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vendredi 25 avril 2025

Le 25 avril : le Jour de la liberté

Le 25 avril est le Dia da Liberdade, c’est un jour férié national, cette date célèbre le soulèvement des militaires portugais (les recrues et les officiers) - guère plus de 5000 au total - lassés des guerres coloniales qui furent quatorze années d'usure et de violences qui ont retourné une génération de soldats contre le gouvernement après le 14 mars 1974, avec la destitution des chefs du mouvement, les généraux Spínola et Costa Gomes provoque la rupture définitive avec le régime, puis deux jours plus tard, le Ve régiment d’infanterie de Caldas da Rainha décide de marcher sur Lisbonne, cependant, n’étant pas suivi par d’autres unités de l’armée, il est aisément mis en déroute, mais, dans l’ombre, un jeune major, Otelo Saraiva de Carvalho, coordonne le plan d’opération d’une autre insurrection le 25 avril 1974, et ils ont réalisé un coup d'État militaire dans le but de mettre fin à la dictature imposée par Salazar. Le mouvement des jeunes militaires n’avait pas, au tout début, de revendications d’ordre proprement idéologique. À Lisbonne, le mouvement des forces armées, composé de jeunes officiers ayant participé à la guerre coloniale, est soutenu par la population portugaise. Celeste Caeiro, la marchande de fleurs, qui, en fin de matinée, offre ses œillets à brassées aux soldats de Salgueiro Maia en marche vers la place du Carmo et, sans le savoir, baptise la révolution. L'armée qui vers midi, encercle la caserne place du Carme, parvient à 18 heures à destituer le président du Conseil portugais, Marcelo Caetano au cours de la fameuse révolution des œillets. Les militaires assurent la réussite de leur coup d’État en s’emparant de lieux stratégiques, notamment les émetteurs radio, dans tout le pays. Une opération est également menée à Porto, deuxième ville du pays. Spinola devient chef de la Junte de Salut national sans avoir pris part au soulèvement militaire. Il est porté au pouvoir par le MFA qui cherche alors une figure connue du peuple portugais, les capitaines ne souhaitant pas à ce stade exercer eux-mêmes le pouvoir. La fin de cette dictature de près de 40 ans signera également l’arrêt de mort d’un empire colonial européen majeur. La pauvreté et les guerres coloniales lui ont été fatales. Les militaires un bien vague programme progressiste. Les leaders politiques sont en exil. La population profite de la liesse du 1er mai, manifestant pour communier dans la liberté retrouvée, et les leaders politiques sont de retour.

 

Victorieux, les capitaines d'avril font naître d’immenses espoirs pour une démocratie bientôt source d'inspiration en Grèce, en Espagne et en Amérique latine, le processus de transition démocratique s’avère long et chaotique. Pendant deux années, marquées par des avancées sociales avec des libertés et des droits qui ont été obtenus, comme le droit de grève, le divorce, le salaire minimum, etc., des tentatives d’insurrection avec un pays qui frôle la guerre civile en 1975, ce qui déclenche un mouvement populaire incontrôlable : des propriétés agricoles ont été occupées et gérées collectivement; des usines et des maisons ont été investies. Après l'échec du très conservateur Spínola qui assure la présidence de la République le 15 mai 1974 avec le gouvernement provisoire mis en place est sous le contrôle de la Junte, puis avec un nouveau gouvernement constitué autour de Vasco Gonçalves, membre du MFA, avec les leaders des principaux partis portugais tels que Mário Soares et Alvaro Cunhal, évincé du pouvoir le 30 septembre 1974, il est remplacé par Francisco da Costa Gomes devenait le nouveau président, il tente le 11 mars 1975 un coup d’État militaire en s’appuyant sur certains secteurs de l’armée qui lui sont restés fidèles, il doit cette fois fuir le pays et fonde alors une organisation d’extrême droite qui va — en lien avec des courants nostalgiques du régime de Salazar — commettre plusieurs attentats sur le sol portugais, et même si aux élections législatives du 25 avril 1975 le PS victorieux, ce dernier est pourtant tenu à l’écart, dans un gouvernement dominé par les militaires, où les communistes disposent de quatre ministères contre deux pour les socialistes, vient ensuite l'été chaud de 1975 qui est celui d'une dérive maximaliste, où communistes, socialistes, militants catholiques de droite désiraient le pouvoir. Une période de transition avec des accents de guerre civile s'installa avec les communistes occupaient les locaux du journal socialiste «Republica», par ailleurs, des catholiques de droite manifestaient contre la gauche et les militaires, ce qui poussa en juillet 1975 à la constitution d’un triumvirat de généraux (le président Costa Gomes, le Premier ministre Vasco Gonçalves, et le chef de la sécurité militaire Otelo de Carvalho) se mettant les partis furent au second plan,  mais début septembre, un nouveau gouvernement dirigé par le modéré José Pinheiro de Azevedo est constitué autour du PS, après que le PCP a lâché le MFA, ce qui culmine en novembre avec un nouveau coup de force, à gauche cette fois par le coup d’État manqué du 25 novembre par Otelo Saraiva de Carvalho du fait des militaires modérés dirigés par le colonel Ramalho Eanes qui met un coup d’arrêt au processus révolutionnaire, car les dissensions ne tardent pas à se faire jour, le Portugal se cherche un destin, et le mouvement des forces armées parvient à instaurer un régime démocratique et la nouvelle Constitution portugaise, le 2 avril 1976 et aux élections d’avril 1976, qui consacrent la démocratie et mènent au pouvoir Mário Soares, le «socialiste du possible». Les militaires rentrent à la caserne après qu’en juin 1976 Ramalho Eanes est élu président de la République dès le premier tour avec environ 62% des voix...

