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dimanche 3 mai 2026

Le Festival mondial de la culture du kimchi de Gwangju, ou comment découvrir une tradition culinaire coréenne

Le Festival mondial de la culture du kimchi de Gwangju, est un festival annuel promeut le kimchi, emblème culinaire coréen par excellence. Il a lieu cette année du 3 au 5 mai. Ce chou épicé et fermenté est reconnu notamment pour ses qualités nutritives. Localisé au musée Kimchi Town de la ville, c'est un événement d'envergure qui constitue un bon moyen de découvrir toutes les différentes variétés de kimchi que l'on peut trouver dans le pays. Le festival propose généralement des activités comme des démonstrations de fabrication de kimchi, des séances de dégustation de kimchi et des concours de cuisine. Le festival comprend également des spectacles culturels, comme de la musique et des danses traditionnelles coréennes, ainsi que des expositions présentant l’histoire et la signification culturelle du kimchi. Le festival a pour but de promouvoir le kimchi en tant qu’aliment traditionnel représentatif de la Corée dans le monde entier, et c’est l’un des plus grands festivals de kimchi au monde.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://world.kbs.co.kr/service/contents_view.htm?lang=f&menu_cate=culture&id=&board_seq=126987, https://www.petitfute.com/v48452-gwangju/c1170-manifestation-evenement/c1050-manifestations-culturelles-festivals/665885-festival-du-kimchi-de-gwangju.html, et https://www.souslecieldecoree.fr/20-festivals-incontournables-en-coree-du-sud/.

 

Merci et bon Festival mondial de la culture du kimchi de Gwangju !

samedi 2 mai 2026

Les mangas du printemps (2)

Continuons les
mangas du printemps avec Shunkashuutou Daikousha - Haru no Mai, une série de light novels japonais écrite par Kana Akatsuki et illustrée par Suou. Le premier roman a été publié le 9 avril 2021 par Kadokawa sous leur marque Dengeki Bunko. Ce récit met en scène les «Agents des Saisons», qui confèrent les saisons au monde au nom des dieux des saisons, et les «Gardiens» qui protègent les Agents. Initialement prévu en un seul volume, il s'est avéré difficile à condenser en raison du grand nombre de scènes à illustrer. L'éditeur a donc suggéré une publication en deux volumes. L'auteure explique que ce format lui a permis d'intégrer de nombreuses séquences de combat impliquant de fréquents changements de scène et de créer des moments forts pour chaque saison. L’auteure elle-même était fasciné, dès son enfance, par des phénomènes tels que «Pourquoi la lune nous suit-elle ?» et «Pourquoi les saisons changent-elles ?», et aimait se laisser aller à une imagination fantastique sans chercher d’explications scientifiques. Cette œuvre est née de la sensibilité qu’elle éprouvait déjà enfant. Elle précise également avoir voulu créer quelque chose de semblable aux dieux qui régissent les saisons et qui existent au Japon depuis l’Antiquité. Le succès du light novel aidant, une adaptation en manga de la première partie (Hyakka Hyakuyō ou Dance of Spring) sur le printemps, illustrée par Nappa Komatsuka est depuis juillet 2022 dans le magazine Lala des éditions Hakusensha, et un manga spin-off illustré par Yuriko Asami (One Hundred Songs and One Hundred Pages) est aussi prépublié depuis mai 2023 dans le magazine Dengeki G's Comic des éditions ASCII Media Works. Ceux-ci accompagnent parfaitement le light novel. Les light novels sont compilés en 8 volumes parus au Japon au 10 décembre 2024. Le manga sur la première partie compte déjà 5 volumes parus au Japon au 5 février 2025 et le manga spin-off compte deux volumes au 10 décembre 2024. Une adaptation en série télévisée animée de la première partie produite par Wit Studio est diffusée depuis le 29 mars 2026 sur Tokyo MX, GYT, GTV, BS11, MBS, CBC, RKB, HBC, et AT-X. L'anime va donc adapter le premier manga, qui adapte l'histoire des deux premiers volumes de la série de light novels. Les romans ont dominé le classement de la catégorie Nouveau titre du guide Kono Light Novel ga Sugoi! de Takarajimasha en 2022. Selon l'obi des romans Dance of Summer (sorti le 9 juillet 2022), la série compte plus de 250 000 exemplaires imprimés (y compris numériques). 

 

avec Mao, qui est le retour de Rumiko Takahashi, l'autrice de Ranma 1/2, dont la publication a débuté dans le Weekly Shōnen Sunday le 8 mai 2019. Au 18 février 2026, 27 volumes étaient disponibles. On y suit Nanoka, liée à un mystérieux incident survenu durant son enfance, et Mao, un exorciste énigmatique. Ensemble, ils vont lever le voile sur des secrets enfouis, dans un récit à la fois intrigant et imprévisible. Avec ce nouveau titre, place à une ambiance mêlant mystère, surnaturel et enquête. Signé Rumiko Takahashi (Inuyasha, Ranma ½), Mao nous entraîne dans une histoire où passé et présent s’entremêlent, autour d’événements étranges et de phénomènes inexpliqués. On retrouve un condensé de tout son art, un savant mélange entre action, drame, horreur et humour, qui saura plaire aussi bien à ses premiers fans qu'aux nouveaux lecteurs à la recherche d'un bon shōnen de voyage entre les mondes (isekai) ! Contrairement à son prédécesseur, Rinne, qui adoptait un ton humoristique, cette œuvre suit une intrigue similaire à celle des séries Inuyasha et Rinne, en adoptant une approche sérieuse. L'univers de cette œuvre est sans lien avec les deux précédentes. De plus, l'acteur Yudai Chiba a officiellement publié une photo de cosplay du protagoniste de cette œuvre. Et comme on pouvait s’y attendre une adaptation en anime, produite par le studio Sunrise, est diffusée pour la première fois sur NHK General TV depuis le 4 avril 2026. En juillet 2021, le manga comptait un million d'exemplaires en circulation. En décembre 2019, le magazine Brutus a classé Mao parmi les mangas les plus dangereux, regroupant les œuvres aux thèmes les plus stimulants et incitant à la réflexion. Le School Library Journal a classé le premier tome de Mao parmi les 10 meilleurs mangas de 2021. 

