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vendredi 23 octobre 2026

Les fantômes et le théâtre japonais, un lien ancien

La représentation des yokai ne se limite néanmoins pas à des récits littéraires et populaires : les créatures surnaturelles occupent une place de choix dans le théâtre japonais, d’abord le théâtre nō, mêlant la culture folklorique japonaise du surnaturel à la croyance shintoïste en l'omniprésence des esprits qui utilise des masques fixes et une mise en scène minimaliste pour évoquer un effroi psychologique profond, puis le théâtre kabuki dès le XVIIIe siècle qui mettent en scène des histoires de revenants transformait les histoires de fantômes en un divertissement estival spectaculaire et misait sur des effets spéciaux spectaculaires, du maquillage outrancier et une action dynamique pour choquer et divertir son public. Ils captivent depuis longtemps le public par leurs représentations du monde surnaturel et des esprits tourmentés. L’une des histoires de fantôme japonais les plus connues vient ainsi du théâtre kabuki : Yotsuya kaidan, Histoire du fantôme de Yotsuya (1825) de Nanboku Tsuruya IV, qui met en scène la malheureuse Oiwa, défigurée et assassinée par son mari, et revenue d’entre les morts pour le hanter. "On va au théâtre kabuki pour se faire peur. Les pièces finissent souvent par la violence et par un féminicide. C'est un théâtre de l’horreur avant tout.", explique François Lachaud.

 

Puis, dans les années entre la restauration de Meiji en 1868 et la fin de l'ère Taisho en 1926, la société japonaise a connu une transformation rapide durant ces décennies, l'urbanisation rassemblant des populations diverses issues de différentes régions. La technologie a connecté les individus comme jamais auparavant, et cette nation insulaire, autrefois isolée, a connu un contact transformateur et durable avec l'Occident. Durant ces années de bouleversements culturels et sociaux généralisés, le public s'est passionné pour le surnaturel; les fantômes étaient perçus comme des explications commodes aux complexités de la vie moderne. Le théâtre nō et le kabuki, qui s'est développé en parallèle – un style de théâtre et de danse aujourd'hui surtout connu du public occidental pour le maquillage blanc distinctif de ses acteurs – ont tous deux utilisé des fantômes dans leurs productions, le nō s'adressant à un public plus élitiste tandis que le kabuki était conçu comme un divertissement de masse.

 

Et en été, de nombreux théâtres de kabuki adaptent des pièces horrifiques pour le plus grand plaisir des amateurs du genre. Appelées Suzumi Shibai (littéralement «pièces pour se rafraîchir»), ces représentations s’inspirent du folklore traditionnel. Parmi les plus célèbres, on trouve Yotsuya Kaidan, une histoire de fantôme sur fond de trahison conjugale (oui, encore une !) qui se serait déroulée dans le quartier tranquille de Yotsuya, à Tokyo.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://universdujapon.com/blogs/japon/yurei, https://www.japan-experience.com/fr/preparer-voyage/savoir/comprendre-le-japon/ete-japon-yokai-folklore, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/yurei-yokai-mononoke-inquietantes-creatures-japonaises-6489639, et https://www.thebulwark.com/p/gory-glory-of-japanese-ghost-tales-kabuki-noh.

 

Merci !

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