Le roi David est
aussi célébré en Corée, mais ce n’est pas une mémoire officielle, et la liturgie ne porte pas souvent sur
lui, et il est concurrencé par la
mémoire de Thomas Becket. Ainsi,
tant l’ancien «Martyrologe romain»
qui signale que David a été roi et
prophète, que le «Martyrologe romain» révisé et publié en 2001 avec quelques
corrections et ajouts en 2004, mentionnent dans la liste du 29 décembre qu’il a
régné sur le peuple d’Israël en tant
que roi et prophète, qu’il a porté l’Arche d’Alliance à la ville de Jérusalem
et que la prophétie selon laquelle un sauveur viendrait de sa descendance s’est
accomplie en Jésus-Christ.

Le roi David
aurait été un mercenaire au service du roi d’Israël, Saül qui a réussit à résister à la domination philistine, il aurait cherché à devenir roi à sa place, mais
découvert, il déserta vivant de rapines, puis devint un mercenaire au service
des Philistins, et s’est retrouvé
impliqué dans la mort de Saül
puisqu’il servait le roi philistin de
Lakish, puis il a régné à force de conquête s’impose comme l’homme fort de
Juda capable de rassembler sous son nom, éleveurs
et agriculteurs, et d’assassinats
envers Ishbaal qui a succédé à son
père sur Israël et Abner, général d'Ishbaal, sur un territoire limité entre
1010 et 970 av. J.-C. de quelques villages de Judée, peu peuplé, comparé à son
voisin du nord, Israël, dix fois plus peuplé à l’économie florissante, à la
manière d’un chef de clan qui avait un pouvoir administratif local sur un
territoire montagneux avec pour capitales, tout d’abord Hébron, puis Jérusalem,
deux gros villages, puis s’assure du contrôle d’Israël en gardant en otage Meribaal et s’assurant ainsi l’appui de
Philistins gouvernant la région pour
l’Égypte qui voyait d’un mauvais œil la montée en puissance du puissant royaume guerrier et agricole d’Israël,
il fut coupable d’adultère avec Bethsabée,
dont il fit tuer son mari Urie pour
la posséder, et de conflits familiaux le tout aboutissant à une fin de règne
crépusculaire avec ses deux fils aînés, Amnon
et Absalom, qui trouvèrent tous deux
une fin tragique en tentant de succéder à leur père dont les révoltes furent
appuyées par le royaume d’Israël,
menant à l’imposition de Salomon sur
le trône par son clan avant sa mort.

Après David, Salomon (970-931 av. J.-C.) continue de
gouverner la «Maison de David» au centre d’un minuscule royaume du Sud, la
Judée, dominé culturellement et politiquement par son grand voisin du nord, et
placé sous la protection de l’Égypte, Juda ne présente aucun signe de
construction monumentale, de production industrielle organisée, en particulier
dans le domaine de la céramique, pas de hiérarchisation des sites et pas de
peuplement suffisant pour fournir les ressources humaines à un royaume, tandis
que sa capitale n’est qu’un bourg insignifiant, ce qui explique qu’il ne fut
pas touché par le raid de Sheshonq
en 936 av. J.-C., Roboam (931–914 av.
J.-C.) continua cette alliance avec l’Egypte contre le royaume d’Israël, mais son fils Abija (914-911 av. J.-C.) fit des tentatives infructueuses pour
soumettre ce dernier pour l’Égypte, et au IXe siècle cette «chefferie»
est sous influence du royaume omride du
nord suite au rapprochement du roi
Joram avec celui-ci, et voit les premiers signes d’une architecture
monumentale, y compris la construction de fortifications, apparaissent à ce
moment-là dans la Shefelah à l’ouest, la vallée de Beersheba au sud et peut
être aussi au nord de Jérusalem, ces sites en question servaient de centres
administratifs régionaux du Royaume de Juda à l’époque de Roboam, Abija, et Asa (911–870 av. J.-C.), tout en tirant
profit de l’ascension des rois araméens
de Damas pour se protéger des convoitises
nordistes que son développement suscitait même si Josaphat (870–845 av. J.-C.) préféra s’allier au royaume d’Israël combattant aux côtés
d'Achab d'Israël lors de la
bataille décisive de Ramoth en Galaad (853 av. J.-C.), confirmée par le
mariage de son successeur Joram (845-843
av. J.-C.) en épousant Athalie,
fille d'Achab, mais ce dernier fut
tué par Jéhu, roi d’Israël (845 av.
J.-C.), son fils Ochozias (843-842
av. J.-C.) hérite du trône, mais il est assassiné, et suite à la mort de son
fils, Athalie s'empare du pouvoir
violemment après avoir massacré tous les
membres de la Maison royale de Juda le mais se fait assassiner suite à un
coup d’État après sept ans de règne (842–835 av. J.-C.) qui place Joas (835-805 av. J.-C.) sur le trône qui
vit Hazaël de Damas ravager tout le
pays jusqu'à Jérusalem (835 av. J.-C.), suivent Amazias (805–776 av. J.-C.) qui crut se mesurer à Israël mais
connut la défaite, son successeur Ozias
(776-758 av J.-C.) fut plus heureux étendant son royaume sur une grande partie
du territoire philistin et exerçant même, un temps, la suzeraineté sur Moab, il fut suivi de Jotham (758–742 av. J.-C.).

