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lundi 12 octobre 2026

Supōtsu no hi, le jour où le sport est roi

Le Supōtsu no hi, ou Jour du sport, est un jour férié national au Japon qui a lieu chaque année le deuxième lundi d'octobre, ce 12 octobre en 2026. Créé en 1966 sous le nom de Taiiku no Hi (la journée de la gymnastique), le jour du sport commémorait à l’origine l’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo 1964, organisés exceptionnellement au mois d’octobre pour éviter les fortes chaleurs de l’été japonais. Depuis la réforme des Happy Mondays ayant pour but de favoriser la création de jours fériés et week-ends prolongés en 2000, il est célébré chaque deuxième lundi d’octobre, offrant aux Japonais un long week-end placé sous le signe de l’activité physique. C’est en 2020 que la fête a adopté son appellation actuelle, Supotsu no Hi. 


Il a pour but de mettre en avant les bienfaits du sport, de l’activité physique et d’un mode de vie sain tout en offrant un week-end prolongé à la population. Chez les écoliers, les fêtes du sport undokai sont organisées à cette période, dans lesquelles on trouve des courses, des relais, des chorégraphies et de l’aérobic, ainsi qu’un jeu appelé kôhaku tama-ire, dans lequel deux équipes (rouge et blanche) s’affrontent pour lancer le plus grand nombre de sacs de fèves dans un panier, tandis que les quartiers et entreprises privilégient des tournois amicaux, marches ou mini-marathons. Le but de ce jour du sport est d’encourager la pratique du sport et un mode de vie actif, de promouvoir la santé et le bien-être de la population, et de rappeler l’importance du développement physique et mental à travers l’exercice. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://ichiban-japan.com/supotsu-no-hi/, https://www.nippon.com/fr/guide-to-japan/gu051006/, https://www.bonplantokyo.com/249-jour-ferie-japon-sport, et https://www.kanpai.fr/societe-japonaise/taiiku-supotsu-no-hi.

 

Merci et bon jour du sport !

dimanche 11 octobre 2026

Au Japon, on se fait peur en été

Comme Halloween commence tôt au Japon. Je vais parler de leur tradition de se faire peur en été. Au Japon, l'été est historiquement la saison de l'horreur. Liée à la fête des morts (O-Bon) en août, la tradition veut que l'on se raconte des histoires de fantômes (kaidan) ou que l'on visite des maisons hantées (obakeyashiki). Selon la croyance populaire, les frissons provoqués par la peur aident à supporter la lourde chaleur estivale. On considère que les âmes des ancêtres reviennent dans l'autel de leur foyer à l'occasion de la fête de l'Obon, qui a lieu à la mi-août. 

 

La tradition de se raconter des histoires effrayantes en été remonterait à l’ère Edo (1603-1867), ces histoires de fantômes appelées «kaidan» sont devenues très populaires et la tradition de se faire peur en été s’est perpétuée jusqu’à nos jours. C’est sous cette période qu’est née la tradition du Hyaku Monogatari, un événement où l’on se rassemblait autour de 100 bougies pour se raconter des histoires d’épouvante. Chaque bougie était éteinte après une histoire, plongeant peu à peu la pièce dans la pénombre… pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Depuis, on dit que les frissons provoqués par la peur aideraient à se rafraîchir durant l’été caniculaire. C’est pourquoi de nombreux événements liés à l’horreur fleurissent au Japon à cette période de l’année.

 

Les anciennes formes de théâtres traditionnelles comme le kabuki ou le nô abordent déjà le sujet de l’au-delà et des esprits. Puis, dans les années 60-70, les «kaidan monogatari» et autres contes sont portés sur grand écran, puis sur petit écran, effrayant de nouvelles générations de jeunes Japonais. Les mangas ne sont pas en restes et de nombreux auteurs horrifiques incroyables existent au Japon (comme le maître Junji Ito). L’horreur japonaise s’est même exportée à l’étranger grâce à certains films et œuvres vidéoludiques, regroupées sous le nom de J-horror.

 

Les maisons hantées y sont aussi considérées de saison du fait de leur climatisation et des frissons qu'elles provoquent, dans ce pays où s'abattent en été une chaleur et une humidité étouffantes. Les maisons hantées éphémères (Tokyo) effraient les passants lors de leur virée shopping. Installées aux entrées des centres commerciaux ou dans les parcs d’attraction, les maisons hantées éphémères (dites Obakeyashiki) sont somme toute plus amusantes que effrayantes. Articulées autour d’une thématique spécifique, elles proposent un défi ou une histoire à suivre pour trouver le chemin de la sortie. Que vous soyez amené à traverser toutes les pièces en y faisant des rencontres saugrenues ou que vous deviez résoudre une énigme sous forme d’escape game pour mettre fin a l’horreur, ces maisons vous feront frissonner de plaisir. 