 

avec Les Gouttes de Dieu, qui est une série emblématique consacrée au vin et à ses mystères écrite par Tadashi Agi et dessiné par Shū Okimoto dans le magazine Weekly Morning des éditions Kōdansha de novembre 2004 à juin 2014, qui est désormais une œuvre reconnue à même de satisfaire initiés comme connaisseurs. Mystères et investigations se succèdent autour des crus les plus prestigieux, pour deux frères ennemis qui se livrent à une véritable course-poursuite. Au travers de cet affrontement, le scénario conduit le lecteur dans une découverte de l'univers du vin, son langage, ses particularités, ses traditions. Drops of God connaît un immense succès, salué pour sa connaissance approfondie des vins, de ses personnages, de son histoire et de ses illustrations. L'œuvre est célèbre pour son impact mondial sur le marché du vin, notamment sur les ventes des vins présentés dans le manga. Une suite, intitulée Mariage - Kami no Shizuku Saishūshō a été prépubliée de mai 2015 à octobre 2020 dans le même magazine. Il reprend l'histoire là où le manga original s'était arrêté. Elle se concentre sur le voyage de Shizuku à l'étranger pour approfondir ses connaissances en œnologie et sa quête des «Gouttes de Dieu». Le thème du manga est l'«union» entre le vin et la gastronomie, explorant les nombreuses combinaisons possibles entre les deux. Enfin, une autre suite intitulée Kami no Shizuku deuxième (Drops of God deuxième) a été prépubliée toujours dans le même magazine de septembre 2023 à avril 2024. L'histoire se déroule après Mariage , avec une Shizuku plus âgée voyageant à travers le monde et arrivant à Paris pour initier la fille d'Issei à l'œnologie. On compte donc 44 volumes pour le manga initial, 26 volumes pour Mariage et enfin deux volumes pour deuxième. Plusieurs adaptations live-action ont aussi été réalisées, dont un drama coréen en 2008, un drama japonais en 2009 dans lequel Kamenashi a joué, et une série américano-franco-japonaise en 2023 sur Apple TV. Une adaptation en série animée, produite par Satelight, est diffusée depuis le 10 avril 2016 sur Tokyo MX, Kansai TV, et BS NTV. Le manga a été reconnu comme le «meilleur livre du monde sur le vin» lors du Gourmand World Cookbook Awards 2009. Le manga a aussi été élu Meilleur Seinen à Polymanga 2009 et aux Japan Expo Awards 2011. Les auteurs ont également reçu le Grand prix de la revue des Vins de France de l'année 2010. En août 2021, la série cumulait plus de 15 millions d'exemplaires en circulation.

 

avec LIAR GAME, le manga de Shinobu Kaitani qui a été prépublié de février 2005 à janvier 2015 dans les pages du Weekly Young Jump des éditions Shūeisha, avec une histoire compilée en 19 volumes. Dans l’histoire, lorsque Nao Kanzaki reçoit un colis contenant 100 millions de yens, elle apprend qu’elle a été sélectionnée pour participer au LIAR GAME. Dans ce tournoi, les mensonges et la trahison règnent en maîtres. Naïve et honnête, Nao se tourne vers Shinichi Akiyama, un brillant ancien escroc, pour survivre à ce jeu terrifiant. Ce manga de suspense psychologique explore les thèmes du désir et de la confiance. Les règles complexes de chaque jeu et les négociations entre les participants constituent le cœur de l'intrigue, et les transformations des relations humaines induites par l'argent, ainsi que la nature humaine dans des situations extrêmes, sont dépeintes avec une grande finesse, grâce à des illustrations détaillées et une analyse psychologique fine. En 2026, pour commémorer la diffusion de l'anime, une prépublication condensée de courte durée, intitulée LIAR GAME The Last Game, a débuté dans le Grand Jump Mucha de Shūeisha à partir du numéro de mars 2026. Elle relate les événements qui suivent la bataille finale du Liar Game. L'œuvre a eu droit à une adaptation en drama télévisé en deux saisons (2007) pour lequel certains éléments de l'histoire ont été modifiés, et les deux saisons ont également été publiées sous forme de romans, deux films live-action japonais (2010 avec la distribution de la série et 2012 avec une distribution nouvelle) ainsi qu'un drama coréen (2014) remake de la série japonaise, et en 2023, une production théâtrale basée sur le genre de mystère de meurtre, «LIAR GAME murder mystery», a été jouée. Enfin, une adaptation en anime, produite par le studio Madhouse, est diffusée depuis avril 2026 sur TXN (TV Tokyo), et BS TV Tokyo. En mars 2011, le tirage cumulé des volumes du manga dépassait les 5 millions d'exemplaires.

 

avec Kirio Fanclub, le manga éponyme écrit et dessiné par Chikyuu no Osakana Pon-chan, prépublié depuis juin 2022 dans le magazine Comic Ruelle de l’éditeur Jitsugyo no Nihonsa. Dans celui-ci Aimi et Nami, camarades de classe au lycée, ont toutes les deux le béguin pour le même garçon. À la fois amies et rivales, elles se retrouvent toujours à parler de lui. Entre une série de duels pour choisir qui lui rapportera sa veste, un rituel pour l’invoquer dans ses rêves, ou encore la simulation du rendez-vous idéal, leur obsession commune devient le prétexte à des échanges loufoques, cruels et touchants. Car leur amitié, finalement, est au moins aussi intense que leur amour pour Kirio. C’est une comédie romantique sur l’amour à sens unique, tour-à-tour loufoque, cruelle, incorrecte mais surtout très touchante. Un manga dérivé en cinq chapitres, également illustré par Chikyū No Osakana, a été publié sur le même site web du 18 octobre 2024 au 21 février 2025. C’est un recueil d'œuvres hommage par une équipe d'auteurs de renom qui dépeint avec humour et légèreté la personnalité des personnages. Les chapitres du spin-off ont été compilés dans un seul volume tankōbon sorti le 17 avril 2025. Le succès aidant, une adaptation en prises de vues réelles de 10 épisodes, produite par Chukyo TV, a été diffusée du 2 avril 2025 au 5 juin 2025, et une adaptation en anime de 12 épisodes par Satelight a commencé sa diffusion le 3 avril 2026 sur JNN (MBS, TBS). La série de manga s'est classée sixième dans l'édition 2024 du guide Kono Manga ga Sugoi! de Takarajimasha , qui recense les meilleurs mangas pour lectrices. Elle s'est classée dixième dans l'édition 2025.

