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mercredi 28 octobre 2026

Le 28 octobre au Japon : la fête des apôtres Saint Simon et Saint Jude, et de nombreux martyrs japonais

L'Église catholique célèbre la fête des saints Simon et Jude le 28 octobre, tandis que plusieurs bienheureux et martyrs chrétiens du Japon ont aussi trouvé la mort ou sont commémorés à cette date précise lors des grandes persécutions du XVIIe siècle.

 

Le 28 octobre marque la commémoration liturgique de ces deux apôtres de Jésus. Saint Simon est dit «le Zélote» ou le «Cananéen», et saint Jude (fils de Jacques) est également appelé Thaddée. Ils ne figurent que tous les deux dans la lite des apôtres, Simon recevant le qualificatif de ‘Cananéen’, c’est-à-dire le zélé chez Marc et Mathieu, mal traduit par Luc en ‘zélote’, sans doute «un zèle qui s’attachait aux tradition des Pères», il fut plus tard confondu avec le frère de Jésus, Simon et Siméon, fils de Clopas, avant de l’être avec Nathanaël de Cana, et Jude également appelé Thaddée, était le diminutif de plusieurs nom grecs, dont Theodoros ou Theodosios, un nom peu courant dans la Palestine du Ier siècle, Luc ne le connaît que sous le nom de ‘Jude, fils de Jacques’, ils sont totalement absent des récits évangéliques à l'exception d'une seule question posée par Jude lors de la Cène dans l'Évangile de Jean, on ne sait pas ce qu’ils ont fait après la Pentecôte, mais Jude fut confondu avec Thomas, puis Eusèbe de Césarée l’accola au IVe siècle à Edesse, puis aux Perses au Ve siècle comme Simon qui selon Basile de Césarée serait mort de vieillesse à Edesse, et l’Arménie tenta de le prendre comme évangélisateur à la même période avant que Barthélémy le remplace au VIIe siècle. En réalité, après la mort de Jésus, les apôtres les moins connus (le "deuxième cercle" des Douze dont faisaient partie Simon et Jude) sont restés un temps à Jérusalem avant de s'effacer de l'histoire. S'ils ont prêché, ce fut très probablement dans des communautés juives locales de Judée ou de Syrie proche. Après la dispersion de la première communauté chrétienne de Jérusalem (notamment lors de la guerre de 66-70 après J.-C.), ces disciples du «deuxième cercle» ont probablement continué à prêcher de manière très locale et discrète en Judée, en Samarie ou dans la Syrie proche. Les historiens estiment qu'ils sont très probablement morts de vieillesse ou de maladie, anonymes, au sein de petites communautés judéo-chrétiennes qui n'avaient pas les moyens de consigner leur histoire par écrit. 

 

L'histoire de l'Église au Japon compte des milliers de martyrs suppliciés pendant la période d'interdiction du christianisme. À partir des années 1630, chaque Japonais dut de plus en plus souvent s’enregistrer dans un temple bouddhiste afin de prouver qu’il n’était pas chrétien; au début du XVIIIe siècle, cela avait donné lieu à un recensement statistique exhaustif de la population dès la naissance. Cinq familles japonaises étaient regroupées en une seule unité au sein de laquelle elles devaient se surveiller mutuellement; si les autorités découvraient un chrétien dans un tel groupe sans qu’il ait été préalablement dénoncé par d’autres membres du groupe, l’ensemble du groupe était exécuté. Cela encourageait naturellement la surveillance mutuelle des personnes concernées. À cela s’ajoutaient des primes alléchantes offertes pour le démasquage des missionnaires et des chrétiens. De plus, les Japonais devaient piétiner, en présence d’enquêteurs, des images (fumi-e) comportant des symboles chrétiens; ceux qui refusaient ou hésitaient de manière ostensible étaient démasqués comme chrétiens (les premières traces de cette épreuve remontent à 1629 à Nagasaki). Les persécuteurs tenaient particulièrement à amener les missionnaires à l’apostasie par la torture. Les chrétiens japonais qui refusaient cet acte d’apostasie étaient eux aussi menacés de tortures cruelles et, en cas de refus persistant, de la mort. Les archives historiques répertorient le martyre de Jacobus Nakashima Kuhyōe (45 ans), de son épouse Agata et de leurs trois jeunes fils (Johannes, Michael et Ignatius), exécutés entre le 28 septembre et le 29 octobre 1630. Cet événement a notamment inspiré des œuvres théâtrales jésuites en Europe (comme la Christianomachia Iaponensis) visant à honorer le courage des martyrs. La Christianomachia Iaponensis se déroule à une époque où le christianisme japonais était en voie d’éradication. Et face à l'extrême violence des persécutions de 1630, les ordres missionnaires s'efforçaient de récupérer en secret les restes et les têtes des martyrs japonais pour les envoyer en Europe en tant que reliques sacrées.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lecture qui m’ont beaucoup aidé : Régis Burnet, Christianisme et ses marges : Figure des apôtres dans le premier christianisme, dans Annuaire de l'EPHE, section des Sciences religieuses (2009-2010), 118 | 2011, Hitomi Omata Rappon, La quête des reliques dans la mission du Japon (XVIᵉ-XVIIIᵉ siècle), dans Mondes juifs en mouvement : Frontières, porosités, circulations, dans Archives de sciences sociales des religions n° 177, Éditions de l'EHESS, 2017/1, Pages 257 à 282, Michel Lederer, et Tom Bissell, Apôtres : Sur les pas des Douze, Albin Michel, 2018, http://causa.sanctorum.free.fr/martyrs_du_japon_2.htm, https://www.stjosephsentul.org/japan-the-land-of-saints-and-martyrs/, et https://humanistica-helvetica.unifr.ch/fr/works/223.