 

Pour aller plis loi, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://cours-de-japonais.com/ete-horreur-japon/, https://www.geo.fr/voyage/japon-a-tokyo-les-maisons-hantees-font-oublier-la-chaleur-estivale-221633, et https://www.japan-experience.com/fr/preparer-voyage/savoir/comprendre-le-japon/ete-japon-yokai-folklore.

 

Merci !

dimanche 4 octobre 2026

La Saint François d’Assise, une fête importante chez les catholiques japonais

La fête de saint François d'Assise est célébrée le 4 octobre par la communauté catholique au Japon, à l'instar du reste de l'Église universelle. Ce dernier est le fils aîné d'une riche famille de drapiers né en 1181/1182. Après une jeunesse dissipée durant laquelle il fait le coup de poing contre la noblesse locale, connaît la prison, entonne des chansons provençales, commet le péché de chair, il finit par tout abandonner pour répondre à la voix entendue à Spolète, qui lui demande de «réparer son Église en ruine» en 1205. Devenu mendiant en 1206, il fonde l'ordre franciscain en 1209, et applique à la lettre la règle qu'il s'est fixée : «Vivre dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté.» Contrairement aux moines traditionnels (bénédictins ou cisterciens) qui s'isolaient dans des monastères à la campagne, François choisit la ville comme premier terrain d'action. Il apporte une réponse à la nouvelle société marchande : face à la montée de l'argent et des riches, il oppose une pauvreté absolue et prône la paix au milieu des conflits civils urbains. Les chercheurs soulignent sa spiritualité novatrice de l'initiative et du renouveau. Il se qualifie lui-même de «nouveau fou dans le monde». Au lieu de l'austérité et de la tristesse, il valorise la jubilation, la spontanéité du rire (hilaritas) et la «joie parfaite». De plus, il refuse toute hiérarchie stricte au sein de son ordre (les Frères mineurs) et fait une place inédite aux laïcs en 1221, aux femmes (comme sainte Claire) en 1212 et aux enfants. À travers le célèbre Cantique des créatures composé entre la fin de l'année 1224 et le printemps 1225 , il ne sépare pas le monde de Dieu et proclame la présence divine en toute créature (animaux, nature), ce qui en fera le saint patron des écologistes. En pleine cinquième croisade (1219), il part rencontrer le sultan d'Égypte Al-Kamil à Damiette, pour ce qui est la substitution de la «propagande pacifique» et du dialogue à la guerre sainte menée par l'Église. De retour en Ombrie, le poverello constate, non sans un certain malaise, le rôle croissant des clercs issus des écoles au sein de «sa propre création qui commence à lui échapper». Il est stigmatisé dans l’ermitage de La Verna. Il meurt en 1226. 

 

Arrivés en 1593 des Philippines, des frères mineurs espagnols avaient réussi à établir des couvents et à construire une léproserie près de Nagasaki. Mais injustement soupçonnés de fomenter des plans d’invasion espagnole, ils sont arrêtés avec d’autres missionnaires. Le régent (Taikō) Hideyoshi prononce à leur encontre vingt-six condamnations à mort : Pierre Baptiste et cinq franciscains espagnols (dont Philippe de Jésus, né à Mexico de parents espagnols), trois jésuites japonais (dont Paul Miki), et enfin dix-sept tertiaires franciscains japonais, parmi lesquels deux jeunes garçons de onze et treize ans, Louis et Antoine. Rassemblés à Kyoto, les condamnés parcourent un long chemin de croix de 800 km, en plein hiver. Le 5 février 1597, ils sont crucifiés face à la mer — face à l’occident — sur une colline dominant Nagasaki. Trois siècles plus tard, l’histoire franciscaine du Japon va renaître de ses cendres de manière assez inattendue : un Français, Maurice Bertin (1870-1968), polytechnicien devenu enseigne de vaisseau, entre dans l’Ordre (1896), après que son navire a fait escale à Nagasaki, où il avait ressenti un appel aussi mystérieux qu’impérieux : restaurer l’ordre de saint François au Japon. Après son ordination, il appartient à la cohorte de religieux expulsés (1903), et se retrouve au Québec, où il fonde le couvent de Trois Rivières. En 1906, enfin, il part pour le Japon, à Sapporo, où il vient prêter main forte à des frères allemands venus de Thuringe. Il est bientôt rejoint par d’autres Canadiens. En 1921, Rome confie aux franciscains venus du Québec un territoire bien à eux, la mission de Kagoshima, au sein du diocèse de Nagasaki. Mais le Japon, toujours méfiant à l’égard des étrangers, confie leur mission au clergé autochtone. Les frères se retirent autour d’Urawa (au nord de Tokyo), et fondent couvents et paroisses. Ils cherchent à former des franciscains japonais et à implanter une vie franciscaine féminine. En 1936, un commissariat provincial est érigé, puis en 1977 une province, qui compte alors 118 religieux japonais et 108 étrangers. 

