Amis

mercredi 22 juillet 2026

Marie-Madeleine se fête aussi dans l’Église en Corée

Aujourd’hui, l’Église fête en Corée Sainte Marie-Madeleine. Elle appelle à se souvenir de la vie de cette sainte, prie pour que les fidèles aussi, deviennent de petits témoins de l'Évangile, répandant l'amour et l'espérance au quotidien, et adresse également ses plus sincères félicitations à toutes les Marie-Madeleine qui célèbrent leur fête aujourd'hui, et elle prie pour que la grâce et la paix de Dieu les accompagnent toujours. Pendant longtemps l’Église coréenne avait des préjugés à son encontre, car dont la légende prétend qu'elle était une prostituée… Contrairement à une idée très répandue, aucun texte biblique ne la présente comme une prostituée. Cette interprétation apparaît tardivement, notamment au VIe siècle, lorsque le pape Grégoire le Grand associe Marie-Madeleine à la figure de la pécheresse de l’Évangile. Celle-ci fut très prisée également en Corée. Heureusement ce n’est plus le cas aujourd’hui.

 

Cette dernière originaire de Magdala, indépendante de lien familial, indépendante de fortune peut-être, mentionnée dans 12 fois dans les Évangiles, elle est décrite comme une femme guérie par Jésus, «de laquelle étaient sortis sept démons» (Luc 8), ceux-ci peuvent désigner des souffrances physiques ou psychiques, elle fait partie de ces femmes qui accompagnent Jésus et soutiennent matériellement son ministère, c’est aussi est la femme qui se tenait au pied de la croix où Jésus fut crucifié et près du tombeau (Matthieu 27,56.61). Première à voir Jésus ressuscité, elle annonça la nouvelle de sa résurrection aux disciples (Jean 20,11-18) : «Elle est l’apôtre des apôtres.» Après les Actes des Apôtres, elle a pu faire partie de ces communautés en Galilée et en Judée, où les femmes étaient autorisées à enseigner, à prêcher et à diriger des assemblées, mais il est peu crédible comme le dit la légende qu’elle aurait évangélisé la Provence ou selon l’hagiographie orientale Éphèse. Sans doute serait-elle morte à Magdala ou Jérusalem entre 62 et 70 doute tuée par les Romains lors d’émeutes, de mouvements pacifiques, ou lors des sièges de Magdala et Jérusalem.

 

Il faudra attendre le XXe siècle pour que l’Église catholique reconnaisse officiellement cette confusion. Dans les années 1960, la figure de «Marie-Madeleine pénitente» est abandonnée. En 2016, sa mémoire est élevée au rang de fête liturgique, reconnaissant son rôle d’évangélisatrice. Le pape François a vu en sainte Marie-Madeleine un exemple éloquent, convaincu que l’Église de son temps est appelée à une réflexion plus profonde sur la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et le grand mystère de la miséricorde divine. C’est pourquoi il a élevé le rite de sainte Marie-Madeleine du statut de mémorial à celui de fête dans le calendrier liturgique universel romain (Décret de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, 3 juin 2016).

 

Pour aller plus loin, je vous mets ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://femmes-ministeres.lautreparole.org/?p=6447, https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20260722, http://www.catholicworker.kr/news/articleView.html?idxno=562, https://www.instagram.com/p/DbCLBXME9XV/, et https://regardsprotestants.com/video/bible-theologie/evangile/marie-madeleine-au-dela-de-la-legende/.

 

Merci et bon Sainte Marie Madeleine !

samedi 18 juillet 2026

Les mangas de l'été

Commençons les
mangas de l’été avec le web novel Tomb Raider King (Dogulwang), initialement lancé par SAN.G en novembre 2016 sur la plateforme coréenne Kakao, a été adapté en webtoon par 3B2S et publié en manhwa par REDICE STUDIO (Omniscient Reader, Solo Leveling) dès juin 2019. L’histoire est la suivante : En 2025, le monde est envahi par des tombeaux dans lesquels sont enfouis des artefacts, porteurs de légendes oubliées, qui confèrent des pouvoirs extraordinaires à leurs possesseurs. Seo Juheon, pilleur de tombes, est trompé par son employeur après une vie de pillage servile et se retrouve au bord de la mort… C'est alors qu'un mystérieux corbeau à quatre yeux lui offre une seconde chance. Propulsé quinze ans en arrière, à une époque où les artefacts sont encore nimbés de mystère, Juheon va utiliser sa mémoire infaillible et ses talents de stratège hors du commun pour prendre sa revanche ! Mais cette chasse aux reliques et à la puissance qu'elles recèlent ne risque-t-elle pas de causer définitivement sa perte ? Un dangereux périple au cœur de l’Histoire et des mythes Tomb Raider King offre un voyage fascinant à travers l’Histoire et les différentes mythologies, notamment grecques, égyptiennes et chinoises. Plongez dans les aventures palpitantes de Seo Juheon, un chasseur atypique de reliques qui, trahi par son entreprise, est en périlleuse situation quand il revient quinze ans en arrière. Avec ses connaissances du futur sur les reliques, Juheon va pouvoir se venger, mais aussi réécrire l’Histoire du monde ! Avec des pointes d’humour, le personnage arrive à se tirer des situations les plus risquées grâce à sa mémoire époustouflante et son ardant désir de vengeance. Chaque relique qu'il découvre enrichit le récit avec des rebondissements captivants. L'action est omniprésente, et chaque quête est une occasion d'apprendre sur les mythes et légendes du monde entier. Loin d’être répétitive, la chasse aux reliques est l’occasion de voyager. Elles possèdent chacune des caractéristiques uniques qui confèrent différents pouvoirs, ajoutant une dimension stratégique et éducative à chaque aventure. Juheon doit faire preuve de ruse, de courage et de talent pour réussir ses missions où il risque sa vie, rappelant les célèbres aventures d'un professeur d’archéologie coiffé d’un chapeau… Le style graphique sert à merveille ce récit d’aventure, avec de nombreux détails qui ne manqueront pas d’en mettre plein la vue aux amateur·rice·s de sensations fortes ! Une adaptation télévisée d'aeni produite par le Studio EEK est diffusée en Corée et au Japon sur Aniplus (Corée), Fuji TV, et Kansai TV (Japon) depuis le 9 juillet 2026. 