 

Merci, bonne saint Simon et saint Jude !

mardi 27 octobre 2026

Les romans horrifiques japonais, une autre façon de faire peur


Les histoires de fantômes font partie intégrante de la littérature japonaise depuis l'époque de Heian (794-1185), et l'horreur japonaise moderne est plus accessible que jamais aux lecteurs. Privilégiant l'horreur psychologique et intégrant fréquemment des éléments de religion populaire tels que les exorcismes shintoïstes, les phénomènes surnaturels et les yōkai, les romans d'horreur japonaise (J-Horror) sont des récits terrifiants qui hantent le lecteur longtemps après la lecture. Ils ont été souvent adaptés au cinéma et en jeu vidéo.

 

Ces romans se divisent en différents courants. Le surnaturel et les malédictions (Kaïdan et technohorror) sont inspiré du folklore des esprits vengeurs (Yūrei), ce sous-genre mise sur une terreur lente, tenace et souvent liée à la technologie moderne (cassettes vidéo, téléphones, objets du quotidien). Les œuvres phares sont Ring (1991) de Kōji Suzuki, une malédiction qui se repend par les réseaux modernes, suivi de Spirale (1995), une réinvention de sa propre malédiction sous un angle biologique et génétique, et Dark Water (1996), sept nouvelles horrifiques qui tournent toutes autour du thème de l'eau dans la baie de Tokyo, et le classique Parasite Eve (1995) d’Hideaki Sena, où l’horreur porte sur la biologie et sur la technologie médicale. Pour le Kaïdan ce sont Le Réparateur de jouets (1995) de Yasumi Kobayashi, une relecture moderne de Faust sur une femme mystérieuse capable réparer les jouets, et Another (2009-2010, 2 romans) de Yukito Ayatsuji, une malédiction dans un collège après que des élèves ont feint de ne pas avoir vu la mort d’une élève et le rôle central de Mei Misaki dans tout cela, sans oublier Je veux mourir en paix (Bogiwan ga Kuru) de Ichiho Sawamura (2015), le roman a relancé la J-Horror moderne au Japon. L'histoire suit un jeune père de famille harcelé par une entité folklorique sanguinaire et invisible appelée le "Bogiwan".

 

Puis, le thriller psychologique noir (Iyamisu / noir japonais) avec les auteurs qui décortiquent la noirceur, l'hypocrisie et les dérives de la société, de la famille et du monde scolaire japonais. La violence y est d'autant plus glaçante qu'elle paraît ordinaire. Les œuvres phares sont Audition (1997), un drame social lent et mélancolique qui bascule abruptement dans un huis clos de torture psychologique et physique avec son héroïne Asami, et In the Miso Soup (1997) de Ryū Murakami, une plongée claustrophobique au cœur des bas-fonds de Tokyo avec un tueur en série américain, Out (1997), un thriller social d'une noirceur absolue sur la routine macabre qui s'installe chez ces femmes ordinaires, et Grotesque (2003) de Natsuo Kirono,, une critique féroce de la société japonaise, de la pression de la réussite, du patriarcat et de la jalousie féminine, ou encore Confessions (2008) de Kanae Minato sur la cruauté scolaire et la toxicité des relations parents-enfants, et de la même autrice Expiation (2009), une étude psychologique impitoyable sur le poids de la culpabilité imposée et la façon dont un traumatisme d'enfance peut briser et pervertir toute une vie, voire La Leçon du mal (2010) de Yūsuke Kishi, un mélange glacial entre le suspense sociologique et un slasher psychologique, dressant une critique acide et noire du système scolaire japonais.

