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lundi 29 juin 2026

Saint Pierre et Saint Paul, se fêtent aussi chez les catholiques coréens

Le 29 juin est le jour du martyre de deux saints. Tous deux furent martyrisés lors de la persécution de l'Église par l'empereur romain Néron (37-68). L'Église coréenne célèbre donc chaque année la solennité des apôtres Pierre et Paul (le 29 juin) ou un dimanche proche, celui du Pape. Ce jour-là, l'Église prie pour que le Seigneur l'aide à diriger l'Église mondiale, afin que le pape, successeur de l'apôtre Pierre, puisse diriger l'Église mondiale avec succès. Le dimanche du Pape, une offrande spéciale est faite pour soutenir son œuvre pastorale.

 

Originaire d’une petite bourgade sans prétention située au nord de la terre d’Israël, Pierre exerce humblement une activité de pêcheur avec son frère et quelques amis qui lui sont associés. Jésus lui ayant donné le «pouvoir des clefs» et celui de pêcher des hommes dans ses filets, Pierre promit également de le suivre jusqu’à la prison et à la mort – vaine promesse, comme allait le prouver son reniement. Après la résurrection de Jésus, Pierre menant les Douze, et Jacques menant la famille de Jésus, stabilisent la petite communauté juive qui s’était centré auteur de Jésus persuadé qu’il est ressuscité. À partir de la Pentecôte, sa prédication a réussi et les disciples de Jésus ont accueilli de nouveaux membres qui constituaient la première communauté chrétienne de Jérusalem, si l’on en croit l’auteur des Actes des Apôtres (Actes 2,41). Mais le succès de la communauté pousse les autorités sacerdotales à l’arrêter avec Jean à deux reprises, ce qui pousse la communauté chrétienne à la discrétion, mais les convertis de langue grecque, les hellénistes, proclamant que la foi importe plus que la Loi, débordent Pierre et Jacques, le frère du Seigneur, finissent par être persécuté et Étienne est victime d’un lynchage en 36 que ne peuvent éviter les autorités sacerdotales. Les Hellénistes s’exilent, et des communautés se développent en Samarie et en Syrie, notamment à Antioche. Pierre et les Douze sont envoyés pour contrôler ces communautés. Cette ouverture au monde a pour effet de transformer progressivement la secte juive en une véritable nouvelle religion, en rupture avec le judaïsme. Par la suite, Paul qui n’a pas fait partie du groupe des disciples, fit preuve d'un zèle profond pour la religion juive et rejoignit les rangs des persécuteurs des premiers disciples du Christ. Il aurait obtenu des lettres de recommandation pour rechercher et persécuter les chrétiens à Damas, c’est en revanche lui-même qui s’exprime, à travers ses lettres, sur son ralliement à la secte nouvelle vers 37 à Damas. 

 

Quant à Pierre, il ouvre le christianisme au monde païen en admettant dans la communauté des adeptes craignants Dieu comme Corneille, échappe à la mort des mains d’Hérode Agrippa 1er en 44 et il devient chef de la communauté d’Antioche. D'Antioche, où à partir des années 40 on donne le nom de chrétiens aux adeptes de Jésus, ils n’en sont pas moins restés assez proches des Juifs jusqu’à la révolte de 66. La mission chrétienne va se répandre dans toutes les régions avoisinantes, sous l'impulsion de Barnabé, puis de Paul que Barnabé a pris sous son aile vers 39 qui fait pénétrer la nouvelle religion jusque dans l'Occident romain vers 45-49, à Chypre, et au Sud de l’Asie Mineure... Paul prend, en quelque sorte, le relais des Hellénistes et se fait le champion d'un christianisme affranchi des prescriptions judaïques qu'il juge obsolètes et nuisibles à sa propagation. Ce dernier a repris le modèle diasporique, où les communautés étaient rendues interactives et interdépendantes par la circulation des personnes, des écrits et de l’argent. Au moment, où les Juifs sont expulsées de Rome, Pierre entre alors en concurrence avec Paul, la situation est réglée au concile de Jérusalem en 49, où privilégiant la foi plutôt que la Loi, Jacques, le frère du Seigneur, ne conserve du judaïsme traditionnel que quelques exigences minimales, comme l’interdiction de manger les viandes provenant des sacrifices réalisés en l’honneur des divinités «païennes». Mais, Pierre et Paul entrent en conflit à Antioche entre 50 et 52 sur les clauses du concile de Jérusalem, ce qui fait partir ce dernier de la ville, et Barnabé se met du côté de Pierre, puis le quitte. Paul prend sa propre route en Galatie du Nord, en Macédoine, à Corinthe, ou Athènes entre 50 et 52 son projet missionnaire, la base est l’Église de maisonnée, sous l’autorité du chef de famille, ce qui produit, à Corinthe comme ailleurs, la configuration d’un christianisme de petits groupes, avec un risque de dérives sectaires. C’était une garantie de stabilité et cela empêchait la répression de faire tache d’huile. Mais en faisant cela l'apôtre Paul fait éclater l'Église chrétienne primitive. Cela pouvait aussi donner aux femmes une fonction d’autorité, normale dans la sphère domestique, même si elle existait déjà dans le mouvement de Jésus à l’exemple de Marthe et Marie.

