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lundi 29 décembre 2025

La maison de David, de David à Jésus, et le crash du vol Jeju Air 2216, une période de deuil en Corée

Le roi David est aussi célébré en Corée, mais ce n’est pas une mémoire officielle, et la liturgie ne porte pas souvent sur lui, et il est concurrencé par la mémoire de Thomas Becket. Ainsi, tant l’ancien «Martyrologe romain» qui signale que David a été roi et prophète, que le «Martyrologe romain» révisé et publié en 2001 avec quelques corrections et ajouts en 2004, mentionnent dans la liste du 29 décembre qu’il a régné sur le peuple d’Israël en tant que roi et prophète, qu’il a porté l’Arche d’Alliance à la ville de Jérusalem et que la prophétie selon laquelle un sauveur viendrait de sa descendance s’est accomplie en Jésus-Christ

 

Le roi David aurait été un mercenaire au service du roi d’Israël, Saül qui a réussit à résister à la domination philistine, il aurait cherché à devenir roi à sa place, mais découvert, il déserta vivant de rapines, puis devint un mercenaire au service des Philistins, et s’est retrouvé impliqué dans la mort de Saül puisqu’il servait le roi philistin de Lakish, puis il a régné à force de conquête s’impose comme l’homme fort de Juda capable de rassembler sous son nom, éleveurs et agriculteurs, et d’assassinats envers Ishbaal qui a succédé à son père sur Israël et Abner, général d'Ishbaal, sur un territoire limité entre 1010 et 970 av. J.-C. de quelques villages de Judée, peu peuplé, comparé à son voisin du nord, Israël, dix fois plus peuplé à l’économie florissante, à la manière d’un chef de clan qui avait un pouvoir administratif local sur un territoire montagneux avec pour capitales, tout d’abord Hébron, puis Jérusalem, deux gros villages, puis s’assure du contrôle d’Israël en gardant en otage Meribaal et s’assurant ainsi l’appui de Philistins gouvernant la région pour l’Égypte qui voyait d’un mauvais œil la montée en puissance du puissant royaume guerrier et agricole d’Israël, il fut coupable d’adultère avec Bethsabée, dont il fit tuer son mari Urie pour la posséder, et de conflits familiaux le tout aboutissant à une fin de règne crépusculaire avec ses deux fils aînés, Amnon et Absalom, qui trouvèrent tous deux une fin tragique en tentant de succéder à leur père dont les révoltes furent appuyées par le royaume d’Israël, menant à l’imposition de Salomon sur le trône par son clan avant sa mort.

 