 

avec la série Magical Girl Lyrical Nanoha qui a commencé en 2004 avec un anime de 13 épisodes. Cette série est un spin-off de la série de jeux et d'OAV Triangle Heart, et plus particulièrement de son troisième opus. Nanoha, la magical girl et sœur cadette de Kyōya et Miyuki, tient ici le rôle principal, qui décide d'aider un jeune mage nommé Yūno à retrouver un ensemble de 21 artefacts appelés les «Graines de Joyaux», tandis que ses frères et sœurs maniant l'épée sont relégués au second plan, et le regretté Shirō Takamachi (né Shirō Fuwa) survit à sa blessure initialement mortelle, de nouveaux personnages comme Fate Testarossa font leur apparition, tandis que d'autres, tels que Fiasse Crystela, disparaissent, suivi par une adaptation directe en light novel de Magical Girl Lyrical Nanoha a été publiée en 2005, peu avant la diffusion de la série dérivée, par les séries Magical Girl Lyrical Nanoha A's en 2005 suivi de plusieurs bandes originales et CD drama produite par King records, Magical Girl Lyrical Nanoha StrikerS en 2007, dont il a été souligné que le film ne remettait pas en cause le canon de la série, mais racontait une histoire parallèle, accompagnée d'un manga prépublié dans le magazine Megami de novembre 2009 à mars 2011, et Magical Girl Lyrical Nanoha ViVid en 2015, ainsi que des films d'animation japonais sortis en 2010, 2017 et 2018. Une adaptation manga écrite par Tsuzuki et illustrée par Shuichi Kawakami, intitulée Magical Girl Lyrical Nanoha Exceeds, a commencé la sérialisation sur le service de manga Suiyōbi no Sirius basé sur Niconico de Kodansha en avril 2025. Magical Girl Lyrical Nanoha Exceeds Gun Blaze Vengeance, créée par Masaki Tsuzuki et produite par Seven Arcs, qui fait partie de la franchise Magical Girl Lyrical Nanoha pour son 20e anniversaire. Sa sortie était le 5 juillet 2026 sur Tokyo MX. Tous les volumes de DVD ont culminé entre la 70e et la 22e place du classement Oricon des DVD d'animation et sont restés dans le classement pendant au moins deux semaines. 

 

avec Sora wa Akai Kawa no Hotori, le manga de Chie Shinohara qui a été prépublié de janvier 1995 à juin 2002 dans le magazine Shojo Comic des éditions Shōgakukan. Ses chapitres ont été compilés en 28 volumes et il avait été rapporté en 2019 que la série avait vendu plus de 20 millions d'exemplaires. Yuri, une jeune fille ordinaire vivant dans le Japon moderne, se retrouve soudainement transportée dans l'Empire hittite du XIVe siècle avant J.-C. Désemparée, elle rencontre le prince Kyle, considéré comme le plus probable héritier du trône. Protégée par lui comme sa concubine, elle finit par conquérir le cœur du peuple et devient célèbre sous le nom d'Ishtar, la déesse de la guerre. Alors que la date de son retour au Japon moderne approche à grands pas, Yuri se retrouve mêlée aux intrigues de l'impératrice et aux conflits avec les pays voisins, déchirée entre ses sentiments pour Kyle et l'affection grandissante qu'elle éprouve pour lui. Quel chemin choisira-t-elle ? Il s'agit d'une véritable saga romantique racontant l'histoire d'une jeune fille soudainement convoquée dans le monde du Proche-Orient ancien après des milliers d'années, et qui forge son propre destin. La série a été adaptée en une série de 8 CD dramatiques publiés en deux «saisons» entre 1997 et 2003. Un artbook de Red River est paru le 24 février 1999, et un fanbook le 26 juillet 2002. Deux romans adaptés du manga, écrits et illustrés par Shinohara, ont également été publiés. Un roman dérivé, écrit par une auteure originale et illustré par Chie Shinohara, et publié en série par Shogakukan (Lulu Bunko), a déjà été publié en 5 volumes (au 25 juin 2010). une pièce de théâtre a été jouée au Grand Théâtre Takarazuka le 16 mars 2018, puis au Théâtre Takarazuka de Tokyo le 11 mai 2018 par la troupe Sorugumi. Cette représentation marquait les débuts sur scène du nouveau duo vedette, Ryoho Makaze et Madoka Hoshikaze, et s'inscrivait dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de Sho-Comi. On note quelques différences avec la version originale, notamment le fait que Yuri Suzuki soit désormais lycéenne et non plus collégienne. Une adaptation en série télévisée animée annoncée le 15 février 2026, produite par Tatsunoko Production et réalisée par Kōsuke Kobayashi, avec une composition en série de Yoriko Tomita, des personnages conçus par Kenji Fujisaki et une musique composée par Yoshihisa Hirano, est diffusée depuis le 8 juillet 2026 sur le bloc de programmation AnichU de Nippon TV et BS NTV. En mars 2019, le manga comptait plus de 20 millions d'exemplaires en circulation, ce qui en faisait l'une des séries de mangas les plus vendues. En 2001, Red River a remporté le prix Shogakukan du manga dans la catégorie shōjo