 

Les paroisses catholiques du pays, à l'image de celle de Hamamatsu dans la préfecture de Shizuoka, connue pour ses communautés linguistiques et culturelles bien intégrées autour de la paroisse : japonaise, anglophone et latino-américaine, le plus grand groupe étant celui des Brésiliens, marquent cette journée par des messes et la bénédiction traditionnelle des animaux, en hommage au saint patron de l'écologie et des bêtes.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Virgil Tanase, Saint François d'Assise, Gallimard, 2015, https://www.historia.fr/guide-culture-loisirs/cinema-television/comment-francois-dassise-saint-patron-de-litalie-a-t-il-bouleverse-la-pratique-religieuse-au-moyen-age-2254560, https://www.infoans.org/fr/component/k2/item/11365-japon-la-paroisse-de-hamamatsu-celebre-st-francois-d-assise, https://www.ktotv.com/video/00304660/saint-francois-xavier, https://www.messagerdesaintantoine.com/content/le-japon-une-epopee-franciscaine, et https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20261002-3-octobre-1226-mort-de-fran%C3%A7ois-d-assise-nouveau-fou-dans-le-monde.

 

Merci et bonne Saint François d’Assise !

jeudi 1 octobre 2026

Koromogae, ou le changement de garde-robe

Le Koromogae est une tradition japonaise qui consiste à changer sa garde-robe en fonction des saisons. Le terme Koromogae signifie littéralement "changement de vêtements". À l’époque Heian (784-1185), la tradition du Koromogae existait déjà. Il s’agissait de ranger ses habits d’hiver et de sortir des tissus plus légers afin de mieux supporter la chaleur de l’été, et inversement. Ce changement vestimentaire saisonnier avait lieu cinq fois dans l’année. 

 

Le 1er octobre, c’est le passage aux vêtements d’hiver (Fuyu-fuku) et il s’adapte au climat des différentes régions du Japon. Symbole de l'arrivée de l'hiver et donc la fin de l'Automne. Cette pratique reste visible dans trois contextes principaux : les écoles, avec un changement officiel de l’uniforme scolaire, les entreprises, pour les tenues professionnelles des «salaryman», les foyers, à travers le rangement saisonnier des vêtements et le changement de literie, notamment le passage à un futon plus léger ou plus chaud selon la saison. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé :https://universdujapon.com/blogs/japon/koromogae, https://www.bonplantokyo.com/126-changement-saisonnier-de-garde-robe, et https://www.konjaku.fr/blog/2026/08/28/koromogae.html.

 

Merci et bon Koromogae !

mercredi 30 septembre 2026

Les saint archanges et les feuilles rouges, entre fête chrétienne et de saison au Japon

Hier, le 29 septembre a marqué la fête des saints archanges (Michel, Gabriel et Raphaël), qui est également célébrée par la communauté catholique au Japon, où saint Michel est historiquement considéré comme un protecteur ou patron de missions depuis l'arrivée de saint François-Xavier.

 

À l'origine, le 29 septembre était exclusivement dédié à Saint Michel Archange. La fête de Saint Michel remonte au Ve siècle, lorsque la dédicace d'une basilique en son honneur fut établie sur la Via Salaria, près de Rome. Avec le temps, la fête a été élargie pour inclure les autres archanges, Saint Gabriel et Saint Raphaël, afin de souligner l'importance de ces messagers célestes dans l'histoire du salut. Le Concile Vatican II a introduit cette modification dans le calendrier liturgique, faisant du 29 septembre une fête commune aux trois archanges. Saint Michel est invoqué comme défenseur contre le mal, Saint Gabriel comme messager divin, et Saint Raphaël comme guérisseur et guide spirituel. Saint François-Xavier a débarqué au Japon en 1549 et a placé son œuvre et le pays sous le patronage de l'archange Saint Michel. Des documents historiques de l'Église au Japon, comme ceux de la Cathédrale de Sekiguchi à Tokyo, rappellent l'importance de cette date pour les missions catholiques locales. L'église de Kawagoe considère saint Michel comme son saint patron et célèbre donc le dimanche le plus proche du 29 septembre comme une fête spéciale en son honneur.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lecture qui m’ont beaucoup aidé : http://catholic-kawagoe.net/church_news/word/17_09.html, https://nominis.cef.fr/contenus/saint/978/Saint-Michel.html, et https://www.la-boutique-des-chretiens.com/blog/537-la-fete-des-archanges-a-travers-le-monde.html.

 

Et au Japon, le terme kōyō (litt. «feuille rouge») désigne le changement de couleur des feuilles en automne, tandis que momiji désigne plus particulièrement les érables japonais aux feuilles rouges éclatantes, emblématiques de la saison. C’est, avec la floraison des cerisiers, l’une des meilleures périodes de l’année pour parcourir le Japon, paré de ses plus beaux atours. La contemplation des feuillages d’automne porte d’ailleurs un nom, momijigari. C’est une tradition très appréciée des japonais. Cette pratique consiste à se rendre dans les parcs, les montagnes, les temples et les vallées pour admirer les couleurs de la saison.