Après David, Salomon (970-931 av. J.-C.) continue de gouverner la «Maison de David» au centre d’un minuscule royaume du Sud, la Judée, dominé culturellement et politiquement par son grand voisin du nord, et placé sous la protection de l’Égypte, Juda ne présente aucun signe de construction monumentale, de production industrielle organisée, en particulier dans le domaine de la céramique, pas de hiérarchisation des sites et pas de peuplement suffisant pour fournir les ressources humaines à un royaume, tandis que sa capitale n’est qu’un bourg insignifiant, ce qui explique qu’il ne fut pas touché par le raid de Sheshonq en 936 av. J.-C., Roboam (931–914 av. J.-C.) continua cette alliance avec l’Egypte contre le royaume d’Israël, mais son fils Abija (914-911 av. J.-C.) fit des tentatives infructueuses pour soumettre ce dernier pour l’Égypte, et au IXe siècle cette «chefferie» est sous influence du royaume omride du nord suite au rapprochement du roi Joram avec celui-ci, et voit les premiers signes d’une architecture monumentale, y compris la construction de fortifications, apparaissent à ce moment-là dans la Shefelah à l’ouest, la vallée de Beersheba au sud et peut être aussi au nord de Jérusalem, ces sites en question servaient de centres administratifs régionaux du Royaume de Juda à l’époque de Roboam, Abija, et Asa (911–870 av. J.-C.), tout en tirant profit de l’ascension des rois araméens de Damas pour se protéger des convoitises nordistes que son développement suscitait même si Josaphat (870–845 av. J.-C.) préféra s’allier au royaume d’Israël combattant aux côtés d'Achab d'Israël lors de la bataille décisive de Ramoth en Galaad (853 av. J.-C.), confirmée par le mariage de son successeur Joram (845-843 av. J.-C.) en épousant Athalie, fille d'Achab, mais ce dernier fut tué par Jéhu, roi d’Israël (845 av. J.-C.), son fils Ochozias (843-842 av. J.-C.) hérite du trône, mais il est assassiné, et suite à la mort de son fils, Athalie s'empare du pouvoir violemment après avoir massacré tous les membres de la Maison royale de Juda le mais se fait assassiner suite à un coup d’État après sept ans de règne (842–835 av. J.-C.) qui place Joas (835-805 av. J.-C.) sur le trône qui vit Hazaël de Damas ravager tout le pays jusqu'à Jérusalem (835 av. J.-C.), suivent Amazias (805–776 av. J.-C.) qui crut se mesurer à Israël mais connut la défaite, son successeur Ozias (776-758 av J.-C.) fut plus heureux étendant son royaume sur une grande partie du territoire philistin et exerçant même, un temps, la suzeraineté sur Moab, il fut suivi de Jotham (758–742 av. J.-C.). 

 

Puis l’incorporation de Juda en tant que vassal dans la sphère d’influence assyrienne en 732 av. J.-C. avec son roi Achaz (742–726 av. J.-C.), lui permet d’entrer dans l’économie globale de l’empire assyrien, et la disparition du Royaume du Nord en 720 av J.-C. et la diffusion du modèle phénicien favorisa le développement économique de Juda, ainsi que sa démographie avec l’arrivée de réfugiés en provenance du royaume d’Israël détruit, son urbanisme et son activité scripturaire et elle provoqua une réflexion sur son rôle historique au sein du peuple hébreu. Le roi Ezéchias de Juda (726–697 av. J.-C.) lance alors une réforme religieuse dans laquelle le Temple de Jérusalem joue un rôle central, sans doute la base d’une première version de la construction du temple par Salomon. Ce dernier écrasé par les Assyriens en 701 avant notre ère, transforme sa défaite en victoire, alors qu’il a dû néanmoins verser un lourd tribut et de nombreuses villes de la région furent détruites. Une histoire officielle est d’ailleurs compilée qui cherche à unifier les traditions du Nord et du Sud et dans laquelle l’on fait relever les événements de la volonté divine. Juda devient une sorte de monarchie unifiée à l’intérieur du territoire de Juda. Les rois de la dynastie davidique s’attachèrent donc à donner une nouvelle forme à l’identité du royaume en absorbant certes la population déplacée et en incorporant ses traditions, mais en prenant garde de promouvoir aussi ses propres intérêts. Une chronologie fait se succéder Saül et David – deux rois choisis par Yahwé – mais celle-ci, écrite à travers un prisme judéen, donne la meilleure part à David à qui a été donné par Dieu, les grands palais et écuries construites au VIIIe siècle – aussi bien au Nord avant sa disparition, qu’au Sud – sont, dans la Bible, tous attribués à Salomon, et l’administration royale et des circuits commerciaux mis en place au VIIe siècle par Manassé de Juda (697-642 av. J.-C.) sont aussi attribués à Salomon. Amon (642-640 av. J.-C.) succède à Manassé, mais il est assassiné après deux ans de règne.