 

Ensuite, l'horreur architecturale et le mystère interactif qui est une tendance très populaire portée par des auteurs modernes, elle mêle enquête policière, plans de maisons truffés d'anomalies spatiales et secrets de famille macabres. Les œuvres phares sont Maisons étranges (Strange Houses (2021), où on passe sa lecture à observer les moindres détails des illustrations à la recherche des incohérences graphiques (une ombre mal placée, un détail anatomique impossible) qui servent d'indices, Strange Pictures (2023), où le lecteur scrute les schémas en même temps que les personnages pour tenter de comprendre la logique macabre des lieux avant que la solution ne soit révélée, et Strange Buildings (2023), le prolongement de son travail à l'échelle supérieure. L'intrigue tisse des liens à travers les plans et les structures de 11 bâtiments différents, mêlant récits croisés et énigmes architecturales globales) d'Uketsu. 

 

Enfin, la survie et le Splatterpunk / Death Game qui sont des récits oppressants où la jeunesse est placée dans des situations extrêmes de violence institutionnalisée ou de huis clos mortel, dont l’œuvre phare est Battle Royale (1999) de Kōshun Takami, qui explore la paranoïa, la rupture des amitiés enfantines, le sadisme de certains élèves et le courage désespéré des autres, Goth (2002) de Otsuichi, construit comme un recueil d'histoires interconnectées, le livre offre une plongée clinique et poétique dans l'esprit de personnages totalement déconnectés de la morale humaine ordinaire, ou encore King's Game (Ousama Game) de Nobuaki Kanazawa, lancé au début des années 2010, est un phénomène du light novel centré sur un jeu mortel où des lycéens reçoivent des ordres macabres par SMS qu'ils sont obligés d'exécuter sous peine de mort, et Signal (Shigunaru) de Keisuke Makino (2012), avec un groupe de lycéens se retrouve enfermé dans une pièce et soumis aux règles d'un jeu psychologique sadique via des écrans. Chaque infraction ou mauvaise réponse entraîne des châtiments corporels immédiats et mortels.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://heyimreading.com/2023/02/15/japanese-horror-books/, https://uketsu.fr/, https://www.bibliosurf.com/+-Kishi-Yusuke-+.html, https://www.erikastravelventures.com/weird-scary-and-surreal-japanese-books/, https://www.goodreads.com/shelf/show/japanese-horror, https://www.penguinrandomhouse.com/the-read-down/want-read-japanese-horror-heres-start/, et https://www.seuil.com/actualite/le-thriller-japonais-phenomene-duketsu.

 

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lundi 26 octobre 2026

La j-horror, se faire peur au cinéma

Historiquement, le cinéma japonais a intégré le fantastique de manière naturelle : les récits de fantômes («kaidan») et les créatures surnaturelles («yurei» et «yokai») peuplent le folklore et les contes locaux, et l’une des pièces les plus célèbres du théâtre kabuki (Yotsuya Kaidan) narre la vengeance d’un fantôme sur une série de personnages qu’il parvient à influencer. Autant de thèmes que l’on retrouve dans les films d’horreur nippons des années 1940-1950, les «kaidan eiga» qui font la célébrité de Nobuo Nakagawa, le Mario Bava japonais (Le Manoir du chat fantôme, 1959). Un classique se dégage Kwaïdan (Masaki Kobayashi, 1964) qui est un classique intemporel du film à sketches fantastique et folklorique. Longtemps, ces films de fantômes classiques resteront cloisonnés dans leur pays d’origine : les seuls films d’horreur (physique ou psychologique) à acquérir une réputation hors du Japon le sont d’abord pour leur érotisme, qu’il s’agisse d’Onibaba en 1964 et ses vrais-faux démons, ou de L’Empire des sens dans les années 1970, qui voit une comédie horrifique totalement psychédélique et expérimentale, House de Nobuhiko Ōbayashi en 1977, devenir culte. 