 

En fonction des régions du Japon, leur climat et leur altitude, le feuillage d’automne ne commence pas à la même période. Les premières feuilles rouges apparaissent à Hokkaido, l’île la plus au nord, et dans les Alpes japonaises à partir de fin septembre, suivies ensuite à la mi-octobre par le reste du Japon, où les feuillages atteignent leur pic dans de nombreuses régions montagneuses et dans le nord du pays . Mais dans les zones les plus touristiques, il faut attendre mi-novembre, comme à Tokyo, Kyoto, Osaka, et Nara qui offrent souvent leurs plus beaux paysages d’automne, et dans les régions plus chaudes comme Kyūshū, Shikoku ou les zones côtières, les couleurs peuvent se prolonger jusqu’en décembre.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé :https://keikaku.fr/aide/informations-japon/erables-automne, https://www.japan-experience.com/fr/voyager-au-japon-guide-et-conseils/voyager-au-japon-en-automne, et https://www.passeportjapon.fr/pratique/quand-partir-au-japon/guide-koyo-japon/.

 

Mercin bon kōyō !

lundi 28 septembre 2026

La Mémoire des 16 martyrs du Japon, l'aggravation des persécutions au Japon

L'Église catholique japonaise célèbre le 28 septembre la mémoire des Seize martyrs de Nagasaki, un groupe de missionnaires et de fidèles mis à mort au Japon entre 1633 et 1637 en haine de la foi chrétienne.Le groupe a été béatifié en 1981 à Manille et canonisé en 1987 à Rome par le pape Jean-Paul II. La fête des Seize martyrs a été célébrée, rassemblant de nombreuses personnes venues de partout pour prier ensemble. Elle était organisée par l'archidiocèse catholique de Nagasaki et gérée par le Conseil catholique du district sud de Nagasaki.

 

L’édit «antichrétien» de Tokugawa Ieyasu (1614) qui fut suivi à la lettre puisque les missionnaires et certaines de leurs ouailles japonaises de haut rang se résignèrent cette fois-ci à l’exil. L’édit de 1616 fut le premier d’une longue série : de manière à contrôler les arrivées des étrangers, et notamment des missionnaires interdits de séjour depuis 1614, on restreignit cette année-là les ports d’accès au Japon à Nagasaki et Hirado; l’idée était probablement d’inspiration chinoise, puisqu’autrefois l’Empire du Milieu avait imposé aux Japonais le port de Ningbo comme unique porte d’entrée à son territoire. En 1624, tout commence avec l’expulsion des Espagnols, désormais interdits de séjour au Japon, constitue une étape importante de la politique de «fermeture» du pays. Puis en 1628, ce sont le premiers fumie à Nagasaki (cérémonies au cours desquelles les Japonais devaient poser les pieds sur des icônes chrétiennes pour prouver leur orthodoxie religieuse). Et dans les années 1630, c’est le renforcement du contrôle des Tokugawa sur la société à tous les niveaux: le commerce international (édits interdisant l’accès libre aux ports japonais); les grands féodaux (adoption définitive du principe d’une «résidence alternée» entre les fiefs et Edo une année sur deux); les institutions bouddhiques (constitution d’un réseau national hiérarchisé de temples).

 

À cette époque, le nombre de missionnaires présents dans le pays diminuait de jour en jour. En effet, cette même année 1626, le père Gaspar de Castro mourut de mort naturelle, tandis que quatre autres Jésuites, parmi lesquels le provincial Francisco Pacheco, furent exécutés au mois de juin. De façon générale, l’incapacité de la Compagnie et de l’Église elle-même à rénover le corps missionnaire au Japon causa la disparition du clergé et rendit plus difficile encore la résistance des laïcs. À partir de 1633, le pays se ferme aux étrangers dans un isolationnisme radical qui durera deux cents ans. Se succède alors une traque impitoyable des chrétiens, avec sa suite de martyrs, de vrais ou faux apostats, et ces «chrétiens cachés». Le coup fatal porté à la résistance de Nagasaki eut lieu en 1633 par une série de mises à mort jusqu’en 1637 d’un groupe de missionnaires de la province philippine de l'ordre dominicain (neuf prêtres dominicains, deux frères dominicains, deux vierges consacrées et trois tertiaires dominicains) qui furent massacrés pour avoir refusé de renier le Christ et par l’apostasie de Cristovão Ferreira (v. 1580-1650).