 

À la fin du VIIe siècle, sous Josias (640-609), le royaume de Juda se sent appelé à un grand destin. On unifie une mémoire nationale qui explique la légitimité davidique par l’impiété de l’ancienne dynastie nordiste. On centralise le culte pour mieux étendre le contrôle territorial, ce qui débouche à terme sur le monothéisme et les récits des premiers rois d’Israël sont retouchés en fonction de l’idéologie religieuse deutéronomiste qui émerge. De ce roi prometteur de la fin du VIIe siècle, un passage biblique nous apprend très laconiquement qu’il est mis à mort à Megiddo par le pharaon Neko II lors d’un ultime sursaut de l’Egypte de la Basse-époque. Catastrophique au vu de l’espoir suscité, la mort de Josias à Megiddo est à l’origine de l’expression «Armageddon» (Har Megiddo). Joaiquin lui succède qui a succédé Joachaz monté sur le trône en 609 tué par Neko II suite à une bataille et placé sur le trône par ce dernier en et obligé de faire une alliance malheureuse avec lui en 607 contre la monarchie babylonienne à laquelle il se retrouve soumis trois ans après la défaite de l’Égypte à Karkemish en 605, puis après l’échec de la campagne en Égypte en 600 du roi de Babylone, il refuse de payer le tribut et lorsque ce dernier marche sur Jérusalem, il se fait assassiner par ses hommes en 598. En 597 av J.-C., le jeune roi Joachin (598- 597 av J.-C.), se rend, évitant ainsi la destruction de la ville. Néanmoins, la famille royale et une partie de la population jérusalémite sont déportées à Babylone. Sédécias (597-586 av. J.-C.), installé par les Babyloniens, cherche une alliance avec le pharaon Psammétique III, ce qui provoque en 587 la prise de Jérusalem et la chute de Juda. Suite à ces événements, une deuxième déportation a lieu. Avec la période postexilique, qui suit l’annexion de Juda par Babylone et la déportation des élites judéennes sur les bords du Tigre, durant laquelle la révision deutéronomiste se poursuit en exil avec l’insertion d’annonces prophétiques, lesquelles promettent en consolation le retour d’un descendant de David sur le trône d’Israël, commence le temps de Yehoud, province babylonienne puis perse, hellénistique et enfin romaine. Plus tard, bien après le retour des exilés en terre de Judée (fin du VIe siècle avant notre ère), les livres des Chroniques sont rédigés (IVe siècle avant notre ère), ils revisitent l’histoire d’Israël et de sa monarchie en omettant toutes traces de faiblesses chez David et Salomon. La prédominance de la dynastie davidique y survit, non comme programme politique mais comme élément purement religieux. En témoigne entre autre l’importance pour les Evangélistes du rattachement de Jésus à David via Joseph et la naissance à Bethléem. Le Jésus historique ne saurait être accepté sans la dimension davidique. D’autres sauveurs de l’époque sont tous présentés comme liés à David. C’est le cas d’Athrongaeus, qui émerge à la faveur des troubles qui suivent la mort d’Hérode vers 4 avant notre ère, de Theudas (vers 40), qui prétend séparer les eaux du Jourdain, ou de «L’Egyptien» qui prétend un peu plus tard ébranler les murs de Jérusalem.

 