 

avec The Elusive Samurai, le manga de Yusei Matsui est prépublié depuis janvier 2021 dans le magazine Weekly Shōnen Jump de l'éditeur Shueisha, avec 17 volumes disponibles au Japon. En France, The Elusive Samurai est édité par Kana depuis mai 2022, avec déjà 14 tomes parus au 20 septembre 2024. Yusei Matsui, créateur d'Assassination Classroom et de Neuro: Supernatural Detective, est de retour ! Dans le Japon féodal, entre les périodes Kamakura et Muromachi, notre héros, Hojo Tokiyuki, est un jeune garçon en fuite, presque oublié de l'histoire ! Lorsque le shogunat de Kamakura est renversé par Ashikaga Takauji, Tokiyuki perd brutalement sa famille et son statut, et doit fuir aux confins du pays pour survivre et assouvir sa vengeance ! Son histoire est celle de l'errance, de la dissimulation et de la reconquête. Une série télévisée d'animation japonaise adaptée du manga du même nom de Yūsei Matsui est réalisée par Yūta Yamazaki au sein du studio CloverWorks. La série a été diffusée pour la première fois le 6 juillet 2024. Une projection en avant-première du premier épisode a eu lieu le 2 juillet 2024, en présence des acteurs. Le 6 octobre 2024, une deuxième saison a été annoncée et le 21 décembre 2025, il a été annoncé que sa diffusion débuterait en juillet 2026.

 

avec Ghost in The Shell, le manga de Masamune Shirow qui a été pré-publié d'avril 1989 à novembre 1990 au sein du Young Magazine des éditions Kōdansha. En France, le manga a été édité aux éditions Glénat. Appartenant au genre de la science-fiction (incluant les mondes parallèles), il se caractérise par son univers complexe, difficile à appréhender en une seule lecture. se déroule au milieu du XXIe siècle et suit l'organisation fictive de lutte contre le cyberterrorisme, la Section 9 de la Sécurité Publique, dirigée par le major Motoko Kusanagi. Dans un univers futuriste où la majorité des individus sont connectés au réseau, le major Kusanagi et son équipe traquent les criminels les plus tenaces. Force d'enquête tout autant que d'intervention, ils doivent chaque jour affronter des menaces civiles et politiques dans un régime tentaculaire gangrené par la corruption. Intelligence artificielle, cyborgs et réalité connectée ne sont que les premières difficultés. Plusieurs adaptations en anime comme «Stand Alone Complex» de Kenji Kamiyama (2002), en un téléfilm (2006), et sa suite de 2020, SAC_2045, et «ARISE» (2013-2015) de Kazuya Kise et Tow Ubukata qui donnera un film (2015), sont indépendante des films et centrés sur la Section 9, en un décevant live-action américain (2017) avec Scarlett Johansson, ou en jeux vidéo (1997, 2002, 2005, 2 en 2011, 2012, et 2 en 2017) ont vu le jour, mais c'est le film de Mamoru Oshii qui a propulsé l'œuvre en 1995, c’est un chef-d’œuvre cyberpunk, qui a durablement influencé les réalisateurs occidentaux, et sa suite de 2004, Ghost In the Shell 2: Innocence, a étoffé sa vision. Bien que le titre et l'éditeur diffèrent, «Kōkaku no Pandora» se déroule dans le même univers que le manga original «Ghost in the Shell» et a été supervisé par Masamune Shirow. L’œuvre a eu le droit à deux pièces de théâtres : Ghost in the Shell : Arise – Ghost is Alive (2015) et VR Noh The Ghost in the Shell (2020–présent). Enfin, une série télévisée d'animation japonaise produite par Science Saru, basée sur le manga éponyme de Masamune Shirow (1989-1991) et faisant partie de sa franchise, est diffusée depuis le 7 juillet 2026 par FNS (Kansai TV, Fuji TV). 

 

avec
Lv999 no Murabito, initialement lancé par Koneko Hoshitsuki sur le site d'autopublication Shōsetsuka ni Narō de juillet 2015 à décembre 2018, qui a ensuite été acquis par Enterbrain qui a publié huit volumes en light novels illustrés par Fūmi d'avril 2016 à janvier 2019. L'adaptation en manga, illustrée par Kenichi Iwamoto, est prépubliée depuis mai 2017 dans le magazine Comp Ace des éditions Kadokawa Shoten. L’histoire se déroule dans un monde où les rôles, tels que héros et magiciens, sont déterminés dès la naissance, et raconte l’histoire d’un villageois, l’être le plus faible, qui atteint le sommet du niveau LV999. La rencontre entre le plus fort des villageois, Kagami, et la démone Alice, pousse Kagami à s'engager sur un chemin périlleux pour défier le destin du monde ! Ce récit héroïque met en scène le plus faible des villageois défiant le destin et à mesure que les secrets de cet univers se dévoilent, son univers s'enrichit, et les rebondisseent sont originaux. L'adaptation en manga, commencée en mai 2017, a également rencontré un vif succès, et en octobre 2025, la série s'était vendue à plus de 3,8 millions d'exemplaires au total. Une adaptation en série télévisée d'animation, produite par Brain's Base est diffusé à partir du 2 juillet 2026 sur sur TV Tokyo et BS Fuji