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Nathalie Kouamé, Quatre règles à suivre pour bien comprendre le «siècle chrétien» du Japon, dans La première évangélisation du Japon XVIe-XVIIe s. : Perspectives japonaises, et João Paulo Oliveira Costa et Martin Nogueira Ramos, Le jésuite Juan Batista Baeza et la communauté chrétienne de Nagasaki pendant la persécution des shoguns Tokugawa, dans Histoire et missions chrétiennes n°11, 2009/3, Pages 9 à 38, et Pages 109 à 130, Nathalie Kouamé, L’impossible colonisation du Japon pendant son «siècle chrétien», dans L’Asie, la mer, le monde au temps des compagnies des Indes Sous la direction de Gérard Le Bouëdec, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 135-155, https://ewtn.co.uk/article-the-japanese-martyrs-for-christ/, et https://www.nagasaki.catholic.jp/archives/2224.

 

Merci et bonne mémoire des Seize martyrs de Nagasaki !

samedi 26 septembre 2026

Tsukimi, ou comment remercier la lune

Hier, le 25 septembre a lieu la fête de la mi-automne, Tsukimi. C’est une fête de gratitude envers la nature. A cette période, la moisson de riz vient en effet de s’achever. On remercie la lune qui a éclairé les nuits de labeur dans les champs, et plus largement la nature pour ses bienfaits. Le Tsukimi tirerait son origine du festival de la mi-automne chinois, festival de moisson devenu rite annuel sous la dynastie Tang (VIIe-Xe siècle). Si la période Heian, qui s’étend de la fin du VIIe siècle à la fin du XIIe siècle marque le renforcement de l’identité culturelle japonaise, l’aristocratie reste encore influencée par la Chine et ses traditions. Nobles et poètes se retrouvaient sur des bateaux afin de contempler la lune : ils composaient des poèmes tout en appréciant la beauté de l’astre se reflétant dans l’eau et lui donnaient en offrande des boulettes de riz gluant, appelées Tsukimi dango, et du saké. Ils priaient alors pour des récoltes abondantes. Ce festival deviendra un temps fort des manifestations culturelles de cette époque et le restera encore plusieurs siècles après. 

 

Cette tradition poétique, observée depuis plus de mille ans, mêle contemplation nocturne, offrandes et plats spéciaux, et une invitation à l’observation poétique de la lune. On décore les maisons avec des roseaux de Chine (susuki) et l'on prépare des offrandes de boulettes de riz rondes appelées tsukimi dango, pour honorer la lune et prier pour de bonnes récoltes. Les tsukimi dango, ces boulettes de riz blanches empilées en pyramide, sont le symbole culinaire de cette célébration lunaire. Selon le folklore japonais inspiré d'une légende ancienne, on aperçoit dans la forme de la pleine lune un lapin blanc qui prépare des gâteaux de riz (mochi) au pilon.Beaucoup de temples et sanctuaires à Kyoto restent ouverts plusieurs nuits à cette période, avec des performances artistiques traditionnelles et des cérémonies ouvertes au public. Certains temples comme le Daikakuji ou encore le Chishakuin offrent même des cérémonies du thé privées et des tours en bateau, ce sont des attractions populaires. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://blog.lemarchejaponais.fr/culture-culinaire-japonaise/saisons-cuisine-japonaise/cuisine-automne-hiver-japon/tsukimi-fete-lune-automne, https://blog.umamiparis.com/coutumes/tsukimi-la-fete-de-la-lune-9912.html, https://www.bentoandco.com/blogs/bento/tsukimi-ou-la-contemplation-de-la-lune-des-moissons, https://www.kanpai.fr/tsukimi-contemplation-lune, et https://www.maisondumochi.fr/magazine/tsukimi/.

 

Merci et bon Tsukimi ! 

mercredi 23 septembre 2026

Shubun No Hi, l’équinoxe d’automne, où l’on célèbre les défunts

Shubun No Hi est un jour férié japonais qui a lieu chaque année le 22 ou 23 septembre. Sa date précise est déterminée par le calcul astronomique de l’équinoxe d’automne. Lorsqu’il tombe à proximité de Keiro no Hi, il permet de créer une petite semaine de vacances appelée Silver Week. Chaque année, à l’équinoxe d’automne, la maison impériale organise le Kōrei-sai, une cérémonie en l’honneur des esprits des anciens empereurs et des membres de la famille impériale. Pour toutes ces raisons, l’Équinoxe d’automne est un jour dédié à l’hommage aux ancêtres et au souvenir de ceux qui nous ont quittés. Ancrée dans les traditions bouddhistes du pays, cette journée annonce aussi la floraison de la belle amaryllis du Japon, une très belle fleur rouge, ainsi que l’arrivée de la belle saison des feuilles d’érable. Avant de devenir une fête nationale officielle en 1948, l’équinoxe de printemps était associé à des cérémonies shintoïstes qui honoraient les esprits des ancêtres impériaux. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale et la mise en place d’une nouvelle constitution établissant une stricte séparation entre l’État et le shintoïsme, l’équinoxe de printemps a été officiellement détaché de ses origines religieuses impériales. Aujourd’hui, Shunbun no Hi constitue un jour férié propice au recueillement familial ou à l’appréciation paisible des premières floraisons printanières.

