains de la Parole de Dieu par les Hellénistes) et un «pilier» de la congrégation messianique de Jérusalem (Galates 2,9) considéré comme l’une des trois colonne avec Jacques et Pierre, remplaçant sans doute son frère exécuté entre 43 et 44, sans doute fut-il envoyé en mission en Asie mineure, où il laissa une communauté à Éphèse pour contrer les enseignement hétérodoxe de Paul et mourut sans doute à Jérusalem lors du siège de la ville par les Romain entre 66 et 70.

 

Puis voyons ensuite, le disciple que Jésus aimait, mentionné à la dernière Cène (Jean 13,23-26), à la croix où il a reçu l'ordre d'emmener la mère de Jésus chez lui (19,26, 27), au tombeau vide (20,2-10), et au lac de Tibériade où il a été le premier à reconnaître le Jésus ressuscité (21,7), et sa proximité avec Jésus semble montrer que c’est un membre de sa famille, sans doute Jacques, le frère du seigneur, dont se référaient les communautés chrétiennes d’Asie Mineure, sans doute celle d’Éphèse où Paul séjourna trois ans (52-54), et il y a envisagé l’évangélisation des provinces romaines d’Asie, et dont les envoyés chrétiens de la communauté de Jérusalem sous l’autorité de Jacques le frère du Seigneur après le départ de Paul réussirent à reprendre en main la communauté chrétienne d’Éphèse et n’eurent pas les problèmes de Paul avec la synagogue de la ville, et enfin, le rédacteur de l’évangile qui est en réalité le fruit de plusieurs auteurs successifs dans la tradition de l’apôtre Jean qui s'adressent à des communautés chrétiennes en cours de constitution entre les années 60 et 90 en Asie, des lettres qu’on prête pour Jean 2 et 3 à un ancien nommé Jean  vers 110 sans doute originaire d’une communauté chrétienne d’Éphèse qui sont adressée à une Église, et à un certain Gaïus, et Jean 1 à un auteur anonyme postérieur entre 100 et 110 sans doute d’une communauté originaire d’Éphèse, et de l’Apocalypse écrite par un homme qui se nomme Jean à Patmos mais qui ne se qualifie jamais d'apôtre entre la mort de Néron et Domitien (68-96), dans laquelle à travers un récit imagée on voit la survie de l’Église face aux persécutions romaines.

 

Saint Jean l’évangéliste a le droit à une fête en son honneur au Portugal, celle de la Festa dos Moços, à Constantim. Elle se déroule entre le 27 et le 30 décembre, dédiée à Saint Jean l'Évangéliste, la Bielha et le Carocho comme figures rituelles, faisant leur première apparition publique lorsque le feu de joie est allumé. Le 27 décembre, après la célébration dans l’église qui ne dure qu'une heure, le temps de l'Eucharistie, se déroule tout au long de la matinée le rituel d'«invitation», c'est-à-dire la collecte et la visite officielle à tous les habitants du territoire. Le jour de la fête, deux hommes masqués, Carocho et Bielha, accompagnés de pauliteiros (des hommes masqués) et des joueurs de cornemuse, sont guidés par des majordomes à travers les rues du village pour réaliser ce rituel : offrant des lupins (légumineuse comme le soja, le pois ou la fève) et des châtaignes bouillies, ils vont de maison en maison pour collecter l'aumône, en retour avec la danse lhaço demandée par les résidents. Pour le Carocho, tous les contretemps sont permis tout au long du parcours. La ronde de collecte se termine en fin de matinée, après quoi une messe est célébrée, au cours de laquelle les pauliteiros dansent le «Señor Mio» et une fois la procession terminée, ils dansent une bonne partie de leur répertoire dans le sacré. La nuit se termine par un bal populaire et, le lendemain, le grand repas communautaire a lieu pour les habitants du pays où la viande fumée est reine, après quoi les majordomes se réunissent pour rendre les comptes et accomplir le rituel secret de la transmission du témoignage de l'année suivante.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Marie-Françoise Baslez, Bible et histoire : Judaïsme, hellénisme, christianisme, Gallimard, 1998,  Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, et Marc Venard, Histoire du Christianisme 1 : Le nouveau peuple (des origines à 250), Desclée,  2000, Yves-Marie Blanchard, Saint Jean, Editions de l'Atelier, 2007, Joseph Le Minh Thong, Qui est le disciple que Jésus aimait, éditions du cerf, 2019, Bernard Quilliet, Jean l'évangéliste, Tallandier, 2022, https://bibleinterp.arizona.edu/articles/2017/12/kok418025, https://lifecooler.com/artigo/atividades/festa-das-morcelas-ou-da-mocidade/420882, https://museudamascara.cm-braganca.pt/pages/121, https://www.cm-mdouro.pt/eventos/evento/em-tempos-de-solsticio-30, et https://www.universalis.fr/encyclopedie/ecrits-johanniques/

