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Née en 1934 dans les beaux quartiers de Paris, fille d'industriel, Brigitte Bardot est avant tout une petite fille mal aimée dont sa
sœur cadette Mijanou, est la
préférée de ses parents, qui ne
tenait pas spécialement à faire du cinéma, une jeune bourgeoise devenue une
star à son corps défendant, qui se destinait à être danseuse, est encouragée à
devenir mannequin, avant que l'amour l'entraîne au cinéma suite à la rencontre
adolescente avec Roger Vadim, dont
elle devient la muse, l’amante, l’épouse en 1952 avec l’acceptation de son père “à contrecœur”, et l’actrice qui à 17 ans, elle décroche son
premier rôle dans Le Trou normand,
aux côtés de Bourvil, prêtant son
image à Manina, La fille sans
voiles (1952) de Willy Rozier,
paraît dans Si Versailles m'était conté (1953) de Sacha Guitry, mettant au supplice Raymond Pellegrin dans La
lumière d'en face (1955) de Georges
Lacombe en lui offrant la vue de ses charmes exposés à la tentation du
voisin, jouant aussi la délicieuse Lucie
qui réplique à Yves Robert dans Les
grandes manœuvres (1955) de René
Clair, et menant au scandale de Et
Dieu créa… la femme du même Vadim
en 1956, qui crée précisément le mythe Bardot.
La liberté du ton érotique qui y est employé bouleverse les conventions
cinématographiques. Brigitte Bardot
incarne la femme-enfant sans complexe, débarrassée du carcan de l'éducation bourgeoise, libre de disposer
de son corps comme elle l'entend. L'actrice se retrouve bientôt prisonnière de
ce registre. Bardot part ensuite
tourner en Italie, notamment deux péplums : Les
Week-ends de Néron réalisé par Steno
en 1956, qui la place aux côtés d'Alberto
Sordi et Vittorio De Sica et Hélène de Troie de Robert Wise. Sa beauté fait des
miracles, elle est propulsée star, et les propositions pleuvent. Et 1958, BB, ses initiales, sont l'incarnation
de la femme libre. Toute une génération s'habille, se coiffe et se maquille
comme elle. Elle devient une icône, déchaînant les passions comme les haines,
l’amour et pression la mène aux
tentatives de suicide (en 1956, à cause de ses parents, et en 1960 à cause de son couple et des journalistes).
Elle devient aussi une comédienne aux sommets stupéfiants, éblouissant les
foules, face à Jean Gabin dans le
film En cas de malheur en 1957, elle va enfin révéler tous
ses talents de comédienne, puis drapée dans de longs châles frangés, elle offre
le spectacle de son profil nu qui donne le frisson dans La femme et le
pantin (1958) de Julien
Duvivier, apparemment plus raisonnable, elle se pare de tresses qui la
rendent dangereusement candide dans Babette s'en va-t-en guerre
(1959) de Christian-Jaque, et en
1960, elle tourne son film préféré, La vérité, récit d'un crime
passionnel, mis en scène par Clouzot,
le film, applaudi par la critique, conduit même l’équipe jusqu’aux Oscars pour tenter de remporter
la statuette du meilleur film en langue étrangère en 1961. Femme libre, elle perturbe
les mœurs, avec son divorce avec Vadim
en 1957, et ses amants et/ou maris célèbres (Trintignant en 1956, Gilbert
Bécaud en 1957, Sacha Distel en
1958, Jacques Charrier qui s’est
marié avec elle en 1959 et divorce en 1963 non sans lui avoir donné un fils
unique non désiré qu’elle voulait avorter en 1960 et néglige, Samy Frey entre 1960 et 1963 raison de
son divorce, Gainsbourg en 1967, et Günter Sachs qui l’épouse en 1966 lui offre
lui offre sa fortune et la stabilité jusqu’à son divorce en 1969), et c’est son
incursion dans la Nouvelle Vague,
avec Jean-Luc Godard et Michel Piccoli va enfin séduire les
cinéphiles notamment dans Une vie
privée (1962) de Louis Malle
qui revient en détail sur le calvaire vécu par la jeune femme harcelée par un
public fanatique et une presse à scandales omniprésente, et c’est également à
l’occasion de ce film que Bardot
commence à chanter, et dans Le Mépris
(1963) de Jean-Luc Godard. Dans les
années 60, Brigitte Bardot devient
aussi une star de la chanson. Serge
Gainsbourg lui écrit des titres sur mesure (Bonnie and Clyde, Harley
Davidson, Je t’aime moi non plus). Par la suite, elle continue à
chanter et à sortir quelques disques.