Puis l’incorporation de Juda
en tant que vassal dans la sphère d’influence assyrienne en 732 av. J.-C. avec
son roi Achaz (742–726 av. J.-C.), lui
permet d’entrer dans l’économie globale de l’empire assyrien, et la disparition du Royaume du Nord en 720 av J.-C. et la diffusion du modèle phénicien favorisa le
développement économique de Juda,
ainsi que sa démographie avec l’arrivée de réfugiés
en provenance du royaume d’Israël détruit, son urbanisme et son activité
scripturaire et elle provoqua une réflexion sur son rôle historique au sein du peuple hébreu. Le roi Ezéchias de Juda (726–697
av. J.-C.) lance alors une réforme religieuse dans laquelle le Temple de
Jérusalem joue un rôle central, sans doute la base d’une première version de la
construction du temple par Salomon. Ce
dernier écrasé par les Assyriens en
701 avant notre ère, transforme sa défaite en victoire, alors qu’il a dû
néanmoins verser un lourd tribut et de nombreuses villes de la région furent
détruites. Une histoire officielle
est d’ailleurs compilée qui cherche à unifier les traditions du Nord et du Sud et dans laquelle l’on fait
relever les événements de la volonté divine. Juda devient une sorte de
monarchie unifiée à l’intérieur du territoire de Juda. Les rois de la
dynastie davidique s’attachèrent donc à donner une nouvelle forme à
l’identité du royaume en absorbant
certes la population déplacée et en
incorporant ses traditions,
mais en prenant garde de promouvoir aussi ses propres intérêts. Une chronologie
fait se succéder Saül et David – deux rois choisis par Yahwé – mais celle-ci, écrite à travers
un prisme judéen, donne la meilleure part à David à qui a été donné par Dieu,
les grands palais et écuries construites au VIIIe siècle – aussi
bien au Nord avant sa disparition,
qu’au Sud – sont, dans la Bible, tous attribués à Salomon, et l’administration royale et
des circuits commerciaux mis en place au VIIe siècle par Manassé de Juda (697-642 av. J.-C.) sont
aussi attribués à Salomon. Amon (642-640 av. J.-C.) succède à Manassé, mais il est assassiné après
deux ans de règne.

À la fin du VIIe siècle, sous Josias (640-609), le royaume de Juda se sent appelé à un
grand destin. On unifie une mémoire nationale qui explique la légitimité
davidique par l’impiété de l’ancienne
dynastie nordiste. On centralise le culte
pour mieux étendre le contrôle territorial, ce qui débouche à terme sur le monothéisme et les récits des premiers rois d’Israël sont retouchés
en fonction de l’idéologie religieuse deutéronomiste qui émerge. De ce roi
prometteur de la fin du VIIe siècle, un passage biblique nous
apprend très laconiquement qu’il est mis à mort à Megiddo par le pharaon Neko II lors d’un ultime sursaut de
l’Egypte de la Basse-époque. Catastrophique au vu de l’espoir suscité, la mort
de Josias à Megiddo est à l’origine
de l’expression «Armageddon»
(Har Megiddo). Joaiquin lui succède qui a succédé Joachaz monté sur le trône en 609 tué par Neko II suite à une bataille et placé sur le trône par ce dernier
en et obligé de faire une alliance malheureuse avec lui en 607 contre la monarchie babylonienne à laquelle il se
retrouve soumis trois ans après la défaite de l’Égypte à Karkemish en 605, puis
après l’échec de la campagne en Égypte en 600 du roi de Babylone, il refuse de
payer le tribut et lorsque ce dernier marche sur Jérusalem, il se fait assassiner
par ses hommes en 598. En 597 av J.-C., le jeune roi Joachin (598- 597 av J.-C.), se rend, évitant ainsi la destruction
de la ville. Néanmoins, la famille
royale et une partie de la
population jérusalémite sont déportées à Babylone. Sédécias (597-586 av. J.-C.), installé par les Babyloniens, cherche une alliance avec le pharaon Psammétique III, ce qui provoque en 587 la prise de
Jérusalem et la chute de Juda. Suite
à ces événements, une deuxième déportation a lieu. Avec la
période postexilique, qui suit l’annexion de Juda par Babylone et la déportation des élites judéennes sur les bords du Tigre, durant laquelle la
révision deutéronomiste se
poursuit en exil avec l’insertion d’annonces prophétiques, lesquelles
promettent en consolation le retour d’un descendant
de David sur le trône d’Israël, commence le temps de
Yehoud, province babylonienne puis perse, hellénistique et enfin romaine. Plus
tard, bien après le retour des exilés en terre de Judée (fin du VIe
siècle avant notre ère), les livres
des Chroniques sont rédigés (IVe siècle avant notre ère),
ils revisitent l’histoire d’Israël
et de sa monarchie en omettant
toutes traces de faiblesses chez David
et Salomon. La
prédominance de la dynastie davidique
y survit, non comme programme politique mais comme élément purement religieux.
En témoigne entre autre l’importance pour les Evangélistes du rattachement de Jésus à David via Joseph et la naissance à Bethléem.
Le Jésus historique ne saurait être
accepté sans la dimension davidique. D’autres sauveurs de l’époque sont tous
présentés comme liés à David. C’est
le cas d’Athrongaeus, qui émerge à
la faveur des troubles qui suivent la mort d’Hérode vers 4 avant notre ère, de Theudas (vers 40), qui prétend séparer les eaux du Jourdain, ou de «L’Egyptien»
qui prétend un peu plus tard ébranler les murs de Jérusalem.