 

Merci et bonne Saint Jean d’hiver !


jeudi 26 décembre 2024

La saint Étienne, du premier martyr aux célébrations originales portugaises

Aujourd’hui nous fêtons Étienne, traditionnellement considéré comme le premier martyr chrétien (Actes 6-8). Membre des Hellénistes, des juifs de langue grec, doté d’un groupe dirigeant de sept personnes dans lesquels se trouve un prosélyte, paraissent avoir pris à l'égard du judaïsme une attitude tout autre que les Douze et la famille de Jésus dans la hardiesse de la polémique contre le culte du Temple et contre toute limitation locale du culte, et dans lesquels se dégagent Philippe et Étienne. Étienne sans doute le leader du groupe, est une personne charismatique, un thaumaturge inspiré, qui tient des propos radicaux contre le Temple et la Loi amenant un conflit dans les milieux juifs hellénisés, et sa lapidation fait suite à un lynchage populaire que n’a pu éviter le Sanhédrin en 36 pendant la vacance du siège du préfet de Judée. Les judéo-chrétiens ne paraissent avoir été inquiétés par les autorités juives de Jérusalem, car ils respectaient leurs accords pris entre l’an 33 ou 34. Cependant, la persécution d'Étienne est à l'origine même de la mission chrétienne : les «hellénistes» ont inauguré la mission en se rendant en Samarie (Actes 8 et Jean 4). La figure d'Étienne comme proto ou premier martyr apparaît surtout à partir du IVe siècle : les écrits antérieurs (par exemple ceux de Tertullien et d'Origène) insistent plutôt sur son caractère de prophète inspiré, et un calendrier de Nicomédie en 360 place sa fête le 26 décembre. Son culte a été bien aidé par la découverte des reliques d'Étienne dans le village palestinien de Kefar Gamala en décembre 415 par un prêtre nommé Lucien, et de sa rapide diffusion en Méditerranée orientale et occidentale en faisant venir le reliques d'Étienne à Constantinople par Pulchérie en 421, puis leur transfert à Rome en 589.

 

Le 26 décembre, jour de la Saint Étienne vient se greffer des traditions portugaises typiquement locales. Un autre exemple presque aussi ancien que l'histoire de Trás-os-Montes est la tradition du «Chocalheiro da Bemposta», qui combine des manifestations païennes, chrétiennes et profanes, avec le diable descendant dans les rues vêtu de noir, avec un masque écarlate et noir à deux cornes, une orange coincée dans chaque corne et aussi une barbiche. Cette tradition vient d'une légende selon laquelle le diable aurait tenté de séduire Notre-Dame alors qu'elle «attendait» la naissance de l'Enfant, et, en guise de punition, il aurait été condamné à mendier l'aumône pour elle et son fils. Avec des hochets bruyants, pour mieux s'annoncer au passage, le Chocalheiro descend dans la rue à deux reprises: le 26 (pour demander l'aumône à Notre-Dame) et le premier janvier (pour demander l'aumône, cette fois-ci, pour l'Enfant). Une autre tradition qui semble à première vue inhabituelle à la période de Noël est le «Magusto da Velha», une «pluie» de châtaignes du haut de l'église principale qui est célébré chaque année à Aldeia Viçosa, à quelques kilomètres de Guarda. La légende du XVIIe siècle raconte qu'une riche dame du village fit don de ses terres à la paroisse. En échange, il exigeait que la population se réunisse au moment de Noël pour prier le Notre Père en mémoire du bienfaiteur et offre 150 kilos de châtaignes qui seraient jetées du haut du clocher de l'église. C'est pourquoi le 26 décembre, à côté du grand feu de joie (le Madeiro), il y a une grande fête. Environ 150 kg de châtaignes sont projetés depuis le clocher de l'église principale. Autrement dit, il «pleut» des châtaignes pour la population, qui les mange avec le vin nouveau servi en souvenir de cette damela vieille – dont le nom est inconnu.

