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dimanche 4 octobre 2026

La Saint François d’Assise, une fête importante chez les catholiques japonais

La fête de saint François d'Assise est célébrée le 4 octobre par la communauté catholique au Japon, à l'instar du reste de l'Église universelle. Ce dernier est le fils aîné d'une riche famille de drapiers né en 1181/1182. Après une jeunesse dissipée durant laquelle il fait le coup de poing contre la noblesse locale, connaît la prison, entonne des chansons provençales, commet le péché de chair, il finit par tout abandonner pour répondre à la voix entendue à Spolète, qui lui demande de «réparer son Église en ruine» en 1205. Devenu mendiant en 1206, il fonde l'ordre franciscain en 1209, et applique à la lettre la règle qu'il s'est fixée : «Vivre dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté.» Contrairement aux moines traditionnels (bénédictins ou cisterciens) qui s'isolaient dans des monastères à la campagne, François choisit la ville comme premier terrain d'action. Il apporte une réponse à la nouvelle société marchande : face à la montée de l'argent et des riches, il oppose une pauvreté absolue et prône la paix au milieu des conflits civils urbains. Les chercheurs soulignent sa spiritualité novatrice de l'initiative et du renouveau. Il se qualifie lui-même de «nouveau fou dans le monde». Au lieu de l'austérité et de la tristesse, il valorise la jubilation, la spontanéité du rire (hilaritas) et la «joie parfaite». De plus, il refuse toute hiérarchie stricte au sein de son ordre (les Frères mineurs) et fait une place inédite aux laïcs en 1221, aux femmes (comme sainte Claire) en 1212 et aux enfants. À travers le célèbre Cantique des créatures composé entre la fin de l'année 1224 et le printemps 1225 , il ne sépare pas le monde de Dieu et proclame la présence divine en toute créature (animaux, nature), ce qui en fera le saint patron des écologistes. En pleine cinquième croisade (1219), il part rencontrer le sultan d'Égypte Al-Kamil à Damiette, pour ce qui est la substitution de la «propagande pacifique» et du dialogue à la guerre sainte menée par l'Église. De retour en Ombrie, le poverello constate, non sans un certain malaise, le rôle croissant des clercs issus des écoles au sein de «sa propre création qui commence à lui échapper». Il est stigmatisé dans l’ermitage de La Verna. Il meurt en 1226. 

 

Arrivés en 1593 des Philippines, des frères mineurs espagnols avaient réussi à établir des couvents et à construire une léproserie près de Nagasaki. Mais injustement soupçonnés de fomenter des plans d’invasion espagnole, ils sont arrêtés avec d’autres missionnaires. Le régent (Taikō) Hideyoshi prononce à leur encontre vingt-six condamnations à mort : Pierre Baptiste et cinq franciscains espagnols (dont Philippe de Jésus, né à Mexico de parents espagnols), trois jésuites japonais (dont Paul Miki), et enfin dix-sept tertiaires franciscains japonais, parmi lesquels deux jeunes garçons de onze et treize ans, Louis et Antoine. Rassemblés à Kyoto, les condamnés parcourent un long chemin de croix de 800 km, en plein hiver. Le 5 février 1597, ils sont crucifiés face à la mer — face à l’occident — sur une colline dominant Nagasaki. Trois siècles plus tard, l’histoire franciscaine du Japon va renaître de ses cendres de manière assez inattendue : un Français, Maurice Bertin (1870-1968), polytechnicien devenu enseigne de vaisseau, entre dans l’Ordre (1896), après que son navire a fait escale à Nagasaki, où il avait ressenti un appel aussi mystérieux qu’impérieux : restaurer l’ordre de saint François au Japon. Après son ordination, il appartient à la cohorte de religieux expulsés (1903), et se retrouve au Québec, où il fonde le couvent de Trois Rivières. En 1906, enfin, il part pour le Japon, à Sapporo, où il vient prêter main forte à des frères allemands venus de Thuringe. Il est bientôt rejoint par d’autres Canadiens. En 1921, Rome confie aux franciscains venus du Québec un territoire bien à eux, la mission de Kagoshima, au sein du diocèse de Nagasaki. Mais le Japon, toujours méfiant à l’égard des étrangers, confie leur mission au clergé autochtone. Les frères se retirent autour d’Urawa (au nord de Tokyo), et fondent couvents et paroisses. Ils cherchent à former des franciscains japonais et à implanter une vie franciscaine féminine. En 1936, un commissariat provincial est érigé, puis en 1977 une province, qui compte alors 118 religieux japonais et 108 étrangers. 

 

Les paroisses catholiques du pays, à l'image de celle de Hamamatsu dans la préfecture de Shizuoka, connue pour ses communautés linguistiques et culturelles bien intégrées autour de la paroisse : japonaise, anglophone et latino-américaine, le plus grand groupe étant celui des Brésiliens, marquent cette journée par des messes et la bénédiction traditionnelle des animaux, en hommage au saint patron de l'écologie et des bêtes.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Virgil Tanase, Saint François d'Assise, Gallimard, 2015, https://www.historia.fr/guide-culture-loisirs/cinema-television/comment-francois-dassise-saint-patron-de-litalie-a-t-il-bouleverse-la-pratique-religieuse-au-moyen-age-2254560, https://www.infoans.org/fr/component/k2/item/11365-japon-la-paroisse-de-hamamatsu-celebre-st-francois-d-assise, https://www.ktotv.com/video/00304660/saint-francois-xavier, https://www.messagerdesaintantoine.com/content/le-japon-une-epopee-franciscaine, et https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20261002-3-octobre-1226-mort-de-fran%C3%A7ois-d-assise-nouveau-fou-dans-le-monde.

 

Merci et bonne Saint François d’Assise !

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