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Victor Pereira, C’est le peuple qui commande : La Révolution des Œillets : 1974-1976, Éditions du Détour, 2023, https://histoirebnf.hypotheses.org/26956, https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/revolution-oeillets-portugal-histoire-dictature, https://www.lavie.fr/idees/histoire/portugal-il-y-a-50-ans-la-revolution-des-oeillets-renversait-la-dictature-de-salazar-94048.php, https://www.lhistoire.fr/25-avril-1974-la-r%C3%A9volution-des-%C5%93illets-en-direct, https://www.lhistoire.fr/parution/mensuel-517, https://www.lhistoire.fr/editorial/coup-d%C3%A9tat-d%C3%A9mocratique, https://www.luisa-paixao.com/blogs/la-vie-au-portugal/quels-sont-les-jours-feries-au-portugal, et https://www.revue-ballast.fr/portugal-1974-1975-heriter-dune-revolution-incomplete/.

 

Merci  et bon 25 avril !


lundi 21 avril 2025

Lundi de Pâques, une tradition également portugaise

L'une des rares exceptions en Europe est le Portugal, où, comme le Brésil, les vacances de la Semaine sainte sont le vendredi saint et le dimanche de Pâques, mais dans certaines municipalités portugaises, le lundi est aussi un jour férié, comme dans l'Espagne voisine, en particulier dans la région de l'Alentejo, en particulier les municipalités d'Avis, Borba, Campo Maior, Castelo de Vide, Crato, Cuba, Mora, Nisa, Ponte-de-Sor, Portel, Redondo et Sousel. Pour mieux comprendre tout cela, nous devons revenir aux origines: la célébration de l'Octium de Pâques au Moyen-Âge, au cours de laquelle nous trouvons des traces d'une ancienne tradition chrétienne. L'empereur Constantin (272-337 de notre ère) a ensuite imposé huit vacances consécutives à Rome, une période appelée l'octium de Pâques, qui a commencé le dimanche de la résurrection. Le lundi de Pâques est le deuxième jour de l'octium de Pâques. Des messes ont lieu tous les jours, à partir du dimanche, pour célébrer la fête de Pâques. Pendant cette période, les pèlerins pourraient également profiter de l'occasion pour se rendre à Rome.

 

Dans ces communes, réparties dans les districts d'Évora, Portalegre et Beja, le lundi est, dans de nombreux cas, le point culminant des célébrations de Pâques. Ce jour-là, les habitants de l'Alentejo partent généralement à la campagne avec leurs familles pour pique-niquer et déguster des produits gastronomiques traditionnels comme le folar et l'agneau. Selon l'archidiocèse d'Évora, dans certaines localités, cette tradition d'aller à la campagne a pris des «contours de pèlerinage» et des moments religieux, qui comprennent des processions et même des messes en plein air, quittent les bâtiments religieux pour, ce jour-là, aller à la rencontre de la socialisation qui a lieu au printemps en plein air, entre famille et amis.

 

Dans d'autres régions du pays, comme Constância, qui, le week-end de Pâques, décore ses rues de fleurs en papier pour les festivités de la municipalité, le lundi est un jour férié municipal en l'honneur de Nossa Senhora da Boa Viagem. Plusieurs bateaux décorés participent à une procession fluviale sur le Tage et le Zêzere pour recevoir des bénédictions, lors d'une cérémonie religieuse qui, à terre, parcourt les rues de la ville avec une procession, après une messe solennelle. Plus au nord, à Caminha, où le lundi est aussi un jour de repos (du moins pour la majorité), les célébrations de Pâques se poursuivent avec la Boussole Pascale. Mação, Penamacor, Ílhavo et Freixo de Espada à Cinta sont d'autres communes portugaises où c'est aussi un jour férié.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://g1.globo.com/mundo/noticia/2023/04/10/segunda-feira-de-pascoa-entenda-por-que-a-data-e-feriado-em-muitos-paises-europeus.ghtml, et https://www.contacto.lu/portugal/segunda-feira-de-p-scoa-tambem-e-feriado-nestes-munic-pios-portugueses/496449.html.

