Amis

mercredi 29 avril 2026

Le Festival international du court métrage de Busan, une opportunité pour les passionnés du court métrage

Hier s’est fini le Festival international du court métrage de Busan (BISFF) a été lancé en 1980 sous le nom de Festival du court métrage coréen. Il s'agit du premier festival de courts métrages à apparaître en Corée et il tient sa 43e édition du 23 avril au 28 avril 2026. Le BISFF sera une opportunité remarquable pour les professionnels et les passionnés du pays et du monde entier. Les candidatures sont réparties en compétition internationale et compétition coréenne, et les courts-métrages de moins de 30 minutes sont éligibles. Il décerne une douzaine de prix dans trois sections compétitives (Compétition internationale, Compétition coréenne et Opération Kino) tout en présentant également plusieurs sections non compétitives organisées, notamment : Pays invité, Courts métrages coréens, Courts métrages asiatiques, Prism, Cinéma 3D, etc. Des œuvres singulières, éclectiques et inédites, à découvrir.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces articles qui m’ont beaucoup aidé : https://filmfreeway.com/BISFF_submit, https://filmmakers.festhome.com/fr/festival/busan-international-short-film-festival, https://filmmakers.festhome.com/ko/festival/busan-international-short-film-festival, et https://www.cinematheque.fr/cycle/festival-du-court-metrage-de-busan-42e-edition-1411.html.

 

Merci !

samedi 25 avril 2026

Le 25 avril en Corée du Nord et au Portugal, un jour aux significations différentes

Le 25 avril, la Corée du Nord célèbre la fondation de l'Armée populaire coréenne en présentant ses forces lors d'exercices et de défilés. C’est le 25 avril 1932, qu’a eu lieu la création de l'Armée populaire de Corée (date initialement fêtée le 8 février) par Kim Il-sung pendant la domination coloniale du Japon. La Corée du Nord a célébré la date depuis des décennies à partir de 1978, mais a changé en 2018 pour marquer le 8 février lorsque l'Armée populaire de Corée (KPA) régulière a été fondée en 1948 en tant que principal anniversaire de la fondation de l'armée. Bien que la fête nationale soit considérée comme un jour de repos, de nombreuses personnes sont toujours obligées de participer à des événements et rassemblements officiels.

 

Pour aller plus loin, je vous mets les lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://fr.yna.co.kr/view/AFR20240209000400884, https://fr.yna.co.kr/view/MYH20200524007500884, https://fr.yna.co.kr/view/AFR20200524000600884, et https://www.businessinsider.com/north-korea-holidays-2018-4.

 

Au Portugal, après 52 ans, le camp conservateur est au pouvoir au Portugal et l'extrême droite, en position de force à l'Assemblée de la République, tente d'éroder le patrimoine du 25 avril. La question de la mémoire devient d’autant plus pressante que les témoins directs de la révolution des œillets partent. Surtout que comme le démontre l’ouvrage «C’est le peuple qui commande – La Révolution des Œillets 1974-1976», de l’historien Victor Pereira, le 25 avril n’a pas seulement marqué la chute d’une dictature et d’un empire colonial, mais aussi une véritable révolution sociale. Immédiatement le 25 avril 1974 – et qui a surpris même les militaires du Mouvement des forces armées (MFA), qui était principalement composé de capitaines qui avaient participé à la guerre coloniale et qui avaient le soutien d'officiers de milice – c'est que le peuple est descendu dans la rue pour les soutenir et les encourager, et que personne n'est descendu dans la rue pour défendre la dictature, avec une puissance militaire réduite la résistance du régime était pratiquement inexistante et infructueuse, avec seulement 4 civils tués et 45 blessés à Lisbonne par les balles de la DGS. En renversant le régime le plus ancien d’Europe occidentale, le Mouvement des forces armées (MFA) a ouvert la voie au programme «trois D» : décoloniser, démocratiser et développer. Par la suite entre 1974 et 1976, l’élan populaire s’est manifesté par les gens qui parlaient, il y avait des rassemblements, des manifestations; après 48 ans de silence, les gens ont ressenti une libération et ont voulu débattre, parler de politique, parler de tout ce qu'ils pouvaient.

 

Cependant, l'élan révolutionnaire, comparable à celui de Mai 68 en France, s'est essoufflé suite à une période de grands troubles sociaux, politiques et militaires connus sous le nom de PREC (Processus révolutionnaire en cours), marqués par des manifestations, des occupations, des gouvernements provisoires, des nationalisations et des confrontations militaires, au moment où Spínola tente lui-même un coup d’État le 11 mars 75 et cela conduira à une radicalisation de la révolution qui finira le 25 novembre 1975, après une lutte de pouvoir marquée par la menace d'une guerre civile au Portugal durant «l’été chaud», où il y avait beaucoup de luttes entre ceux qui craignaient la prise du pouvoir communiste et l’imposition d’une démocratie directe et ceux qui accusaient le droit de vouloir restaurer la dictature, après les élections du 25 avril 1975 et lors de ces élections, le Parti socialiste est venu en premier et le PPD, parti de centre-droit, est arrivé en deuxième position, c’était l’expression du peuple qui a voté librement, menant aux violence anticommunistes de l’été chaud, et à l'idée qui est nécessaire que le travail de l'Assemblée constituante doit être respecté. La nouvelle Constitution est votée le 2 avril 76, mais cette Constitution est très très progressiste parce qu'elle défend les nationalisations, défend la réforme agraire, défend la participation populaire. Aujourd'hui, l'extrême droite éclipse les commémorations de la «Révolution des Œillets». Cinquante-deux ans plus tard, si de vastes célébrations ont toujours lieu le 25 avril à travers le Portugal et parmi la diaspora, le fossé générationnel et le passage du temps érodent inévitablement la mémoire de l'événement.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://radioregional.pt/25-de-abril-a-historia-da-revolucao/, https://www.rfi.fr/pt/programas/em-directo-da-redac%C3%A7%C3%A3o/20231208-livro-mostra-25-de-abril-como-revolu%C3%A7%C3%A3o-social-e-abana-vis%C3%A3o-idealizada-da-hist%C3%B3ria, et https://www.rfi.fr/pt/programas/vida-em-fran%C3%A7a/20260422-historiador-yves-l%C3%A9onard-lan%C3%A7a-livro-sobre-capit%C3%A3o-de-abril-otelo-saraiva-de-carvalho.