 

Les Caretos de Varge et d’Ousilhão continuent. Le 26 est dédié à Saint Étienne, patron des garçons avec la messe en son honneur. Pendant le déjeuner, a lieu l'élection des nouveaux majordomes. Dans le village d'Ousilhão, le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne, au matin, a lieu la Ronde de l'Aube, suivie d'une visite des quatre jeunes gens dans toutes les maisons, où ils chantent et dansent en l'honneur du saint et des habitants. Après la visite, suit une messe solennelle en l'honneur du saint, en présence de tous les acteurs à l'exception des "masques". Pendant la liturgie, le célébrant procède à la bénédiction du pain. L'après-midi a lieu le rituel de la table de Saint-Étienne, au cours duquel les pouvoirs sont transférés des majordomes sortants à ceux qui sont sur le point de prendre leurs fonctions. À la fin, une procession est organisée avec les acteurs principaux, transportés dans la charrette à bœufs, et tout le monde jusqu'aux maisons des nouveaux dirigeants, où ils mangent, boivent et dansent... La fête se termine le soir avec la "blague", la danse traditionnelle exclusive à ces deux jours de fête. La fête de Santo Estêvão de Rebordelo est célébrée les 25 et 26 décembre, elle est également connue sous le nom de fête de Caretos ou Varas. Les personnages principaux sont les caretos et les quatre majordomes qui portent le titre de «rois». Les Caretos portent des costumes aux couleurs vives, confectionnés à la main. Ils mettent des hochets à leur ceinture avec lesquels ils font beaucoup de bruit en dansant. Le masque est fabriqué à partir d’une seule pièce de cuir peint en noir. Les rituels de la fête sont deux tournées autour du village, la collecte et les Joyeuses Fêtes, la messe, les «encamisadas» et la cérémonie de transmission des pouvoirs.

 

La Festa de Santo Estêvão/Festa dos Caretos dans la ville de Torre de Dona Chama continue le 26 décembre, avec une cavalcade est organisée avec des ânes, des caretos et des madamas (les garçons se déguisent en filles et les filles se déguisent en garçons) qui animent les rues, puis la messe est célébrée et l'après-midi c’est la représentation. Il y a un combat entre chrétiens et Maures qui consiste en des combats au corps à corps simulés et se termine par la défaite des Maures. En 2014, la tradition traditionnelle associée à la fête religieuse de Saint-Étienne a été réactivée dans le village de Travanca le 27 décembre. Faisant partie des festivités hivernales des communes de Vinhais et Terra Fria Transmontana, elles commencent par le retour au village des majordomes et des joueurs de cornemuse accompagnés des enfants pour demander l'aumône. La nuit, et à peu près de la même manière qu'autrefois, les plaisanteries se déroulaient dans un corral, où avaient lieu les combats de paille, le Baile Mandado, la cérémonie d'aumône et l'apparition des deux Caretos de Travanca. Il s'agit de la seule fête de la région où se déroule le Baile Mandado au cours de laquelle les deux majordomes dictent les débats, indiquant, avec leur bâton et à chaque chant des cornemuses, qui dansent avec qui.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Maurice Goguel, XI. — Christianisme primitif et Nouveau Testament, dans Annuaires de l'École pratique des hautes études, 41, 1931, pp. 53-56, Oscar Cullmann, Origines du christianisme, dans Annuaires de l'École pratique des hautes études, 74, 1965, pp. 124-127, Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, Marc Venard (dir.), Histoire du Christianisme 1 : Le nouveau peuple (des origines à 250), Desclée, 2000, Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité: Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007, Damien Labadie, L’invention du protomartyr Étienne : Sainteté, pouvoir et controverse dans l’Antiquité (Ier-VIe s.), Brepols, 2021, Hugo Méndez, The Cult of Stephen in Jerusalem. Inventing a Patron Martyr, Oxford University Press, 2022, https://museudamascara.cm-braganca.pt/pages/124, https://museudamascara.cm-braganca.pt/pages/129, https://novidades.cidadaniaevisto.com.br/index.php/2022/02/14/natal-em-portugal/, et https://www.rotaterrafria.com/pages/330/?geo_article_id=7953.