 

Enfin, triste nouvelle, le pape François est décédé ce lundi à 88 ans. Surnommé "l’archevêque des pauvres" dans son pays d’origine, Jorge Mario Bergoglio n’aura eu de cesse de donner la priorité aux exclus. Ouvert, accueillant tout le monde dans l’Église, et portant une attention particulière aux «marges», territoires longtemps négligés par le Vatican, l’Argentin, qui se voulait proche du peuple, a œuvré pour une Église sobre et a été à l’origine de nombreuses réformes au Vatican, devenant un pape «innovant» et «ouvert à la jeunesse» qui a œuvré à construire une Église plus «plus inclusive et plus proche des gens», à travers son engagement sur l’inclusion des personnes LGBT+ et surtout en faveur des migrants l’a amené à «s’opposer parfois très durement aux gouvernements de droite qui se prétendent catholiques». Il avait voulu donner à son pontificat une dimension résolument sociale en portant son attention et en concentrant ses visites sur les pays les plus pauvres de la planète, il avait courageusement fait de la question migratoire un révélateur politique, appelant à la responsabilité face à l’indifférence. Le pape François était un humaniste, attentif au sort des plus vulnérables et soucieux de la paix et du respect des droits de la personne humaine. Incarnation d’une Église catholique universaliste, solidaire des migrants, Jorge Mario Bergoglio a toujours été critiqué par l’extrême droite. Mais malgré quelques progrès sur la place des femmes et les droits LGBT, il est resté au milieu du gué dans les réformes (https://www.france24.com/fr/europe/20250421-en-direct-pape-fran%C3%A7ois-est-mort-age-88-ans-vatican-catholiques, https://www.liberation.fr/societe/religions/en-direct-le-pape-francois-est-mort-20250421_DEGGGHTARJANLM55EJRCWKGJMY/, et https://www.lemonde.fr/disparitions/live/2025/04/21/en-direct-mort-du-pape-francois-francois-bayrou-salue-la-demarche-historique-du-souverain-pontife-qui-a-provoque-un-basculement-au-sein-de-l-eglise_6598507_3382.html).  

 

  Merci et bon lundi de Pâques !

dimanche 20 avril 2025

Joyeuses Pâques !

En ce jour de Pâques, le lapin de Pâques vous a apporté vos cadeaux, ce sont des péplums italiens dont l’inspiration principale est Fabiola (1949), Quo Vadis (1950), La Tunique (1953) et Les Gladiateurs (1954), mais aussi Spartacus (1960) et Barabbas (1962), saupoudré avec de forts éléments chrétiens. 

 

Tout d’abord celui pour freyr1978 et jema-lou,

 

 

C’est une affiche du film Les derniers jours de Pompéi (1959), de Mario Bonnard, Sergio Leone et Sergio Corbucci, avec Steve Reeves dans le rôle de Glaucus et Christine Kaufmann dans celui d’Elena. Le film s'inspire très vaguement du roman, ne présentant qu'une vague ressemblance avec Les Derniers Jours de Pompéi de l'auteur anglais, Edward Bulwer-Lytton. L'aspect religieux de l'histoire résulte du soutien financier de l'Opus Dei au film. L'équipe de cinq scénaristes reconnus, dont Sergio Corbucci, Ennio De Concini, Sergio Leone et Duccio Tessari, habitué du genre, tisse une nouvelle histoire autour des chrétiens persécutés. Il n'existe aucune preuve historique de l'existence d'une communauté chrétienne à Pompéi, mais celle-ci apparaît dans le roman source. L’histoire est celle de Glaucus, un officier de la légion romaine qui, à son retour, découvre que son père a été assassiné. Les soupçons se portent alors sur les Chrétiens, grands ennemis religieux des Païens. Par le même temps, l’irruption du Vésuve est imminente. Le héros découvre avec stupeur une citée livrée à la barbarie et s’engage dans une  lutte contre les conspirateurs qui menacent Pompéi et persécutent les chrétiens. Dans la grande tradition du péplum, intrigues de cour, vengeances, luttes entre légionnaires romains, chrétiens livrés lions dans les arènes... et bien sûr, la carrure légendaire de Steve Reeves pour lequel on a réécrit le scénario. Les effets spéciaux, certes, datent de 1959 mais la panique déclenchée par l'éruption du Vésuve et le destin tragique qui attend les habitants de Pompéi n’en sont pas moins très impressionnants. Un film tout public d’une heure et demie qui permet de revoir un classique du genre. Produit par l’Opus Dei en Espagne, le film, dont le budget est modeste (un seul lion dans l’arène pour dévorer une soixantaine de victimes !), rapporte 830 millions de lires et lance la carrière de Leone. Il sera redistribué en 1977 avec Leone seul au générique, malgré ses protestations : c’est la rançon de la gloire.