 

Durant la période de Higan, on se réunit en famille pour se recueillir sur les tombes et les fleurir, on réunit des chrysanthèmes en l’honneur des défunts et on organise des cérémonies religieuses.. On dispose également des fleurs et de la nourriture sur les autels domestiques (butsudan), on fait brûler de l’encens et on récite des prières. Les temples bouddhistes organisent des offices appelés Higan-e, au cours desquels les moines récitent des sutra pour le salut des ancêtres. Pour d’autres Japonais, Shubun no Hi constitue tout simplement un jour férié pour se reposer, profiter de balades automnales, voire partir en vacances lorsque Keiro no Hi, l’autre jour férié de septembre, permet de créer la Silver Week certaines années. C’est l’occasion de manger de délicieux ohagi avec du thé vert. Il s’agit d’un wagashi (douceur traditionnelle japonaise) à base de riz et de pâte de haricots rouges (anko). Le riz, cuit plusieurs heures, est roulé en forme de boule compacte et collante, alors enveloppée avec une couche de anko sucrée. Le ohagi peut aussi être saupoudré de poudre de kinako (soja) ou de sésame noir. Ce wagashi est apparu et devenu populaire à l’ère Edo (1600-1868).

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://blog.courrierinternational.com/conversations-avec-le-japon/2020/09/17/shuubun-no-hi-la-celebration-de-lequinoxe-dautomne-au-japon/, https://ichiban-japan.com/shunbun-no-hi/, https://www.kanpai.fr/societe-japonaise/shubun-no-hi, et https://www.nippon.com/fr/guide-to-japan/gu051005/.

 

Merci et bon Shubun no Hi !

mardi 22 septembre 2026

L’Exaltation de la Croix et la Saint Matthieu, des fêtes importante de l’Église catholique japonaise

La fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, célébrée chaque année par l'Église catholique universelle le 14 septembre, commémore deux événements importants : La découverte opportune de la Vraie Croix par Sainte Hélène, un des rares fragment de la croix sur laquelle Jésus aurait été crucifié, exposé au musée de la cathédrale de Limbourg, et la dédicace de la Basilique du Saint Sépulcre. Cette tradition s'appuie sur la légende selon laquelle des reliques de la croix auraient été découvertes ce jour-là, et sur le fait que la dédicace de l'église du Saint-Sépulcre à Golgotha ​​eut lieu le 13 septembre 335, les reliques de la croix étant dévoilées le lendemain. Il n'existe pas de fête traditionnelle ou nationale japonaise liée à l'Exaltation de la Croix. Cette célébration est strictement chrétienne (catholique ou orthodoxe). Au Japon, elle est suivie le 15 septembre, lendemain de l'Exaltation de la Croix, est la fête de Notre-Dame des Douleurs, une journée de recueillement sur la Vierge Marie qui se tenait au pied de la croix. La vie de la Vierge Marie fut une vie vécue avec le Seigneur Jésus.

 

Pour aller plus loin,je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://catholic-denenchofu.jp/2025%E5%B9%B49%E6%9C%8814%E6%97%A5-%E5%8D%81%E5%AD%97%E6%9E%B6%E7%A7%B0%E8%B3%9B%E3%80%80%E5%85%B8%E7%A4%BC%E3%81%AB%E3%81%A4%E3%81%84%E3%81%A6/, https://tokyo.catholic.jp/archbishop/weekly/51817/, et https://www.lpj.org/fr/news/the-exaltation-of-the-holy-cross-bridging-history-and-redemption.

 

Et la date du 21 septembre correspond universellement dans l'Église catholique à la fête de l'apôtre et évangéliste Saint Matthieu. Elle n'a pas de statut particulier ou de tradition nationale spécifique au Japon, où le christianisme est pratiqué par une minorité de la population. Au Japon, les communautés chrétiennes (catholiques ou protestantes) peuvent commémorer cette fête liturgique de manière interne dans leurs églises, mais cela ne donne lieu à aucune festivité culturelle ou civile dans le pays.

 

Matthieu, qui était probablement de la tribu de Lévi, est né à Capharnaüm et était percepteur d'impôts pour le compte d’Hérode Antipas lorsque Jésus l'a appelé (Matthieu 10,3), il devint l’un des Douze après le Sermon sur la montagne, et il le suivi jusqu’à son arrestation, fuyant comme les autres disciples. Après que Jésus s’est ‘fait voir’ après sa mort aux Douze, la réorganisation du groupe des disciples de Jésus (environ 120) et la première prédication réussie à la Pentecôte, selon Eusèbe de Césarée, Matthieu prêcha d'abord aux Juifs à Jérusalem et en Israël, dans les années 30, et associé généralement à Thomas, il alla sans doute en Arabie, avant de revenir en Judée, où il trouva sans doute la mort soit persécuté soit lors du siège de Jérusalem.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://www.cbcj.catholic.jp/2006/08/30/2882/, http://cpap.hiroshima-diocese.net/?p=2138, et https://codexdei.mariedenazareth.com/1000-raisons-de-croire/124/saint-matthieu-apotre-evangeliste-et-martyr-61.