 

avec Kaiju Girl Caramelise, le manga de Spice Aoki est prépublié dans le magazine Monthly Comic Alive des éditions Kadokawa depuis février 2018, avec 8 volumes disponibles au 21 septembre 2024 et un tome 9 prévu pour le 23 décembre 2025 en librairie japonaise. Le manga est disponible en France sous le nom de Kaijû Girl Carameliser, il est publié aux éditions Ototo et compte 7 volumes disponibles au 27 juin 2025. C'est une comédie romantique qui raconte l'histoire d'une lycéenne qui se transforme en monstre lorsqu'elle est émue et du garçon le plus populaire du lycée. Selon Kenta Matsui, rédacteur en chef du Monthly Comic Alive en 2021, Kuroe a évité les gens mais «rencontre un garçon nommé Arata, ouvre son cœur et découvre l'amour dans une histoire classique de shojo manga x monstre» et est une lecture palpitante. Selon UK, propriétaire du Kyoko Shimbun, l'histoire met en scène un «monstre géant» comme «un obstacle qui attend les deux amoureux». Il affirme que «l'essence d'une histoire d'amour réside dans les obstacles difficiles qui se dressent entre les deux», et que le plus grand obstacle est «le conflit intérieur des personnages qui craignent l'inégalité», faisant de l'histoire «une œuvre qui touche au cœur du shojo manga». Une adaptation en série télévisée d'animation produite par le studio Liden Films est diffusée depuis le 2 juillet 2026 sur TBS et BS11

 

Enfin, avec
Black Torch, le manga de Tsuyoshi Takaki a été prépublié dans le magazine Jump Square des éditions Shūeisha de décembre 2016 à mars 2018 et ensuite d'avril à juillet 2018 sur Shōnen Jump+. Les 5 volumes du manga sont sortis en France aux éditions Ki-oon. Cette œuvre nous montre un ninja, Jiro, et un esprit malin, Rago, qui cohabitent. Avec son style efficace, Tsuyoshi TAKAKI nous emporte dans un récit des plus jouissifs, au rythme effréné, où ninjas, démons et exorcistes s’affrontent dans des combats dantesques ! Black Torch réinvente le récit de ninjas dans une veine moderne et dynamique. Ne vous fiez pas aux apparences : les chats ne sont pas forcément mignons ou câlins, et les démons ne sont pas toujours ceux qu’on croit ! Des combats dantesques vous attendent dans ce manga qui signe le renouveau des récits de ninjas dans une veine moderne et dynamique ! Des dialogues percutants, un rythme soutenu, des scènes de combat excellentes, la qualité des illustration et la fluidité du manga rendent le tout très entraînant. L’adaptation animée est diffusée depuis le 4 juillet 2026 su Tokyo MX, une des plus attendues de l’été, même si le réalisateur Kei Umabiki et le studio de production 100studio soient peu connus, les graphismes et une animation exceptionnelles, fidèles au manga original s’enrichissent d'une histoire enrichie et développée.

 

Merci ! 

vendredi 17 juillet 2026

La très longue histoire de la Corée (partie 4)

Le 17 juillet, la Corée célèbre sa constitution. En 1919, avec le mouvement pour l’indépendance, la Corée du Sud avait tenté de proclamer sa première constitution, avec un gouvernement provisoire, en vain, en raison de l’occupation japonaise. C’est donc sous la présidence de Syngman Rhee que la constitution de 1948 s’est établie. Mais la Constitution de la République de Corée n’a pas échappé à quelques révisions. C’est en 1952, toujours sous Syngman Rhee qu’elle connaît sa première modification. Pas très nette, cette première modification a toutefois encouragé le pays à adopter un modèle plus capitaliste et à revoir le nombre possible de réélections présidentielles. C’est quelques années après le conflit que la deuxième république de Corée, en 1960 est inaugurée. Toutefois, avec le coup d’État de Park Chung Hee en 1961 et son assassinat en 1979, la Corée du Sud connaît un nombre croissant de changements de politiques. C’est en 1988 que la sixième république de Corée voit le jour, plus démocratique, sous Roh Tae Woo, à partir d’un référendum populaire. La Corée du Sud a eu un régime autoritaire jusqu'au début des années 1990 ce qui ne l'a pas empêché de toujours célébrer sa constitution démocratique promulguée le 17 juillet 1948, soit trois ans après sa libération de l'occupation japonaise. Depuis 2008, le 17 juillet, Jour de la constitution ou Jeheonjeol n’est plus un jour chômé, ce qui signifie que les bureaux du gouvernement et les entreprises ne ferment plus pour l'occasion, mais il reste une fête nationale (la seule à ne pas être chômé), les Coréens sont néanmoins très attachés à leur régime démocratique, même si celui-ci a été quelque peu chahuté, par un président souhaitant renouer avec la dictature. Ce dernier a fini par être destitué. Depuis, de nombreux députés militent pour que le 17 juillet soit de nouveau chômé.

Pour aller plus loin , je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé :https://fr.yna.co.kr/view/AFR20250717002800884, https://www.bibliomonde.fr/lalmanach/17-juillet-la-coree-du-sud-la-constitution-jeheonjeol, et https://www.c-k-jpopnews.fr/2019/07/17/culture-le-jeheonjeol-lorsque-la-coree-du-sud-voit-enfin-le-jour-le-17-juillet-1948/.

