Jang Hui-bin est revenue sur le devant de la scène avec la
comédie romantique de SBS,
My Royal Nemesis,
dont la première a eu lieu le vendredi 8 mai, qui est centrée sur
Shin Seo-ri, une actrice inconnue possédée par une méchante
notoire de l'époque Joseon en Corée, Jang Hui-bin, et
sa relation amour-haine avec Cha Se-gye, un héritier de
conglomérat surnommé le «monstre du capitalisme». Mais qui
était Jang Hui-bin, la concubine royale devenue reine ?
C’est ce que nous allons voir.
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Le
roi Sukjong,
qui accéda au trône en 1675 à l'âge de quatorze ans,
la reine douairière n'a même pas exercé la régence. Il était un
jeune monarque puissant,
et il devint un monarque puissant, mais qui, après la mort de la
reine Ingyeong
(Dame
Kim),
en 1680, la reine
Inhyeon
(Dame
Min)
issue d’une famille distinguées du parti
Seoin
(occidental), dans lequel se trouve les conservateurs, lui succéda,
survient
immédiatement après la Grande Purge de Gyeongsin
(Gyeongsin
Hwanguk,
1680), lorsque le pouvoir passe du parti Namin,
qui était réformateur, au parti Seoin,
cette dernière collabora avec le parti Seoin
lors des troubles politiques contre le parti Namin,
fournissant des informations au palais et s'assurant le soutien du
roi
Sukjong,
de plus, elle participa activement aux plans du parti Seoin
visant à réprimer l'opposition, ces manœuvres politiques visaient
à protéger son identité et à préserver la position de sa
familles, les Yeuheung
Min,
et ainsi il exerça
son puissant pouvoir royal consistait en une série de «Hwanguk»
(un ping-pong politique) ou «changement
de situation politique»
et peut être décrit comme une «mesure
de personnel à grande échelle»
ou une «purge»
au cours de laquelle le roi
renverse et remplace d'un seul coup la faction
qui dominait la vie politique, orchestrant
la situation de sorte que le parti
au pouvoir
et la reine
consort appartiennent à la même faction,
et s'assurant qu'un changement de pouvoir s'opère simultanément à
la cour
royale
et au gouvernement,
les deux piliers de la politique prémoderne, donc cela démontre
qu'il ne changea pas la reine
consort
par aveuglement amoureux, mais par nécessité politique. Néanmoins,
ces bouleversements politiques n'eurent pas d'impact significatif sur
la population,
et son règne est considéré comme l'une des périodes les plus
prospères.

Puis,
il mit en œuvre le Gisa Hwanguk
pour faire de Jang Hui-bin,
son épouse, de son vrai nom Jang Ok Jeong,
cette dernière issue d'une famille de fonctionnaires de
bas rang, qui travaillait comme interprète chinois et était
liée au parti Namin, d’une rare intelligence, elle fut
recommandée par le prince DongPyeong, un cousin éloigné du
roi, entra au palais comme servante et
devint la suivante de la reine
Jangrieol, puis elle attira l'attention
de Sukjong,
qui fréquentait les appartements de sa grand-mère, mais la reine
Myeongseong, mère de Sukjong,
la chassa du palais, et elle y revint après la mort de la reine
Myeongseong
en 1683, ensuite Dame
Jang fut nommée concubine royale de
rang Sukwon
(quatrième rang inférieur), et, après la naissance de Gyeongjong,
elle fut élevée au rang de bin
(le plus élevé) et devint l’épouse royale en 1688, ne tirant
jamais profit de son statut de concubine et fut victime de
discrimination à la promotion en raison de la stricte
autorité de la reine Inhyeon, cela
explique que vers
1689, la cour
du roi
fut divisée par une lutte de pouvoir entre les factions
Seoin
et Namin,
car cette dernière concubine favorite du roi, donna naissance à un
fils, le prince
héritier
(roi
Gyeongjong),
tandis que la seconde épouse du roi, la reine
Inhyeon
(1667-1701), demeurait sans enfant. Dans cette situation complexe, le
roi
Sukjong
réprima efficacement le groupe dominant (la faction Seoin),
choquant profondément en ordonnant l'exécution de Song
Si-yeol,
un érudit renommé de 83 ans et chef de la faction Seoin,
qui fut empoisonné, de
plus, les chefs
de la faction Seoin
ne purent échapper ni à la destitution ni à l'exil, tandis que les
membres de Namin,
Kwon
Dae-un
et Kim
Deok-won,
furent nommés à des postes importants, et
il conserva ainsi le pouvoir. En rapprochant Choi
Suk-bin,
une dame de cour de rang inférieur proche de la reine
Inhyeon,
et en l'élevant au rang de concubine, le roi
Sukjong
créa une dynamique de confrontation entre la reine
Inhyeon et
Choi
Suk-bin,
issue d'une famille
de guerriers de bas rang,
était quant liée au parti Seoin,
principal parti de la ville, d'une part, et Jang
Hui-bin
d'autre part. Bien qu'il soit impossible de déterminer avec
certitude s'il s'agissait d'une intention délibérée, cette mesure
contribua finalement à maintenir un certain équilibre dans le
«pouvoir
des femmes».