 

Merci ! 

jeudi 10 septembre 2026

Les martyrs de Nagasaki, les chrétiens face à l’intolérance shogunale


Chaque année, l'Église se remémore les martyrs de Nagasaki. Plusieurs dizaines de chrétiens, dont de très jeunes enfants, furent horriblement torturés et tués le 10 septembre 1622 en raison de leur foi, lors de la persécution des shoguns au Japon.

 

En 1614, l’interdiction du christianisme par le shogunat des Tokugawa sur l’ensemble du territoire et les cortèges de martyrs qui s’ensuivent achèvent de donner à la catholicité japonaise ses lettres de noblesse. Au XVIIe siècle, le pays est morcelé en un ensemble de seigneuries dont le degré de soumission au pouvoir d’Edo varie (Tokyo, aujourd’hui). À Kyūshū, l’île de l’archipel qui abrite le plus grand nombre de catholiques, beaucoup de daimyō ne sont pas des vassaux directs des Tokugawa : ils disposent d’une large autonomie. Entre 1615 et 1625, la communauté catholique de Shimabara a été épargnée. Les jésuites mentionnent fréquemment l’arrivée au sud de cette péninsule de chrétiens qui fuient la répression. Les autorités shogunales procèdent par tâtonnement et, en quelque sorte, essaient de montrer l’exemple : dans un premier temps, elles exécutent les missionnaires clandestins et leurs principaux collaborateurs. À trois reprises, en 1619 à Kyoto, en 1622 la plus connue à Nagasaki, où 55 missionnaires et croyants sont condamnés à morts et brûlés vifs, et à Edo en 1623, où 50 chrétiens connaissent le même sort, le shogunat fait exécuter devant un parterre de seigneurs une cinquantaine de clercs et de laïcs qui jouaient un rôle central au sein de la communauté catholique. En privant la chrétienté de ses élites, le pouvoir espère faire cesser la pratique de cette religion. Des groupes ont perduré ainsi à travers les âges, dans le secret, même sans prêtres ou religieux. 

 

Pour aller plus loin, je vous met ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Ninomiya Hiroyuki, Le Japon pré-moderne (1573-1867), CNRS Éditions, 2017, Martin Nogueira Ramos, Renier sa foi sans perdre son âme. Les catholiques japonais au début de la proscription (XVIIe s.), dans Voix et identités d’ici et d’ailleurs dans la littérature mexicaine contemporaine, Varia, 5 | 2019, et https://www.ktotv.com/page/10-septembre-fete-martyrs-nagasaki.

 

Merci et bonne mémoire du grand martyre de 1622 !

mercredi 9 septembre 2026

La fête de la nativité de Marie au Japon et la fête des chrysanthèmes, ou l’importance du culte marial chez les catholiques japonais et de la santé chez les japonais

Hier, nous avons célébré la naissance de Marie, la mère Jésus. Dans le calendrier liturgique, seules trois personnes voient leur naissance fêtée : Jésus, Jean-Baptiste et Marie. Cette fête était déjà célébrée dans la cathédrale de la Nativité de la Vierge Marie à Jérusalem, construite au Ve siècle. Dans les rites byzantin et romain, ce jour fut commémoré au VIIe siècle comme la naissance de la Vierge Marie. La naissance de l'innocente Marie, choisie comme mère du Sauveur, est source d'espérance et l'aube du salut pour tous. Au Japon, la fête de la Nativité de la Vierge Marie est peut-être mieux perçue comme une célébration de l'œuvre divine qui a permis à Dieu de venir au monde, la mère du Sauveur, plutôt que comme une fête en l'honneur de Marie elle-même. 

 

Pendant la longue période de persécution des chrétiens (1613-1873), ceux qui avaient gardé la foi, appelés les chrétiens cachés, pouvaient venir discrètement prier la Vierge Marie et Jésus en venant jusqu’au temple bouddhiste sans avoir à entrer à l’intérieur du bâtiment ! Il est à noter que plusieurs temples des 34 lieux de pèlerinage de la vallée de Chichibu «cachent» des statues ou symboles chrétiens du temps des persécutions. Cela semble confirmer leur présence relativement nombreuse et la tolérance, ou au moins la bienveillance, de bonzes et de la population majoritairement bouddhiste de cette région alors relativement isolée. Au Japon, on dit aussi souvent que la guerre du Pacifique a commencé le 8 décembre 1941 (fête de l'Immaculée Conception) et s'est terminée le 15 août 1945 (fête de l'Assomption de la Vierge Marie), mais il convient d'ajouter un point : le traité de paix de San Francisco, qui a mis fin à l'état de guerre, a été signé le 8 septembre 1951 (fête de la Nativité de la Vierge Marie). Il est remarquable de constater combien d'anniversaires liés à la guerre au Japon coïncident avec les fêtes de la Vierge Marie. Peut-être est-ce un message de paix de la Vierge Marie qui est très lié à celle-ci.  