 

Merci et bonne saint Étienne !

mercredi 25 décembre 2024

Noël, une fête ancienne avec ses traditions typiquement portugaises


Nous fêtons aujourd’hui la naissance de Jésus. C’est vers 330 que Noël a commencé à être fêté à Rome le 25 décembre. Dès le VIe siècle, l’habitude s’est prise de célébrer trois messes à Noël. Au Moyen-Âge, Noël devint une fête centrale dans le calendrier chrétien européen, marquée par des célébrations religieuses et des coutumes populaires. Dès l’an mille, les autorités religieuses s’appuyèrent sur l’importance de cette fête pour imposer une période de paix forcée en temps de guerre. La diffusion de la fête de Noël en Europe s’est opérée progressivement à travers les siècles, intégrant et transformant diverses traditions locales.

 

C’est sans doute vers la fin du règne d’Hérode le Grand (sans doute en 7 avant J.C.) qu’est né un juif nommé Yešhua, sans doute le premier né de sa famille, sa mère se nommait Myriam, et son père Yošef, vraisemblablement à Nazareth en Galilée, fondée les Nazôréens, qui prétendaient descendre du roi David et ont fondé, au deuxième siècle avant notre ère, la ville de Nazareth qui en hébreu, "le rejeton" ou "le surgeon", tel celui annoncé comme le Messie par le prophète Isaïe (Isaïe 11,1), c’est une petite ville juive du royaume d’Hérode très pratiquante, distincte de sa voisine plus cosmopolite (et condamnée) de Sepphoris au nord, dans la maison familiale qu’identifie Ken Dark sous le couvent des Sœurs de Nazareth, où il n’y a pas assez de place au niveau supérieur de la maison pour accueillir un accouchement imminent, et ce fut très probablement dans la pièce principale de la maison, à l’étage inférieur, où sa mère à sa naissance l’emmaillote et le dépose dans une mangeoire; sa naissance à Bethléem est peut-être un théologoumène pour symboliser son statut de Messie royal davidique, et il n’y eut pas de recensement à l’époque pouvant y justifier sa naissance et il n’impliquaient pas de déplacement familial, le chef de famille devant déclarer ses biens à son lieu de résidence, et il devait être considéré durant sa vie comme un descendant de David

 

Le récit de sa naissance est placé dans son contexte car dans l’évangile de Luc, son auteur s’oppose à l’adoption dans les cités grecques d’Asie Mineure de la date de naissance d’Auguste le 23 septembre à partir de 20 avant J.-C., comme premier jour de l’année, désignant l’empereur comme «sauveur du monde», signale le recensement de Quirinius à des fins fiscales qu’à connu Jésus à l’âge de 12 ans a dû aussi marquer l’imagination de l’auteur de l’évangile de Luc, car il déclencha une campagne de refus de l’impôt de Judas le Galiléen, le fondateur du mouvement zélote et ultranationaliste qui connaîtra son apogée avec la révolte juive contre Rome, réprimé dans le sang, avec la destruction du Temple en l’an 70 de notre ère commencé par sa radicalisation dans les années 50, et la présence de bergers s’inspire aussi de l’épisode d’Athrongés, un berger, qui se proclama roi à la mort d’Hérode le Grand en 4 avant J.-C. et tint conseil, entouré de ses partisans armés, avant de mourir deux ans plus tard après avoir été exécuté par Rome. Le récit de Luc est l’opposition entre le Règne de Rome et celui de Dieu. Tous deux promettent la paix, mais l'un est par la voie de la victoire (violence) et la mise en place de collaborateurs, et l'autre par la justice (non-violence)  à l’image de Judas le Galiléen contrairement aux autres prétendants messianiques (Athrongès, Simon, Judas fils d’Ezéchias) qui utilisèrent aussi la violence. En tant que tel, c’est aussi l’histoire des attentes messianiques – la croyance qu’un fils de David apparaîtrait un jour et la naissance de Jésus qui marque le début des temps nouveaux n’a pas eu lieu à Rome.