 

Merci, bonne journée de la Fondation militaire et bon 25 avril !

vendredi 24 avril 2026

Spartacus, derrière la légende, un chef de guerre

Le dimanche 5 avril 2026, Arte a rediffusé le film Spartacus, œuvre épique, monumentale, l'un des sommets de la carrière de Stanley Kubrick réalisée en 1960 récompensé par 4 oscars, avec en tête d'affiche un Kirk Douglas (qui retrouve le cinéaste après Les Sentiers de la gloire) dans l'un de ses rôles les plus célèbres, et comme point d’orgue des journées romaines de Nîmes, ont lieu trois représentations du grand spectacle de reconstitution historique dans les Arènes du 24 au 26 avril 2026 : «Spartacus, l’esclave qui défia Rome», avec plus de 500 reconstituteurs, cavaliers, cascadeurs et des décors spectaculaires spécialement créés pour l'occasion qui donneront vie à ce moment historique dans un spectacle grandiose, où la détermination de Spartacus se heurte à la puissance de Rome, et où l'histoire d'une révolte se transforme en légende intemporelle. C’est une fresque historique et humaine retracera l’ascension de Spartacus, gladiateur malgré lui devenu chef d’une armée de révoltés face à la puissance de Rome, et habilement, le récit prendra pour cadre la visite documentée de l’empereur Hadrien à Nîmes en 122 après J.-C., qui choisit de célébrer cette figure légendaire à travers de grands jeux, dont le tout, est supervisé par le conseiller historique Giovanni Brizzi, et mis en scène par une équipe de 7 créateurs dont Fabien Faizant, qui a également signé la composition musicale originale. Cette thématique avait déjà fait le succès de l’édition de 2018. Spartacus comme nous pouvons le voir est un héros aux milles visages qui devenu ainsi le symbole d’un esprit collectif susceptible d’emprunter de multiples visages, et c’est ce que nous allons voir aujourd’hui.


Dans la Rome des années 70 avant J.-C., l'esclavage - pratique omniprésente au cœur du «miracle» économique romain - est à son apogée dans tout l'espace de l'empire. c’est à partir de la deuxième Guerre punique – contre Carthage (218-202 avant J.-C.) – que des masses considérables d’esclaves commencèrent à affluer en territoire romain. Ils furent affectés au travail dans les grandes propriétés agricoles (oliveraies, vignobles…) d’Italie centrale et méridionale et en Sicile, où, parqués dans des ergastules (des casernes d’esclaves), leurs conditions de vie s’aggravèrent nettement. Les plus favorisés étaient domestiques dans les demeures urbaines. Certains devenaient gladiateur, contraint de combattre pour le divertissement des citoyens romains. Ce sort partagé par des milliers d'esclaves à travers l'empire. L’afflux de main d’œuvre servile bon marché modifia en profondeur un esclavage resté jusqu’alors principalement familial et domestique, ce qui expliquait l’absence de dispositifs de surveillance et de répression des esclaves. Seule la terreur et une implacable discipline pouvaient maintenir dans la soumission et la résignation ces masses d'étrangers asservis et transplantés. Rien d’étonnant donc, même si des révoltes d’esclaves éclatèrent à Rome bien antérieurement, à ce que les grandes Guerres serviles aient éclaté un peu plus d’un demi-siècle seulement après la chute de Carthage (202 avant J.-C.). Et que ce soit dans ces mêmes régions de grandes propriétés foncières qu’elles se déclenchèrent. Après les victoires de Rome en Méditerranée orientale, des dizaines de milliers de captifs affluèrent vers l’Italie. Trafic qui fit d’ailleurs la fortune des pirates crétois et ciliciens. L'extrême diversité de leurs origines ethniques explique également leur peu d'aptitude à s'unir dans des révoltes. Il y en eut cependant, en 198 et en 185, mais elles furent aisément écrasées dans le sang. La concentration de très nombreux esclaves sur les immenses latifundia qui se constituaient en Sicile et en Italie du Sud allait permettre cependant de grands mouvements de révolte. Dans la seconde moitié du IIe siècle avant J.-C., la Sicile fut agitée de façon endémique par des mutineries serviles. En 135, ce fut une véritable guerre qui éclata : l'esclave Eunous le Syrien souleva et arma des milliers de ses compagnons et prit le titre de roi. Il fallut de longues opérations militaires pour en venir à bout en 132. En 104, une seconde guerre servile eut lieu en Sicile : Salvius Tryphon et Athenion armèrent 40 000 esclaves et ravagèrent toute l'île; ce n'est qu'en 101 que les Romains purent mater les dernières bandes et envoyer les survivants nourrir les fauves aux jeux de la Ville. Celle de Spartacus sera la troisième et inquiétera grandement Rome, sa chance est de n'avoir suscité aucune réaction immédiate des autorités malgré le précédent des deux terribles guerres serviles (contre des esclaves révoltés) menées en 139 et 132, et de 104 à 100 avant J.-C.