 

avec Rīnkānēshon no Kaben, écrit et illustré par Mikihisa Konishi, est prépublié depuis mai 2014 par les éditions Mag Garden, d'abord dans les pages du magazine Monthly Comic Blade jusqu'à son arrêt en juillet de la même année, pour ensuite reprendre de septembre 2014 à décembre 2015 sur le site Mag Comi et depuis sur le site Comic Blade. L'œuvre compte 22 volumes au 8 août 2025 sur le marché japonais.Il s'agit de la deuxième œuvre sérialisée de Mikihisa Konishi, après sa première série Suashi no Meteorite, et elle est considérée comme l'une de ses œuvres les plus représentatives. Se déroulant dans le Japon contemporain, l'histoire met en scène les combats de «Réincarnés» qui héritent des talents de leurs vies antérieures grâce à des couteaux appelés «Branches de la Réincarnation». Le protagoniste, Tōya Touya, lycéen, rejoint le groupe d'individus dotés de dons surnaturels «Le Bosquet des Grands Hommes» après avoir rencontré son camarade de classe Haito. Tōya, qui acquiert le talent d'Albert, se retrouve confronté à un tueur en série, approfondit sa relation avec Haito, qui possède le talent de Musashi, et se trouve mêlé au destin d'épéistes historiques tels que Munenori. Cette œuvre utilise un système d'expression des pouvoirs basé sur trois éléments : la transformation des costumes, la création d'armes et la transmission des connaissances, donnant lieu à des combats surnaturels. Elle se caractérise par ses scènes de combat qui fusionnent l'escrime de l'époque d'Edo avec les arts martiaux modernes, et met en scène plus de 190 personnages. L'expression visuelle des pétales de fleurs qui s'agitent lors de la manifestation des pouvoirs et des changements de costumes, ainsi que les «Réincarnateurs» recréant le comportement et les pensées d'individus talentueux de leurs vies antérieures, contribuent à construire un univers unique. De plus, dans la société clandestine formée par les «Mawashi» (personnes dotées de pouvoirs surnaturels), des restrictions claires sont en vigueur, comme l'épuisement physique causé par l'utilisation de ces pouvoirs. Finalement, a suivi une adaptation en série télévisée d'animation japonaise, produite par Benten Film, est diffusée pour la première fois depuis le 3 avril 2026 sur Tokyo MX, AT-X, et CBC. En août 2024, le tirage cumulé du manga jusqu'au volume 19 a dépassé les 3 millions d'exemplaires.
 

 

avec Tadaima, Ojamasaremasu!, le manga illustré par Watomura qui est prépublié depuis octobre 2020 au sein du magazine numérique Koisuru Soirée de NTT Solmare, sur le site Comic C'moa et en format webtoon. La version papier publiée aux éditions Enterbrain, sous leur label B's Log Comics, sortira le 1ᵉʳ décembre 2025 et le volume 2 suivra le 27 décembre 2025. Il s'agit de la première œuvre de Wadomura, et de sa plus représentative. Elle met en scène une colocation insolite et un triangle amoureux se déroulant dans un immeuble. Se déroulant dans un immeuble japonais moderne, cette comédie romantique burlesque met en scène la colocation animée et le triangle amoureux entre trois personnages hauts en couleur : Rinko Nakama, passionnée de culture otaku, Haruma Sada, son voisin de droite, et Kyoto Satsuki, sa voisine de gauche, grâce à un trou dans le mur. Les secrets que cachent Haruma et Kyoto, aux personnalités diamétralement opposées, et le destin amoureux incertain de Rinko dans cet espace étrange sont les points forts du manga. Une adaptation en série télévisée animée produite par Tatsunoko Production est diffusée depuis le 8 avril 2026 sur Nippon TV, YTV, et BS NTV. Les voix de Rinko, Kyoto et Haruma sont respectivement interprétées par Kana Hanazawa, Kaito Ishikawa et Haruki Ishitani

 

Enfin, avec
Snowball Earth, une série de mangas japonais écrite et illustrée par Yuhiro Tsujitsugu. Elle est publié en série dans le magazine manga seinen de Shogakukan Monthly Big Comic Spirits depuis janvier 2021. Nous suivons Tetsuo, un garçon d'une grande timidité a pour seul ami Yukio, un robot géant. Ensemble, ils affrontent dans l'espace des monstres galactiques qui menacent l'humanité... Dix ans après la bataille finale, Tetsuo revient seul sur Terre et découvre avec stupeur un paysage dévasté. Durant son absence, la planète est entrée dans une nouvelle ère glaciaire : ce n'est plus qu'une immense boule de neige ! Des humains ont-ils survécu ? Comment s'est conclue la guerre contre les créatures géantes ? Et Tetsuo réussira-t-il à tenir la promesse qu'il a faite à Yukio ? Avec ce starter pack, découvrez le début de cette aventure grandiose où robots et humains s'allient pour faire face à cette menace glaciale. Quand un artiste aussi réputé que Hideaki Anno (Neon Genesis Evangelion) recommande une œuvre récente, l'amateur de science-fiction averti en prend généralement bonne note, d'autant quand cette même œuvre est aussi saluée par Hideo Kojima (Metal Gear Solid) et ONE (One Punch Man, Mob Psycho 100). Il serait bien difficile de leur donner tort quand on voit avec quelle aisance son jeune auteur Yuhiro Tsujitsugu s'approprie les codes de la SF post-apocalyptique. Il nous offre une œuvre pleine d'originalité, riche en action et en combats spectaculaires. La première version de Snowball Earth, un récit court publié dans le mensuel Big Comics Spirit a été à ce point plébiscitée par le lectorat, pourtant réputé exigeant du magazine, que l'éditeur Shōgakukan a offert une prépublication régulière à son auteur pour qu'il en fasse une série toujours en cours au Japon. Enfin, une adaptation en série télévisée animée produite par Studio Kai est diffusée depuis le 3 avril 2026 sur NNS (Nippon TV) pour le plus grand plaisir des fans