Sans le vouloir, elle incarne une révolution féminine avant
l'heure plutôt des années 60, 70. Sans pancartes ni slogans, la tornade Bardot bouleverse les représentations
des femmes au cinéma. Sa vie est
auscultée sous tous les détails à travers la fiesta sur les tables le soir sur
la Côte d’Azur, les paparazzis qui
la harcèlent sans cesse, cette période est également marquée par des refus
retentissants de l'actrice : elle ne sera ni une James Bond girl (on lui proposait Au service secret de Sa Majesté), ni une star hollywoodienne
(elle est remplacée par Faye Dunaway
dans L'Affaire Thomas Crown
avec Steve McQueen), et d'autres
fois, c'est Brigitte Bardot qui doit
essuyer les fins de non-recevoir des cinéastes : lorsqu'elle apprend la
préparation du tournage de La Sirène
du Mississipi, le prochain film de François
Truffaut, elle se bat pour obtenir le premier rôle féminin qui reviendra à Catherine Deneuve, provoquant l'ire de Bardot. Devenue la Marianne de tous les Français
en 1971, Brigitte Bardot enchaîne
les rôles dans les années 1960 et 1970, elle tourne une palanquée de films dont
la plupart sont médiocres comme avec Louis
Malle dans un western guilleret avec Jeanne
Moreau, Viva Maria !, drôle
mais pas génial, elle fume le cigarillo dans Histoires extraordinaires
(1967) de Louis Malle, tire sur les Indiens du Far West dans Shalako
(1968) d'Edward Dmytryk, en 1970, L’Ours et la poupée, avec Jean-Pierre Cassel, de Michel Deville, distrayant lui aussi, en
nonne dans Les Novices avec Annie
Girardot en 1970 ou en femme fatale dans Les Pétroleuses avec Claudia
Cardinale en 1971, et elle joue une séduisante starlette des années 20 face
au bourru Lino Ventura dans la
comédie d'aventure Boulevard du rhum,
qui sort en 1971. Au creux de la décennie 1970, l'actrice refuse, entre autres
: Les Parapluies de Cherbourg
puis Les Demoiselles de Rochefort
de Jacques Demy (qui la rêvait aux
côtés d’Audrey Hepburn) ou L'Étranger de Luchino Visconti - effrayée,
commentera-t-elle, par “le côté
intellectuel” d’une adaptation de Camus.
Pour autant, elle se dénude une fois de plus dans Don Juan
(1972) de Roger Vadim, ce film où Bardot endosse le rôle du mythique
séducteur et met, entre autres, Jane
Birkin dans son lit, après l'échec de ce film, vient le dégoût du cinéma après
L’'Histoire très bonne et très joyeuse
de Colinot Trousse-Chemise, sorti en 1973, qui sera son dernier film, méli-mélo
théâtral et champêtre réalisé par Francis
Huster, le retrait du monde à Saint-Tropez dans sa “bicoque” de pêcheurs, La Madrague, qu’elle a même
chantée. Sa carrière au cinéma n’aura duré que 20 ans. C'est son amour des
animaux qui lui font subitement quitter l'univers du cinéma à l'âge de 39 ans
et guide sa seconde vie, pasionaria de leur cause, devenue porte parole de la SPA, elle lance des appels pour adopter
les chiens abandonnés, s’engage dans
une croisade contre la chasse aux bébés
phoques en menant une campagne médiatique l'interdiction de l'importation
de peaux de phoques en France
signifiée par le président Valéry
Giscard d'Estaing, rend même visite au ministre
de l’intérieur pour lui demander l'interdiction de l’abattage sans
étourdissement., et à tous ceux qu'elle recueille et défend à travers sa
fondation, La Fondation Brigitte
Bardot, qui voit le jour en 1986. Et dès 1973, Brigitte Bardot s'exprime régulièrement en désaccord avec les mouvements de libération des femmes montrant
un antiféminisme affiché.