 

Ensuite celui pour cibeline49, idefix43, PeTiTe-Fleur, et tarzan599,


 

C’est une affiche de La Révolte des esclaves (1960),  ce péplum d'une violence saisissante de 1960 est une épopée tentaculaire aux décors somptueux et à la distribution imposante. Il a l'aspect d’un film à gros budget d'un spectacle hollywoodien - photographie à écran large, beaux ensembles et costumes, etc. - couplé avec le genre de script et de direction plus étroitement identifié avec ceux qui ont fait des séries de péplums dans la veine mythologique en Italie. Même la star du spectacle, Rhonda Fleming, jumelée avec un Lang Jeffries manifestement plus jeune (Bien que sur le point d'être marié dans la vie réelle) donne un plus à ce film. «La Révolte des esclaves» est inspiré du roman de 1854 «Fabiola ou l'Église des Catacombes» du cardinal anglais Nicholas Wiseman. L'action se déroule au IVe siècle, à Rome, pendant la persécution des chrétiens sous l'empereur romain Dioclétien. Claudia interprétée par Rhonda Flemming, la belle fille d'un riche patricien, tombe amoureuse de Vibio interprété par Lang Jeffries, un esclave chrétien. Le scénariste et réalisateur chevronné Nunzio Malasomma (15 échafaudages pour un meurtrier) a réalisé ce succès international épique avec les débuts de Fernando Rey (Cet obscur objet du désir) et Serge Gainsbourg (Je t'aime non plus). L'action se déroule à Rome, mais elle est tournée en Espagne.

 

Puis celui pour mes amis rencontrés sur skyblog, les anges noirs, un couple de vampire (Lucinda et Lestat) et leurs proches (Angelina, Flora, Jessica, Laura, Maéva, et Thomas), pour les amis-des-nours et des amoureux des loups (Nad, Adam et Serena), 


 

C’est une affiche du film Les Derniers jours d'un empire (1963), il s’agit d’un bon peplum signé Antonio Margheriti reposant sur un scénario solide, de très bons décors et costumes avec au casting la magnifique Loredana Nusciak (dans Django), Maria Gracia Buzzella, Ida Galli, et l'acteur principal Carl Möhner. Le contexte est celui de la fin de l’empire romain et de la persécution de chrétiens. Dans le film, après la mort de l'empereur Constantin, les nouveaux dirigeants et la population romaine poursuivent les chrétiens, les accusant d'incendier la ville de Rome. Chrétien notoire, le centurion Marcus  est détenu et emprisonné dans les cachots, mais aidé par des légionnaires alliés, il s'échappe avec sa femme Svelta. En chemin, ils traversent les montagnes où règnent les tribus barbares, commandées par Rako  et Licia. Margheriti réussit, avec une science innée du montage et quelques artifices visuels, à transformer un projet bancal en une série B acceptable. Mais venant après Spartacus et Ben-Hur, il est logique que Les derniers jours d’un empire (1963) le film a ses bon côtés : batailles spectaculaires, duels, poursuites, trahisons et violents combats de gladiateurs dans le Colisée romain. On y trouve également des scènes spectaculaires de combats de gladiateurs dans l'arène, de poursuites et de martyres, avec notamment des inondations, des tirs et des tremblements de terre provoquant le chaos et la destruction de bâtiments. Ces maquettes, miniatures et modèles réduits ont été réalisés par Antonio Margheriti lui-même, expert en effets spéciaux optiques et maquettiste.