 

Merci !

vendredi 1 mai 2026

La fête du travail en Corée, deux conceptions différentes des festivités

Bien que le 1er mai ne soit pas officiellement chômé, certaines personnes ont bien le jour de congé et la Corée du Sud célèbre le travail, comme en France. La Fête du travail a été introduite en Corée du Sud en 1923, sous le régime colonial japonais, et selon la loi «Désignation de la Fête du travail» de 1963, la journée est un jour de congé payé. Cette journée est marquée par des manifestations organisées par les syndicats pour défendre les droits des travailleurs. Généralement pacifiques, elles permettent aux travailleurs d’exprimer leurs préoccupations. Mais elle est aussi l’occasion pour beaucoup de Coréens de profiter d’un jour de repos pour faire un pique-nique en famille ou entre amis

 

Les citoyens nord-coréens ont autrefois célébré la fête du Travail avec des événements sportifs, des pique-niques et en rendant hommage à leurs anciens dirigeants. Mais après une crise alimentaire prolongée dans les années 1990, les transfuges ont brossé un tableau différent de la fête nationale pour ceux qui souffrent d’un important fossé social. Les ouvriers des usines d'État passent leurs journées à cultiver leurs potagers ou à s'occuper à la maison. Mais les employés des entreprises commerciales individuelles assistent aux matchs organisés par leur employeur. Ils reçoivent même des cadeaux de luxe comme des téléviseurs et des vélos. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://creatrip.com/fr/blog/14398, https://www.businessinsider.com/north-korea-holidays-2018-4, https://www.kpops-lifestyle.com/jours-feries-en-coree-du-sud-guide-complet-des-festivites-et-traditions, et https://www.souslecieldecoree.fr/les-jours-feries-2025-en-coree-du-sud/.

 

Merci et bonne fête du travail !

mercredi 29 avril 2026

Le Festival international du court métrage de Busan, une opportunité pour les passionnés du court métrage

Hier s’est fini le Festival international du court métrage de Busan (BISFF) a été lancé en 1980 sous le nom de Festival du court métrage coréen. Il s'agit du premier festival de courts métrages à apparaître en Corée et il tient sa 43e édition du 23 avril au 28 avril 2026. Le BISFF sera une opportunité remarquable pour les professionnels et les passionnés du pays et du monde entier. Les candidatures sont réparties en compétition internationale et compétition coréenne, et les courts-métrages de moins de 30 minutes sont éligibles. Il décerne une douzaine de prix dans trois sections compétitives (Compétition internationale, Compétition coréenne et Opération Kino) tout en présentant également plusieurs sections non compétitives organisées, notamment : Pays invité, Courts métrages coréens, Courts métrages asiatiques, Prism, Cinéma 3D, etc. Des œuvres singulières, éclectiques et inédites, à découvrir.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces articles qui m’ont beaucoup aidé : https://filmfreeway.com/BISFF_submit, https://filmmakers.festhome.com/fr/festival/busan-international-short-film-festival, https://filmmakers.festhome.com/ko/festival/busan-international-short-film-festival, et https://www.cinematheque.fr/cycle/festival-du-court-metrage-de-busan-42e-edition-1411.html.

 

Merci !

samedi 25 avril 2026

Le 25 avril en Corée du Nord et au Portugal, un jour aux significations différentes

Le 25 avril, la Corée du Nord célèbre la fondation de l'Armée populaire coréenne en présentant ses forces lors d'exercices et de défilés. C’est le 25 avril 1932, qu’a eu lieu la création de l'Armée populaire de Corée (date initialement fêtée le 8 février) par Kim Il-sung pendant la domination coloniale du Japon. La Corée du Nord a célébré la date depuis des décennies à partir de 1978, mais a changé en 2018 pour marquer le 8 février lorsque l'Armée populaire de Corée (KPA) régulière a été fondée en 1948 en tant que principal anniversaire de la fondation de l'armée. Bien que la fête nationale soit considérée comme un jour de repos, de nombreuses personnes sont toujours obligées de participer à des événements et rassemblements officiels.

 

Pour aller plus loin, je vous mets les lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://fr.yna.co.kr/view/AFR20240209000400884, https://fr.yna.co.kr/view/MYH20200524007500884, https://fr.yna.co.kr/view/AFR20200524000600884, et https://www.businessinsider.com/north-korea-holidays-2018-4.

 

Au Portugal, après 52 ans, le camp conservateur est au pouvoir au Portugal et l'extrême droite, en position de force à l'Assemblée de la République, tente d'éroder le patrimoine du 25 avril. La question de la mémoire devient d’autant plus pressante que les témoins directs de la révolution des œillets partent. Surtout que comme le démontre l’ouvrage «C’est le peuple qui commande – La Révolution des Œillets 1974-1976», de l’historien Victor Pereira, le 25 avril n’a pas seulement marqué la chute d’une dictature et d’un empire colonial, mais aussi une véritable révolution sociale. Immédiatement le 25 avril 1974 – et qui a surpris même les militaires du Mouvement des forces armées (MFA), qui était principalement composé de capitaines qui avaient participé à la guerre coloniale et qui avaient le soutien d'officiers de milice – c'est que le peuple est descendu dans la rue pour les soutenir et les encourager, et que personne n'est descendu dans la rue pour défendre la dictature, avec une puissance militaire réduite la résistance du régime était pratiquement inexistante et infructueuse, avec seulement 4 civils tués et 45 blessés à Lisbonne par les balles de la DGS. En renversant le régime le plus ancien d’Europe occidentale, le Mouvement des forces armées (MFA) a ouvert la voie au programme «trois D» : décoloniser, démocratiser et développer. Par la suite entre 1974 et 1976, l’élan populaire s’est manifesté par les gens qui parlaient, il y avait des rassemblements, des manifestations; après 48 ans de silence, les gens ont ressenti une libération et ont voulu débattre, parler de politique, parler de tout ce qu'ils pouvaient.