La guerre servile qui éclate en 73 av. J.-C. a pour origine les écoles de gladiateurs de Campanie, de Capoue en particulier. À partir de l’année 73, la vie de Spartacus se confond avec la troisième révolte servile. Au début de l’été, il parvint à s’évader, avec quelques dizaines de ses compagnons d’armes (environ 70), de l’école où les retenait Lentulus Battiatus. Spartacus née au début du Ier siècle avant notre ère, vers 93 avant J.-C., était un Thrace; son patronyme traduit bien une telle origine : il est donc barbare aux yeux d’un Romain, comme à ceux d’un Grec, qui servit comme auxiliaire dans l’armée romaine mais les conditions inhumaines qu’il découvrit firent de lui un déserteur, tout au moins selon l’historien latin Florus; selon l’historien grec Appien, il aurait servi dans une légion et aurait été fait prisonnier de manière injuste, ce qui pourrait expliquer la haine de ce dernier contre Rome, il fut vendu alors comme esclave accompagné de son épouse, une prêtresse de Dionysos, originaire comme lui de Thrace, à un laniste du nom de Lentulus Battiatus (qui était donc un marchand et un entraîneur de gladiateurs), il fut incorporé dans l’école de gladiateurs de Capoue, et devint l’un des trois meneurs, avec Crixos et Oenomaos. La gladiature était organisée en différentes catégories, également nommées armaturae. À cette époque, il n’existait que les trois armaturae dites ethniques : Samnite, Gaulois et Thrace, comme le montre la division des chefs de la révolte. Après avoir volé des armes, ils se réfugièrent sur les pentes du Vésuve, où Spartacus, Crixus et Oenomaos furent élus chefs. Rome réagit en envoyant le propréteur Claudius Glaber avec 3000 hommes, l’équivalent d’une légion, qui vainc et tue Oenomaos qui s’est lancé à sa rencontre, encercle les fugitifs révoltés. Les forces de Rome, en particulier ses meilleurs généraux sont accaparées en cette période par la guerre contre Mithridate VI en Orient et par la révolte de Sertorius en Espagne. Les troupes romaines sont facilement vaincues par les hommes de Spartacus dont les effectifs ne cessent de grossir, attirant d'autres gladiateurs en fuite et des esclaves des campagnes environnantes, mais aussi des hommes libres, petits paysans ruinés ou travailleurs agricoles réduits à la mendicité par la concurrence servile. Spartacus n’a de cesse d’organiser ses troupes pour en faire une puissante armée sur le modèle romain. Il s'approprie aussi les emblèmes de Rome, humiliant ainsi ses adversaires. Spartacus se disait le aussi le protégé du dieu Dionysos et fondait son autorité sur des croyances religieuses, bien aidé par sa compagne, initiée aux mystères dionysiaques (un culte secret), qui est capable d'interpréter les songes. Vers l’automne, Spartacus se trouve à la tête de 40 000 hommes qui pillent la Campanie et se répandent en bandes à travers toute l’Italie du sud. L’idée de Spartacus était de remonter vers le nord de l’Italie, pour gagner des régions où les esclaves auraient pu vivre libres. Alors que les Gaulois Castus et Gannicus le rejoignent et lui servent de lieutenant, il laisse donc Crixos en Italie du Sud avec 10 000 hommes qui continuent à se livrer aux pillages. Cette division n’est pas due à une mésentente, Crixos reste en Apulie pour s’opposer aux forces romaines qui vont venir à leur rencontre, afin de permettre à Spartacus d’aller vers les Apennins, dans le but d'entraîner d'autres régions encore dans la révolte. Ces derniers sont vaincus en 72 par le consul Publicola dans la région du mont Gargano, mais Spartacus proclamé commandant en chef par ses hommes, remporte une victoire sur Publicola et Clodianus dans les Abruzzes, dont ses hommes lui remettent les faisceaux pris à l’ennemi. Spartacus est alors au faîte de sa puissance profitant du fait que le Sénat romain sous-estime et méprise les esclaves, alors que l’effectif révolté passe progressivement de 70 hommes à 7000, puis 60 000, enfin autour de 100 000. Il contraint même 400 prisonniers romains à jouer les gladiateurs et à s’entre-tuer dans l’arène.

 