 

Une Nouvelle Vague, commence en 1991 par une anthologie de Norio Tsuruta : Histoires Vraies (Honto ni atta kowai hanashi), qui avaient dans le but de moderniser la figure du fantôme japonais grâce à ces nouveaux kaidan avec une génération de cinéastes autodidactes qui émerge. Tournant au départ de petits films en Super-8, puis des scènes érotiques, Hideo Nakata perce dans le monde entier avec Ring, l’épouvantable histoire d’une image maudite qui tue tous ceux qui la voient, sept jours plus tard. Son succès s’explique en particulier par le mélange qu’il fait entre les effets du cinéma d’horreur occidental (jump-scare en particulier), les hantises japonaises traditionnelles, et surtout des trouvailles personnelles. Les plans d’apparitions de personnages fantomatiques, quasi subliminaux, auront une influence durable sur les films d’horreur tournés à la suite. Lui-même, avec Dark Water, produira un deuxième long-métrage reconnu pour son horreur, et rendra aux histoires de fantômes un très bel hommage avec Kaidan. À ceux-ci s’ajoutent Ju-on: The Grudge de Takashi Shimizu en 2002 sur une maison maudite et une malédiction implacable liée à la violence domestique. 

 

La solitude, l’isolement dans un monde de gratte-ciel et de densité urbaine, la santé mentale des jeunes générations… Les films J-Horror illustrent des thèmes de société marquants au Japon, souvent par le biais de cinéastes marginaux et punk, équivalents d’écrivains modernes comme Ryu Murakami. Un auteur qu’adapte d’ailleurs Takashi Miike, cinéaste très prolifique et multigenre, en 1999 avec Audition, film extrêmement marquant par son scénario et surtout par ses dernières minutes, qui a influencé tout un pan du cinéma d’horreur des années 2000, le torture-porn – Miike fera d’ailleurs un caméo dans le film Hostel, d’Eli Roth. Audition, par son regard sur les hommes, les femmes et l’exploitation des corps, a gardé intact – à l’ère post-MeToo – son pouvoir d’édification. Volontairement destroy et pleine d’humour noir, la filmographie de Miike, qui comprend aussi le polar ultra-gore Ichi the Killer, fait le pont entre le film culte de la J-Horror underground Tetsuo, horrifique œuvre cyberpunk sortie en 1989, et l’un des artisans actuels du genre au Japon, Sono Sion, autre bourreau de travail qui, depuis Suicide Club en 2001 (et son prequel Noriko’s Dinner Table) a montré que le cinéma d’horreur et de genre japonais parvenait à mêler mise en scène virtuose et propos sociétaux marquants. À cela s’ajoute Kairo / Pulse (Kiyoshi Kurosawa, 2000) avec une vision glaciale et mélancolique d'Internet où les fantômes envahissent le monde des vivants.

 

De nos jours, Shiraishi Kōji est surtout connu pour ses films avec acteurs adaptés de dessins animés tels que Impossibility defense (2018) et Hell Girl (2019), ou encore Sadako vs. Kayako (2016), qui dressait l’une contre l’autre deux icônes de la J-horror. Il est aussi l’un des créateurs phares du label «J-horror». Mais à l’origine, Shiraishi était une figure de proue de la catégorie faux documentaire («mockumentary» ou «found footage» [séquences trouvées]) du cinéma d’horreur. Il a tourné plusieurs films, tels que Noroi : The Curse (2005), Occult (2009) et Cult (2013), qui ont été acclamés par les fans de l’horreur au Japon et à l’étranger. Shiraishi a sorti neuf films dans la série Files entre 2012 et 2015 (la plupart directement en vidéo). Tout au long de la série, l’intrigue tourne autour d’une équipe de tournage qui enquête sur des phénomènes surnaturels bizarres liés aux histoires de fantômes et au folklore japonais. À partir des années 2010, les maîtres de la J-Horror classique cherchent à conclure ou à réinventer leurs thématiques (Cold Fish en 2010 de Son Shiono), les œuvres s'intéressent aussi aux traumatismes familiaux, au harcèlement et au suicide des jeunes en lien avec Internet (comme Kyōfu / The Sylvian Experiments en 2010). Et le genre flirte volontiers avec la comédie noire, le splatter gore décomplexé (Helldriver, Mutant Girl Squad) ou le survival inattendu comme le phénomène mondial Ne coupez pas ! de Shin'ichirô Ueda (2017), et les productions récentes de la décennie 2020 s'éloignent des technologies maudites (cassettes VHS, téléphones) pour explorer le malaise de la société vieillissante du Japon et l'horreur folklorique avec Best Wishes to All (2023), le premier film de Yūta Shimotsu, Six Singing Women (2023) de Yoshimasa Ishibashi, Dolhouse (2025) de Shinobu Yaguchi et Never After Dark (2026) de Dave Boyle. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://japanization.org/le-top-10-des-films-dhorreur-thriller-japonais-par-mr-japanization/, https://leclaireur.fnac.com/article/cp67157-j-horror-comment-le-japon-a-reinvente-le-cinema-dhorreur/, https://www.allocine.fr/film/meilleurs/genre-13009/pays-5021/decennie-2010/, https://www.aucoeurdelhorreur.com/histoire-j-horror-cinema-japonais/, https://www.avoir-alire.com/le-cinema-japonais-au-surnaturel-les-spectres-de-la-j-horror, https://www.guimet.fr/fr/activites-visites/journee-j-horror, https://www.allocine.fr/film/meilleurs/genre-13009/pays-5021/decennie-2010/, https://www.nippon.com/fr/japan-topics/c030232/, et https://www.journaldujapon.com/2016/05/17/j-horror-theatre-series-quand-tous-les-themes-de-lhorreur-nippone-se-rassemblent/.

