Le 29 juin est le jour du martyre de deux saints. Tous deux furent
martyrisés lors de la persécution de l'Église par
l'empereur romain Néron (37-68). L'Église coréenne
célèbre donc chaque année la solennité des apôtres Pierre
et Paul (le 29 juin) ou un dimanche proche, celui du
Pape. Ce jour-là, l'Église prie pour que le Seigneur
l'aide à diriger l'Église mondiale, afin que le pape,
successeur de l'apôtre Pierre, puisse diriger l'Église
mondiale avec succès. Le dimanche du Pape, une offrande
spéciale est faite pour soutenir son œuvre pastorale.

Originaire
d’une petite bourgade sans prétention située au nord de la terre
d’Israël, Pierre exerce humblement une activité de pêcheur
avec son frère et quelques amis qui lui sont associés.
Jésus lui ayant donné le «pouvoir des clefs» et
celui de pêcher des hommes dans ses filets, Pierre
promit également de le suivre jusqu’à la prison et à la mort –
vaine promesse, comme allait le prouver son reniement. Après la
résurrection de Jésus, Pierre menant les
Douze, et Jacques menant la famille de Jésus,
stabilisent la petite communauté juive qui s’était centré auteur
de Jésus persuadé qu’il est ressuscité. À partir de la
Pentecôte, sa prédication a réussi et les disciples de
Jésus ont accueilli de nouveaux membres qui
constituaient la première communauté chrétienne de
Jérusalem, si l’on en croit l’auteur des Actes des Apôtres
(Actes 2,41). Mais le
succès de la communauté pousse les autorités
sacerdotales à l’arrêter avec Jean à deux reprises,
ce qui pousse la communauté chrétienne à la discrétion,
mais les convertis de langue grecque, les hellénistes,
proclamant que la foi importe plus que la Loi, débordent Pierre
et Jacques, le frère du Seigneur, finissent par être
persécuté et Étienne est victime d’un lynchage en 36 que
ne peuvent éviter les autorités sacerdotales. Les
Hellénistes s’exilent, et des communautés se
développent en Samarie et en Syrie, notamment à Antioche. Pierre
et les Douze sont envoyés pour contrôler ces communautés.
Cette ouverture au monde a pour effet de transformer progressivement
la secte juive en une véritable nouvelle religion, en
rupture avec le judaïsme. Par la suite, Paul qui n’a
pas fait partie du groupe des disciples, fit preuve d'un zèle
profond pour la religion juive et rejoignit les rangs des
persécuteurs des premiers disciples du Christ.
Il aurait obtenu des lettres de recommandation pour
rechercher et persécuter les chrétiens à Damas, c’est en
revanche lui-même qui s’exprime, à travers ses lettres,
sur son ralliement à la secte nouvelle vers 37 à Damas.

Quant
à Pierre, il ouvre le christianisme au monde païen
en admettant dans la communauté des adeptes craignants
Dieu comme Corneille, échappe à la mort des mains
d’Hérode Agrippa 1er en 44 et il devient
chef de la communauté d’Antioche. D'Antioche, où à partir
des années 40 on donne le nom de chrétiens aux adeptes de
Jésus, ils n’en sont pas moins restés assez proches des
Juifs jusqu’à la révolte de 66. La mission chrétienne va
se répandre dans toutes les régions avoisinantes, sous l'impulsion
de Barnabé, puis de Paul que Barnabé a pris
sous son aile vers 39 qui fait pénétrer la nouvelle religion jusque
dans l'Occident romain vers 45-49, à Chypre, et au Sud de l’Asie
Mineure... Paul prend, en quelque sorte, le relais des
Hellénistes et se fait le champion d'un christianisme
affranchi des prescriptions judaïques qu'il juge
obsolètes et nuisibles à sa propagation. Ce dernier a repris le
modèle diasporique, où les communautés étaient
rendues interactives et interdépendantes par la circulation des
personnes, des écrits et de l’argent. Au
moment, où les Juifs sont expulsées de Rome, Pierre
entre alors en concurrence avec Paul, la situation est réglée
au concile de Jérusalem en 49, où privilégiant la foi
plutôt que la Loi, Jacques, le frère du
Seigneur, ne conserve du judaïsme
traditionnel que quelques exigences minimales, comme
l’interdiction de manger les viandes provenant des sacrifices
réalisés en l’honneur des divinités «païennes».
Mais, Pierre et Paul entrent en conflit à Antioche
entre 50 et 52 sur les clauses du concile de Jérusalem, ce
qui fait partir ce dernier de la ville, et Barnabé se met du
côté de Pierre, puis le quitte. Paul prend sa propre
route en Galatie du Nord, en Macédoine, à Corinthe, ou Athènes
entre 50 et 52 son projet missionnaire, la base est l’Église de
maisonnée, sous l’autorité du chef de famille, ce qui
produit, à Corinthe comme ailleurs, la configuration d’un
christianisme de petits groupes, avec un risque de dérives
sectaires. C’était une garantie de stabilité et cela empêchait
la répression de faire tache d’huile. Mais en faisant cela
l'apôtre Paul fait éclater l'Église chrétienne
primitive. Cela pouvait aussi donner aux femmes une
fonction d’autorité, normale dans la sphère domestique, même si
elle existait déjà dans le mouvement de Jésus à
l’exemple de Marthe et Marie.