La population coréenne a farouchement résisté à la colonisation japonaise, la mort de Gojong en 1919 et de Sunjong en 1926, ont été accompagnés de plusieurs rumeurs d'empoisonnement déclenchèrent le mouvement du 1er mars 1919 commencées à Pyongyang et Séoul qui s’étendirent dans tout le pays, mais aussi aux Coréens résistants en Mandchourie, aux provinces maritimes de la Sibérie, aux États-Unis, en Europe et même au Japon, et prirent une telle ampleur que la répression japonaise fut impitoyable avec 7500 morts et 46 000 arrestations, et du 10 juin 1926, mené par des militants de gauche dans un mouvement par l’indépendance échoue à cause de l’étroite surveillance des autorités japonaises, mais la mort de Sunjong laissa trois fils et une fille lui survécurent : Yi Un qui épousa la princesse Masako de Nashimoto, plus tard connue sous le nom de Yi Bangja, membre de la famille des Shinnōke (branche cadette de la maison impériale du Japon), Yi Kang, dont les activités étaient limités par les Japonais, et la princesse Tokhye dont la vie est visible dans The Last Princess (2016), épousa en 1931 le seigneur de Tsushima, So Takeshi, puis elle retourna en Corée en 1962, cinq autres fils et une fille moururent en bas âge. Les princes de la famille impériale coréenne servirent comme officiers dans l'armée impériale japonaise, ce qui leur fit du tort. À cela s’ajoute l’exemple de Yu Gwan Sun, participante à la manifestation du 1er mars 1919 pour l’indépendance de la Corée, qui organise le soulèvement populaire de Byeongcheon avant d’être arrêtée, emprisonnée puis assassinée le 28 septembre 1920. Cela poussa dans les années 1920, le gouvernement japonais réagissant aux critiques concernant sa domination sévère en Corée à assouplir certaines de ses politiques restrictives, en autorisant la publication de livres et de magazines en coréen et a commencé à investir dans l'éducation, les routes et les bâtiments gouvernementaux, ainsi les Japonais prétendaient moderniser la Corée et offrir des opportunités commerciales. Face à la répression, les militants des Lumières changèrent leur méthode de mouvement par la Fondation de la Société d’étude de la langue coréenne en 1921, l’Association des femmes coréennes en 1924, le Mouvement pour l'indépendance des étudiants de Gwangju entre 1929 et 1930 qui déclenche des manifestions et des grèves scolaires dans cette ville et ailleurs dans le pays, l’immigration des Coréens dont la vie était difficile ont immigré dans des endroits comme Gando, où les Japonais commirent un massacre en 1920, et Hawaï, où s’établirent également des rebelles à la domination japonaise, l’instauration par des jeunes motivés qui ont choisi Shanghai comme scène du mouvement d'indépendance en 1919 où s’est formé le gouvernement provisoire avec Syngman Rhee à leur tête qui plaide la cause de son pays à la SDN en 1932 et Kim Ku, et le Parti communiste coréen (PCK) a été fondé à Séoul en 1925, des insurrections qui forcèrent les Japonais à mener des campagnes anti-insurrectionnelles meurtrières mais efficaces fit tomber à quelques milliers au milieu des années 1930 les forces nationalistes et communistes, et des «armées indépendantistes» opérant depuis la Mandchourie voisine à partir de 1931 lorsque le Japon a envahi la Mandchourie voisine en 1931, les guérilleros coréens et chinois ont uni leurs forces pour combattre l'ennemi commun, où les principaux dirigeants communistes ont été dominés par un groupe central ayant combattu les Japonais et l’un des chefs de la guérilla était Kim Il-sung (1912-1994), que les Japonais considéraient comme l'un des plus efficaces et des plus dangereux formant une unité spéciale de contre-insurrection pour traquer Kim et y intégrer des Coréens dans le cadre de leur tactique de division pour mieux régner, menant des batailles victorieuses contre le Japon à Qingshanli en 1920, et à Pochonbo en 1937, en Chine, ainsi que depuis la Russie où un petit nombre d'unités militaires coréennes sous contrôle soviétique furent organisées à Irkoutsk dès 1921 comme le montre les dramas Inspiring Generation (2014), The Hymn of Death (2018), et Song of the Bandits (2023), et les film Far Away : Les soldats de l'espoir (2011) et The Age of Shadows (2016), puis le gouvernement provisoire déménagea en 1932 à Hangzhou, puis à Zhenjiang, après les attentats menés par les résistants Yi Bong-chang et Yun Bong-gil du Groupe des patriotes coréens puis à partir de 1937 à Changsha, Canton, Liuzhou et Qijiang, et jusqu'en 1939, plusieurs petits groupes militaires nationalistes et communistes utilisaient des tactiques de guérilla pour harceler les Japonais en Corée et en Mandchourie (nom donné au nord-est de la Chine à l'époque).

Face à cela dans les années 1930 visibles dans Capital Scandal (2007), et Bridal Mask (2012), le gouvernement japonais de plus en plus sous le contrôle de l'armée, profita de l'assassinat de fonctionnaires modérés, tant en Corée qu'au Japon, pour chasser ceux qui prônaient des mesures clémentes en Corée, et alors que le Japon entamait sa conquête de la Mandchourie et de la Chine, il percevait de plus en plus l'indépendance coréenne comme une menace, ainsi les Coréens, proclamait le gouvernement, faisaient partie de l'empire japonais; leur langue, leur religion et leur culture devaient donc être identiques à celles des Japonais, il furent bien aidés par des centaines de milliers de Coréens qui ont travaillé pour le colonisateur, comme fonctionnaires, soldats, enseignants ou policiers, certains des plus gros conglomérats du Sud furent fondés pendant l'ère coloniale, et 76 hommes politiques et responsables reçurent divers des titres de noblesse ainsi que des pensions de retraite valant l'équivalent de millions d'euros, puis durant la période allant 1937 à 1945 visible le drama Chicago Typewriter (2017), Tale of the Nine Tailed 1938 (2023), et Gyeongseong Creature (2023- ?), ou les films ou Battleship Island (2017), et Mal-Mo-E: The Secret Mission (2019), le Japon a employé des Coréens dans ses efforts militaires et les a enrôlés dans son armée ou contraints de travailler dans des conditions dangereuses, proches de l'esclavage, des milliers de jeunes filles et de femmes coréennes sont enlevées et on les a forcées à servir comme «femmes de réconfort», violées par les soldats japonais, et ce n’est qu’en mai 1940, au terme de huit années d’errance à travers la Chine, que le gouvernement provisoire put s’établir et demeurer à Chongqing pour y former l’Armée de libération de la Corée en septembre, alors que le Japon impose en 1940, une japonisation des noms de famille et des prénoms à tous les Coréens, tandis que cette période vit Chun Bong Joon un révolutionnaire et modernisateur coréen tenter de renverser le féodalisme et de résister à la colonisation japonaise. Cependant, fin 1940, l'armée impériale japonaise avait anéanti la majeure partie de la résistance organisée le long de la frontière coréenne avec la Chine, et de nombreux communistes coréens ayant appartenu à ces groupes rejoignirent l'Armée révolutionnaire populaire du Nord-Est du Parti communiste chinois. Mais un retournement de situation s’opère en 1941, lorsque le Japon a attaqué la base navale américaine de Pearl Harbor le 8 décembre, le gouvernement provisoire a déclaré la guerre au Japon deux jours plus tard, cherchant à participer à la guerre en tant que pays allié et ce, afin d’obtenir plus tard le statut de pays vainqueur, avec la publication des principes généraux pour la fondation de l'État coréen s'appuyant sur les trois principes d’égalité (samgyun juui) de Jo So-an, il envoya des hommes au front en Inde et au Myanmar pour se battre aux côtés des forces alliées, certains jeunes Coréens reçurent même une formation spéciale d'une unité militaire spéciale des États-Unis afin de mieux les préparer à l'attaque des forces japonaises en Corée, tandis qu’en octobre 1942, c’est l’affaire de la Société de la langue coréenne (Joseoneo hakhoe), avec l’arrestation de 33 de ses membres qui sont jugés pour haute trahison, et en 1943 pousse plus loin sa colonisation avec la suppression des cours de coréen et l’intégration d'un entraînement militaire dans le cursus scolaire, puis en août 1943, c’est l’application du système de conscription après la révision de la loi relative à la Défense nationale avec laquelle plus de 184 000 jeunes Coréens sont incorporés dans l’armée japonaise et mobilisés lors de la guerre du Pacifique, tandis qu’en novembre 1943 avec la conférence du Caire qui est la première reconnaissance de l'indépendance de la Corée, et en le 15 août 1945, lorsque le Japon a capitulé et que la Corée a enfin été libérée, les membres du gouvernement provisoire ont décidé de retourner en Corée, ce qu’ils ont pu accomplir en novembre 1945. Mais entre 1945 et 1948, ce fut l’installation des gouvernements militaires américain et soviétique en Corée, séparés par le 38e parallèle.