 

Cependant, l'élan révolutionnaire, comparable à celui de Mai 68 en France, s'est essoufflé suite à une période de grands troubles sociaux, politiques et militaires connus sous le nom de PREC (Processus révolutionnaire en cours), marqués par des manifestations, des occupations, des gouvernements provisoires, des nationalisations et des confrontations militaires, au moment où Spínola tente lui-même un coup d’État le 11 mars 75 et cela conduira à une radicalisation de la révolution qui finira le 25 novembre 1975, après une lutte de pouvoir marquée par la menace d'une guerre civile au Portugal durant «l’été chaud», où il y avait beaucoup de luttes entre ceux qui craignaient la prise du pouvoir communiste et l’imposition d’une démocratie directe et ceux qui accusaient le droit de vouloir restaurer la dictature, après les élections du 25 avril 1975 et lors de ces élections, le Parti socialiste est venu en premier et le PPD, parti de centre-droit, est arrivé en deuxième position, c’était l’expression du peuple qui a voté librement, menant aux violence anticommunistes de l’été chaud, et à l'idée qui est nécessaire que le travail de l'Assemblée constituante doit être respecté. La nouvelle Constitution est votée le 2 avril 76, mais cette Constitution est très très progressiste parce qu'elle défend les nationalisations, défend la réforme agraire, défend la participation populaire. Aujourd'hui, l'extrême droite éclipse les commémorations de la «Révolution des Œillets». Cinquante-deux ans plus tard, si de vastes célébrations ont toujours lieu le 25 avril à travers le Portugal et parmi la diaspora, le fossé générationnel et le passage du temps érodent inévitablement la mémoire de l'événement.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://radioregional.pt/25-de-abril-a-historia-da-revolucao/, https://www.rfi.fr/pt/programas/em-directo-da-redac%C3%A7%C3%A3o/20231208-livro-mostra-25-de-abril-como-revolu%C3%A7%C3%A3o-social-e-abana-vis%C3%A3o-idealizada-da-hist%C3%B3ria, et https://www.rfi.fr/pt/programas/vida-em-fran%C3%A7a/20260422-historiador-yves-l%C3%A9onard-lan%C3%A7a-livro-sobre-capit%C3%A3o-de-abril-otelo-saraiva-de-carvalho.

 

Merci, bonne journée de la Fondation militaire et bon 25 avril !

vendredi 24 avril 2026

Spartacus, derrière la légende, un chef de guerre

Le dimanche 5 avril 2026, Arte a rediffusé le film Spartacus, œuvre épique, monumentale, l'un des sommets de la carrière de Stanley Kubrick réalisée en 1960 récompensé par 4 oscars, avec en tête d'affiche un Kirk Douglas (qui retrouve le cinéaste après Les Sentiers de la gloire) dans l'un de ses rôles les plus célèbres, et comme point d’orgue des journées romaines de Nîmes, ont lieu trois représentations du grand spectacle de reconstitution historique dans les Arènes du 24 au 26 avril 2026 : «Spartacus, l’esclave qui défia Rome», avec plus de 500 reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs et des décors spectaculaires spécialement créés pour l'occasion qui donneront vie à ce moment historique dans un spectacle grandiose, où la détermination de Spartacus se heurte à la puissance de Rome, et où l'histoire d'une révolte se transforme en légende intemporelle. C’est une fresque historique et humaine retracera l’ascension de Spartacus, gladiateur malgré lui devenu chef d’une armée de révoltés face à la puissance de Rome, et habilement, le récit prendra pour cadre la visite documentée de l’empereur Hadrien à Nîmes en 122 après J.-C., qui choisit de célébrer cette figure légendaire à travers de grands jeux, dont le tout, est supervisé par le conseiller historique Giovanni Brizzi, et mis en scène par une équipe de 7 créateurs dont Fabien Faizant, qui a également signé la composition musicale originale. Cette thématique avait déjà fait le succès de l’édition de 2018. Spartacus comme nous pouvons le voir est un héros aux milles visages qui devenu ainsi le symbole d’un esprit collectif susceptible d’emprunter de multiples visages, et c’est ce que nous allons voir aujourd’hui.