Au cours de l’été 72, Spartacus remonte vers le nord, et parvient sur les rives du Pô, après avoir de nouveau vaincu les légions commandée par le gouverneur de Cisalpine, Cassius Longinus qui échappe de peu à la mort. Là, brusquement, il décide de rebrousser chemin et de repartir en direction du sud. L'intention initiale de Spartacus semblait être de mener ses hommes hors d'Italie, vers la liberté, en traversant les Alpes. Cependant, après avoir atteint le nord de l'Italie, ils ont inexplicablement changé de direction. Ils retournèrent vers le sud profond de la péninsule italienne, décision restant un sujet de spéculation parmi les historiens. Certains suggèrent que les rebelles ont choisi de rester pour continuer à piller les riches terres du sud. Ils étaient attirés par le butin plutôt que par la liberté. D'autres avancent que Spartacus aurait pu tenter de négocier avec les autorités romaines ou même de renforcer sa position pour une confrontation finale. Parvenu sur le golfe de Tarente, il occupe la région de Thurium, où la légende veut qu’il ait organisé une sorte de république idéale, organisant un commerce avec les peuples voisins et faisant commerce d’armes, de bronze et de vivres. Cependant, il interdit aux marchands d’introduire dans la ville des objets d’or et d’argent et aux siens de rien acheter de ce genre. Spartacus n’envisage pas d’instaurer un État anticapitaliste, mais un régime militaire, tout entier consacré à l’effort de guerre. Il n’a pas non plus aboli l’esclavage. Son intention de passer en Sicile, fondée sur le souvenir de la deuxième guerre servile qu’il comptait ranimer, ne put toutefois se réaliser. C’est à cette époque que Verrès, pour satisfaire son avidité insatiable pour les œuvres d’art, exerce en Sicile une propréture de sinistre mémoire qui fera la gloire d’un jeune et ambitieux avocat du nom de Cicéron. Le seul problème est de se procurer des bateaux pour traverser le détroit de Messine. Spartacus négocie avec des pirates ciliciens mais, soit par cupidité, soit par crainte des armées romaines (dont celle de Verrès), les pirates le trahissent et prennent le large avec l'argent. Une tentative de traverser sur des radeaux de fortune échoue. C’est alors que le Sénat romain décide de confier à un préteur, le richissime Crassus, parfait représentant des grands propriétaires de la noblesse romaine, la tâche de mater la révolte. Crassus recrute une armée de 50 000 hommes, dont 30 000 à ses frais d’une «suffisante en quantité et en qualité». Même si au départ, Spartacus bat le lieutenant de Crassus, Mummius trop présomptueux, ce qui pousse Crassus à appliquer la punition antique de la décimation sur une section de 500 hommes des troupes de Mummius : un légionnaire sur dix serait exécuté par ses compagnons devant toute l'armée, les révoltés harcelé par Quintus, lieutenant de Crassus, et Scrofa, son questeur, arrivèrent à les mettre en fuite, mais les troupes de Spartacus grisées par le succès l’obligèrent à revenir sur ses pas en Lucanie, ils furent pris au piège et acculés dans l’isthme de Reggio de Calabre, la pointe de la botte, où Crassus fait creuser un fossé de 55 kilomètres de long sur 4,50 mètres de profondeur et de largeur, surmonté d'un solide remblai. Au début de l’année 71, Spartacus parvient dans un premier temps à forcer le blocus profitant d'une tempête de neige pour partiellement combler le fossé et faire discrètement passer ses troupes, mais plusieurs bataillons d'esclaves avaient été anéantis comme ceux de Castus et Giannicus qui ont préféré s’établir un camp dans un lac en Lucanie, et la rencontre décisive a lieu en mars de la même année, en Lucanie, où au début du combat, Spartacus égorge son cheval en proclamant que, vaincu, il n'en aura plus besoin et, vainqueur, en trouvera de plus beaux à Rome : les esclaves sont écrasés et Spartacus tombe au combat après avoir vendu chèrement sa vie. Blessé à la cuisse, il continue à genoux, son bouclier en guise de rempart, et tombe percé de coups. "C'est en vrai général qu'il trouva la mort" selon l'historien latin Florus. Les survivants sont poursuivis et massacrés en Italie du Sud par Crassus et dans le nord par Pompée, qui rentrait d’Espagne, où 5000 fuyards sont massacrés. Crassus crucifie 6000 prisonniers le long de la route qui mène de Capoue à Rome. Leur lente agonie rassure les propriétaires fonciers et, surtout, sert de sanglant exemple à ceux qui voudraient imiter Spartacus. Rome s’était ressaisie : ainsi s’achevait la troisième guerre servile, celle de Spartacus, plus dure que les deux précédentes. Se cachant dans les montagnes, quelques-uns réussirent à survivre : en 60, le préteur Caius Octavius, père du futur Auguste, élimina ces derniers rescapés qui rôdaient toujours en Italie méridionale, pratiquant le brigandage.

 

Dès l’Antiquité, la nature de ce personnage historique, et sa révolte de 73 à 71 avant J.-C., ont fait l’objet d’interprétations diverses. À partir du siècle des Lumières, Spartacus est devenu le sujet d’innombrables créations théâtrales et littéraires, voire cinématographiques, depuis les trois muets de 1909 d’après le roman à succès de Raffaello Giovagnoli (1874), de 1913 qui est un succès international et un triomphe personnel pour l’athlète-lutteur Mario Guaita Ausonia et celui soviétique de 1926 dont son son intrigue repose sur le roman de Raffaello Giovagnoli, mais le transforme en martyr du prolétariat, le Spartacus de Riccardo Freda en 1953 qui cherche à se distancier de la rhétorique fasciste où le réalisateur veut montrer la «cruauté des Romains» jusqu’à l’œuvre de Kubrick en 1960 qui le met dans une lutte des classe anachronique, où l’on trouve quelques allusions à la révolution américaine (les «bons» sont joués par des acteurs américains et les «méchants» par des Anglais), les péplums italiens avec exploits apocryphes des fils, compagnons ou épigones du gladiateur rebelle jusqu’en 1965, et jusqu’au téléfilm de 2004, lui aussi inspiré du roman d’Howard Fast, et celui de 2008, où Spartacus est encore montré en «héros du peuple». L’interprétation est aussi politique au siècle des Lumières, où il devient symbole de la lutte universelle pour la liberté avec une tragédie en cinq actes (1760), où Bernard-Justin Saurin donne un Mithridate, où il met en scène un Spartacus amoureux de la fille de Crassus, et Voltaire mentionne la «guerre juste» de Spartacus dans son Encyclopédie (1771), dans le sillage des mouvements abolitionnistes du début du XIXe siècle à travers les œuvres de Strickland Moodie ou Mongomery Bird, et celles de Lamartine dans L’Histoire des Girondins en 1847, il établit un rapprochement entre le député mulâtre Ogé et Spartacus, et dans une tragédie en 1850 il met en scène Toussaint-Louverture en tant que noir révolté, puis à l’époque du printemps des peuples, avec l’exemple de Quinet, que le mythe prend de l’ampleur, l’Italie du Risorgimento qui fait de Spartacus une figure de valeur et de courage, libérant le pays de l’oppression à l’exemple du garibaldien Raffaelo Giovagnoli, auteur en 1874 du premier roman historique consacré à notre héros, il devient ensuite le héros prolétaire de la Commune de Paris et des mouvements marxistes, reconnu par Marx comme le plus grand personnage de toute l’histoire de l’Antiquité, ce qui explique qu’on lui consacre en Allemagne un roman de Paul Heyse (1892) et deux tragédies : Deux libérateurs (Hans Land, 1897) et Spartacus (Kalischur, 1899), socialistes à l’exemple d’Urbain Gohier, compagnon de Charles Péguy, donne aux Cahiers de la Quinzaine en 1905 un Spartacus atypique où le héros fait alliance avec Catilina, grand conspirateur de la République romaine (Cicéron avait, le premier, fait le lien entre les deux révoltés), et le héros des révolutions communistes comme les communistes Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg qui en feront un drapeau (les «Spartakistes») en 1916 à Berlin, alors que les Soviétiques baptisent, en 1921, des jeux sportifs «spartakiades», tandis qu’en 1954, le ballet d’Aram Khatchaturian reste d’un manichéisme sans nuance, et de la résistance au MacCarthysme lors la période de la «chasse aux sorcières» des années 1950 aux États-Unis avec Howard Fast, dont dont le héros est devenu un messie de la lutte des classes, comme une réponse au Hongrois Arthur Koestler qui parle avec désenchantement d’une révolution avortée, ces deux écrivains n’hésitent pas, aux États-Unis, à afficher leur engagement communiste. La bande dessinée se l’annexe depuis une première mouture en 1946 dans Vaillant, journal pour les jeunes, d’inspiration communiste, et en 1975, que Jacques Martin invente un Fils de Spartacus (traduit en latin, en 1983, par Claude Aziza et Michel Dubrocard) dans sa série romanisante Alix. Les romans ne sont pas en reste comme le montre Spartacus et la Révolte des Gladiateurs en 1988 de Joël Schmidt, Les Maîtres de Rome : La Colère de Spartacus de Colleen McCullough en 1995, Spartacus. Le gladiateur et la liberté de Gérard Pacaud, en 2004, Spartacus. La révolte des esclaves de Jean Guiloineau aussi en 2004, Spartacus. La révolte des esclaves de Max Gallo en 2005 s’avère moins original que les deux précédents, ou encore Thierry Rollet et son Spartacus ou la chaîne brisée en 2009 qui essaye de coller au récit historique et le Spartacus de Romain Ternaux en 2017 qui donne une image grinçante et sombre des hommes recherchant les hommes providentiels, tandis que Claude Merle livre un Spartacus pour la jeunesse en 2009. Encore dans les années 2010, l’esclave rebelle a été le protagoniste d’une série télévisée américaine à succès.  