 

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samedi 24 octobre 2026

Les mangas de l’automne

Commençons les mangas de l’automne avec Notaru no Yomeiri (Firefly Wedding), un manga d’Oreco Tachibana prépublié depuis janvier 2023 sur le site Ura Sunday et l'application MangaONE (Shōgakukan), le manga s'est achevé fin 2025 au chapitre 78 (12 volumes au total). En pleine ère Meiji, Satoko Kirigaya n’a qu’un seul souhait : se marier pour l'honneur de sa famille et ce, même si ses jours sont comptés. Mais alors qu'un assassin tente de la tuer, elle lui propose de l’épouser ! Une proposition qui pourrait bien se retourner contre elle… Un jeu de dupes s'installe, mais l'assassin prend la promesse du "jusqu'à ce que la mort nous sépare" un peu trop au sérieux. Avec ce nouveau shōjo, Oreco Tachibana prouve combien elle maîtrise le shōjo et les relations tortueuses. Outre sa 9e place dans le prestigieux prix Kono Manga des lectrices, Les Noces des lucioles a également reçu le grand prix “Minna ga Erabu!! Denshi Comic Taisho 2024”. Elle réussit même l'exploit d'avoir dépassé le million d'exemplaires de ventes au Japon, en à peine trois volumes. Une série addictive avec une héroïne bien décidée à survivre à l'assassin qu'elle doit épouser. Le succès est là. Enfin, La série animée produite par le studio David Production (connu pour JoJo's Bizarre Adventure et Fire Force) et réalisée par Takahiro Kamei débutera le 9 octobre 2026 sur Fuji TV et sera diffusée sur Crunchyroll. 

 

… avec Dreamland, un manga français écrit et illustré par Reno Lemaire, un artiste français. Il est publié par Pika Edition depuis janvier 2006. Dans celui ci, Terrence est un jeune lycéen timide. Il veut séduire Lydia, la fille qu’il aime depuis toujours. Une nuit, sa vie bascule dans un cauchemar, il surpasse sa peur de toujours... Le feu. À partir de ce moment, il mène une double vie : lycéen banal le jour et “contrôleur du feu” la nuit dans Dreamland, le monde des rêves. L'histoire de cette bande-dessinée est basée sur la dualité entre deux mondes, l'un réel et l'autre fictif avec un message simple : "Faire de sa peur une force". En 2017, Tokyo Trip nous montre la bande de voyageurs qui explore Dreamland depuis le Japon, et l'Artbook Dreamland a débarqué le 14 octobre 2020 en librairie. Une édition Remaster, reprenant notamment les premiers volumes avec des modifications graphiques et narratives, est également publiée depuis 2022. Et en 2026 est sorti Dreamland le Mook, un ouvrage de 288 pages tout couleur entièrement consacrées aux coulisses de sa création et à son incroyable parcours. La série est par ailleurs publiée au Japon depuis 2024. Une adaptation en série animée, produite par Ellipse Animation et La Chouette Compagnie, est programmée pour octobre 2026 en France (sur Animation Digital Network) et au Japon sur sur le réseau ABC/ TV Asahi. En 2026, la série compte alors vingt-quatre volumes et s'est vendue à près de 800 000 exemplaires. 

 