Dans la Rome des années 70 avant J.-C., l'esclavage - pratique omniprésente au cœur du «miracle» économique romain - est à son apogée dans tout l'espace de l'empire. c’est à partir de la deuxième Guerre punique – contre Carthage (218-202 avant J.-C.) – que des masses considérables d’esclaves commencèrent à affluer en territoire romain. Ils furent affectés au travail dans les grandes propriétés agricoles (oliveraies, vignobles…) d’Italie centrale et méridionale et en Sicile, où, parqués dans des ergastules (des casernes d’esclaves), leurs conditions de vie s’aggravèrent nettement. Les plus favorisés étaient domestiques dans les demeures urbaines. Certains devenaient gladiateur, contraint de combattre pour le divertissement des citoyens romains. Ce sort partagé par des milliers d'esclaves à travers l'empire. L’afflux de main d’œuvre servile bon marché modifia en profondeur un esclavage resté jusqu’alors principalement familial et domestique, ce qui expliquait l’absence de dispositifs de surveillance et de répression des esclaves. Seule la terreur et une implacable discipline pouvaient maintenir dans la soumission et la résignation ces masses d'étrangers asservis et transplantés. Rien d’étonnant donc, même si des révoltes d’esclaves éclatèrent à Rome bien antérieurement, à ce que les grandes Guerres serviles aient éclaté un peu plus d’un demi-siècle seulement après la chute de Carthage (202 avant J.-C.). Et que ce soit dans ces mêmes régions de grandes propriétés foncières qu’elles se déclenchèrent. Après les victoires de Rome en Méditerranée orientale, des dizaines de milliers de captifs affluèrent vers l’Italie. Trafic qui fit d’ailleurs la fortune des pirates crétois et ciliciens. L'extrême diversité de leurs origines ethniques explique également leur peu d'aptitude à s'unir dans des révoltes. Il y en eut cependant, en 198 et en 185, mais elles furent aisément écrasées dans le sang. La concentration de très nombreux esclaves sur les immenses latifundia qui se constituaient en Sicile et en Italie du Sud allait permettre cependant de grands mouvements de révolte. Dans la seconde moitié du IIe siècle avant J.-C., la Sicile fut agitée de façon endémique par des mutineries serviles. En 135, ce fut une véritable guerre qui éclata : l'esclave Eunous le Syrien souleva et arma des milliers de ses compagnons et prit le titre de roi. Il fallut de longues opérations militaires pour en venir à bout en 132. En 104, une seconde guerre servile eut lieu en Sicile : Salvius Tryphon et Athenion armèrent 40 000 esclaves et ravagèrent toute l'île; ce n'est qu'en 101 que les Romains purent mater les dernières bandes et envoyer les survivants nourrir les fauves aux jeux de la Ville. Celle de Spartacus sera la troisième et inquiétera grandement Rome, sa chance est de n'avoir suscité aucune réaction immédiate des autorités malgré le précédent des deux terribles guerres serviles (contre des esclaves révoltés) menées en 139 et 132, et de 104 à 100 avant J.-C.


La guerre servile qui éclate en 73 av. J.-C. a pour origine les écoles de gladiateurs de Campanie, de Capoue en particulier. À partir de l’année 73, la vie de Spartacus se confond avec la troisième révolte servile. Au début de l’été, il parvint à s’évader, avec quelques dizaines de ses compagnons d’armes (environ 70), de l’école où les retenait Lentulus Battiatus. Spartacus née au début du Ier siècle avant notre ère, vers 93 avant J.-C., était un Thrace; son patronyme traduit bien une telle origine : il est donc barbare aux yeux d’un Romain, comme à ceux d’un Grec, qui servit comme auxiliaire dans l’armée romaine mais les conditions inhumaines qu’il découvrit firent de lui un déserteur, tout au moins selon l’historien latin Florus; selon l’historien grec Appien, il aurait servi dans une légion et aurait été fait prisonnier de manière injuste, ce qui pourrait expliquer la haine de ce dernier contre Rome, il fut vendu alors comme esclave accompagné de son épouse, une prêtresse de Dionysos, originaire comme lui de Thrace, à un laniste du nom de Lentulus Battiatus (qui était donc un marchand et un entraîneur de gladiateurs), il fut incorporé dans l’école de gladiateurs de Capoue, et devint l’un des trois meneurs, avec Crixos et Oenomaos. La gladiature était organisée en différentes catégories, également nommées armaturae. À cette époque, il n’existait que les trois armaturae dites ethniques : Samnite, Gaulois et Thrace, comme le montre la division des chefs de la révolte. Après avoir volé des armes, ils se réfugièrent sur les pentes du Vésuve, où Spartacus, Crixus et Oenomaos furent élus chefs. Rome réagit en envoyant le propréteur Claudius Glaber avec 3000 hommes, l’équivalent d’une légion, qui vainc et tue Oenomaos qui s’est lancé à sa rencontre, encercle les fugitifs révoltés. Les forces de Rome, en particulier ses meilleurs généraux sont accaparées en cette période par la guerre contre Mithridate VI en Orient et par la révolte de Sertorius en Espagne. Les troupes romaines sont facilement vaincues par les hommes de Spartacus dont les effectifs ne cessent de grossir, attirant d'autres gladiateurs en fuite et des esclaves des campagnes environnantes, mais aussi des hommes libres, petits paysans ruinés ou travailleurs agricoles réduits à la mendicité par la concurrence servile. Spartacus n’a de cesse d’organiser ses troupes pour en faire une puissante armée sur le modèle romain. Il s'approprie aussi les emblèmes de Rome, humiliant ainsi ses adversaires. Spartacus se disait le aussi le protégé du dieu Dionysos et fondait son autorité sur des croyances religieuses, bien aidé par sa compagne, initiée aux mystères dionysiaques (un culte secret), qui est capable d'interpréter les songes. Vers l’automne, Spartacus se trouve à la tête de 40 000 hommes qui pillent la Campanie et se répandent en bandes à travers toute l’Italie du sud. L’idée de Spartacus était de remonter vers le nord de l’Italie, pour gagner des régions où les esclaves auraient pu vivre libres. Alors que les Gaulois Castus et Gannicus le rejoignent et lui servent de lieutenant, il laisse donc Crixos en Italie du Sud avec 10 000 hommes qui continuent à se livrer aux pillages. Cette division n’est pas due à une mésentente, Crixos reste en Apulie pour s’opposer aux forces romaines qui vont venir à leur rencontre, afin de permettre à Spartacus d’aller vers les Apennins, dans le but d'entraîner d'autres régions encore dans la révolte. Ces derniers sont vaincus en 72 par le consul Publicola dans la région du mont Gargano, mais Spartacus proclamé commandant en chef par ses hommes, remporte une victoire sur Publicola et Clodianus dans les Abruzzes, dont ses hommes lui remettent les faisceaux pris à l’ennemi. Spartacus est alors au faîte de sa puissance profitant du fait que le Sénat romain sous-estime et méprise les esclaves, alors que l’effectif révolté passe progressivement de 70 hommes à 7000, puis 60 000, enfin autour de 100 000. Il contraint même 400 prisonniers romains à jouer les gladiateurs et à s’entre-tuer dans l’arène.