Puis
entre 53 et 58, Paul se rend en Galatie du Nord, à Éphèse
(entre 54 et 57), où il y entretient pendant deux ans les membres
de la communauté chrétienne dans une salle d’école "de
la cinquième à la dixième heure" (de 11 heures à 16
heures), revient en Macédoine en 57, il pense à aller en Espagne et
écrit une lettre à la communauté chrétienne de Rome, et à
Corinthe entre 57 et 58, visitant les Églises qu’il a
fondées en Orient et en Occident, et rendant souvent un tendre
hommage dans ses lettres à Priscilla, Mariam, et
Junia, ces premières chrétiennes qu’on imagine
autour de l’apôtre, pensives, intelligentes, militantes,
sûrement admirables, cependant son engagement lui attira l'inimitié
de certains juifs notamment à Éphèse, où il échappe à
une émeute et fait de la prison. Pierre quant à lui se rend
à Corinthe, où se trouve aussi Barnabé, mais aussi dans le
Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie afin de contrer
Paul et son enseignement hétérodoxe, et il est peut-être
parmi les adversaires de Paul lui lançant de sarcasmes
(2 Corinthiens 10,10). En 58, il décide de repasser
par Jérusalem avec l’argent qu’il a collecté pour les pauvres
de la ville sainte, en signe de réconciliation entre les Églises
qu’il a créées et l’Église mère. Lui-même appréhende
un refus. Ce qui l’attend est pire. Le grand prêtre Ananias,
fils de Nébédée, avait fait arrêter Paul qui, après
avoir comparu devant Félix, avait été jeté en prison. Deux
ans plus tard, il est à nouveau sommé de s’expliquer, cette fois
devant le procurateur Festus. Quelques jours après, c’est
Agrippa II, consulté en tant que connaisseur des «coutumes
des Juifs et de toutes leurs controverses» (Actes 26.3),
qui est amené à juger Paul (Actes 25.13-27;
26.1-32). Le jugement du roi est
particulièrement modéré : Paul n’a rien fait qui
mérite la mort, ni même la prison. De là, le proconsul –
à la demande de Paul lui-même – l’envoie à Rome. Il y
arrive en 60, après avoir fait naufrage sur l’île de Malte. C’est
comme prisonnier que Paul atteignit Rome, à l’occasion d’un
procès en appel devant le tribunal impérial, après son
arrestation en Judée. On perd définitivement sa trace en 62, après
deux ans de prédication à Rome en résidence surveillée dans une
ville où la première communauté chrétienne apparaît
vraisemblablement assez tôt, dès les années 40. Le parcours de
Pierre s'achève aussi à Rome où il demeure peu de temps, et
selon la tradition, il est crucifié au moment des
persécutions de Néron, après l'incendie de
64. Paul trouva aussi la mort décapité.
Pour
aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup
aidé : Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie :
histoire du Levant antique, IVe
siècle avant Jésus-Christ - IIIe
siècle après Jésus-Christ, Fayard, 2001, Joseph
Blenkinsopp, Paul de Tarse : Une vie dans le Christ,
Salvator, 2008, Simon C. Mimouni, Origines du christianisme :
L’histoire de la communauté chrétienne / nazoréenne de Jérusalem
des origines à 135 (II), dans Annuaire de l'EPHE, section des
Sciences religieuses (2006-2007), 115 | 2008, p. 199-208,
Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand. Juifs et
Romains, Salomé et Jean-Baptiste, Titus et Bérénice,
Pygmalion, 2011, Jean-Marie Pailler, Pierre et Paul aux liens.
Entre réel et symbolique, les métamorphoses d’une double
expérience (30-50 apr. J.-C.), dans Ékklèsia. Approches
croisées d’histoire politique et religieuse, 104 | 2017,
p. 207-224, Christophe Dickès, Saint Pierre : Le
mystère et l'évidence, Paris, Perrin, 2021,
https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&gomonth=2025-06-29&missatype=DA,
https://www.catholictimes.org/article/20240619500020,
https://www.choisir.ch/societe/histoire/item/2849-christianisme-le-temps-des-batisseurs,
https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/saint-paul-sa-mort-reste-un-mystere-1740.php,
https://www.lhistoire.fr/carte/lexpansion-du-christianisme-ier-vie-si%C3%A8cle,
et
https://www.lhistoire.fr/la-vie-quotidienne-des-premiers-chr%C3%A9tiens.
Merci
et bonne solennité des apôtres Pierre et Paul !
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