Si la reine
Inhyeon
et Jang
Hui-bin
s'étaient affrontées seules, la première aurait sans doute eu du
mal à résister à l'influence de la seconde. Bien que Jang
Hui-bin
ait bénéficié du soutien du parti minoritaire Namin,
elle était une femme bien plus déterminée et courageuse que la
reine
Inhyeon,
comme en témoignent le soutien financier considérable qu'elle reçut
d'une famille d'interprètes et son ascension fulgurante, d'une dame
de cour de bas rang à reine. Cependant, l'affrontement entre les
deux
camps
trouva finalement un équilibre lorsque Choi
Suk-bin,
une femme d'origine modeste et bien plus tenace que Jang
Hui-bin,
rejoignit le camp de la reine
Inhyeon
, et cette dernière donna naissance au demi-frère de Gyeongjong,
le prince
Yeoning
(futur roi
Yeongjo)
en 1693, ce qui dégrada les relations entre le roi
et Jang
Hui-bin.

Cependant,
suite à la
restauration de Gapsul
en 1694, lorsque la reine
Inhyeon
fut rétablie sur le trône et que Dame
Jang Hui-bin
fut rétrogradée, la faction
méridionale
(les Namin)
fut également évincée à son tour, le roi
destitua et fit exécuter Min
Am,
responsable de la purge. Il exila également Kwon
Dae-un,
Mok
Nae-seon
et Kim
Deok-won,
nomma des membres de la faction
Soron,
un sous-groupe modéré au sein du parti
Seoin,
tels que Nam
Gu-man,
Park
Se-chae
et Yun
Ji-wan…
Lorsque la faction
Soron
accéda au pouvoir et que la faction
Namin
se retira, un passage concernant la reine
déchue Min,
dans une lettre adressée à Jang
Hui-bin
par son
frère Jang Hui-jae,
suscita la controverse et beaucoup réclamèrent l'exécution de ce
dernier. Cependant, craignant pour le prince
héritier,
Nam
Gu-man
et Yun
Ji-wan
le persuadèrent d'être gracié. De plus, au vu de l'attitude du roi
Sukjong
en 1701 à la mort de la reine
Inhyeon,
il est indéniable que la «main
invisible»
qui tirait les ficelles de cette époque était en réalité Sukjong
lui-même. Lorsque la reine
Inhyeon
mourut et que Jang
Hui-bin
s'imposa comme une candidate sérieuse au titre de reine consort,
Sukjong
la conduisit à la mort en se fondant sur les accusations infondées
des
deux frères
de la reine
morte, Min
Jin-won
et Min
Jin-hu
qui se basaient sur des rumeurs, selon lesquelles Jang
Hui-bin
avait érigé un sanctuaire à l'ouest de Chwiseondang et prié pour
la mort de la reine.
Jang
Hui-bin
et Jang
Hui-jae,
impliqués dans cette affaire, furent tués malgré une pétition qui
implorait la clémence envers elle, et les dames
de la cour,
les chamanes
et leurs proches
furent également frappés par le malheur. Cependant, elle se suicida
chez elle et le roi
fit croire qu’elle fut exécuté par empoisonnement, et son frère
mourut après elle pendu. Cet événement est connu sous le nom
d'Incident
de la Sorcellerie.
Durant cette période, les érudits
de la faction
Soron,
tels que Nam
Gu-man,
Choi
Seok-jeong
et Yu
Sang-heon,
qui avaient fait preuve de clémence envers Jang
Hui-bin,
perdirent leur influence, et la faction
Noron reprit
le pouvoir. Mais la possibilité que Choi
Suk-bin
soit nommée reine consort ne présenta jamais du fait de ses
origines suite à la la mort de Jang
Hui-bin,
et le roi préféra épouser la
reine Inwon
du prestigieux clan Kim
de Gyeongju
en 1702 et la publication d’un décret
royal
stipulant qu'«aucune
concubine ne peut désormais devenir reine»,
écarta définitivement ses chances. Il remplaça ensuite
intégralement le Naemyeongbu
(l'organisation
des femmes du palais)
par de nouvelles
femmes.
Par ces mesures, Sukjong
élimina les trois
femmes
ayant marqué l'ère du «Règne
des Femmes»,
empêchant ainsi les survivantes
d'acquérir un pouvoir significatif. Face à ce déroulement des
événements, on ne peut s'empêcher de penser que le véritable
protagoniste n'était autre que le roi Sukjong
lui-même. Tous ces événements se déroulèrent sous l'effet d'un
simple claquement de doigts du roi
Sukjong.
Il est évident que l'alternance des accessions et des destitutions
de la reine
Inhyeon
et de Jang
Hui-bin
s'explique par les calculs politiques méticuleux et implacables de
Sukjong.
Ainsi, il exerça un pouvoir immense en manipulant avec audace
l'autorité ministérielle afin de raviver le pouvoir royal,
affaiblit par deux
invasions étrangères majeures.