 

La nuit de Noël, il existe une autre tradition appelée «Janeiras» (qui signifie janvier), un peu similaire aux chants de Noël. Il s'agit de groupes de personnes se promenant dans les villages, allant de porte en porte, chantant à leurs voisins pour célébrer la naissance du Christ. Cette tradition dure pendant le mois de janvier.  Le 25 décembre,  jour de Noël, la tradition consistant à asseoir tous les membres de la famille à table pour manger et socialiser se poursuit. Le dîner au Portugal varie selon les régions.  L'un des protagonistes de la cuisine portugaise de Noël est le célèbre Bacalhau (morue). Il est servi avec du pois chiche, du chou portugais, un œuf et des pommes de terre bouillies, arrosé d'huile d'olive. C'est le repas le plus répandu dans toutes les régions du pays.  Cependant, dans la région du Minho, du Douro et du Trás-os-Montes, la pieuvre fait également partie de la consonne. À Porto, on mange du Farrapo Velho (sans oublier le cumin), suivi d'un poulpe rôti. Le régime sucré qui a duré jusqu'aux rois comprenait les rabanadas traditionnelles, les gâteaux bolina, la génoise, le Bolo rei, les vermicelles, pasteis de nata, entre autres. Il accompagne souvent la morue, accompagnée de légumes. À Beira-Alta et Baixa, outre la morue, la chèvre rôtie ou la dinde farcie cuite au four font également partie de la table du dîner de Noël.  En Algarve, la présence d’agneau est également courante. 

 

Il est important de mentionner les traditionnelles «Festas dos Rapazes» réalisées encore aujourd'hui par les Caretos de Varge et d’Ousilhão, dans les terres froides de Bragança pour célébrer le solstice d'hiver et ils constituent une expérience presque spirituelle. Entre le 25 et le 26 décembre, des dizaines de garçons , appelés caretos, vêtus de costumes colorés, de masques en bois et de hochets suspendus à la taille (très semblable à la tradition carnavalesque des caretos de Podence) menés par des majordomes et des joueurs de cornemuse, sautent, crient et rient au son de leurs hochets et de la cornemuse accompagnés d'une grosse caisse et d'une caisse claire, et dansent sur le roi des étoiles qui commence à se renforcer précisément à partir du 25, après la messe de Noël, semant le désordre absolu dans le village de Varge, secouant les femmes, cet acte symbolisant le retour à la terre fertile. La Festa de Santo Estêvão/Festa dos Caretos a lieu dans la ville de Torre de Dona Chama les 25 et 26 décembre. Le 25, on pratique le "Mettez les jeux sur la place", un rituel de critique sociale avec attribution de surnoms, un feu de joie est allumé et les garçons volent les ânes.

 

Les Festas do Chocalheiro ou de l'Ancien a aussi lieu le 25 décembre, un homme (le diable) habillé d'un fait de singe rustique, portant un masque rouge décoré de cornes, un serpent (symbole de fertilité) et une salamandre (associé à la mythologie dont il est à l'abri du feu), avec des flasques au village. Dans les poches, il apporte du gris qu'il tire sur ceux qu'il trouve. Les genres collectés sont ensuite mis aux enchères après la messe et le résultat est pour l’Église, qui a porté à plusieurs reprises la peau du hochet. À Mogadouro, la fête des Anciens est également faite, à Bruça, le 25 décembre, et le Careto de Valverde, également à la même date. Un homme habillé en mangion (graisse noire de burel), le corps flanqué d'un serpent, porte un masque de bois imposant, noir, enrichi d'éléments tels que le serpent, la salamandre et les cornes, où deux oranges sont skadées, et le menton sous la forme d'un testicule. Pour représenter le rôle de cette figure imposante, qui fait peur, il est nécessaire de gagner «les mandas», c’est-à-dire une vente aux enchères. Le râteau va dans la rue de Bemposta, Mogadouro, pour « compter les aumônes, mais il fait peur à ceux qui le trouvent.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Raymond E. Brown, Birth of the Messiah,  Yale University Press, 1998, et https://www.mystereetvie.com/Brown_enf3.html, John P. Meier, Un certain juif, Jésus. Les données de l'histoire : vol. 1, Les sources, les origines, les dates, éditions du cerf, 2004, Marcus J. Borg, et John Dominic Crossan, The First Christmas: What the Gospels Really Teach About Jesus’ Birth, Harper Collins, 2007, Daniel Marguerat, Révolutionnaires : Jésus, un insurgé millénariste ?, dans Choisir n° 685, pp. 10-14, septembre 2017, Ken Dark, Roman-period and Byzantine Nazareth and Its Hinterland, ‎ Routledge, 2021, https://africame.factsanddetails.com/article/entry-807.html, https://www.draft-worldmagazine.com/post/raizes-culturais-do-natal-em-portugal, https://www.evasoes.pt/roteiros/a-descoberta-das-festas-de-inverno-com-a-mascara-iberica/1050912/, https://www.excelente.pt/pt/as-principais-tradicoes-de-natal-em-portugal/, https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Pourquoi-Noel-est-il-fete-le-25-decembre-_NG_-2010-12-26-560953, https://www.lejdd.fr/Societe/pourquoi-dit-on-jesus-de-nazareth-alors-que-le-christ-serait-ne-a-bethleem-4014534, https://www.nacionalidadeportuguesa.com.br/natal-em-portugal-conheca-as-tradicoes/, et https://www.touteleurope.eu/societe/les-origines-de-noel/