… avec Overgeared, franchise sud-coréenne débutée en tant que light novel par Park Saenal et est édité par MAYA & MARU le 16 juin 2013 sur Munpia, avant une reprise officielle en web novel le 14 novembre 2014, puis sur KakaoPage le 10 décembre 2014, il s’est terminé le 26 avril 2024, avec un total d’environ 2060 chapitres (96 volumes) nous fait suivre Shin Yougwoo est ce qu’on appelle un loser “IRL”, un bon à rien "dans la vraie vie", car il enchaîne les petits boulots et peine à rembourser ses dettes, cependant quand il se connecte au jeu VR "SATISFY", jeu de réalité virtuelle auquel il est accro, ce n’est pas plus glorieux, car Youngwoo devient “Grid”, un guerrier au niveau terriblement médiocre… Jusqu’au jour où il tombe sur un livre regroupant l’ensemble des connaissances du plus légendaire des forgerons, mais en activant cet artefact, les statistiques durement acquises de Grid retombent à zéro…, sauf que ses nouvelles capacités vont lui permettre de se forger un équipement de tout premier ordre, pour espérer devenir un héros, un vrai, puis adaptée en WEBTOON à 2 reprises avec la première produite en 2017 par Yun Jun s'arrêta néanmoins au bout de 24 chapitres tandis que la seconde débutée en 2020 est toujours en cours et est produite par la Team Argo, ce dernier est actuellement publié par Pika Wavetoon, il faut dire que ce soit en light novel et en manhwa l’histoire est saluée pour sa progression réaliste : Grid ne devient pas un dieu du jour au lendemain par pur talent, mais par un travail acharné de forgeron et une compréhension pointue des mécaniques du jeu. Son influence grandissante l’amènera même à fonder sa propre guilde et à tisser des liens profonds (allant jusqu’au mariage) avec des personnages emblématiques, tant joueurs que PNJ, et en série animée Crunchyroll produite par le studio J.C.Staff et réalisé par Ayako Kono, avec une diffusion lancée en octobre 2026. Avec cet anime l’équipe créative cherche à captiver une audience friande de nouveautés. 

 

… avec Fool Night, un manga de science-fiction dystopique écrit et illustré par Kasumi Yasuda. Prépubliée au Japon depuis novembre 2020 dans le magazine Big Comic Superior, l'œuvre rencontre un vif succès critique. En France, la série est éditée par Glénat Manga. Le récit nous montre que depuis cent ans, un épais nuage empêche le soleil d’éclairer la Terre. Avec une nuit et un hiver prolongés à jamais, et face à des végétaux en déliquescence, l’Humanité a placé ses espoirs dans la technique de “transfloraison”, consistant à transformer un humain en plante. Bien évidemment, ces opérations sont limitées aux personnes en fin de vie, pour une raison éthique… Mais, lorsqu’une prime de dix millions de yens est accordée aux volontaires, certains n’hésitent pas à contourner les règles pour s’inscrire sur les listes. Toshiro est l’un d’entre eux : sans aucun avenir et fatigué de la vie, il va choisir de se transformer en plante. Cette opération va lui accorder des talents qu’il ne soupçonnait pas… Fool Night est un récit d'anticipation dystopique où le jeune auteur Kasumi Yasuda a su créer un univers original, où humains et végétaux se confondent. Avec un graphisme rappelant parfois Otomo ou encore Urasawa, le titre a été plébiscité par des auteurs comme Sui Ishida (Tokyo Ghoul) et Shuzo Oshimi (Les Liens du sang), qui admirent ce jeune talent. Le manga fait l'objet d'une adaptation à travers une collaboration inédite entre deux studios légendaires, Sunrise (Gundam) et SHAFT (Madoka Magica, Monogatari), réalisé par Atsuyuki Yukawa, avec un scénario supervisé par Jin Tanaka (Oshi no Ko) dont tous les épisodes seront disponibles le jeudi 26 novembre 2026 avec une diffusion mondiale sur Netflix.

 