 

Puis entre 53 et 58, Paul se rend en Galatie du Nord, à Éphèse (entre 54 et 57), où il y entretient pendant deux ans les membres de la communauté chrétienne dans une salle d’école "de la cinquième à la dixième heure" (de 11 heures à 16 heures), revient en Macédoine en 57, il pense à aller en Espagne et écrit une lettre à la communauté chrétienne de Rome, et à Corinthe entre 57 et 58, visitant les Églises qu’il a fondées en Orient et en Occident, et rendant souvent un tendre hommage dans ses lettres à Priscilla, Mariam, et Junia, ces premières chrétiennes qu’on imagine autour de l’apôtre, pensives, intelligentes, militantes, sûrement admirables, cependant son engagement lui attira l'inimitié de certains juifs notamment à Éphèse, où il échappe à une émeute et fait de la prison. Pierre quant à lui se rend à Corinthe, où se trouve aussi Barnabé, mais aussi dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie afin de contrer Paul et son enseignement hétérodoxe, et il est peut-être parmi les adversaires de Paul lui lançant de sarcasmes (2 Corinthiens 10,10). En 58, il décide de repasser par Jérusalem avec l’argent qu’il a collecté pour les pauvres de la ville sainte, en signe de réconciliation entre les Églises qu’il a créées et l’Église mère. Lui-même appréhende un refus. Ce qui l’attend est pire. Le grand prêtre Ananias, fils de Nébédée, avait fait arrêter Paul qui, après avoir comparu devant Félix, avait été jeté en prison. Deux ans plus tard, il est à nouveau sommé de s’expliquer, cette fois devant le procurateur Festus. Quelques jours après, c’est Agrippa II, consulté en tant que connaisseur des «coutumes des Juifs et de toutes leurs controverses» (Actes 26.3), qui est amené à juger Paul (Actes 25.13-27; 26.1-32). Le jugement du roi est particulièrement modéré : Paul n’a rien fait qui mérite la mort, ni même la prison. De là, le proconsul – à la demande de Paul lui-même – l’envoie à Rome. Il y arrive en 60, après avoir fait naufrage sur l’île de Malte. C’est comme prisonnier que Paul atteignit Rome, à l’occasion d’un procès en appel devant le tribunal impérial, après son arrestation en Judée. On perd définitivement sa trace en 62, après deux ans de prédication à Rome en résidence surveillée dans une ville où la première communauté chrétienne apparaît vraisemblablement assez tôt, dès les années 40. Le parcours de Pierre s'achève aussi à Rome où il demeure peu de temps, et selon la tradition, il est crucifié au moment des persécutions de Néron, après l'incendie de 64. Paul trouva aussi la mort décapité.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie : histoire du Levant antique, IVe siècle avant Jésus-Christ - IIIe siècle après Jésus-Christ, Fayard, 2001, Joseph Blenkinsopp, Paul de Tarse : Une vie dans le Christ, Salvator, 2008, Simon C. Mimouni, Origines du christianisme : L’histoire de la communauté chrétienne / nazoréenne de Jérusalem des origines à 135 (II), dans Annuaire de l'EPHE, section des Sciences religieuses (2006-2007), 115 | 2008, p. 199-208, Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand. Juifs et Romains, Salomé et Jean-Baptiste, Titus et Bérénice, Pygmalion, 2011, Jean-Marie Pailler, Pierre et Paul aux liens. Entre réel et symbolique, les métamorphoses d’une double expérience (30-50 apr. J.-C.), dans Ékklèsia. Approches croisées d’histoire politique et religieuse, 104 | 2017, p. 207-224, Christophe Dickès, Saint Pierre : Le mystère et l'évidence, Paris, Perrin, 2021, https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&gomonth=2025-06-29&missatype=DA, https://www.catholictimes.org/article/20240619500020, https://www.choisir.ch/societe/histoire/item/2849-christianisme-le-temps-des-batisseurs, https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/saint-paul-sa-mort-reste-un-mystere-1740.php, https://www.lhistoire.fr/carte/lexpansion-du-christianisme-ier-vie-si%C3%A8cle, et https://www.lhistoire.fr/la-vie-quotidienne-des-premiers-chr%C3%A9tiens.

 

Merci et bonne solennité des apôtres Pierre et Paul !

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