Au début de 1949, l’URSS et les États-Unis retirent leurs troupes. Au Nord, le régime de Kim Il Sung, soutenu par Moscou, procéda à des exécutions massives de collaborateurs. Au Sud, le gouvernement de Syngman Rhee, soutenu par les États-Unis, a recruté de nombreux officiers et responsables de l'ère coloniale, afin de s'appuyer sur leur expertise pour diriger le pays. La Corée est divisée arbitrairement en deux moitiés opposées en 1945 avec la fixation de la frontière au 38e parallèle dans un état de grande improvisation, le Nord, et le Sud, où le refus des autorités américaines en 1950 de tenir compte des aspirations du peuple coréen crée un régime démocratique représentatif des partis politiques existants en Corée du Sud, après la Seconde Guerre mondiale, et depuis juillet 1953, tout cela après un conflit dévastateur inspirant des dramas comme The Legend of Patriots (2010) et des films comme Memoory of War (2016), La Bataille de Jangsari (2019), ou Heroes - The Battle at Lake Changjin (2022), démarré en 1950, lorsque le Sud est envahi par le Nord armé et équipé par l'Union soviétique, prenant Séoul et repoussant les troupes américaines et sud-coréennes qui leur faisaient face sur place et les menaçant d'une défaite totale ce qui conduit à l'intervention des États-Unis et de l'ONU pour aider le premier, avant que les forces chinoises n'interviennent pour aider le second repoussant les forces de l'ONU dirigées par le général américain Douglas MacArthur jusqu'à Séoul après une riposte spectaculaire menée par les débarquements américains à Inchon qui a repoussé les envahisseurs au-delà du 38e parallèle, les forces des Nations Unies étant à leurs trousses, et les Nord-Coréens s'étaient retirés presque jusqu'au fleuve Yalu, conduisant à l'escalade rapide au point de considérer l'utilisation d'armes nucléaires. Le conflit dura trois ans même si en juin 1951, le front est stabilisé non loin du 38e parallèle, là où se trouve l'actuelle Zone démilitarisée (DMZ), jusqu'à l'armistice de juillet 1953 après deux ans de pourparlers et 158 réunions, et les tensions restent vives aujourd'hui. Après la perte de millions de Coréens, le résultat final fut l'officialisation de la frontière et un état de détente précaire entre les deux Corées qui perdure encore aujourd'hui. 