 

… et pour les babies anges noirs, et pour Carl,

 


C’est l’affiche espagnole du peplum Maciste et les Cent Gladiateurs réalisé par Mario Caiano, sorti en 1964. On peut compter sur le réalisateur Mario Caiano en matière de rythme et de scènes d'action efficaces, et il ne déçoit pas ici : «Maciste, gladiateur de Sparte» est une pièce de kitsch péplum raisonnablement divertissante et bien conçue. Le film est une version secrète de «Quo Vadis» mais avec un manque de lustre et de budget. Mark Forest, l'un des acteurs de péplum les plus agréables, joue Maciste, un gladiateur vedette de Sparte, doit utiliser toute sa force pour sauver la fille qu'il aime de l'empereur malveillant (Peter White) et du capitaine des prétoriens (Robert Hundar) qui tentent désespérément de sauver les chrétiens. L'accent est mis ici sur la caractérisation de la chrétienté primitive - ses réunions secrètes dans les catacombes et ses attitudes pacifistes - et oublie trop facilement de mettre cela en contraste avec les cultes et la religion des païens. Il est remarquable de constater à quel point le film évite toute référence aux cultes païens : les Romains apparaissent comme une race sans aucune croyance véritable.

 

… sans oublier celui pour Marie et sa famille (Martial, Mathis et Germain),

 

 

C’est une affiche du péplum Les gladiateurs les plus forts du monde (1964), un film italo-américain réalisé par Michele Lupo, produit par Elio Scardamaglia, écrit par Lupo et Roberto Gianviti et mettant en vedette Roger Browne, Gordon Mitchell et Arnaldo Fabrizio. C’est l'odyssée d'un tribun qui a des attitudes éclairées et en disgrâce à Rome en raison de sa sympathie présumée pour les chrétiens, injustement persécuté, et le combat qu'il entreprend pour obtenir sa vindicte publique. C'est un film d'aventure avec tous les ingrédients comme le jeu de l'épée, l'action, les bagarres, la comédie, l'amusement, la confrontation typique entre les gentils contre les méchants et qui aboutit à être assez divertissant. Le film présente quelques scènes impressionnantes sur les combats dans l'arène avec les magnifiques gladiateurs masqués dans un masque à tête de loup.

 

... et à la suite celui pour naruto-jaime, et Chantal,


 

C’est une affiche du péplum Le jour de la vengeance (1964), à une époque où Commode n’est pas du tout populaire auprès des scénaristes et des conteurs du genre du péplum, même si il a été réhabilité deux ans après sa mort par Septime Sévère. Pour revenir au film, Sergio Grieco fait de son mieux malgré un budget extrêmement limité en utilisant les décors, les structures et la plupart des acteurs de L'Incendie de Rome de Guido Malatesta, tournés presque simultanément. Le récit, convaincant et fluide malgré l'absence de véritables liens historiques, ne manque pas de rebondissements et d'idées ingénieuses. Contrairement à d'autres films du genre, cette fois les chrétiens ne se limitent pas à rester à l'arrière-plan de la lutte de pouvoir mais participent à la révolte organisée et dirigée par Lang Jeffries dans le rôle du consul Marcus contre un Commode de plus en plus haineux et cruel joué par Enzo Tarascio, ici exagéré et fou. Le film, distribué dans plusieurs pays, conserve son titre original dans la version anglaise (Sword of the Empire), tandis que dans la version française il devient l'improbable Centurions contre gladiateurs.

 

Enfin, celui pour tous ceux qui suivent mon blog ou sont de passage sur celui-ci et à qui j’offre allégrement ce présent,


 

C’est une affiche du film Rome en Flammes (1965) qui est une autre variante de l'intrigue de Quo Vadis réalisé par Guido Malatesta. Lang Jeffries incarne le consul romain qui sympathise avec les chrétiens persécutés par l'empereur Néron. La scène d'ouverture du film est impressionnante, avec des milliers de figurants costumés défilant sur une place romaine au cœur d'une architecture classique. À la fin du film, cependant, les effets spéciaux se résument à une maquette de la ville en feu. Contrairement à Quo Vadis, l'histoire s'éloigne du message classique de la foi des films sur le christianisme primitif sur la violence puisqu’ici c’est le consul romain qui provoque l’incendie de Rome, se contentant d'un film d'aventures où l'on s'affronte à l'épée. Ce spectacle clinquant est réussi et bien interprété jusqu'à ce qu'il révèle ses contraintes budgétaires avec des maquettes en feu ridicules censées représenter Rome en flammes, mais en dehors de cela ça passe.

 

Merci et bonne fête de Pâques !