 

Au cours de l’été 72, Spartacus remonte vers le nord, et parvient sur les rives du Pô, après avoir de nouveau vaincu les légions commandée par le gouverneur de Cisalpine, Cassius Longinus qui échappe de peu à la mort. Là, brusquement, il décide de rebrousser chemin et de repartir en direction du sud. L'intention initiale de Spartacus semblait être de mener ses hommes hors d'Italie, vers la liberté, en traversant les Alpes. Cependant, après avoir atteint le nord de l'Italie, ils ont inexplicablement changé de direction. Ils retournèrent vers le sud profond de la péninsule italienne, décision restant un sujet de spéculation parmi les historiens. Certains suggèrent que les rebelles ont choisi de rester pour continuer à piller les riches terres du sud. Ils étaient attirés par le butin plutôt que par la liberté. D'autres avancent que Spartacus aurait pu tenter de négocier avec les autorités romaines ou même de renforcer sa position pour une confrontation finale. Parvenu sur le golfe de Tarente, il occupe la région de Thurium, où la légende veut qu’il ait organisé une sorte de république idéale, organisant un commerce avec les peuples voisins et faisant commerce d’armes, de bronze et de vivres. Cependant, il interdit aux marchands d’introduire dans la ville des objets d’or et d’argent et aux siens de rien acheter de ce genre. Spartacus n’envisage pas d’instaurer un État anticapitaliste, mais un régime militaire, tout entier consacré à l’effort de guerre. Il n’a pas non plus aboli l’esclavage. Son intention de passer en Sicile, fondée sur le souvenir de la deuxième guerre servile qu’il comptait ranimer, ne put toutefois se réaliser. C’est à cette époque que Verrès, pour satisfaire son avidité insatiable pour les œuvres d’art, exerce en Sicile une propréture de sinistre mémoire qui fera la gloire d’un jeune et ambitieux avocat du nom de Cicéron. Le seul problème est de se procurer des bateaux pour traverser le détroit de Messine. Spartacus négocie avec des pirates ciliciens mais, soit par cupidité, soit par crainte des armées romaines (dont celle de Verrès), les pirates le trahissent et prennent le large avec l'argent. Une tentative de traverser sur des radeaux de fortune échoue. C’est alors que le Sénat romain décide de confier à un préteur, le richissime Crassus, parfait représentant des grands propriétaires de la noblesse romaine, la tâche de mater la révolte. Crassus recrute une armée de 50 000 hommes, dont 30 000 à ses frais d’une «suffisante en quantité et en qualité». Même si au départ, Spartacus bat le lieutenant de Crassus, Mummius trop présomptueux, ce qui pousse Crassus à appliquer la punition antique de la décimation sur une section de 500 hommes des troupes de Mummius : un légionnaire sur dix serait exécuté par ses compagnons devant toute l'armée, les révoltés harcelé par Quintus, lieutenant de Crassus, et Scrofa, son questeur, arrivèrent à les mettre en fuite, mais les troupes de Spartacus grisées par le succès l’obligèrent à revenir sur ses pas en Lucanie, ils furent pris au piège et acculés dans l’isthme de Reggio de Calabre, la pointe de la botte, où Crassus fait creuser un fossé de 55 kilomètres de long sur 4,50 mètres de profondeur et de largeur, surmonté d'un solide remblai. Au début de l’année 71, Spartacus parvient dans un premier temps à forcer le blocus profitant d'une tempête de neige pour partiellement combler le fossé et faire discrètement passer ses troupes, mais plusieurs bataillons d'esclaves avaient été anéantis comme ceux de Castus et Giannicus qui ont préféré s’établir un camp dans un lac en Lucanie, et la rencontre décisive a lieu en mars de la même année, en Lucanie, où au début du combat, Spartacus égorge son cheval en proclamant que, vaincu, il n'en aura plus besoin et, vainqueur, en trouvera de plus beaux à Rome : les esclaves sont écrasés et Spartacus tombe au combat après avoir vendu chèrement sa vie. Blessé à la cuisse, il continue à genoux, son bouclier en guise de rempart, et tombe percé de coups. "C'est en vrai général qu'il trouva la mort" selon l'historien latin Florus. Les survivants sont poursuivis et massacrés en Italie du Sud par Crassus et dans le nord par Pompée, qui rentrait d’Espagne, où 5000 fuyards sont massacrés. Crassus crucifie 6000 prisonniers le long de la route qui mène de Capoue à Rome. Leur lente agonie rassure les propriétaires fonciers et, surtout, sert de sanglant exemple à ceux qui voudraient imiter Spartacus. Rome s’était ressaisie : ainsi s’achevait la troisième guerre servile, celle de Spartacus, plus dure que les deux précédentes. Se cachant dans les montagnes, quelques-uns réussirent à survivre : en 60, le préteur Caius Octavius, père du futur Auguste, élimina ces derniers rescapés qui rôdaient toujours en Italie méridionale, pratiquant le brigandage.

 