La Corée du Sud connaît le clientélisme de Syngman Rhee (président de 1948 à 1960), qui autorise l’autoritarisme pour se maintenir au pouvoir (1952-1960), et cette période se termine par des manifestations généralisées, la révolte étudiante de 1960, et un an de flottement politique du cabinet Chang Myŏn, qui voit venir en 1961, le coup d’État du général Park Chung-hee (1917-1979), ancien collaborateur des autorités japonaises occupantes, qui ouvre un processus de modernisation de la Corée du Sud. Le régime militaire est animé par des idéaux de réforme et de lutte contre la corruption. Pourtant, anti-communisme et routine aidant, cette réforme forcée aboutit à la mise en place d’un régime conservateur reproduisant les vices du système de Syngman Rhee comme le montre le film L’Homme du président (2020) amenant les étudiants et les citoyens à s’engager dans un mouvement de démocratisation. Malgré la perte des libertés individuelles, le volontarisme économique du général Park crée les bases du «miracle économique» coréen. Aussi, les sentiments à l’égard de cette dictature sont-ils ambivalents : rejet viscéral par les intellectuels citadins, quasi adulation dans certains milieux modestes ou ruraux. Freiné par les chocs pétroliers, le développement économique et la modernisation des campagnes, qui fondent la puissance économique de la Corée d’aujourd’hui, dessinent le bilan ambivalent d’une dictature parfois féroce, dont le contexte de guerre froide explique certains travers. Dans le long terme, la dictature militaire qui continuait avec Chun Doo-hwan (1979-) qui tenta de museler de force l’opposition dont l’exemple le plus notable est quand la population, manifestant en masse à Gwangju en 1980 pour la démocratie, s'est heurtée à la répression des parachutistes déployés sur les ordres de ce dernier comme le montre le drama You of May (2021), ne prend fin qu’en 1987 avec l'adoption de réformes démocratiques et avec en 1988 une nouvelle Constitution, approuvée par référendum. Encore faut-il attendre 1993 pour voir élu le premier président civil. Le modèle démocratique sud-coréen persiste au fil des ans, malgré des scandales comme celui entraînant la destitution de la présidente Park Geun-hye en mars 2017, et les manifestants déferlant sur les places du pays avaient alors démontré au monde entier la puissance de la démocratie en Corée du Sud. En 2024, la proclamation de la loi martiale par le président conservateur Yoon Suk-yeol, en décembre, a entraîné une vaste mobilisation populaire qui a permis de sauvegarder la démocratie, ce dernier a fini par être destitué par le parlement en avril 2025. Mais cet épisode révèle les errements d’un système social qui n’a pas su entendre la voix de tous. Le dirigeant de centre gauche Lee Jae-myung a confortablement gagné la présidentielle du mardi 3 juin 2025 en Corée du Sud, marquée par une participation massive des électeurs désireux de tourner la page après six mois de chaos politique consécutifs à l’éphémère proclamation de la loi martiale. Le nouveau président devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, tandis que le taux de natalité reste l’un des plus bas au monde et que le coût de la vie augmente

Tandis que les règnes de Kim Jong-il, Kim Il-sung et Kim Jong-un, qui, depuis 1945, se sont succédé de père en fils à la tête de la République démocratique populaire de Corée, ont engendré ce paradoxe inouï : la transformation d'un système communiste en monarchie absolue avec une culture dynastique, comparable avec ce que les historiens appellent “l’Ancien Régime”, avec un mélange de nationalisme coréen et de marxisme dans sa lecture léniniste, voire stalinienne. Fondée sur le juche«un mélange d’idéologie et de religion» –, «l’idée, c’est que les gens doivent regarder tous les Kim comme des dieux». Imposant leur idéologie et leur volonté à la Corée du Nord, les trois Kim ont mis en place un des régimes les plus impitoyables de la planète, bâti sur un nationalisme exacerbé, un culte du chef frénétique et l'usage systématique de la terreur concentrationnaire, sans oublier une économie chancelante dont les rendements ne suffisent pas à satisfaire les besoins essentiels de la population amenant une famine dévastatrice qui sévit notamment au cours des années 1990. Kim Il-Sung visible dans le drama de propagande nord-Coréen «Nation et Destin» (1992-2002), s’impose en 1945 avec le soutien des Soviétiques pour devenir le nouveau leader du pays en 1948. Immédiatement, il s’est attaché à renforcer son leadership dictatorial sur tout le pays. Mais, à la chute de l’URSS en 1991, la Corée du Nord a décidé de devenir autonome. Visible dans le film Spy Gone North (2018),Kim Jong-Il au pouvoir en 1994, en plus de subir une crise économique, fait face à une série de catastrophes climatiques et à une importante famine et doit aussi beaucoup à la chute de l’URSS. Pour réduire la pauvreté de son pays coupé du monde, il autorise la création d’une économie de marché. Pendant que leurs maris continuent à travailler dans des usines, des Coréennes peuvent soutenir leur famille en important des denrées de Chine. Au pouvoir depuis 2011, Kim Jong-un a succédé à son père Kim Jong-il pour asseoir son pouvoir il fait arrêter et exécuter son oncle Jang Song-thaek, en décembre 2013 et assassiner son demi-frère, Kim Jong-nam, en février 2017. Celui-ci a une volonté de moderniser le pays, de l’ouvrir aux nouvelles technologies. Chef du dernier régime stalinien du monde, il brandit régulièrement la menace de l’arme nucléaire, provoquant de vives tensions, notamment avec les États-Unis, tout en continuant de menacer la Corée du Sud, enchaînant les tirs de missiles et les essais nucléaires, qui amènent l’ONU à durcir un peu plus les sanctions imposées à la Corée du Nord. Dernier exemple en date le 5 janvier 2024, avec le lancement par la Corée du Nord de plus de 200 obus en mer jaune, près des îles sud-coréennes de Yeonpyeong et Baengnyeong.

