
La
fête de saint
François d'Assise
est
célébrée le 4
octobre
par la communauté
catholique
au Japon, à l'instar du reste de l'Église
universelle.
Ce dernier est le fils aîné d'une riche
famille de drapiers
né
en 1181/1182.
Après une jeunesse dissipée durant laquelle il fait le coup de
poing contre la noblesse
locale,
connaît la prison, entonne des chansons
provençales,
commet le péché de chair, il finit par tout abandonner pour
répondre à la voix entendue à Spolète, qui lui demande de
«réparer
son Église en ruine»
en
1205.
Devenu mendiant en
1206,
il fonde l'ordre
franciscain
en
1209,
et applique à la lettre la règle qu'il s'est fixée : «Vivre
dans l'obéissance, sans rien en propre et dans la chasteté.»
Contrairement aux moines
traditionnels
(bénédictins
ou cisterciens)
qui s'isolaient dans des monastères
à la campagne, François
choisit la
ville
comme premier terrain d'action. Il apporte une réponse à la
nouvelle
société marchande
: face à la montée de l'argent et des riches,
il oppose une pauvreté
absolue
et prône la paix au milieu des conflits civils urbains. Les
chercheurs
soulignent sa spiritualité novatrice de l'initiative et du
renouveau. Il se qualifie lui-même de «nouveau
fou dans le monde».
Au lieu de l'austérité et de la tristesse, il valorise la
jubilation, la spontanéité du rire (hilaritas)
et la «joie parfaite». De plus, il refuse toute hiérarchie
stricte au sein de son ordre
(les Frères
mineurs)
et fait une place inédite aux laïcs
en
1221,
aux femmes
(comme sainte
Claire)
en
1212 et
aux enfants. À travers le célèbre Cantique
des créatures
composé
entre
la fin de l'année 1224
et le printemps 1225
,
il ne sépare pas le monde de Dieu
et proclame la présence divine en toute créature (animaux,
nature), ce qui en fera le saint patron des écologistes.
En
pleine cinquième
croisade
(1219), il part rencontrer le sultan
d'Égypte Al-Kamil
à Damiette, pour
ce qui est
la substitution de la «propagande
pacifique»
et du dialogue à la guerre sainte menée par l'Église.
De retour en Ombrie, le poverello
constate,
non sans un certain malaise, le rôle croissant des clercs
issus des écoles
au sein de «sa
propre création qui commence à lui échapper».
Il est stigmatisé dans l’ermitage de La Verna. Il meurt en 1226.
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Arrivés
en 1593 des Philippines, des frères
mineurs espagnols
avaient réussi à établir des couvents et à construire une
léproserie près de Nagasaki. Mais injustement soupçonnés de
fomenter des plans d’invasion espagnole, ils sont arrêtés avec
d’autres
missionnaires. Le
régent
(Taikō) Hideyoshi
prononce à leur encontre vingt-six condamnations à mort : Pierre
Baptiste
et cinq
franciscains espagnols
(dont Philippe
de Jésus,
né à Mexico de parents
espagnols),
trois
jésuites japonais
(dont Paul
Miki),
et enfin dix-sept
tertiaires franciscains japonais,
parmi lesquels deux
jeunes garçons de onze
et treize
ans,
Louis
et Antoine.
Rassemblés à Kyoto, les condamnés parcourent un long chemin de
croix de 800 km, en plein hiver. Le 5 février 1597, ils sont
crucifiés face à la mer — face à l’occident —
sur une colline dominant Nagasaki. Trois siècles plus tard,
l’histoire franciscaine du Japon va renaître de ses cendres de
manière assez inattendue : un Français, Maurice
Bertin
(1870-1968), polytechnicien devenu enseigne de vaisseau, entre dans
l’Ordre
(1896), après que son navire a fait escale à Nagasaki, où il avait
ressenti un appel aussi mystérieux qu’impérieux : restaurer
l’ordre
de saint François
au Japon. Après son ordination, il appartient à la cohorte
de religieux expulsés
(1903), et se retrouve au Québec, où il fonde le couvent
de Trois Rivières.
En 1906, enfin, il part pour le Japon, à Sapporo, où il vient
prêter main forte à des frères
allemands
venus de Thuringe. Il est bientôt rejoint par d’autres
Canadiens.
En 1921, Rome confie aux franciscains
venus du Québec un territoire bien à eux, la mission de Kagoshima,
au sein du diocèse
de Nagasaki.
Mais le Japon, toujours méfiant à l’égard des étrangers,
confie leur mission au clergé
autochtone.
Les frères
se retirent autour d’Urawa (au nord de Tokyo), et fondent couvents
et paroisses.
Ils cherchent à former des franciscains
japonais
et à implanter une vie franciscaine féminine. En 1936, un
commissariat
provincial
est érigé, puis en 1977 une province, qui compte alors 118
religieux japonais
et 108
étrangers.

Les
paroisses
catholiques du pays,
à l'image de celle de Hamamatsu dans la préfecture de Shizuoka,
connue pour ses communautés
linguistiques et culturelles bien intégrées autour de la paroisse
: japonaise,
anglophone
et latino-américaine,
le plus grand groupe étant celui des Brésiliens,
marquent cette journée par des messes et la bénédiction
traditionnelle des animaux,
en hommage au saint
patron de l'écologie et des bêtes.
Pour
aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup
aidé : Virgil
Tanase,
Saint
François d'Assise,
Gallimard, 2015,
https://www.historia.fr/guide-culture-loisirs/cinema-television/comment-francois-dassise-saint-patron-de-litalie-a-t-il-bouleverse-la-pratique-religieuse-au-moyen-age-2254560,
https://www.infoans.org/fr/component/k2/item/11365-japon-la-paroisse-de-hamamatsu-celebre-st-francois-d-assise,
https://www.ktotv.com/video/00304660/saint-francois-xavier,
https://www.messagerdesaintantoine.com/content/le-japon-une-epopee-franciscaine,
et
https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20261002-3-octobre-1226-mort-de-fran%C3%A7ois-d-assise-nouveau-fou-dans-le-monde.
Merci
et bonne Saint
François d’Assise !
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