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Catherine Salles, 73 avant J.-C., Spartacus et la révolte des gladiateurs, Éditions Complexe, 2005, et https://www.lalibre.be/2010/07/01/spartacus-lhistoire-WZ3E2WB3CRH6JBMB2BC6BFL7VI/, Eric Teyssier, Spartacus, entre le mythe et l’histoire, Éditions Perrin, 2012, Charles Guittard, Spartacus : la transmission par l’exemple de la révolte, dans La transmission, dans Humanisme N° 298, 2013/1, Pages 61 à 66, Giusto Train, Guerres serviles : Le modèle antique, L’histoire, mensuel 415, septembre 2015, Yann Le Bohec, Spartacus, chef de guerre, Tallandier, 2016, et https://theatrum-belli.com/a-lire-spartacus-chef-de-guerre/, Rita, Compatangelo-Soussignan, Spartacus. Le gladiateur aux mille visages. De l’Antiquité au monde contemporain, Éditions Ellipses, 2025, et https://reainfo.hypotheses.org/44271, https://marxist.com/spartacus-un-veritable-representant-du-proletariat-antique.htm, https://pour.press/les-grandes-revoltes-desclaves-la-revolte-de-spartacus/, https://preo.ube.fr/dissidences/index.php?id=365#tocto2n5, https://reainfo.hypotheses.org/13860, https:reainfo.hypotheses.org/27036, https://www.cesoirtv.com/news/cinema/5010-spartacus-malgre-son-succes-stanley-kubrick-a-horreur-de-son-film/, https://theconversation.com/spartacus-celebre-gladiateur-etait-il-un-revolutionnaire-242850, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page321.html, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page322.html, https://www.hervedumont.ch/L_ANTIQUITE_AU_CINEMA/files/assets/basic-html/page327.html, https://www.italieaparis.net/actualite/news/les-journees-romaines-de-nimes-%3A-spartacus-lesclave-qui-defia-rome-19032/, https://www.pariszigzag.fr/france/spartacus-journees-romaines-nimes/, https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/qui-etait-spartacus-gladiateur-et-heros-de-la-liberte-128293.html, et https://www.universalis.fr/encyclopedie/spartacus/.

 

Merci !

mardi 21 avril 2026

L’anniversaire de Kang Pan-sok, ou comment commémorer la mère d’un tyran

Le 21 avril, on fête la naissance de Kang Pan-sok, mère de Kim Il-sung, surnommée «La Mère de Corée» ou «Grande Mère de Corée». Elle est née le 21 avril 1892. La fête fut mise en place au début des années 1960, environ trois décennies après sa mort. 

 

Née dans une famille presbytérienne. Son père était pasteur protestant. Elle aurait été prénommée ainsi en référence à l'épisode de Pierre (où Jésus surnomme son principal disciple Pierre «Rocher»). Elle épousa Kim Hyong-jik en 1908 et donna naissance à son premier fils, Kim Song-ju (Kim Il-sung), en 1912. Elle était une militante communiste vénéré à l'époque coloniale japonaise. Comme la plupart des Coréens, Kang Pan-sok et Kim Hyong-jik étaient hostiles à l'occupation japonaise et participèrent même au mouvement de libération nationale antijaponais. Elle s'installa en Chine à l'automne 1919 pour aider Kim Hyong-jik dans ses activités dans les «armées révolutionnaires anti-japonaises». On affirme également que l'Association des femmes anti-japonaises, fondée par Kang Ban-seok en décembre 1926, est à l'origine de la Ligue démocratique des femmes coréennes (Ligue des femmes). Après la libération, sa dépouille a été inhumée de nouveau à Chilgol, dans le district de Mangyeongdae, son lieu de naissance. Elle serait décédé des suites d'une maladie en Chine le 31 juillet 1932, six ans après la mort de Kim Hyong-jik