Mais ce 29 décembre est aussi une période de deuil en Corée
du Sud. Il y a un an, un Boeing 737-800 de la compagnie à bas-coût Jeju Air transportant 181 passagers en provenance de la
capitale thaïlandaise avait atterri sur le ventre à l'aéroport international de
Muan, avant de se fracasser contre un mur en bout de piste et de prendre feu. Une
hôtesse et un steward, assis à l'arrière de l'avion, avaient survécu et 179 personnes avaient été tuées. Un rapport gouvernemental préliminaire
datant de juillet, brocardé par des familles
et le syndicat de pilotes, a conclu
qu'une collision avec un oiseau
avait endommagé le moteur droit de l'avion, mais que le pilote avait coupé par mégarde le moteur gauche. C'est donc le scénario d'un choc avec un volatile, suivi d'une erreur de
pilotage, qui est privilégié. Même si la possibilité que le train
d'atterrissage ait été défectueux est également envisagée. Le rapport final est attendu en
juin. Des familles endeuillées
tempêtent contre la manière dont l'enquête a été menée. Elles s'insurgent aussi contre ce mur
en béton érigé en bout de piste, en violation de toutes les règles de sécurité de l'aviation civile. L'aéroport de Muan, fermé aux vols commerciaux depuis l'accident,
accueille nombre de familles de victimes
qui passent des jours et des nuits sous des tentes dressées dans le hall des
départs au second étage du terminal. Les lieux sont décorés de rubans bleus et
de lettres en souvenir des personnes disparues.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont
beaucoup aidé : Israël Finkelstein,
et Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible – À la
recherche de David et Salomon, Bayard, 2006, Steven L. McKenzie, Le roi
David, le roman d'une vie, Labor et Fides, 2006, Israël Finkelstein, Communication : l’archéologie et
l’histoire de Jérusalem (1000-700 AV. J.-C.), dans CRAI 2012, II (avril-juin), p. 827-858, Thierry Petit, L’origine des cités-royaumes cypriotes et des
royaumes d’Israël et de Juda. Simultanéité et similitudes, dans Théologiques,
21, 2013, p. 23-49, Thomas
Römer, Déportations, exils et découverte du Dieu unique, dans Le Monde de la Bible, 27 juillet
2022, Christian Elleboode, Le roi David dans la Bible revisitée,
Le Lys Bleu Éditions, 2023, https://information.tv5monde.com/international/un-apres-le-pire-crash-en-coree-du-sud-des-familles-exigent-des-reponses-2802637,
https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintId=5662,
https://www.archeobiblion.fr/la-fin-des-deux-royaumes/,
https://www.jewishencyclopedia.com/articles/8955-judah-kingdom-of,
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-essai-et-la-revue-du-jour-14-15/le-royaume-biblique-oublie-revue-politique-etrangere-7480564,
et https://www.reforme.net/religion/histoire/bible-le-roi-david-a-t-il-reellement-existe/.
Merci et bonne Saint David !
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