Élevée dans la tradition
gaulliste, Bardot n’a cessé
de basculer vers la droite en
vieillissant. En témoigne son dernier mariage, en 1992, avec l’homme d’affaires
Bernard d’Ormale, “ami proche de Jean-Marie Le Pen”, et
certaines de ses prises de position se sont avérées polémiques car elle fut
condamnée à cinq reprises entre 1997 et 2008 à des amendes pour incitation à la
haine raciale pour ses propos islamophobes et pour homophobie, mais aussi celles
sur les chasseurs qui “détruisent des vies” ou le mouvement #MeToo, “qualifiant les accusations de harcèlement portées par les actrices d’‘hypocrites,
ridicules et sans intérêt’”. L'actrice
est également condamnée en 2021 pour ses propos sur les Réunionnais, qu'elle traite de "population
de dégénérés" dans une lettre ouverte en 2019 où elle dénonce leur
traitement des animaux. Brigitte Bardot est alors condamnée en
première instance à 20 000 euros d'amende pour "injures publiques à caractère racial". En 2012, B.B. appelait les maires de France à apporter leurs parrainages à Marine Le Pen, alors candidate à la
présidentielle. Elle annonce par ailleurs voter pour cette "femme
admirable". En 2013, elle va jusqu'à menacer de prendre la
nationalité russe, afin de sauver deux
éléphantes, destinées à être euthanasiées car malades. Brigitte Bardot ne cache pas son admiration pour Vladimir Poutine qui, selon elle, a
fait plus pour la cause animale que les présidents
français. Lors de la présidentielle de 2017, elle appelle à faire
barrage à Emmanuel Macron,
fustigeant son programme concernant la cause animale. Si elle ne précise pas si
elle vote FN, elle considère
toutefois Marine Le Pen comme "la
Jeanne d'Arc du XXIe siècle". Brigitte Bardot soutient ensuite Eric Zemmour, au début de la campagne présidentielle de 2022.
Mais ses propos sur la chasse la
déçoivent et elle se tourne finalement vers Nicolas Dupont-Aignan. Elle publie ses mémoires en 1996 : Initiales BB et d’autres ouvrages
: Un cri dans le silence
(2003), Pourquoi ? (2006).
Dans une interview à Gala, le 6
janvier 2022, elle révèle qu'elle refuse de se faire vacciner contre la
Covid-19. Le 16 octobre 2025, Var
Matin révèle que l'actrice est hospitalisée depuis trois semaines suite à
une intervention chirurgicale dans le cadre d’une maladie grave. Mi-novembre
2025, l'actrice est de nouveau hospitalisée. Brigitte Bardot meurt le 28 décembre 2025, à l'âge de 91 ans.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont
beaucoup aidé : Yves Bigot, Brigitte Bardot, la femme la plus belle
et la plus scandaleuse au monde, Don Quichotte éditions, 2014, Baptiste Vignol, Brigitte
Bardot : la dernière icône, Gründ, 2022, Marie-Dominique Lelievre, Brigitte
Bardot, plein la vue, Flammarion, 2022, http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=33661, https://cinedweller.com/celebrity/brigitte-bardot/, https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-67548/biographie/, https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-l-etranger-mort-de-brigitte-bardot-de-toute-evidence-le-mythe-bb-ne-pourra-pas-disparaitre_238804, https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/brigitte-bardot/propos-homophobes-et-islamophobes-admiration-pour-jean-marie-le-pen-et-vladimir-poutine-quand-b-b-creait-la-polemique_7706845.html, https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/brigitte-bardot/mort-de-brigitte-bardot-du-cinema-a-la-musique-une-icone-francaise_7706941.html,
https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/brigitte-bardot/mort-de-brigitte-bardot-une-inspiration-pour-les-femmes_7707229.html,
https://www.lesinrocks.com/cinema/brigitte-bardot-est-morte-evaporation-dun-mythe-controverse-627088-28-12-2025/,
https://www.voici.fr/bios-people/brigitte-bardot,
et https://www.vogue.fr/article/brigitte-bardot-mort-vie-carriere.
Merci !
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