 

C’est un jour commémoratif pour elle en Corée du Nord, lorsqu'une cérémonie de dépôt de gerbe a lieu sur le site révolutionnaire de Chilgol à Pyongyang. Sous le régime du président Kim Jong-il, des cérémonies de dépôt de gerbes étaient organisées au pied de la statue et sur la tombe de sa grand-mère, Kang Ban-sok, à l'occasion de son anniversaire. Cependant, on constate que ces commémorations sont devenues relativement rares depuis l'arrivée au pouvoir de son arrière-petit-fils, Kim Jong-un. Cela s’explique pat le fait que les éloges adressés par la Corée du Nord à Kang Ban-sok sont perçus comme une tentative de propagande visant à exiger des femmes qu'elles incarnent l'image d'une mère qui sacrifie même ses droits familiaux au nom du patriotisme. La mère du président Kim Il-Sung était presbytérienne et l’église (protestante) Chilgol de Pyongyang est dédiée à sa mémoire.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://anydayguide.com/calendar/3230, https://christopherrichardson.com.au/succession/, https://guides.library.cornell.edu/c.php?g=225914&p=1497380, http://www.kcna.co.jp/item//2002/200204/news04/22.htm, https://www.yna.co.kr/view/AKR20230421077600535, et https://www.youngpioneertours.com/kang-pan-sok/.

 

Merci !

lundi 20 avril 2026

Samjinnal, un festival pleinement dans la tradition coréenne

Hier, a été célébré au début du printemps, Samjinnal qui marque le changement de saison, le festival tombe le troisième jour du troisième mois lunaire. Elle est célèbre pour le jour où les hirondelles volent. Des coutumes apparentées existent depuis la dynastie Silla et ont été transmises à travers Joseon.

 

À l’époque de Joseon, les filles fabriquent des poupées mariées en attachant un morceau de bambou avec l'extrémité de la queue de l'herbe aquatique à l'aide de fil, et en faisant des tresses avec ses cheveux, puis en les mettant sur Jeogori et une jupe rouge. Gyeongrohoe était organisé pour toutes les personnes âgées de 70 ans, quel que soit leur statut social, y compris les hommes humbles comme les serviteurs, afin de leur témoigner du respect et de leur servir de la nourriture. Le Hwalssogidaehoe a eu lieu lorsque les beautés de tout le pays se sont rassemblées sur le terrain de tir à l'arc et ont été divisées en équipes. Pendant qu'ils tiraient des flèches, des gisaengs vêtus de vêtements splendides chantaient en rang derrière eux afin de les encourager à mieux le faire. Cueillir des fleurs, se laver les cheveux à l'eau d'iris et composer des poèmes étaient des expressions de beauté intérieure et de bien-être. 

 

Actuellement, les traditions incluent la consommation d'aliments de saison, comme les fleurs d'azalée et les herbes printanières, et la pratique d'activités de plein air pour profiter du temps plus chaud comme le tir à l'arc, les combats de coqs, et la voyance. Les gens mangent des plats spécifiques comme le tteok (gâteau de riz) et le nureumjeok (brochettes de bœuf ou de porc). Les traditions incluent également la teinture des doigts avec du jardin, censée prévenir les maladies et les mauvais esprits pour l’année à venir.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://cahierdeseoul.com/les-fetes-traditionnelles-coreennes/, https://chioya.wordpress.com/2012/02/24/korean-festivalthe-festival-of-fun/, https://cuteinkorea.com/cultural-explorations-understanding-korean-traditions-and-festivals/, https://obuza.com/en/korean-samjinnal-hwajeon-flower-pancake/, et https://www.foodinkorea.org/annual-customs-and-food/samjinnal/.

 

Merci bon Samjinnal !

samedi 18 avril 2026

Le festival de la route maritime miraculeuse de Jindo, ou comment la nature permet de faire la fête

Chaque année, entre mars et avril, la marée permet de rallier à pied les îles de Jindo à Modo dans cette route de 2,8 km et de 40 m de large .En cette année 2026, elle a lieu entre le 17 et 20 avril. Cet événement est judicieusement surnommé «le miracle de Moïse». Des milliers de personnes viennent chaque année effectuer cette traversée unique qui vous promet des photos de la mer inégalable. Le chemin qui reste visible environ 45 minutes à une heure est dû au flux et reflux de la mer. On peut aussi, comme de nombreux Coréens, s’amuser à rechercher les coquillages et créatures marines révélées par la mer. De plus, c’est l’occasion de goûter la cuisine locale. Au programme du festival figure des événements maritimes et artistiques ainsi que de nombreux spectacles traditionnels et des expositions en particulier celle du chien Jindo originaire de l’île qui est également mis à l’honneur. En fin de journée, il y a une parade avec des torches ce qui rend l'événement encore plus envoûtant. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://koreancoffeebreak.com/festivals-printemps-coree-du-sud/, https://world.kbs.co.kr/service/contents_view.htm?lang=f&menu_cate=culture&id=&board_seq=125115&page=323&board_code=at_even, https://world.kbs.co.kr/service/contents_view.htm?lang=f&menu_cate=culture&id=&board_seq=127848&page=22, et https://www.petitfute.com/d843-jeollado/c1170-manifestation-evenement/c1050-manifestations-culturelles-festivals/665838-jindo-miracle-sea-road-festival.html.