Mais ce 29 décembre est aussi une période de deuil en Corée du Sud. Il y a un an, un Boeing 737-800 de la compagnie à bas-coût Jeju Air transportant 181 passagers en provenance de la capitale thaïlandaise avait atterri sur le ventre à l'aéroport international de Muan, avant de se fracasser contre un mur en bout de piste et de prendre feu. Une hôtesse et un steward, assis à l'arrière de l'avion, avaient survécu et 179 personnes avaient été tuées. Un rapport gouvernemental préliminaire datant de juillet, brocardé par des familles et le syndicat de pilotes, a conclu qu'une collision avec un oiseau avait endommagé le moteur droit de l'avion, mais que le pilote avait coupé par mégarde le moteur gauche. C'est donc le scénario d'un choc avec un volatile, suivi d'une erreur de pilotage, qui est privilégié. Même si la possibilité que le train d'atterrissage ait été défectueux est également envisagée. Le rapport final est attendu en juin. Des familles endeuillées tempêtent contre la manière dont l'enquête a été menée. Elles s'insurgent aussi contre ce mur en béton érigé en bout de piste, en violation de toutes les règles de sécurité de l'aviation civile. L'aéroport de Muan, fermé aux vols commerciaux depuis l'accident, accueille nombre de familles de victimes qui passent des jours et des nuits sous des tentes dressées dans le hall des départs au second étage du terminal. Les lieux sont décorés de rubans bleus et de lettres en souvenir des personnes disparues.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Israël Finkelstein, et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible – À la recherche de David et Salomon, Bayard, 2006, Steven L. McKenzie, Le roi David, le roman d'une vie, Labor et Fides, 2006, Israël Finkelstein, Communication : l’archéologie et l’histoire de Jérusalem (1000-700 AV. J.-C.), dans CRAI 2012, II (avril-juin), p. 827-858, Thierry Petit, L’origine des cités-royaumes cypriotes et des royaumes d’Israël et de Juda. Simultanéité et similitudes, dans Théologiques, 21, 2013, p. 23-49, Thomas Römer, Déportations, exils et découverte du Dieu unique, dans Le Monde de la Bible, 27 juillet 2022, Christian Elleboode, Le roi David dans la Bible revisitée, Le Lys Bleu Éditions, 2023, https://information.tv5monde.com/international/un-apres-le-pire-crash-en-coree-du-sud-des-familles-exigent-des-reponses-2802637, https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintId=5662, https://www.archeobiblion.fr/la-fin-des-deux-royaumes/, https://www.jewishencyclopedia.com/articles/8955-judah-kingdom-of, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-essai-et-la-revue-du-jour-14-15/le-royaume-biblique-oublie-revue-politique-etrangere-7480564, et https://www.reforme.net/religion/histoire/bible-le-roi-david-a-t-il-reellement-existe/

 

Merci et bonne Saint David ! 

dimanche 9 mars 2025

Le carême au Portugal, entre jeûne et traditions originales

Au Portugal, le Carême est une période très respectée et suivie par de nombreuses personnes, notamment les plus religieuses. Le Carême commence chaque année le mercredi des Cendres, le lendemain du Carnaval. L'expression Carême vient du latin quadragesima dies, qui signifie quarantième jour. Dans l’Église catholique, le Carême commence le mercredi des Cendres et culmine avec la solennité du dimanche des Rameaux, complétant ainsi les 40 jours du Carême - mais les dimanches ne sont pas comptés car ils ne sont pas des jours de pénitence - et s'étend jusqu'au Jeudi Saint, avant Pâques.

 

Le carême reprend les 40 jours dans le désert, où le peuple hébreu, à sa sortie d’Égypte, a été conduit par Dieu, qui fait sans doute référence à un épisode historique celui vers 1250-1200 avant J.-C., où des sources égyptiennes mentionnent des groupes semi-nomades appelés Shasou, auxquels les textes collent le nom «Yahua» ou «Yahvé», qui pourrait désigner, à l’origine, une montagne divinisée, qui vient du Sud, ce dieu vient d’un lieu appelé «Témân» ou «Séïr», qui est précisément l’endroit où l’on localise les Shasou. Ceux-ci ont une relation conflictuelle avec les Égyptiens, qui les laissent entrer dans le royaume pour en faire des corvéables. C’est peut-être ce conflit qui se reflète dans la tradition de l’Exode, où l’on dit que Yahvé a combattu l’Égypte et qu’il en a fait sortir son peuple. Ce qu’on peut imaginer, c’est que ces Shasou ont eu une sorte de succès contre une petite armée du pharaon, qu’ils se sont réfugiés ensuite dans les montagnes, où l’on pouvait plus facilement échapper aux Égyptiens, et qu’ils ont rencontré un autre groupe, du nom d’Israël, auquel ils ont fait connaître leur dieu, Yahvé. Le nom «Israël» est mentionné pour la première fois sur une stèle égyptienne datant d’environ 1220-1205 avant J.-C., où il désigne un groupe en Palestine que le pharaon a combattu. On comprend que pour ce groupe, le Yahvé des Shasou est un dieu intéressant, puisqu’il a fait battre en retraite le pharaon… De cet Israël-là naîtra, à la fin du deuxième millénaire avant J.-C., un premier petit État. 