Aujourd'hui, les deux Corées sont radicalement différentes : la Corée du Nord, nation fermée au monde, en proie à une dictature héréditaire qui condamne son peuple au sous-développement, alors que le taux de croissance fut dans les années 50-60 nettement plus favorable à la Corée du Nord avant de s’essouffler, et la Corée du Sud, puissance économique et créative parmi les économies les plus avancées de la planète et centre de la démocratie asiatique, dont le démarrage fut plus capricieux, et malgré des débuts difficiles, elle est devenue l’une des économies les plus dynamiques du monde, portée par des conglomérats comme Samsung ou Hyundai, et son soft power, la musique K-pop, son cinéma ou ses séries. Son développement spectaculaire s’accompagne toutefois d’une pression sociale intense : surmenage, crise du logement, taux de natalité en chute libre et taux de suicide élevé, notamment chez les jeunes, les avancées des droits des femmes et leur rejet des hiérarchies traditionnelles se heurtent aux résistances d’une frange «masculiniste» plus ou moins soutenue jusqu’au sommet de l’État, 50 % des personnes LGBT+ en Corée du Sud sont victimes de discrimination en raison de leur sexualité, cette culture est marquée par l’ordre, le devoir et une quête de perfection, dans une société à la fois conservatrice et tournée vers la performance. Cette société compétitrice reçoit des critiques dans les films Dernier Train pour Busan (2016), Default (2018), Black Money (2019) Parasite (2019), et No Other Choice (2025), et le drama Squid Game (2021), et le féminisme touche aussi les dramas coréens comme Search WWW (2019) Hyena (2020), et Extraordinary Attorney Woo (2022), tout comme les questions LGBT dans Life is Beautiful (2010), Where Your Eyes Linger (2020), To My Star (2021), Nevertheless (2021), et Semantic Error (2022). Des rapprochements entre les deux Corées sont esquissés au cours des années 70, et elles joignent les rangs de l'ONU en 1991, suscitant des espoirs d'unification, cependant des tensions durables continuent tout de même avec la Corée du Nord, alimentant même les inquiétudes quant à un éventuel conflit entre les voisins de la péninsule, malgré des tentatives de dialogue entre les gouvernements de Séoul et de Pyongyang qui ont toutefois été menés, aboutissant notamment à une rencontre historique, le 27 avril 2018, entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le leader communiste nord-coréen Kim Jong-un. Un rapprochement qui peut expliquer la création de dramas comme Crash on Landing You (2019). Endoctrinement fanatique à Pyongyang, libéralisme triomphant à Séoul; aujourd’hui, on ne parle plus de la Corée qu’au superlatif : modèle ou repoussoir, miracle ou tragédie.

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé à faire ces 4 parties : Michel Klen, Le jeu trouble de la Corée du Nord, Études, 2004/3, Tome 400, mars 2004, Pages 309 à 318, et https://shs.cairn.info/revue-etudes-2004-3-page-309?lang=fr, Michel Soutif, Chapitre 18. La Corée, dans Fondements des civilisations de l'Asie : Science et Culture, EDP Sciences, 2009, Pages 329 à 340, et https://stm.cairn.info/fondements-des-civilisations-de-l-asie--9782759803378-page-329?lang=fr, Andrea De Benedittis, Corée du Nord, Corée du Sud : la guerre sans la guerre, L’Esprit du temps : Atlas géopolitique des royaumes coréens, Outre-Terre n° 39, février 2014, Pages 29 à 34, et https://shs.cairn.info/revue-outre-terre2-2014-2?lang=fr, Jacopo Bassi, Carlos Hudson et Matteo Tomasoni, Le dittature militari: fisionomia ed eredità politica, dans Diacronie n° 24, avril 2015, Pascal Dayez-Burgeon, La dynastie rouge, Perrin, 2016, Pascal Dayez-Burgeon, Histoire de la Corée. Des origines à nos jours, Tallandier, 2019, et https://www.campus.uliege.be/cms/c_10068622/en/pascal-dayez-burgeon-histoire-de-la-coree-des-origines-a-nos-jours, Michael J. Seth, A Brief History of Korea: Isolation, War, Despotism and Revival: the Fascinating Story of a Resilient but Divided People, Tuttle Publishing, 2019, Juliette Morillot, Le renouveau religieux en Corée du Nord, dans Le capitalisme est-il réformable ?, dans Études 2021/3 Mars, pages 7 à 18, Pascal Boniface, La guerre de Corée (1950-1953), dans Atlas des relations internationales : 100 cartes pour comprendre le monde de 1945 à nos jours, Armand Colin, 2022, page 67, Romain Icard, Corée du Nord : la dynastie nucléaire, Production Tohubohu, 2022 (documentaire), Eugene Y. Park, Corée : une histoire, Stanford University Press, 2022, https://asianreviewofbooks.com/korea-a-history-by-eugene-y-park/, et https://pacificaffairs.ubc.ca/book-reviews/korea-a-new-history-of-south-and-north-by-victor-d-cha-and-ramon-pacheco-pardo/, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/57233/kim-il-sung-kim-jong-il-kim-jong-un-dynastie-coree-du-nord-juliette-morillot, https://irfa.paris/presence-des-missions-etrangeres-en-coree-1836-1990-reperes-historiques/, https://jejudo.fr/mariage-gay-coree-du-sud/, https://jhm.fr/la-coree-une-histoire-brillante-et-tragique-en-conference/, https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMPays/KOR (la poltique intérieure de Corée du Sud), https://www.cernuschi.paris.fr/fr/collections/collections-coreennes (Histoire de la Corée depuis le néolithique jusau’aux années 1980), https://www.challenges.fr/monde/l-ombre-de-la-collaboration-avec-le-japon-plane-sur-la-coree-du-sud_646583, https://www.coree-culture.org/IMG/pdf/catalogue_memoire_de_1919_wep_xs.pdf, https://www.courrierinternational.com/article/analyse-la-crise-politique-en-coree-du-sud-revele-les-failles-d-un-systeme-social-a-bout-de-souffle_226134, https://www.focus.it/cultura/storia/storia-della-corea-del-nord-e-della-corea-del-sud, https://www.geo.fr/histoire/les-moments-cles-de-la-guerre-de-coree-un-conflit-inacheve-201029, https://www.koreasociety.org/images/pdf/KoreanStudies/Monographs_LessonPlans/High_School/5%20The%20Japanese%20Occupation%20of%20Korea%201910-1945.pdf, https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/28/en-coree-du-sud-la-guerre-des-sexes-bat-son-plein_6297326_3210.html, https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/03/presidentielle-en-coree-du-sud-lee-jae-myung-le-candidat-progressiste-remporte-le-scrutin-selon-de-premieres-estimations_6610358_3210.html, https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20241027-cor%C3%A9e-du-sud-une-messe-chr%C3%A9tienne-g%C3%A9ante-organis%C3%A9e-contre-les-droits-des-personnes-lgbt, et https://www.roots.gov.sg/stories-landing/stories/the-legacy-of-joseon-korea/story.
 
Merci et bonne fête de la Constitution !

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...