 

Merci et joyeux Noël !

mardi 24 décembre 2024

Joyeux Noël à tous !

En ce réveillon de Noël, tel le père Noël, je viens vous offrir  tel le Père Noël les cadeaux, qui seront déballés le jour de Noël. J’ai choisi de me centrer sur les films qui sont devenus de véritables classiques de Noël.

 

Tout d’abord pour celle pour freyr1978,



C’est une photographie promotionnelle du film Les Quatre Filles du docteur March (1933) de George Cuckor, d'après le best-seller de la littérature américaine, sur la vie d'une famille sur fond de guerre de Sécession, entre esprit de sacrifice et rigueur morale. Le but du film était de souligner la juxtaposition entre le sacrifice et la vie de famille. C’est l’insistance du producteur non crédité David O. Selznick pour convaincre les dirigeants de la RKO qui a permis de produire ce film. Katharine Hepburn incarne avec panache l'indépendante Jo se démarque très nettement au milieu des quatre sœurs de la famille March (Joan Bennett qui cacha une grossesse avancée lors du casting et on dut adapter ses costumes, Jean Parker et Frances Dee), et Cukor s'affirme comme un grand directeur d'actrices. Un immense succès au box-office. Il est nommé trois fois aux Oscars («Meilleur film», «Meilleure réalisation», et «Meilleur scénario») et remporte celui de la meilleure adaptation.

 

… Ensuite celui pour jema-lou

 


C’est une cover blu-ray du film La vie est belle (1946) de Frank Capra, avec James Stewart, Donna Reed et Lionel Barrymore, est devenu un film culte et un véritable hymne au cinéma. Il raconte l'histoire d'un homme qui, à la veille de Noël, veut se suicider. Il est sauvé par un ange qui lui montre comment serait le monde s’il n’était pas né. Au terme de cette étrange nuit, Georges reprend ainsi goût à la vie, et renonce à mettre fin à ses jours pour profiter d'un bon repas de Noël, entouré de sa famille et de ses amis. James Stewart est formidable, et épouse son personnage,  à ses côtés, Donna Reed est aussi délicieuse qu’un sucre d’orge, Lionel est terrifiant en homme d’affaire immoral et véreux, contrastant avec Henry Travers et son rôle d’ange rédempteur candide. Ce film de Capra pose un regard réaliste sur la pauvreté, la spéculation immobilière, la stratification sociale, les manipulations politiques, les crises boursières, les mutations urbaines (post-Dépression, ici), ou la monétarisation de la vie, avec des thèmes centraux plus traditionnels comme la famille, la paternité, la difficulté à trouver sa place dans le monde ou à réaliser ses rêves, mais plein d'espoir sur ses contemporains au sortir de la guerre, pour livrer un conte fantastique, philosophique et résolument optimiste.


