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jeudi 5 février 2026

Les mémoires officielles du 5 au 6 février dans l’Église catholique en Corée, des modèles de martyrs et de constance dans la foi

En Corée, dans l’Église catholique on fête aussi aujourd’hui la Sainte Agathe qui est une mémoire officielle. Le chant d’entrée, la prière principale, la prière d’offrande et la prière après la communion sont en son honneur. On la présente comme la «vaillante vierge, le sacrifice pur, l'offrande chaste, qui suit l'Agneau crucifié pour nous», qui a «illuminé l'Église par la gloire de votre virginité et de votre martyre, entendez son intercession et ayez pitié de nous», «le sacrifice de la bienheureuse Agathe, qui a combattu et triomphé de la persécution», et parmi «les saints avez conféré à la bienheureuse Agathe la couronne de virginité et la couronne du martyre».

 

Tant l'ancien «Martyrologe romain» que le «Martyrologe romain» révisé publié en 2001 avec quelques révisions et ajouts en 2004 mentionnent dans leur liste du 5 février que sainte Agathe, une jeune vierge issue d’une famille patricienne martyre de Catane, en Sicile, a témoigné avec constance de sa foi en Christ tout en subissant de sévères tortures pendant la persécution soit de Dèce en 251, ou celle de Dioclétien en 304. S’il y a eu torture, c’est la seconde qui est la plus probable. Trois édits successifs accentuèrent coup sur coup la sévérité des mesures, allant jusqu'à reprendre le principe de Dèce que tout chrétien devait être mis en demeure de sacrifier après le premier ordonnant la cessation des assemblées chrétiennes, la démolition des églises, la destruction des livres sacrés et l'abjuration de tous les chrétiens occupant une fonction publique. À travers l'Empire, la persécution sanglante déferla, la Sicile fut touchée également. Après son martyre, la vénération de sa personne comme sainte se répandit à Catane et à Palerme, puis dans toute la Sicile. Le Martyrologe de Jérôme (Vᵉ et VIᵉ siècles) et l'ancien Martyrologe carthaginois mentionnent son martyre le 5 février. Elle fut également vénérée comme l'une des sept saintes commémorées dans le premier canon du Missel romain par le pape Grégoire Ier le Grand (règne : 590-604, 3 septembre). La plupart de ses reliques se trouvaient à Catane, mais vers 1040, elles furent emportées à Constantinople par un général grec qui avait chassé les Sarrasins de Sicile, et y revinrent en 1127. Sainte Agathe est particulièrement vénérée comme la sainte patronne de la Sicile, île de sa naissance et de son martyre.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&missaid=4646&gomonth=2011-02-05&missatype=DA, https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintID=1373, https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/0c5f84c34ba6670c51b112a5802191da.pdf, et https://www.santiebeati.it/dettaglio/22350

 

Le lendemain, l’Église coréenne fait une Journée commémorative de saint Paul Miki et de ses compagnons, martyrs. C’est une mémoire officielle. La messe insiste durant le chant d’entrée, la prière principale, et la prière après la communion mettant en avant que «Ces saints ont versé leur sang glorieusement pour le Seigneur. De leur vivant, ils ont aimé le Christ, et après leur mort, ils ont reçu la couronne de laurier de la victoire», «Au bienheureux Paul Miki et à ses compagnons, les martyrs. Il a ouvert le chemin de la vie par la croix.», et «Vous avez révélé aux saints martyrs le profond mystère de la croix.»


Paul Miki et ses compagnons sont dans le contexte du succès, l’organisation de l’Église japonaise et sa progression freinée au XVIe siècle. L’énergique direction d’Alessandro Valignano, visiteur des Indes à partir de 1580, établit la jeune Église sur des principes fermes, il organise la première ambassade japonaise en Europe et fonde un collège qui deviendra un important centre de formation des missionnaires. Les jésuites publiant leur succès, ont attiré la convoitise des Espagnols, installés aux Philippines depuis 1565, mais aussi des commerçants portugais et des ordres mendiants. Elle connaît ensuite à la fois les plus massives conversions puisqu’il y a 150 000 chrétiens japonais en 1580 et la semi-clandestinité, alors que les missionnaires tentaient d’élargir leurs bases géographiques, puisqu’un édit d’expulsion des missionnaires a été promulgué en 1587 sans être vraiment appliqué. Quelques jésuites quittent le Japon pour faire bonne figure, mais la plupart restent en se faisant plus discrets. Seulement les Franciscains des Philippines profitent de cet édit pour répandre la nouvelle de la chute des Jésuites au Japon, même si ces derniers tiennent bien la route grâce à Paul Miki qui remporte beaucoup de succès en attirant des bouddhistes vers la foi chrétienne, Jacques Kisai qui ferme dans sa foi est nommé catéchiste, et Joao de Goto lui aussi catéchiste, permettant leur installation définitive au Japon en 1593 avec l’autorisation d’y installer un couvent et à construire une léproserie près de Nagasaki, crée des rivalités qui ne sont pas uniquement de nature religieuse, mais également politique et économique entre les deux empires ibériques (Portugal et Espagne), mais la licence accordée pour bâtir un couvent ne signifie nullement une bienveillance du pouvoir japonais envers les disciples de saint François, ce que montre le martyre de 26 chrétiens à Nagasaki le 6 février 1597, en majorité des tertiaires franciscains japonais que sont Pierre Baptiste et cinq franciscains espagnols (dont Philippe de Jésus, né à Mexico de parents espagnols), trois jésuites japonais (Paul Miki, Jacques Kisai, Joao Goto), et enfin dix-sept tertiaires franciscains japonais, parmi lesquels deux jeunes garçons de onze et treize ans, et Louis et Antoine, injustement soupçonnés de fomenter des plans d’invasion espagnole. Rassemblés à Kyoto, les condamnés parcourent un long chemin de croix de 800 km, en plein hiver. Le 5 février 1597, ils sont crucifiés face à la mer — face à l’occident — sur une colline dominant Nagasaki.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Sylvie Morishita, Les «séparés» du Japon au XIXe siècle : Le témoignage des Missions Étrangères de Paris, dans Une religion missionnaire, dans La revue des sciences religieuses, 80/2 | 2006, p. 179-192, Ryoko Asuka, Les persécutions contre les missionnaires européens et les chrétiens japonais aux XVIe et XVIIe siècles : La révolte de Shimabara et d'Amakusa, L'Harmattan, 2022, Hélène Vu Thanh, Les disputes entre jésuites et franciscains : D’un conflit missionnaire à l’échec de l’évangélisation du Japon (XVIe-XVIIe siècles), dans Les disputes et la conversion religieuse de l’Antiquité au XVIIe siècle sous la direction de Pierre Antoine Fabre et Jérémie Foa, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 187-202, https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20250206,  https://pocram.hypotheses.org/1393, https://www.cath.ch/newsf/la-foi-secrete-des-chretiens-japonais/, https://www.jesuits.global/fr/saint-blessed/saint-paul-miki/, et https://www.messagerdesaintantoine.com/content/le-japon-une-epopee-franciscaine

 

Merci bonne Sainte Agathe et saint Paul Miki et ses compagnons !

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