 

Merci et bon festival de la route maritime miraculeuse de Jindo !

jeudi 16 avril 2026

Bernadette Soubirous, une jeune femme entre humilité et sagesse

Chaque année, le 18 février en France et le 16 avril dans le monde entier comme c’est le cas en Corée, l’Église catholique honore sainte Bernadette Soubirous, la jeune voyante de Lourdes à qui la Vierge Marie serait apparue en 1858. 

 

En 1858, la jeune Bernadette Soubirous, fille aînée d'une famille nombreuse, pauvre, malade, analphabète, élevée dans la foi chrétienne, et ayant reçu une éducation très simple, raconte avoir vu une mystérieuse «Dame blanche» apparaître dans une grotte de Massabielle, près de Lourdes, dans les Pyrénées, 18 fois de février à juillet 1858, bien aidée par l’ascendant sur elle de l’abbé Ader, fervent admirateur du curé d’Ars, dont les visions sont connues, et un dévot des (fausses) apparitions de La Salette, avec son catéchisme qu’elle suivait avec enthousiasme. C’est une Vierge souriante, qui ne profère aucun avertissement menaçant, ses "secrets" dont elle se dit la dépositaire ne concernent qu'elle, et non le destin de l'humanité, et il y a un appel au repentir. Dans d'autres messages, la dame demanda la construction d'une église à cet endroit afin que les prêtres puissent y venir en procession. Celle-ci aurait dit à la jeune fille le 25 mars : «Que soy era Immaculada Councepciou» (en occitan, «Je suis l'Immaculée Conception»). Cependant Bernadette n’était pas ignorante de ce dogme sans pour autant en comprendre le sens, après la promulgation du dogme en 1854 par Pie IX, l'expression Immaculée Conception se répandit comme une traînée de poudre, et dans certains villages, comme à Lourdes, on fêta l'événement et on sortit même les lampions. De plus, de nouvelles Congrégations prirent ce titre, comme, et l'iconographie religieuse s'enrichit d'une multitude d'images qui passèrent entre toutes les mains aussi à Lourdes. C'est le début de la célébrité internationale pour la petite bourgade de Lourdes, qui va se trouver complètement transformée par l'événement. Très vite en effet, beaucoup sont persuadés que c'est la Vierge Marie qui est apparue à l'adolescente. Qui plus est, lors d'une de ces apparitions, Bernadette aurait creusé le sol de la grotte pour y trouver de l'eau : cette dernière va bientôt acquérir la réputation d'être miraculeuse. Mais Bernadette déclare ne pas avoir vu de miracles et ne pas y croire. Alors que certains parlent de miracle, les journaux anti-cléricaux ne cachent pas leur scepticisme et crient à la mystification. Bernadette Soubirous affrontera l'incrédulité et les questions de tous : proches, autorités civiles, médicales et religieuses. On la croira folle, complice d'une escroquerie. Elle répond avec sobriété et clarté, ne se contredit jamais, refuse de bénir, récuse tous les cadeaux. À travers elle, deux France s'opposent, l'une républicaine et laïque, l'autre ultramontaine et religieuse. Mais les premiers miracles se produisent. Les contradicteurs se raréfient.

 

Et «L’affaire» prend une dimension nationale quand Louis Veuillot publie dans l’Univers du 28 août 1858 le compte rendu de sa visite à Lourdes. Lourdes, très vite, voit affluer les foules. Même après l’extinction du «feu visionnaire» dans son expression directe, à la fin de l’été de 1858, lorsque l’institution ecclésiastique reprend le contrôle et que Bernadette est progressivement éloignée, puis cachée de la vision publique, la dévotion à Lourdes continue. Après quatre ans d'enquêtes et que le préfet des Hautes-Pyrénées, Oscar Massy, a fait fermer et vider la grotte de Massabielle de tous les objets de culte en 1860, le faisant devenir le bouc émissaire du clergé, menant sa mutation à Grenoble, où il meurt quelques mois plus tard, l'Église reconnaît l'authenticité des apparitions après avoir interdit en 1861 de parler du village d’Arnaud-Guilhem en Haute-Garonne qui connaît en 1859 une longue série de manifestations mariales et les quatre filles qui y ont eu droit sont confiées à des religieuses du Dorat, en Haute-Vienne, afin de na pas concurrencer Lourdes. Mais les rumeurs de guérison n'ont pas attendu, les pèlerins non plus. Dès 1866, une première basilique est construite, le train arrive. Le business des cierges et de l’hostellerie devient rapidement très lucratif. Le Sanctuaire fait face à l'afflux des fidèles, des malades et des guérisons, que contrôle le Bureau des constatations médicales. Échappant à la curiosité publique et au photographes qui se disputent dès 1862 le privilège de pouvoir prendre des photos de la jeune femme, puis de les vendre, Bernadette dont la présence détournait l’attention du sanctuaire, de la grotte et de la Vierge à cause du comportement des foules à son encontre comme en mai 1866, elle fut contrainte de partir et trouva refuge au couvent des sœurs de la Charité à Nevers où elle prit le voile à vingt-deux ans. Malade, devant renoncer même à exercer son dévouement, durement traitée par la mère supérieure et par la maîtresse des novices, elle accepte tout, sereinement soumise jusqu'à sa mort, à trente-cinq ans, imprégnée sans doute des paroles que lui avait dites la dame de Massabielle : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l'Autre." Quand elle fut canonisée, en 1933, Lourdes était déjà, après Paris, la ville française la plus connue du monde.

 

Marc Hallet, Les apparitions de la Vierge Marie et la critique historique, éditions de l’auteur, 1988, Jean-Pierre Albert, Sacrifice et prophéties dans la France du XIXe siècle, Séminaire de Clara Gallini, Université La Sapienza, 1998, Anne Bernet, Bernadette Soubirous, Perrin, 2008, Élisabeth Claverie, Le monde de Lourdes, Gallimard, 2008, https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/39664, https://histoirebnf.hypotheses.org/12460, https://lempaille.fr/linvention-de-lourdes,https://theconversation.com/how-lourdes-became-a-byword-for-hope-174574, https://www.retronews.fr/religions/echo-de-presse/2018/07/30/les-apparitions-de-lourdes-en-1858-un-miracle-tres-polemique, et http://www.zetetique.ldh.org/bernadette.html.