Dès l’Antiquité, la nature de ce personnage historique, et sa révolte de 73 à 71 avant J.-C., ont fait l’objet d’interprétations diverses. À partir du siècle des Lumières, Spartacus est devenu le sujet d’innombrables créations théâtrales et littéraires, voire cinématographiques, depuis les trois muets de 1909 d’après le roman à succès de Raffaello Giovagnoli (1874), de 1913 qui est un succès international et un triomphe personnel pour l’athlète-lutteur Mario Guaita Ausonia et celui soviétique de 1926 dont son son intrigue repose sur le roman de Raffaello Giovagnoli, mais le transforme en martyr du prolétariat, le Spartacus de Riccardo Freda en 1953 qui cherche à se distancier de la rhétorique fasciste où le réalisateur veut montrer la «cruauté des Romains» jusqu’à l’œuvre de Kubrick en 1960 qui le met dans une lutte des classe anachronique, où l’on trouve quelques allusions à la révolution américaine (les «bons» sont joués par des acteurs américains et les «méchants» par des Anglais), les péplums italiens avec exploits apocryphes des fils, compagnons ou épigones du gladiateur rebelle jusqu’en 1965, et jusqu’au téléfilm de 2004, lui aussi inspiré du roman d’Howard Fast, et celui de 2008, où Spartacus est encore montré en «héros du peuple». L’interprétation est aussi politique au siècle des Lumières, où il devient symbole de la lutte universelle pour la liberté avec une tragédie en cinq actes (1760), où Bernard-Justin Saurin donne un Mithridate, où il met en scène un Spartacus amoureux de la fille de Crassus, et Voltaire mentionne la «guerre juste» de Spartacus dans son Encyclopédie (1771), dans le sillage des mouvements abolitionnistes du début du XIXe siècle à travers les œuvres de Strickland Moodie ou Mongomery Bird, et celles de Lamartine dans L’Histoire des Girondins en 1847, il établit un rapprochement entre le député mulâtre Ogé et Spartacus, et dans une tragédie en 1850 il met en scène Toussaint-Louverture en tant que noir révolté, puis à l’époque du printemps des peuples, avec l’exemple de Quinet, que le mythe prend de l’ampleur, l’Italie du Risorgimento qui fait de Spartacus une figure de valeur et de courage, libérant le pays de l’oppression à l’exemple du garibaldien Raffaelo Giovagnoli, auteur en 1874 du premier roman historique consacré à notre héros, il devient ensuite le héros prolétaire de la Commune de Paris et des mouvements marxistes, reconnu par Marx comme le plus grand personnage de toute l’histoire de l’Antiquité, ce qui explique qu’on lui consacre en Allemagne un roman de Paul Heyse (1892) et deux tragédies : Deux libérateurs (Hans Land, 1897) et Spartacus (Kalischur, 1899), socialistes à l’exemple d’Urbain Gohier, compagnon de Charles Péguy, donne aux Cahiers de la Quinzaine en 1905 un Spartacus atypique où le héros fait alliance avec Catilina, grand conspirateur de la République romaine (Cicéron avait, le premier, fait le lien entre les deux révoltés), et le héros des révolutions communistes comme les communistes Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg qui en feront un drapeau (les «Spartakistes») en 1916 à Berlin, alors que les Soviétiques baptisent, en 1921, des jeux sportifs «spartakiades», tandis qu’en 1954, le ballet d’Aram Khatchaturian reste d’un manichéisme sans nuance, et de la résistance au MacCarthysme lors la période de la «chasse aux sorcières» des années 1950 aux États-Unis avec Howard Fast, dont dont le héros est devenu un messie de la lutte des classes, comme une réponse au Hongrois Arthur Koestler qui parle avec désenchantement d’une révolution avortée, ces deux écrivains n’hésitent pas, aux États-Unis, à afficher leur engagement communiste. La bande dessinée se l’annexe depuis une première mouture en 1946 dans Vaillant, journal pour les jeunes, d’inspiration communiste, et en 1975, que Jacques Martin invente un Fils de Spartacus (traduit en latin, en 1983, par Claude Aziza et Michel Dubrocard) dans sa série romanisante Alix. Les romans ne sont pas en reste comme le montre Spartacus et la Révolte des Gladiateurs en 1988 de Joël Schmidt, Les Maîtres de Rome : La Colère de Spartacus de Colleen McCullough en 1995, Spartacus. Le gladiateur et la liberté de Gérard Pacaud, en 2004, Spartacus. La révolte des esclaves de Jean Guiloineau aussi en 2004, Spartacus. La révolte des esclaves de Max Gallo en 2005 s’avère moins original que les deux précédents, ou encore Thierry Rollet et son Spartacus ou la chaîne brisée en 2009 qui essaye de coller au récit historique et le Spartacus de Romain Ternaux en 2017 qui donne une image grinçante et sombre des hommes recherchant les hommes providentiels, tandis que Claude Merle livre un Spartacus pour la jeunesse en 2009. Encore dans les années 2010, l’esclave rebelle a été le protagoniste d’une série télévisée américaine à succès.  

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Catherine Salles, 73 avant J.-C., Spartacus et la révolte des gladiateurs, Éditions Complexe, 2005, et https://www.lalibre.be/2010/07/01/spartacus-lhistoire-WZ3E2WB3CRH6JBMB2BC6BFL7VI/, Eric Teyssier, Spartacus, entre le mythe et l’histoire, Éditions Perrin, 2012, Charles Guittard, Spartacus : la transmission par l’exemple de la révolte, dans La transmission, dans Humanisme N° 298, 2013/1, Pages 61 à 66, Giusto Train, Guerres serviles : Le modèle antique, L’histoire, mensuel 415, septembre 2015, Yann Le Bohec, Spartacus, chef de guerre, Tallandier, 2016, et https://theatrum-belli.com/a-lire-spartacus-chef-de-guerre/, Rita, Compatangelo-Soussignan, Spartacus. Le gladiateur aux mille visages. De l’Antiquité au monde contemporain, Éditions Ellipses, 2025, et https://reainfo.hypotheses.org/44271, https://marxist.com/spartacus-un-veritable-representant-du-proletariat-antique.htm, https://pour.press/les-grandes-revoltes-desclaves-la-revolte-de-spartacus/, https://preo.ube.fr/dissidences/index.php?id=365#tocto2n5, https://reainfo.hypotheses.org/13860, https:reainfo.hypotheses.org/27036, https://www.cesoirtv.com/news/cinema/5010-spartacus-malgre-son-succes-stanley-kubrick-a-horreur-de-son-film/, https://theconversation.com/spartacus-celebre-gladiateur-etait-il-un-revolutionnaire-242850, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page321.html, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page322.html, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page327.html, https://www.italieaparis.net/actualite/news/les-journees-romaines-de-nimes-%3A-spartacus-lesclave-qui-defia-rome-19032/, https://www.pariszigzag.fr/france/spartacus-journees-romaines-nimes/, https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/qui-etait-spartacus-gladiateur-et-heros-de-la-liberte-128293.html, et https://www.universalis.fr/encyclopedie/spartacus/.

 

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