 

Mais il reprend aussi le jeûne de Jésus qui suit son baptême au désert. Le texte de Jésus qui se retire au désert servait à résoudre le problème que Jésus était disciple de Jean le baptiste ce qui gênait les premières communautés chrétiennes, mais les 40 jours dans le désert peuvent aussi montrer de façon cachées la période où Jésus participa aux activités de Jean le baptiste et ses disciples, baptisant à son tour et menant lui aussi la vie ascétique de son maître parcourant la vallée du Jourdain, les évangélistes transformèrent ces un ou deux ans de formation en 40 jours de tentations dans le désert.

 

Le Carême fait partie de la période de préparation de Pâques. Les services religieux de cette période préparent la communauté des croyants à la célébration de la fête pascale, qui commémore la résurrection et la victoire du Christ après ses souffrances et sa mort. De nombreuses églises recouvrent les images des saints de tissus violets et la musique des célébrations devient plus introspective. Cette tradition est observée depuis le IVe siècle. Afin d'aider les fidèles à préparer Pâques, plusieurs paroisses organisent des retraites spirituelles, effectuent le chemin de croix et récitent le chapelet pendant cette période. De plus, le Carême est aussi un moment de réflexion et de changement d’habitudes pour de nombreux Portugais. C'est le moment de réfléchir à la manière dont nous pouvons devenir de meilleures personnes et aider ceux qui nous entourent. C’est pourquoi de nombreuses œuvres caritatives et organisations religieuses mènent des campagnes pour donner de la nourriture, des vêtements et d’autres articles pour aider ceux qui en ont le plus besoin pendant le Carême. La 'Quadragésima' réunit cinq municipalités de Beira Interior autour des manifestations religieuses du Carême est un projet de réseau visant à promouvoir les manifestations de la culture immatérielle liée à la période du Carême dans un riche programme artistique avec la participation des communautés locales. Chemin de Croix, Procession des Pas, commission des âmes, chant des martyrs, réjouissances, procession des pénitents, sont quelques-unes des manifestations religieuses les plus connues associées au Carême.

 

À Braga, la tradition établie au XVIIIe siècle par l'archevêque D. Rodrigo de Moura Teles, elle reste une routine confortable dans la vie des habitants de Braga trois siècles plus tard. Entre le mercredi des Cendres et le jeudi saint, le Saint-Sacrement est exposé dans plus de 20 églises de la ville, restant un ou deux jours dans chacune d'entre elles. C'est pendant le Carême Lausperene – et seulement à ce moment du calendrier – que nombre de ces lieux ouvrent leurs stands artistiques, utilisent leurs porcelaines, damas et bijoux, dans une splendeur accentuée par les fleurs, les bougies et les rideaux violets de l'entrée principale, en plus des traditionnels «bonbons du Seigneur». Pour les personnes qui ne sont pas religieuses mais qui aiment apprécier les églises de l’intérieur, c’est une bonne opportunité, car beaucoup ne sont ouvertes que pendant les services religieux le reste de l’année.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : René Luneau, Jésus, l'homme qui évangélisa Dieu, Albin Michel, 2009, https://bercodomundo.com/2023/02/semana-santa-de-braga.html, https://soprasi.com/a-pascoa-em-portugal/, https://www.calendarr.com/portugal/quaresma/, https://www.letemps.ch/culture/livres/filature-dun-theologien-suisse-connaitre-lorigine-dieu, et https://www.rcf.fr/articles/vie-spirituelle/le-careme-vivre-40-jours-au-desert. 