Gestionnaire pragmatique, il développe la monnaie et dynamise
l'atelier monétaire malgré les purges
politiques fréquentes.
Parallèlement à la consolidation de l'autorité
royale,
il s'efforce de renforcer la défense
nationale
en favorisant l'essor de la puissance du pays.

À
l'époque
moderne,
le récit contre Jang
Hui-bin
s'est progressivement intensifié, principalement à travers des
contenus visuels, mais un nouveau style narratif a commencé à
émerger dans les années 2010. Il est à noter que plusieurs séries
télévisées, jusqu'au début des années 2000, reprenaient les deux
éléments constitutifs du récit de la mort de Jang
Hui-bin,
la présentant comme une méchante. Même lorsqu'un élément était
omis, cette image de méchante semblait s'en trouver renforcée.
L'image de Dame
Jang Hui-bin
comme une femme maléfique s'est ancrée dans les esprits et le
public l'a activement adoptée comme avec les interprétations de Kim
Ji-mee
dans le film «Jang
Hui-bin»
de 1961, Nam
Jeong-im dans le film de 1968 «Femme
Fatale, Jang Hee-bin», Youn
Yuh-jung dans la série télévisée
MBC
de 1971 «Jang Hui-bin»,
Lee Mi-sook
dans la série télévisée de MBC
de 1981, Femmes de l'histoire :
«Jang Hui-bin», Jeon
In-hwa dans la série télévisée
de MBC
de 1988, 500 ans de Joseon :
«Reine Inhyeon»,
Kim
Hye-soo
dans la série télévisée KBS
de 2002 «Jang
Hui-bin»,
et Lee
So-yeon dans la série télévisée
«Dong Yi»
de MBC
(2010), même si une tentative de réhabilitation a eu lieu avec Jung
Sun-kyung
dans la série télévisée SBS de 1995 «Jang
Hui-bin».
Cependant, dans les séries télévisées diffusées depuis les
années 2010, l'image de Dame
Jang Hee-bin
a considérablement évolué avec Kim
Tae-hee
dans la série télévisée SBS
de 2013 «Jang
Ok-jung, Living by Love»,
Oh
Yeon-ah
dans la série télévisée de SBS de 2016 Jackpot,
et Lim
Ji-yeon
dans la série télévisée de SBS
de 2026 «My
Royal Nemesis».
Selon l'Asia
Society,
il est important de noter que les actrices ayant incarné Jang
sont considérées comme les plus belles actrices de leurs
générations respectives. De nos jours, en raison de la diversité
des sources historiques et des interprétations nouvelles, elle est
également considérée comme une victime de la lutte de pouvoir
entre les factions Namin
et Seoin,
ou encore comme une concubine favorisée par la faction
Namin.
Pour
aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup
aidé : Choi
Insoo,
Royal Portraits in the Late Joseon Period, dans le Journal
of Korean Art and Archaeology, vol. 5,
2011, p. 13, Park
Si-baek,
Annals
of Joseon Dynasty : Annales du roi Sukjong - Intrigues politiques,
intrigues de cour et Hwanguk, tome 14,
Humanist, 2015 (BD), https://blog.naver.com/ha7591/222907001818,
et https://www.korea.net/NewsFocus/People/view?articleId=131072,
Cha
Sang-chan,
Secrets
de Cour : La Vie de Jang Hui-bin (Le Triangle Amoureux entre le
Roi Sukjong, la Reine Min et Dame Jang Hui-bin),
Upaper, 2016, et https://select.ridibooks.com/book/805016386,
Mi
Sean Lee,
Les
actions et les rôles politiques des femmes royales sous le règne du
roi Sukjong :
Sur les activités et les rôles politiques des femmes de la famille
royale sous le règne du roi Sukjong, à la fin de la dynastie
Joseon, dans Journal
d’Histoire de la dynastie de Joseon, n°93,
2020, pp. 93-128, et
https://www.kci.go.kr/kciportal/ci/sereArticleSearch/ciSereArtiView.kci?sereArticleSearchBean.artiId=ART002609364,
Jong
Hyun-Na,
Évolutions modernes du «récit de la mort de Jang Hui-bin » et de
l'histoire publique,
dans Université
ancienne d'Asie orientale,
n° 71,
pp. 283-318 (36 pages), 2023, et
https://www.kci.go.kr/kciportal/ci/sereArticleSearch/ciSereArtiView.kci?sereArticleSearchBean.artiId=ART003005191,
https://newsteacher.chosun.com/site/data/html_dir/2021/09/08/2021090802734.html,
https://rollingstoneindia.com/jang-ok-jung-the-femme-fatale-of-period-k-drama/,
https://thetalkingcupboard.com/joseon/royal-ladies-of-joseon-dynasty/#jangheebin,
https://www.dongascience.com/en/news/1115,
et
https://www.ohmynews.com/NWS_Web/View/at_pg.aspx?CNTN_CD=A0001451821.
Merci !