… avec Magic Knight Rayearth, est un manga de magical girl, écrit et dessiné par le collectif CLAMP. Sorti en 1993 au Japon et en 1996 en France, avec une suite, Magic Knight Rayearth II, a été prépubliée entre 1995 et 1996. Pika a décidé de remettre ce titre important au goût du jour dans une belle édition, toujours pour fêter les 20 ans de l’éditeur en 2020 en librairie avec 6 tomes. Trois collégiennes (Hikaru, Umi et Fū) sont transportées depuis la Tour de Tokyo vers le monde magique de Céphiro. Elles doivent y devenir des guerrières légendaires pour sauver la princesse Emeraude et sauver ce monde menacé par le mage Zagato. Dans la suite en 3 volumes, le manga explore les conséquences sombres de leurs actions à la suite d'un twist scénaristique culte, alors que Cephiro perd ses fondations et subit l'invasion de planètes voisines. C'est un mélange précurseur de magical girl, de mecha (avec des géants de métal) et d'isekai (voyage dans un autre monde). C'est l'œuvre charnière où le studio fusionne le shōjo (grands yeux, émotions, fleurs) et le shōnen / mecha (combats, armures, monstres), créant une esthétique baroque, dynamique et d'une richesse ornementale rare. CLAMP y instille son fameux style de dessin par des armures complexes qui évoluent au fil de l'histoire, des capes aux mouvements fluides et des chevelures texturées très denses, des compositions asymétriques chargées de motifs (plumes, flammes, fleurs), et des robots géants aux allures de divinités. Dans les années 1990, la franchise a été déclinée en plusieurs RPG et jeux de stratégie par Sega et Tomy sur Game Gear, Game Boy, et Saturn. Plus récemment, les héroïnes et leurs robots géants ont fait des apparitions notables dans la célèbre saga de jeux de rôle tactiques Super Robot Wars (notamment Super Robot Wars T). Le manga a été adapté en un anime entre le 17 octobre 1994 et le 27 novembre 1995 pour un total de 49 épisodes. La première saison reste globalement fidèle au premier arc du manga, hormis l'introduction du personnage original Inouva et de nombreuses intrigues secondaires. La seconde saison, en revanche, s'en éloigne rapidement. Réalisé par Toshihiro Hirano, il a popularisé la franchise à l'international, notamment grâce à son premier générique légendaire "Yuzurenai Negai". Une OAV de 3 épisodes, sobrement appelée Rayearth, a également vu le jour en 1997 et l'histoire diffère sensiblement du manga original, même si les personnages sont les mêmes, les relations, les lieux et les événements ont été radicalement modifiés. C’est une histoire alternative beaucoup plus sombre, mature et apocalyptique où les dieux-runes sont divins et les filles lévitent nues à l'intérieur de l'esprit divin, et chaque blessure reçue par le monstre inflige de réels dégâts physiques sanglants à leur propre corps, les motivations de personnages sont réécrites et le ton est résolument violent puisque les combats sont sanglants, l'atmosphère à Tokyo est pesante et le design des personnages est plus élancé, agressif et adulte. L'OAV fait l'unanimité sur sa qualité d'animation spectaculaire. Bénéficiant du budget conséquent des formats vidéo de l'époque (l'âge d'or des OAV), la réalisation profite de designs très soignés signés Megumi Kadonosono et d'une bande-son orchestrale grandiose composée par Toshihiko Sahashi. En juillet 2024, un projet de nouvelle adaptation animée est annoncé. La série connaît une grande actualité avec l'arrivée d'un nouveau projet d'adaptation en anime produit par E&H Production, dont la sortie est fixée au 7 octobre 2026. Il bénéficie d'un nouveau casting prestigieux (Ayane Sakura, Rumi Ōkubo, Rie Takahashi) et de musiques composées par Yuki Kajiura. En France, le manga a bénéficié de rééditions soignées chez Pika Édition.

 

… avec Toaru Anbu no ITEM, qui est une série de light novels, le spin-off de la célèbre franchise To Aru Majutsu no Index créée par Kazuma Kamachi. L'histoire est centrée sur ITEM, une organisation d'élite secrète qui opère dans l'ombre et les bas-fonds de la Cité Académique. Le groupe est exclusivement composé de quatre jeunes filles aux compétences redoutables : Shizuri Mugino, la leader du groupe, une esper de niveau 5 capable de manipuler des faisceaux d'électrons destructeurs (Meltdowner), Frenda Seivelun, une spécialiste du combat au corps à corps, experte en explosifs et en pièges, Saiai Kinuhata, une esper capable de manipuler l'azote pour s'en servir de bouclier ou augmenter sa force, et Rikō Takitsubo, une traqueuse capable de détecter et suivre les flux d'énergie (AIM) des autres espers. Cette série sert de préquel aux événements majeurs de la franchise. Elle explore les débuts et le quotidien d'ITEM au sein du «Dark Side» (le côté obscur) de la Cité Académique avant qu'elles ne croisent la route de Mikoto Misaka dans Railgun S ou de Tōma Kamijo dans Index. L'histoire se concentre sur les relations internes du groupe, l'accueil d'une nouvelle recrue nommée Hanano Chōbi, et la manière dont une mission en apparence routinière bascule dans une conspiration souterraine majeure. Contrairement à la série principale qui change constamment de point de vue, le light novel se consacre exclusivement aux dynamiques sombres de la Cité Académique à travers des intrigues ciblées. Le manga Toaru Anbu no ITEM de KAMACHI Kazuma (scénario) et strelka (dessins) a débuté en 2023 aux éditions ASCII Media Works et dénombre actuellement 3 tomes au Japon. Le style graphique de strelka s'avère particulièrement adapté à l'atmosphère poisseuse et violente du "Dark Side". Le manga permet de visualiser de manière très dynamique : les combats stratégiques et brutaux d'ITEM contre les autres factions criminelles, les expressions faciales intenses de Shizuri Mugino lorsqu'elle perd son sang-froid et déchaîne son Meltdowner, et l'intégration visuelle immédiate des gadgets et des peluches explosives de Frenda. L'adaptation en série animée, produite par le réputé studio J.C.Staff et réalisée par Tatsuyuki Nagai (déjà derrière le succès de To Aru Kagaku no Railgun), débute sa diffusion officielle le vendredi 9 octobre 2026. 