 

Merci et bonne sainte Bernadette !

mercredi 15 avril 2026

Le Jour du soleil en Corée du Nord, ou comment honorer le fondateur de la dictature communiste

Aujourd’hui nous sommes le 15 avril, appelé le "Jour du soleil", constitue l'une des dates les plus importantes du calendrier de Pyongyang car Kim Il Sung, grand-père de Kim Jong Un, est né à cette date. Son 114e anniversaire est l’une des dates les plus importantes du calendrier de Pyongyang. 

 

Dans les années 1930, Kim Il-sung se réfugie en Chine, puis en Union soviétique, pour fuir les Japonais qui occupent la Corée. En 1945, les Soviétiques s’emparent de la Corée, qui est par la suite divisée en deux. Trois ans plus tard, Joseph Staline place Kim Il-sung à la tête de la Corée du Nord. Sacré héros de la résistance, ce marxiste-léniniste tout d’abord d'abord premier ministre et secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée (PTC), convaincu ne quitte plus la tête de l’État imposant sa politique de Juche (autonomie et auto-suffisance). Considéré comme le père de la nation nord-coréenne, Kim Il-sung développe l’industrie lourde et s’appuie sur la classe ouvrière pour imposer sa dictature. En juin 1950, son pays envahit la Corée du Sud, déclenchant une guerre qui fait 1 million de morts, dont 37 000 Américains. Sous Kim Il-sung, le Parti communiste devient une gigantesque machine à son service. Kim Il Sung consolide son pouvoir, réprime par la force toute opposition interne et purge le Parti communiste. S’inspirant du modèle stalinien, il règne d’une main de fer : répression, endoctrinement, culte de la personnalité… La Corée du Nord devient l’une des pires dictatures au monde. Une économie socialiste voit le jour dans un pays jusqu’alors surtout agricole. À l’époque, la Corée du Nord est prospère, mais cache une situation économique difficile qui se détériore à partir des années 1970, au moment où il devient président du pays en 1972, titre qu'il conservera jusqu'à sa mort. Mais au début des années 1990, la chute de l’Union soviétique affecte grandement le pays, qui dépend de l’importation d’énergie russe. La diplomatie nord-coréenne est toutefois active en 1994, participant notamment à la planification d'un éventuel sommet avec la Corée du Sud. Des discussions sont également en cours avec les États-Unis qui s'inquiètent du développement du programme nucléaire nord-coréen. Lorsque Kim Il-sung meurt, en 1994, son fils aîné, Kim Jong-il, est désigné pour le remplacer. Comme son père, ce personnage imprévisible est roi et maître de la Corée du Nord.

 

Les enfants des écoles reçoivent chacun un sac de bonbons en échange d’un «merci grand-père», prononcé en s’inclinant devant le portrait du fondateur du pays. Les écoliers et étudiants se voient aussi offrir un nouvel uniforme pour l’occasion. Dans la capitale, les fleurs s’amoncellent aux pieds de la statue du grand homme, fondateur du régime totalitaire. La commémoration est marquée par des défilés militaires qui sont l’occasion de présenter au monde les armes les plus sophistiquées du pays, un défilé de civils et des feux d’artifice. Les médias nord-coréens font également part d'évènements culturels et de rassemblements qui se déroulent durant la journée de l'anniversaire de Kim Il-sung. Les autorités font en sorte qu’au moins ce jour-là, de la viande et de l’alcool soient disponibles pour tous. Histoire de faire oublier pour un jour les pénuries, voire la famine, qui accable régulièrement le pays. L'État essaie de maintenir un approvisionnement stable en électricité pour la journée pour permettre aux gens de  suivre les cérémonies à la télévision.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://fr.euronews.com/2022/04/16/pyongyang-celebre-le-110e-anniversaire-du-pere-fondateur-de-la-coree-du-nord, https://fr.yna.co.kr/view/AFR20250415001200884, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/57233/kim-il-sung-kim-jong-il-kim-jong-un-dynastie-coree-du-nord-juliette-morillot, https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/1080, https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/category/Cor%C3%A9e+du+Nord, https://www.geo.fr/geopolitique/qui-etait-kim-il-sung-pere-fondateur-de-la-coree-du-nord-dont-le-pays-fete-le-110e-anniversaire-209334, et https://www.ouest-france.fr/monde/coree-du-nord/coree-du-nord-d-immenses-parades-pour-le-110e-anniversaire-du-pere-fondateur-ced08fc4-bd5b-11ec-b932-934d477cf78d.

 

Merci !

mardi 14 avril 2026

Le Black Day, une célébration du célibat en Corée

Et pour ceux qui ont dû endurer la Saint Valentin et le White Day en solitaire, le 14 Avril vient le tour de célébrer le célibat. Et ce jour là, la tradition est de s’habiller en noir et de manger des nouilles à la sauce soja appelées le Jjajangmyeon, agrémentées d’une sauce épaisse à base de sauce soja noire fermentée, de courgettes, d’oignons et de pommes de terre, entre célibataires tout en se plaignant ou en se vantant de sa vie de solitaire selon les personnes. Le Black Day offre une perspective singulière sur le célibat. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://kdramareunion.wordpress.com/tag/diary-day/, https://www.kpops-lifestyle.com/la-saint-valentin-en-coree-du-sud-traditions-et-celebrations-uniques, et https://www.thekoreandream.fr/blog-coree-du-sud/la-saint-valentin-en-coree-du-sud/.

 

Merci et bon Black Day !

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...