… Puis pour cibeline49, idefix43, PeTiTe-Fleur, et tarzan599

 

 

C’est une affiche du film Joyeux Noël dans le Connecticut (Christmas in Connecticut) en 1945 de Peter Godfrey, qui suit une New-Yorkaise, Elizabeth Lane, qui a une carrière d'écrivaine et se fait passer pour une femme au foyer vivant dans une ferme du Connecticut. Lorsque son éditeur Alexander Yardley lui propose d'organiser un dîner de Noël pour le héros de guerre Jefferson Jones, Elizabeth doit faire face à la musique alors qu'elle et Jefferson tombent amoureux au cours des vacances. C’est une comédie romantique sympathique qui joue sur le concept de fausse identité, avec en son centre l’excellente Barbara Stanwyck bien entourée par Sydney Greenstreet et Dennis Morgan, qui donne à voir une femme indépendante, célibataire, qui ne sait pas cuisiner et n'a pas de maison et qui parvient, mensonge après mensonge, à conserver l’image de la femme parfaite qu’entretiennent Yardley et Jones. Le film a très bien marché.

 

Ensuite j’offre à mes amis les anges noirs, les amis des nours, un couple de vampire (Lucinda et Lestat) et leurs proches (Angelina, Flora, Jessica, Laura, Maéva, et Thomas), et des amoureux des loups (Nad, Adam et Serena), 

 


C’est la cover du blu-ray Miracle de la 34e Rue (1947) de George Seaton avec Edmund Gwenn, Maureen O'Hara, et Natalie Wood, dans lequel Maureen O'Hara joue une employée du grand magasin Macy's chargée d'organiser la parade de Noël. Elle engage un vieil excentrique qui affirme être le vrai père Noël. Il va vite séduire la petite fille de Maureen (Nathalie Wood) bien que celle-ci soit sûre que le père Noël n'existe pas. Pendant qu'une histoire d'amour se tisse entre Maureen et l'avocat John Payne, notre père Noël fait monter les ventes de Macy's grâce à sa franchise et sa candeur (quand un jouet manque, il conseille au client de se rendre dans le magasin rival). Un procès farfelu aura lieu pour décider si le père Noël existe et si Edmund Gwenn est le bon. Au final, cela donne un mélange inattendu de féerie (le cinéma hollywoodien a toujours misé sur les croyances enfantines) et de plaidoyer pour un libéralisme sauvage typiquement américain. À coup de violons judicieux et de dialogues enjoués, Seaton aura sauvé son mélo conservateur du désastre. C’est un drôle de mélodrame mêlé de merveilleux. L’idée de base vient de Valentine Davies : observant la frénésie commerciale autour de Noël, il s’est demandé ce que penserait le vrai Père Noël s’il débarquait à l’improviste. Égratignant au passage la course aux profits des grands magasins, le film accomplit l’exploit de réconcilier l’économique et le merveilleux.

 

… à Marie et sa famille (Martial, Mathis et Germain), 

 


C’est une cover DVD de Tooth, la petite fée de la dent de lait et le mystère de Noël qui est un film fantastique familial britannique de 2004 écrit et réalisé par Edouard Nammour. Le casting du film comprend Harry Enfield, Vinnie Jones et Jim Broadbent. Dans celui-ci, scoop ! La petite souris n'existe pas ! C'est en fait, une jeune et courageuse fée, interprétée par l’excellente Yasmin Paige, originaire de Fairytopia. Ce royaume autrefois féerique et magique est désormais plongé dans la cupidité absolue. La reine des fées qui possède l'esprit magique de la citée, est la seule à pouvoir rétablir la situation, mais elle a disparu... La jeune fée décide de la retrouver, pour les enfants et pour les siens avant que Noël, Pâques et les autres fêtes ne disparaissent ! C’est drôle, amusant et fun, et voir Vinnie Jones en fée des dents vaut le coup d’œil.

 

… pour les babies anges noirs,

 


C’est une cover DVD  de l’édition spéciale du 30e anniversaire du film Le Noël de Mickey (Mickey's Christmas Carol en version originale) est un moyen métrage des studios Disney. Sorti en 1983, il est adapté du conte de Charles Dickens, Un chant de Noël (A Christmas Carol). Le moyen métrage met en scène Donald Duck, Balthazar Picsou, Mickey Mouse, Jiminy Cricket, Minnie Mouse et Dingo. Le soir de Noël, Ebenezer Scrooge reçoit la visite du fantôme de son ancien associé, Jacob Marley qui tente de lui faire entendre raison : son comportement ne pourra jamais le rendre heureux. La nuit qui suit cet entretien, il reçoit la visite successive de trois fantômes incarnant les Noëls passés, présent et futurs. Chacun des trois fantômes lui fait prendre conscience qu'il ne trouvera la paix qu'en se consacrant aux autres. Reprenant le disque de 1974 de Disney, An Adaptation of Dickens' Christmas Carol, Mattinson réunit un casting de choix. Le film est peuplé de personnages majeurs (Minnie, Dingo, Donald…), mais aussi de personnages plus confidentiels, jouant les figurants pour le plus grand plaisir des fans. Au détour d’une scène, on pourra apercevoir l’Oncle Waldo (Les Aristochats), Crapaud (Le Crapaud et le Maître d'école), ou encore des personnages revenus des Silly Symphonies ou de Robin des bois.