Pâques : Jésus se fait voir à ses disciples et les traditions religieuses et gourmandes portugaises

Le dimanche de Pâques, les chrétiens fêtent la Résurrection du Christ comme point d’orgue de la Semaine sainte

 

Pour les adeptes de Jésus sa mort a été imprévisible et soudaine, il leur a fallu du temps pour donner un sens théologique au contraste entre l’annonce du royaume et la mort de celui qui l’a annoncé. Certaines femmes, également disciples de Jésus, affirment que le Royaume de Jésus ne peut pas venir à Jérusalem, parce que son tombeau est vide (au sens symbolique ou réel). Il faut revenir au message du Royaume en Galilée. Après un temps d'hésitation, ses adeptes l’attendent toujours, puis ont cru que ses disciples ont cru qu'il leur était apparu ressuscité d'entre les morts. Plusieurs chaînes de témoins, à commencer par Marie de Magdala et l'autre Marie, Pierre et par Jacques, un «frère» de Jésus, aux Douze avec ou sans Thomas (Judas ne s’est pas suicidé et est resté parmi les Douze), aux femmes (trois ou quatre femmes, ou Marie de Magdala seule), à des disciples anonymes (ceux d’Emmaüs ou de Galilée) mais aussi à tous les apôtres et à plus de cinq cents autres témoins, qui affirment avoir vu Jésus vivant à différentes occasions et à diverses circonstances (en Galilée, à Emmaüs, et à Jérusalem et dans les environs), alors qu’il avait été crucifié et enterré, que le Royaume commencera à Jérusalem. À partir de là, tout va très vite. Mais en même temps, la résurrection de Jésus a changé la donne : dès l’an 30, Jésus est perçu comme vivant au ciel, assis auprès de Dieu et dirigeant la communauté de ses fidèles en inspirant d’abord Pierre et ses disciples. Ces phénomènes visionnaires ont reconstitué le groupe des amis de Jésus, pour qui, désormais, la prétention du Nazaréen d’agir au nom de Dieu avait été validée. Les disciples de Jésus  étaient convaincus qu’il était vivant, il n’y a pas eu de fraude de la part de sa famille et de ses disciples. Et c’est pourquoi ils se sont engagés à continuer de proclamer son message, même au prix de grandes souffrances et de grandes pertes personnelles. L’originalité de la résurrection de Jésus est d’avoir incarné cette foi, et de l’avoir en quelque sorte attestée dans sa personne, apportant ainsi la preuve concrète de la vérité de son message sur le Règne de Dieu ici et maintenant.

 

Le dimanche de Pâques est un jour de fête et de résurrection au Portugal, c'est pourquoi la viande, notamment la chèvre ou l'agneau, à l'image des temps anciens, revient à la table des croyants. Sans oublier les traditionnelles douceurs de saison. Les plats typiques de Pâques au Portugal comprennent l'agneau rôti, le folar (un type de pain sucré décoré d'œufs entiers), le poulpe bouilli et les friandises conventuelles telles que les dragées et les œufs mous. L'une des principales traditions modernes consiste à décorer les œufs de Pâques. Les gens achètent souvent des œufs en chocolat et les décorent avec différents types de décorations comme des rubans, des fleurs et des autocollants. Certains lieux proposent également des ateliers de décoration d'œufs pour les enfants. De même, une autre tradition moderne consiste à organiser des événements et des fêtes à Pâques. Dans certaines villes ont lieu des fêtes gastronomiques, où les visiteurs peuvent déguster des plats typiques de l'époque. Il y a aussi des événements culturels, comme des concerts de musique sacrée et des expositions d'art sacré. De plus, de nombreuses personnes choisissent de voyager pendant les vacances de Pâques. Les plages et les villes historiques sont les destinations les plus populaires à cette période de l'année. Les agences de voyages proposent des forfaits spéciaux pour Pâques, avec des réductions et des promotions.

 