 

Merci et bon Carême !

dimanche 29 décembre 2024

La sainte famille, plus élargie qu’on pourrait le croire, et son ancêtre royal sans scrupule

Aujourd’hui, nous fêtons la famille de Jésus. Une famille bien plus élargie que l’on pourrait le croire, car Jésus est le premier né de Marie et Joseph, et ses parents ont quatre fils que sont Jacques, José, Simon, Jude, et deux filles, vivant dans le village rural de Nazareth de 1600 à 2000 habitants, il n’ont sans doute pas fréquenté les villes hellénisées de Galilée : Sepphoris et Tibériade, et cette famille n’est pas pauvre puisqu’elle a pu cultiver des parcelles de terre, selon les traditions locales, et faisait sans doute partie des «artisans» (tekton) du bâtiment et du textile. Premier-né et sans doute objet d’une attention particulière de la part de Joseph dans l’initiation au métier et à la vie religieuse (avant sa vie publique), comme le montre sans doute l’épisode de Jésus retrouvé au Temple à l’âge de 12 ans. Joseph est sans mort quand Jésus commence sa vie publique ou après sa mort. Sa famille le suivra comme le Messie attendant l’avènement du Royaume de Dieu, qu’il annonce pour très bientôt malgré quelques tensions avec sa famille (Marc 3,21; et Jean 7,5) qui vient le chercher à Capharnaüm alors qu’Hérode Antipas cherche à l’arrêter et désire qu’il se déclare Messie lors de la Fête des Tabernacles de l’an 29  à Jérusalem sans pour autant l’éloigner d’elle, puis après la mort et la résurrection de Jésus auquel elle aurait assisté, sa famille autour de Jacques qui aurait été “disciple bien-aimé”, a longtemps dirigé, secondé par Pierre, la toute première communauté chrétienne fortement ancrée dans le judaïsme de son temps, et fidèle à la loi de Moïse permettant d’arrêter les déviations des Hellénistes autour d’Étienne entre 34 et 37 et des communautés fondées par Paul lors du concile de Jérusalem entre 49 et 52, et des parents de Jésus ont continué à jouer «un rôle des plus prédominants dans la direction des communautés chrétiennes d’origine judéenne» de Jérusalem, après la mort violente de Jacques en 62 et après 70 sous l'autorité de son «évêque» Siméon bar Clopas, qui a succédé à Jacques le Juste, non sans difficulté.

 

Au Portugal se fête aujourd’hui le Dia da Sagrada Familia, le Jour de la Sainte famille de Nazareth, qui est un jour spécial pour la plupart des familles chrétiennes qui peut prendre un tournant original. Dans le diocèse de Leiria, elle a pris une importance particulière en 2014, car le Département de Pastorale Familiale du diocèse de Leiria-Fátima a envoyé une suggestion aux paroisses pour qu'elles «donnent un caractère plus familier à l'Eucharistie, en les invitant à participer plus activement à la célébration», et à cette fin, il avançait quelques propositions, dont l'implication des familles dans la liturgie. En 2020,  pour les familles de la paroisse de Seiça, cette fête a inspiré la Pastorale Familiale à inviter les 12 chorales de la Sagrada Família de la paroisse pour un après-midi de convivialité, commençant par un temps de prière, suivi de l'écoute d'un concert de Noël du groupe Cantares das Fontaínhas et une délicieuse collation offerte par les chœurs de la Sagrada Familia. En 2023, à Fatima, dans toutes les messes du jour de la fête, après l'homélie, est dite la prière pour les familles, suivie d'un chant.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : John P. Meier, Un certain juif, Jésus. Les données de l'histoire : vol. 1, Les sources, les origines, les dates, éditions du cerf, 2004, Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus, Albin Michel, 2003, Françoise Chandernagor, Vie de Jude frère de Jésus, Albin Michel, 2015, Simon Claude Mimouni, Jacques le Juste, frère de Jésus de Nazareth, Bayard, 2015, https://www.fatima.pt/pt/news/o-natal-e-uma-oportunidade-de-encontro-com-deus-e-com-os-outros-no-silencio-e-na-oracao, https://www.leiria-fatima.pt/festa-da-sagrada-familia/, et https://www.leiria-fatima.pt/seica-encontro-das-familias-no-dia-da-sagrada-familia/

 

On fête aussi le roi David (1040-970 av. J.-C.) dont prétend descendre la famille de Jésus. Il est devenu au fil de trois millénaires le père du Messie des juifs et le modèle de tout bon roi de la chrétienté, mais il faut nuancer ce portrait tardif. 