 

… pour Carl qui aime beaucoup les clowns



C’est une affiche de Santa's Christmas Circus Starring Whizzo the Clown en 1966 de Frank Wiziarde, met en vedette Wiziarde, avec des membres du Johnny Miller Dance Studio, emmenant les enfants au pôle Nord via un tapis magique, mais pas avant que les enfants (aussi membres du Johnny Miller Dance Studio) ne se produisent comme des animaux de cirque dans "Whizzoland". Comme à la télévision dans Whizzo qu’il réalisait pour KMBC-TV à Kansas City, les enfants sont invités pour se déguiser en clown et se joindre aux chants et aux danses, comme on peut le voir ce sont presque tous des enfants de la ville connaissaient la chanson de Whizzo. Ce film a eu un certain succès. Il été parodié par RiffTrax le 22 décembre 2016 aux côtés du court-métrage The Christmas Tree.


… pour Chantal

 


C’est une cover du DVD de L’arbre de Noël (1969 un film franco-italien réalisé par Terence Young, sorti en 1969. Dans le film, à la suite d'un accident nucléaire, un enfant est atteint de leucémie. Son père et ceux qui l'entourent décident de faire de son dernier Noël un conte de fées. Du roman de Michel Bataille, Terence Young (1915-1994)  a conservé la trame mais  il surprend son public avec de nombreuses  scènes  de la vie quotidienne filmées comme autant de courts-métrages riches en émotions. Composé par le très charismatique William Holden («Le pont de la rivière Kwai»), le surprenant Bourvil (décédé l’année suivante) tantôt amusant tantôt troublant de sensibilité, Pascal l’enfant qui a tout compris et qui tente à sa façon de réconforter les adultes, sans oublier la discrète Virna Lisi, ce quatuor  étonnant emmène «L’arbre de Noël» sur la voie de l’empathie, de la réflexion, du courage face à l’inéluctable, et des questions existentielles que beaucoup d’autres devraient se poser.


… et pour naruto-jaime



C’est une cover du blu-ray de Tokyo Godfathers (2003) de Satoshi Kon, dont les personnages principaux sont trois sans-abris à Tokyo qui, la veille de Noël, trouvent un bébé abandonné dans les ordures et décident de retrouver ses parents. Le film est présenté en première européenne au festival Nouvelles images du Japon à Paris en présence du réalisateur, qui anime également une master-class au Forum des Images à cette occasion. Film au budget un peu plus élevé (2,4 millions de dollars environ) que ses précédentes réalisations, Satoshi Kon abandonne cette fois-ci la réalité subjective pour la comédie et des thématiques plus sociales comme l'exclusion ou la fuite des réalités. Il change également de coscénariste, s'appropriant les services de Keiko Nobumoto, connue pour avoir signé les scénarios des séries animées Cowboy Bebop et Wolf's Rain.

 

Enfin, je n’oublie pas non plus, tous ceux qui suivent mon blog ou sont de passage sur celui-ci et à qui j’offre allégrement ce présent, 


 

C’est l’affiche du film L'Homme qui inventa Noël (2017) de Bharat Nalluri, avec Dan Stevens, Christopher Plummer, Jonathan Pryce, Donna Marie Sludds, et Miriam Margoyles. Le conte de Noël par excellence ! Le récit imaginaire de l’écrivain Charles Dickens et de ses personnages fictifs dont Tiny Tim et l’irascible Scrooge dans le Londres du XIXe siècle alors qu’il écrit sa plus célèbre nouvelle. Entre fiction et réalité, un splendide film familial, sur l’un des plus grands romanciers anglais.

 

J’espère que ces cadeaux vous plairont.

 

Merci et bon réveillon de Noël !

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...