Au Minho, plusieurs plats typiques attendent les religieux : des boules farcies, du folar (qui est sucré ici et connu sous le nom de «pain sucré» à Vila do Conde et Maia) et se termine par le cabrito (cabri). Il existe également  des broinhas ou génoises, le fameux gâteau Margaride (Felgueiras) et des borrachos (petits œufs au plat, sucre, chapelure et cannelle, typiques de Valença do Minho). C'est dans cette région, plus précisément à Vizela, que l'on trouve la fameuse génoise (ou boulette) de Vizela — une recette familiale apparue en 1880, de la main de Joaquina Ferreira da Silva, et qui, en 2019, était considérée comme une des 7 douces merveilles du Portugal. Au Tras-os-Montes, la fête commence avec le folar qui, fourré de veau, poulet, lapin, porc, jambon et tranches de saucisse, enrichit la pâte de sa propre graisse. Il peut être grand et haut, comme à Bragança ou Mirandela, ou plat et petit, comme à Freixo de Espada à Cinta. Dans les Beiras, le folar est à base de cannelle et de fenouil, agrémenté d'un ou plusieurs œufs durs ou colorés. À Covilhã, vous pourrez déguster les empanadilhas de Pâques (un bonbon en forme de demi-lune fourré aux noix ou aux amandes), les broinhas et les gâteaux à l'huile d'olive. À Beira Litoral, avant les sucreries, on mange du chanfana ou  du cochon de lait rôti, pour marquer la fin du jeûne de viande. Au centre du Portugal, il ya le D. Sancho, sucré typique avec pâte feuilletée, garniture aux œufs mous et fromage de montagne. Dans la région de Lisbonne, il y a les Fogaças de Alcochete (raviolis à base de cannelle et de citron). Dans le Centre du Portugal, le Folar de Pâques prend ici une forme sucrée, à base de farine, d'œufs, de sucre et de cannelle, et est souvent décoré d'œufs durs. Il s'apprécie aux côtés du fromage, du jambon et du vin, reflet de la richesse gastronomique de la région. Dans les villages de Serra da Estrela, la boisson «Queimado», un mélange chaud d'eau-de-vie, de sucre, de citron et de cannelle, est servie dans de grandes carafes, réchauffant les cœurs et les esprits. Dans l’Alentejo, l'agneau est l'ingrédient principal et tout est utilisé. Avec le sang et les viscères, on fabrique le sarapatel et les cerveaux sont également très appréciés. Viennent ensuite les  queijadas, les gâteaux fintos et, bien sûr, les folar. Chez Elvas, le folar a la forme d'un lézard, d'un agneau, d'un poussin ou d'un pigeon et est décoré d'amandes blanches et d'œufs durs. Dans certains villages de la région, il est de tradition de fabriquer le «Morgado», une friandise à base d'amandes, de sucre et d'œufs. En revanche, dans la région d'Évora, il est courant de manger de l'agneau rôti à Pâques, un plat qui allie la saveur de l'agneau aux assaisonnements typiques de la région. En revanche, à Castelo de Vide, il a la forme d'un double cœur. En Algarve, c’est le folar d'Olhão, également connu sous le nom de folar de Folhas, qui associe cannelle, cassonade, citron et beurre. Une gourmandise considérée, en 2019, comme l'une des 7 Douces Merveilles du Portugal.

 

Le nettoyage de la maison à Pâques est célèbre du nord au sud du pays. A cette époque, les maisons sont nettoyées et blanchies à la chaux, notamment dans l'Alentejo et l'Algarve, pour recevoir la visite pascale, le «Compasso», qui symbolise l'entrée de Jésus-Christ dans la maison, avec la bénédiction du prêtre qui bénit la maison et tous les qui y vivent. La visite pascale est une tradition religieuse très importante au Portugal, qui a lieu à Pâques. C'est une célébration qui implique la visite des amis et de la famille, qui se rendent chez les uns et les autres pour partager un moment de convivialité et de foi. Lors de la visite pascale, il est courant d'offrir un pain sucré, appelé Folar, et un bouquet de fleurs à la personne que vous visitez. Le Folar peut être simple ou garni de jambon, de chorizo, d'œufs durs ou d'amandes, selon les régions du pays. De plus, les œufs durs et peints sont également une tradition qui symbolise le renouveau de la vie et de la foi Sur la table se trouvent des amandes et des friandises de Pâques, ainsi que des liqueurs et du Porto à offrir aux membres de «Compasso». À Sardoal, dans le Centre du Portugal, il n'y a pas de Pâques sans fleurs : pendant la Semaine Sainte, les églises et chapelles se remplissent de tapis parfumés et fleuris. Mais la tradition la plus ancienne est de choisir, chaque année, un espace de restaurant différent pour récupérer les amandes, jusqu'à des heures tardives – surtout pour les offrir aux amoureux. Pâques à Alcochete, dans la région de Lisbonne, est marquée par la «Fête de la Bougie des Marins», en l'honneur de la Vierge Marie qui, selon la légende, a sauvé les pêcheurs d'une tempête en mer.  Dans la région de Lisbonne et la vallée du Tage environnante, Alenquer, en particulier, est connue pour le "Carro da Mata", une procession mettant en vedette une voiture ornée de fleurs et de verdure, insufflant à Pâques des couleurs vibrantes et une joie communautaire. À São Brás de Alportel, en Algarve, le dimanche de Pâques, le printemps envahit les rues avec la fête des flambeaux fleuris, une procession avec des saints sur des échafaudages et remplissant les rues de romarin, de lavande et de fleurs sauvages. Le tableau est composé de couvertures blanches et rouges sur les balcons et de torches à la main, pour commémorer la résurrection du Christ. Autrefois, les fêtes étaient synonymes de la «Foire de Mars», qui commençait en 1434 et marquait le début du printemps. Aujourd'hui, fleurs, animations et concerts dans les églises sont l'esprit de la Semaine Sainte à Aveiro, dans la Beira Litoral. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Enrico Norelli, La naissance du christianisme : Comment tout a commencé, Bayard, 2015, Marie-Françoise Baslez, Jésus : dictionnaire historique des évangiles, Tallandier, 2017, Robert J. Hutchinson, Enquête sur le Jésus historique, Salvator, 2017, Christoph Theobald, Jésus – Christ : Bulletin de théologie systématique(1), dans Recherches de Science Religieuse, Tome 107, Facultés Loyola Paris, 2019/4, pages 687 à 738, https://estrelaseouricos.sapo.pt/atividade/a-pascoa-em-10-tradicoes/, https://imigrar.org/pascoa-em-portugal/, https://shs.cairn.info/revue-des-sciences-philosophiques-et-theologiques-2017-1-page-31?lang=fr, https://undeceptions.com/articles/who-was-the-historical-jesus/, https://www.bartehrman.com/historical-jesus/, https://www.bartehrman.com/jesus-resurrection/, https://www.livingtours.com/pt/blog/pascoa-portugal.html, https://www.pingodoce.pt/produtos/frescos/talho/pascoa-em-portugal-as-tradicoes-no-pais-e-no-mundo/, https://www.portugalportfolio.com/pascoa-em-portugal-2024, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-journal-des-idees/jesus-le-sens-de-la-resurrection-9848324, et https://www.religiondigital.org/el_blog_de_x-_pikaza/Historia-expone-vida-Jesus_7_1405729421.html.