 

… avec Romalia Senki, qui est une franchise de fantasy militaire japonaise écrite par Ryō Ariyama, le récit a débuté en web roman a débuté en ligne en 2019. Publié physiquement par Shogakukan (label Gagaga Books) en 2020 et illustré par Kamito qui a remplacé Kodama dès le volume 2, il compte actuellement 6 volumes principaux. L'œuvre suit l'histoire de la comtesse Romelia qui, après avoir été publiquement rejetée et humiliée par son fiancé le prince Henri juste après la défaite du Roi Démon, décide d'utiliser son intelligence, son sens des affaires et son pouvoir mystérieux appelé «Grâce» pour lever sa propre armée et reconstruire sa province en ruine. Dans cette œuvre, on prend le contre-pied des clichés habituels, on y explore de manière réaliste les conséquences d'une guerre mondiale : un royaume ruiné, des seigneurs locaux corrompus, et des armées de démons éparpillées mais toujours extrêmement féroces, et durant sa quête avec le prince, l’héroïne s'est forgé des compétences uniques en gestion des ressources, négociation de traités, finance et espionnage, enfin la progression de Romelia suit une logique de jeu de stratégie en temps réel (RTS). Une adaptation en manga, également dessinée par Kamito, est prépubliée depuis avril 2021 chez Mag Garden. Kamito a insufflé un style beaucoup plus militaire, sombre et détaillé à l'œuvre. Son travail a tellement séduit les fans et l'auteur qu'il a été choisi dans la foulée pour dessiner l'adaptation en manga officielle de la franchise. Il maîtrise parfaitement les designs des personnages, la structure des armures et le rendu de la région dévastée de Cashu. L'actualité majeure de la franchise est l'adaptation en anime produite par le studio Atra, dont la diffusion a débuté le samedi 3 octobre 2026 sur Chrunchyroll. 

 

Enfin, avec PSYREN, qui est un manga de type shōnen d'action et de science-fiction créé par Toshiaki Iwashiro, initialement prépublié au Japon dans le magazine Weekly Shōnen Jump entre 2007 et 2010. On suit Ageha Yoshina, un lycéen ordinaire, trouve une mystérieuse carte de téléphone rouge qui le propulse dans un jeu de survie mortel au milieu d'un monde en ruines peuplé de monstres appelés Taboo. Ce monde dévasté est en réalité la Terre dix ans dans le futur. L'apocalypse a été provoquée par W.I.S.E, une organisation de fanatiques dotés de super-pouvoirs psychiques, le PSI. Éveillés à leur tour au PSI (force, vitesse, télépathie), Ageha et ses alliés doivent utiliser les voyages temporels pour enquêter dans le présent et combattre dans le futur afin de réécrire l'histoire et empêcher la fin du monde. L'œuvre complète compte 16 volumes reliés (édités en France chez Éditions Kana). Bien que salué pour son intrigue mystérieuse mêlant voyage temporel et pouvoirs psychiques, le manga a souffert des exigences du système de vote du Weekly Shōnen Jump. Victime d'une baisse d'audience dans le magazine, l'auteur a dû accélérer son scénario sur les derniers arcs. Malgré cette fin un peu précipitée, l'histoire reste cohérente et résout ses intrigues majeures, évitant l'écueil d'une annulation brute sans conclusion. C'est précisément cette qualité narrative qui lui a valu son statut de classique sous-estimé (ou underrated) des années 2000. L'univers papier s'est enrichi de deux light novels intitulés PSYREN -Siren- another call, écrits par SOW et illustrés par Toshiaki Iwashiro : Guren no Seitan (Le Sacre de l'Écarlate), et Mirai wa Kimi no Te no Naka ni (L'avenir est entre tes mains). Ces romans développent le passé de certains personnages (notamment les antagonistes de W.I.S.E) et proposent des histoires parallèles inédites qui n'ont pas pu être intégrées dans le manga principal. Longtemps considéré comme un classique culte après sa fin abrupte, la franchise connaît une actualité majeure avec la diffusion de son adaptation en anime. L'adaptation en anime de PSYREN est un événement historique pour la communauté des mangas des années 2000. Très attendu, elle voit sa diffusion commencer le 5 octobre 2026 à la télévision japonaise (sur Tokyo MX et BS11).

 

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Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...