 

La Bible ne dit rien de la naissance de Marie. Le 8 septembre n'est pas son anniversaire, mais l'Église a choisi de commémorer sa naissance à cette date. Nous ne savons pas où elle est née, mais on peut supposer qu'elle est née et a grandi à Nazareth. Un événement extraordinaire s'est produit : une petite fille née dans une famille anonyme du village de Nazareth est devenue la mère du Sauveur. Une jeune fille née dans une maison modeste d'un petit village inconnu. Ce n'était certainement pas une naissance dont on pouvait être fier. C'était une vie simple, rythmée par les travaux domestiques et ruraux de l'époque. Cependant, elle est descendante du roi David, s'inscrivant dans la promesse faite à sa lignée, et elle fait partie du clan des Nazaréniens, un groupe restreint perpétuait l'attente d'une naissance royale en son sein. Marie a grandi au sein de ce groupe juif ultra-pieux et traditionaliste replié sur lui-même. Son enfance a été profondément bercée par la récitation des Écritures, la Torah et l'attente fervente du Messie promis à la lignée de David. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Jean-Christian Petitfils, Jésus, Fayard, 2011,, http://cpap.hiroshima-diocese.net/?p=6414, https://inoruhana.com/ja/sei-maria-birthday/, https://www.sanpaolo.jp/16371, et https://www.st-joseph.ac.jp/high/kochoblog/2018/09/post-550.php.

 

Et ce 9 septembre, a lieu aussi au Japon Kiku no sekku, la fête des chrysanthèmes. C’est une fête traditionnelle japonaise qui a lieu le 9 septembre. Sous le thème du chrysanthème, fleur liée à la santé et à la longévité, elle était l’une des célébrations les plus populaires de l’ancien calendrier lunaire et ponctuait les fêtes des moissons. Les origines de la fête remontent à la Chine ancienne, où l'on croyait que le chrysanthème chassait les mauvais esprits et était donc un gage de santé, de bonheur et de longévité. Au Japon également, cette date est depuis longtemps considérée comme propice; le Nihon shoki mentionne un banquet donné ce jour-là lors de la quatorzième année du règne de l'empereur Temmu (685). Le vin aux pétales de chrysanthème et les sachets d'oléastre font ensuite leur apparition, comme en Chine. Dès 910, la fête du chrysanthème était également célébrée au Japon comme une cérémonie à la cour impériale. De magnifiques compositions florales étaient présentées, le vin de riz était raffiné avec des fleurs de chrysanthème et les poètes rivalisaient d'ingéniosité pour donner au chrysanthème des noms sonores et poétiques. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que Kiku no Sekku devint une fête populaire, durant laquelle on buvait du vin de chrysanthème et l'on se parait les cheveux de fleurs de chrysanthème pour se protéger du mal. 

 

Aujourd’hui tombée en désuétude, elle reste annonciatrice de l’automne et de la floraison prochaine des chrysanthèmes. Bien que la fête des chrysanthèmes perde de son importance dans le Japon moderne, des cérémonies sont encore célébrées dans divers temples, sanctuaires et jardins à travers le pays. Parmi les plus célèbres, on compte celles organisées au parc Shinjuku Gyoen à Tokyo et au sanctuaire Meiji. On peut y admirer d'impressionnantes compositions de chrysanthèmes aux couleurs et aux formes variées, savamment agencées. La Journée du chrysanthème est célébrée en buvant du saké de chrysanthème saupoudré de pétales de chrysanthème et en mangeant des plats tels que le kuri-gohan (riz aux châtaignes) et le kuri-mochi (châtaignes au riz gluant). Connus sous le nom de kiku au Japon, les chrysanthèmes sont alternativement appelés «okinagusa» et «chiyomigusa», des noms associés à la longévité. Comme ce sont des fleurs de bon augure, les chrysanthèmes apparaissent souvent comme motif sur les poteries, des assiettes…De nombreuses fêtes traditionnelles (chōyō ) sont associées aux chrysanthèmes, et des foires aux chrysanthèmes, entre autres, sont organisées encore aujourd'hui. Dans la région de Kyūshū, de nombreux lieux célèbrent des fêtes d'automne appelées okunchi , mais elles ne sont pas toutes célébrées le 9 septembre.  

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures : https://d-museum.kokugakuin.ac.jp/eos/detail/?id=8900, https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/9-septembre-japon-fete-du-chrysantheme-et-du-double-neuf, https://www.ikenobo.de/en/blog/kiku-no-sekku-chrysanthemum-festival, et https://www.kanpai.fr/societe-japonaise/kiku-matsuri.

 

Merci et bonne fête des chrysanthèmes !

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...