 

Merci et bonne fête de Pâques !

samedi 19 avril 2025

Le samedi saint, des célébrations festives portugaises

La semaine sainte s’achève avec le Samedi saint. C’est une journée de recueillement, après la mort du Christ survenue la veille.

 

Le samedi de l'Alléluia, il est courant dans certaines régions du Portugal que les gens apportent des paniers de nourriture à l'église pour être bénis par le prêtre. Ces aliments sont généralement consommés lors du repas du manche de Pâques, dans un geste de partage et de célébration. Dans certaines régions du Portugal, et plus particulièrement au Tras-os-Montes, de la frontière avec l'Espagne, à Montalegre, se déroule une reconstitution de l'incendie de Judas : les poupées représentant le célèbre apôtre sont brûlées, écartelées, lapidées, noyées ou enterrées, dans un spectacle qui répète une sorte d'autodafé populaire. Cette pratique, bien qu’enracinée dans l’histoire religieuse, est également devenue une forme d’expression sociale et politique, où la poupée incarne souvent des figures controversées du moment. À Évora, il est aussi de tradition de brûler une poupée qui représente Judas Iscariote, l'apôtre qui a trahi Jésus, et a lieu le samedi d'Alléluia

 

À Idanha-a-Nova, dans la Beira Interior, le samedi de l’Alléluia est le samedi tant attendu, où le curé jette des kilos d'amandes bénites par la fenêtre, et crée l'excitation parmi les gourmands. Entre chants et processions, il y a aussi la Festa dos Apitos, qui emmène tout le monde dans la rue, avec des hochets et des tambourins. À Figueira da Foz, au Centre du Portugal, à la veille du dimanche de Pâques, est célébrée l’enterrement du Bacalhau. Une pièce de théâtre de rue, avec une morue géante défilant au son de l'orchestre de la Société Philharmonique Dez de Agosto, perpétue la tradition depuis 1928.  À Castelo de Vide, en Alentejo, au lendemain du Vendredi Saint, la tradition juive parle plus fort : les bergers de la région envahissent le centre de la ville avec leurs troupeaux, qui sont bénis et vendus pour faire partie du menu de Pâques il y aussi pour les enfants la "Chocalhada", lors du défilé du samedi de l’Alleluia : où les hochets sont l'ingrédient principal de la prière. À Nisa, dans l'Alentejo, il y a aussi la tradition du hochet. Dans la nuit du samedi de l’Alléluia, les garçons courent dans les rues du village en sonnant pour annoncer la résurrection de Jésus. Ce rituel est accompagné de chants et de nombreuses animations.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://dicasdelisboa.pt/2023/04/08/tradicao-de-pascoa-em-portugal/, https://imoexpansao.pt/blog/tradicoes-da-pascoa-em-portugal-celebracao-de-renascimento-e-renovacao, https://talkpal.ai/pt-pt/culture/tradicoes-da-pascoa-em-portugal-aprenda-portugues-europeu/, https://www.livingtours.com/pt/blog/pascoa-portugal.html, ethttps://www.pingodoce.pt/produtos/frescos/talho/pascoa-em-portugal-as-tradicoes-no-pais-e-no-mundo/.

 

Merci et bon samedi saint !


Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...