En Corée, dans l’Église
catholique on fête aussi aujourd’hui la Sainte Agathe qui est une mémoire
officielle. Le chant d’entrée,
la prière principale, la prière
d’offrande et la prière après
la communion sont en son honneur. On la présente comme la «vaillante vierge, le sacrifice pur,
l'offrande chaste, qui suit l'Agneau crucifié pour nous», qui a «illuminé l'Église par la gloire de votre
virginité et de votre martyre, entendez son intercession et ayez pitié de nous»,
«le sacrifice de la bienheureuse Agathe,
qui a combattu et triomphé de la persécution», et parmi «les saints avez
conféré à la bienheureuse Agathe la couronne de virginité et la couronne du
martyre».

Tant l'ancien «Martyrologe
romain» que le «Martyrologe
romain» révisé publié en 2001 avec quelques révisions et ajouts en 2004
mentionnent dans leur liste du 5 février que sainte Agathe, une jeune vierge issue d’une famille patricienne martyre de Catane, en Sicile, a témoigné avec
constance de sa foi en Christ tout
en subissant de sévères tortures pendant la persécution soit de Dèce en 251, ou celle de Dioclétien en 304. S’il y a eu
torture, c’est la seconde qui est la plus probable. Trois édits successifs accentuèrent coup sur coup la
sévérité des mesures, allant jusqu'à reprendre le principe de Dèce que tout chrétien devait être mis en demeure de sacrifier après le premier ordonnant la cessation
des assemblées chrétiennes, la démolition des églises, la destruction des livres sacrés et l'abjuration de tous les chrétiens occupant une
fonction publique. À travers l'Empire, la persécution sanglante déferla,
la Sicile fut touchée également. Après son martyre, la vénération de sa
personne comme sainte se répandit à Catane et à Palerme, puis dans toute la
Sicile. Le Martyrologe de Jérôme
(Vᵉ et VIᵉ siècles) et l'ancien Martyrologe
carthaginois mentionnent son martyre le 5 février. Elle fut également
vénérée comme l'une des sept saintes
commémorées dans le premier canon du Missel
romain par le pape Grégoire Ier
le Grand (règne : 590-604, 3 septembre). La plupart de ses reliques se
trouvaient à Catane, mais vers 1040, elles furent emportées à Constantinople
par un général grec qui avait chassé
les Sarrasins de Sicile, et y
revinrent en 1127. Sainte Agathe est
particulièrement vénérée comme la sainte patronne de la Sicile, île de sa
naissance et de son martyre.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&missaid=4646&gomonth=2011-02-05&missatype=DA,
https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintID=1373,
https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/0c5f84c34ba6670c51b112a5802191da.pdf,
et https://www.santiebeati.it/dettaglio/22350.

Le lendemain, l’Église
coréenne fait une Journée commémorative de saint Paul Miki et de ses
compagnons, martyrs. C’est une mémoire officielle. La messe insiste
durant le chant d’entrée, la prière principale, et la prière après la communion mettant
en avant que «Ces saints ont versé leur
sang glorieusement pour le Seigneur. De leur vivant, ils ont aimé le Christ, et
après leur mort, ils ont reçu la couronne de laurier de la victoire», «Au bienheureux Paul Miki et à ses
compagnons, les martyrs. Il a ouvert le chemin de la vie par la croix.», et
«Vous avez révélé aux saints martyrs le
profond mystère de la croix.»
Paul Miki et ses
compagnons sont dans le contexte du succès, l’organisation de l’Église japonaise et sa progression
freinée au XVIe siècle. L’énergique direction d’Alessandro Valignano, visiteur des Indes à partir de 1580, établit
la jeune Église sur des principes
fermes, il organise la première
ambassade japonaise en Europe et fonde un collège qui deviendra un important centre de formation des
missionnaires. Les jésuites publiant
leur succès, ont attiré la convoitise des Espagnols,
installés aux Philippines depuis 1565, mais aussi des commerçants portugais et des ordres
mendiants. Elle connaît ensuite à la fois les plus massives conversions puisqu’il
y a 150 000 chrétiens japonais
en 1580 et la semi-clandestinité, alors que les missionnaires tentaient d’élargir leurs bases géographiques,
puisqu’un édit d’expulsion des
missionnaires a été promulgué en
1587 sans être vraiment appliqué. Quelques
jésuites quittent le Japon pour faire bonne figure, mais la plupart restent en se faisant plus
discrets. Seulement les Franciscains
des Philippines profitent de cet édit
pour répandre la nouvelle de la chute des Jésuites
au Japon, même si ces derniers tiennent bien la route grâce à Paul Miki qui remporte beaucoup de
succès en attirant des bouddhistes
vers la foi chrétienne, Jacques Kisai
qui ferme dans sa foi est nommé catéchiste, et Joao de Goto lui aussi catéchiste, permettant leur installation
définitive au Japon en 1593 avec l’autorisation d’y installer un couvent et à construire une léproserie près de Nagasaki, crée des rivalités qui ne sont pas uniquement de nature
religieuse, mais également politique et économique entre les deux empires
ibériques (Portugal et Espagne), mais la licence accordée pour bâtir un couvent ne signifie nullement une
bienveillance du pouvoir japonais
envers les disciples de saint François,
ce que montre le martyre de 26 chrétiens
à Nagasaki le 6 février 1597, en majorité des tertiaires franciscains japonais que sont Pierre Baptiste et cinq
franciscains espagnols (dont Philippe
de Jésus, né à Mexico de parents
espagnols), trois jésuites japonais
(Paul Miki, Jacques Kisai, Joao Goto),
et enfin dix-sept tertiaires
franciscains japonais, parmi lesquels deux jeunes garçons de onze et treize
ans, et Louis et Antoine, injustement soupçonnés de
fomenter des plans d’invasion espagnole. Rassemblés à Kyoto, les condamnés parcourent un long chemin de
croix de 800 km, en plein hiver. Le 5 février 1597, ils sont crucifiés face à
la mer — face à l’occident — sur une colline dominant Nagasaki.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Sylvie
Morishita, Les «séparés» du Japon au XIXe siècle : Le
témoignage des Missions Étrangères de Paris, dans Une religion missionnaire,
dans La revue des sciences
religieuses, 80/2 | 2006, p. 179-192, Ryoko Asuka, Les
persécutions contre les missionnaires européens et les chrétiens japonais aux
XVIe et XVIIe siècles : La révolte de Shimabara et
d'Amakusa, L'Harmattan, 2022, Hélène
Vu Thanh, Les disputes entre jésuites et franciscains : D’un conflit
missionnaire à l’échec de l’évangélisation du Japon (XVIe-XVIIe
siècles), dans Les disputes et la
conversion religieuse de l’Antiquité au XVIIe siècle sous la
direction de Pierre Antoine Fabre et
Jérémie Foa, Presses universitaires
de Rennes, 2022, p. 187-202, https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20250206,
https://pocram.hypotheses.org/1393,
https://www.cath.ch/newsf/la-foi-secrete-des-chretiens-japonais/,
https://www.jesuits.global/fr/saint-blessed/saint-paul-miki/,
et https://www.messagerdesaintantoine.com/content/le-japon-une-epopee-franciscaine.
Merci bonne Sainte
Agathe et saint Paul Miki
et ses compagnons !