 

Fils cadet, David quitte sa maison afin de trouver des ressources, et entre d’abord au service  de Saül, roi d’Israël, cependant ambitieux, il tente de devenir roi au dépend de ce dernier puis devient le chef d’une bande de mercenaires recherché par Saül entrant au service des Philistins qui gouvernent la Palestine pour les Égyptiens notamment un de ses rois Akish de Gath qui lui donne la cité de Ziqlag et il se retrouve impliqué dans la mort de Saül au mont Guilboa, puis il se taille finalement un royaume à Juda, un État petit peu peuplé s’étendant sur les hautes terres du Sud, gouvernant d’abord à Hébron et en organisant une véritable campagne de terreur et d’assassinats dont les victimes seront Nabal afin d’obtenir Abigaïl, Abner, général d'Ishbaal, et Ishbaal, le roi d’Israël qui succéda à son père Saül, puis il prend Jérusalem, aux Jébuséen et s’y installe en faisant de ce gros bourg, ne couvrant que 3 à 4 hectares, et dont la population totale ne dépasse pas une centaine d’habitants, sa capitale. Devenu roi d’un État guerrier contrôlant les hautes terres de la région de Béthel au nord à la région d'Hébron au sud, protégé par des sites fortifiés tels que Khirbet Qeiyafa, Beth Shemesh, Tell en-Naṣbeh (Mizpah biblique), et Khirbet ed-Dawwara, qui n'a pas nécessairement pris le contrôle d'autres territoires, mais a peut-être imposé des tributs comme celui pour la confédération tribale édomite et des alliances, par la guerre et le mariage, comme les rois tribaux ont l'habitude de le faire tout en gardant en otage le roi d’Israël, Meribaal afin d’éviter une nouvelle guerre contre le royaume d’Israël et s’allia aux Philistins pour vaincre Hadadézer, roi de Tsoba, près de Damas, c’est aussi un amateur de conquêtes féminines n’hésitant pas à tuer un de ses hommes Urie pour posséder sa femme Bethsabée, qui ne recule devant rien, pas même le meurtre, notamment en fin de règne pour garder son pouvoir en tuant son propre fils Absalon, soutenu par le royaume d’Israël, et Chéba, fils de Bikri, devenu tout aussi dangereux, mais dont le pouvoir finit entre les mains de Salomon après un coup d’État. Pourtant, ce n'est qu'en 1993 qu'une preuve de son existence a été découverte, dans les débris d'une stèle en Israël.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Steven L. McKenzie, Le roi David : le roman d'une vie, Labor et Fides, 2006, Christian Elleboode, Le roi David dans la Bible revisitée, Le Lys Bleu Éditions, 2023, https://allisrael.com/biblical-kingdom-of-judah-expanded-earlier-than-original-thought-says-hebrew-university-archaeologist, https://www.geo.fr/histoire/bible-et-archeologie-ce-que-revelent-ou-non-les-vestiges-de-jerusalem-200015, https://www.haaretz.com/archaeology/2021-07-26/ty-article/was-king-david-a-nomad-new-theory-sparks-storm-in-archaeology/0000017f-f90d-d887-a7ff-f9edcc580000, et https://www.nationalgeographic.fr/histoire/david-et-goliath-la-bible-confrontee-a-larcheologie.

 

Merci, bonne fête de la sainte Famille et bonne Saint David !

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...