L'Église catholique japonaise célèbre le 28 septembre la mémoire des Seize martyrs de Nagasaki, un groupe de missionnaires et de fidèles mis à mort au Japon entre 1633 et 1637 en haine de la foi chrétienne.Le groupe a été béatifié en 1981 à Manille et canonisé en 1987 à Rome par le pape Jean-Paul II. La fête des Seize martyrs a été célébrée, rassemblant de nombreuses personnes venues de partout pour prier ensemble. Elle était organisée par l'archidiocèse catholique de Nagasaki et gérée par le Conseil catholique du district sud de Nagasaki.
L’édit
«antichrétien» de Tokugawa
Ieyasu (1614) qui fut suivi à
la lettre puisque les missionnaires et certaines de leurs ouailles
japonaises de haut rang se résignèrent cette fois-ci à l’exil.
L’édit de 1616 fut le premier d’une longue série :
de manière à contrôler les arrivées des étrangers, et
notamment des missionnaires interdits de séjour depuis 1614,
on restreignit cette année-là les ports d’accès au Japon à
Nagasaki et Hirado; l’idée était probablement d’inspiration
chinoise, puisqu’autrefois l’Empire du Milieu avait imposé aux
Japonais le port de Ningbo comme unique porte d’entrée à
son territoire. En
1624, tout commence avec l’expulsion des Espagnols,
désormais interdits de séjour au Japon, constitue une étape
importante de la politique de «fermeture» du pays. Puis en 1628, ce
sont le premiers fumie à Nagasaki
(cérémonies au cours desquelles les Japonais devaient poser
les pieds sur des icônes chrétiennes pour prouver leur orthodoxie
religieuse). Et dans les années 1630, c’est le renforcement du
contrôle des Tokugawa sur la société à tous les niveaux:
le commerce international (édits interdisant l’accès libre
aux ports japonais); les grands féodaux (adoption
définitive du principe d’une «résidence alternée» entre
les fiefs et Edo une année sur deux); les institutions
bouddhiques (constitution d’un réseau national hiérarchisé
de temples).
À
cette époque, le nombre de missionnaires présents dans le
pays diminuait de jour en jour. En effet, cette même année 1626, le
père Gaspar de Castro mourut de mort naturelle, tandis que
quatre autres Jésuites, parmi lesquels le provincial
Francisco Pacheco, furent exécutés au mois de juin. De façon
générale, l’incapacité de la Compagnie et de l’Église
elle-même à rénover le corps missionnaire au Japon causa la
disparition du clergé et rendit plus difficile encore la
résistance des laïcs. À partir de 1633, le pays se ferme
aux étrangers dans un isolationnisme radical qui durera deux
cents ans. Se succède alors une traque impitoyable des chrétiens,
avec sa suite de martyrs, de vrais ou faux apostats,
et ces «chrétiens cachés». Le coup fatal porté à
la résistance de Nagasaki eut lieu en 1633 par une série de mises à
mort jusqu’en 1637 d’un groupe de missionnaires de la
province philippine de l'ordre dominicain (neuf
prêtres dominicains,
deux frères
dominicains, deux
vierges consacrées
et trois tertiaires
dominicains) qui furent massacrés pour avoir refusé de
renier le Christ et par l’apostasie de Cristovão
Ferreira (v. 1580-1650).
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Nathalie Kouamé, Quatre règles à suivre pour bien comprendre le «siècle chrétien» du Japon, dans La première évangélisation du Japon XVIe-XVIIe s. : Perspectives japonaises, et João Paulo Oliveira Costa et Martin Nogueira Ramos, Le jésuite Juan Batista Baeza et la communauté chrétienne de Nagasaki pendant la persécution des shoguns Tokugawa, dans Histoire et missions chrétiennes n°11, 2009/3, Pages 9 à 38, et Pages 109 à 130, Nathalie Kouamé, L’impossible colonisation du Japon pendant son «siècle chrétien», dans L’Asie, la mer, le monde au temps des compagnies des Indes Sous la direction de Gérard Le Bouëdec, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 135-155, https://ewtn.co.uk/article-the-japanese-martyrs-for-christ/, et https://www.nagasaki.catholic.jp/archives/2224.
Merci et bonne mémoire des Seize martyrs de Nagasaki !
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