En
ce 14 juillet, nous allons voir une histoire de la Révolution
française, qui a bouleversé la société française, ainsi que le monde entier, agitées par de profondes
mutations, ont transformé les choses existantes en symboles. C'est ainsi que la
grande politique est à même de changer un pays.

Le royaume de France sort affaibli
(économiquement et territorialement) des règnes de Louis XIV et de Louis XV.
Durant le règne de Louis XVI, la
misère et les injustices vécues par la majorité
des Français contrastent avec la grande vie menée à la Cour. C’est dans ce contexte que la monarchie français doit faire face à deux défis : le soutien à la
révolte des 13 colonies anglaises
d’Amérique, qui grève considérablement les caisses de l’État et le «mouvement des Lumières», qui remet
en question la monarchie absolue, et
plusieurs années de récoltes médiocres ou franchement mauvaises ont
enfin fragilisé les couches les plus
pauvres de la société française mais aussi la petite bourgeoisie des métiers qui redoute le déclassement. En
ville et dans les campagnes, les tensions et rébellions se multiplient
entre janvier et avril 1789, dont 105 en avril (en Provence, en Île-de-France
et Normandie); conflits du travail où le monde des journaliers entre en conflit avec les fermiers dans les riches terres
d’Île-de-France (les «bacchanals»),
le plus bel exemple est l’émeute à la manufacture
Réveillon entre le 26 et 28 avril 1789. L’État monarchique, gangréné par une situation financière dramatique,
et qui se heurte à l’impossibilité de toute réforme fiscale, ne peut répondre
alors aux envies de changements, du fait que plusieurs ministres se succèdent – Turgot, Necker, Calonne – et tentent de supprimer les
avantages fiscaux, et son image est assombrie par plusieurs affaires,
comme celle du Collier de la reine en 1785, par les libelles mettant en
cause la reine, ses favoris et ses dépenses. En 1789, la
situation n’est plus tenable pour le roi,
la monarchie, incapable de se
réformer, l’aristocratie, attachée à
ses privilèges, la bourgeoisie,
enrichie par la prospérité économique de la veille et enhardie par les Lumières
au point de vouloir gouverner, et les éclats inattendus, anciens dans beaucoup
de leurs traits, nouveaux dans d’autres, du prolétariat des villes et des campagnes subitement poussé à de
brutales et massives initiatives. Face à l’échec des tentatives de réformes,
il doit faire appel aux États généraux après l’échec de la réunion
des Notables pour sauver le pays de la banqueroute en février 1787 et que
l’aristocratie parlementaire met en
échec le «despotisme ministériel» de Calonne puis de Brienne en 1788 après que les élites
éclairées du Tiers ont défendu avec véhémence et violences la «cause parlementaire» à Paris, Pau,
surtout Rennes et Grenoble, obligeant le roi à rappeler Jacques Necker le 25 août 1788, que tout le monde, des parlements
au peuple, semble réclamer, en même
temps qu’il demande aux Français de
noter leurs revendications dans des cahiers
des doléances. Cet espace de liberté d’expression débouche sur un «horizon d’attente inouïe» au moment des
États-généraux. Mais ce consensus
apparent se brise sur la question de l’organisation de l’Assemblée : doublement ou non du Tiers ? Vote pas tête ou par ordre
? Bien aidé durant l’automne 1788 par la Société
des Trente, le Club des enragés,
les Amis des Noirs... qui voit en
même temps que les journaux, les brochures
et libelles, les sociétés de pensée se multiplier, où de
jeunes nobles libéraux se réunissent
avec d'autres hommes, sans souci des
rangs ni des origines. Ils lisent les philosophes,
Montesquieu, Rousseau, et ils sont animés de la même conviction : "Le Tiers État n'est point un ordre,
il est la nation". Les élections aux États-généraux en mars
1789 dans les provinces se déroulent dans une improvisation totale faute
d’instructions du pouvoir et voient onze nobles élus au sein du tiers état comme le baron Malouet, Antonelle, André Cottin,
le comte Roederer, Le Chapelier et Mirabeau, plébiscité par de véritables émeutes à Marseille,
et trois membres du clergé comme l’abbé de Sièyes, qui devient célèbre dès
1788 par son Essai sur les privilèges,
encore plus par sa brochure de 1789 Qu'est-ce
que le Tiers-État ?, dans lequel on compte environ 200 avocats, une centaine de
commerçants, d'industriels et de
banquiers parmi lesquels se trouvent
Bailly, Camille Desmoulins, Mounier,
Barnave, Lanjuinais, Robespierre
qui publie à L'adresse à la Nation
Artésienne, Pétion, Touret rendu célèbre par son Avis aux Bons Normands, Buzot, le pasteur Rabaut Saint-Étienne, au sein de la noblesse, on trouve des hommes favorables aux réformes comme Duport, le duc d’Orléans, La Fayette,
La Rochefoucauld, le vicomte de Noailles, les frères Lameth, ou le duc d’Aiguillon, comme dans le clergé, l’abbé Grégoire et Talleyrand-Périgord,
même s’ils ne sont pas élus, Condorcet
et Brissot, auteur du journal Le Patriote Français, appuient à
travers leurs écrits ceux qui souhaitent réformer le royaume, ce sont ces derniers formaient le «Parti patriote», mais
les élus du clergé parmi eux
l’archevêque de Bordeaux, Champion de
Cicé, Anne Antoine Jules de
Clermont-Tonnerre, évêque de Châlons-sur-Marne, et l’abbé Maury, et de la noblesse
parmi eux l’officier Stanislas Marie
Adélaïde, comte de Clermont-Tonnerre,
dans leur grande majorité ne voulaient aucun changement et formaient le «Parti
aristocratique», et, associée à la nécessité de rédiger des doléances qui le furent, en toute
liberté, le plus souvent à la fin de l’hiver 1788 et au début du printemps 1789,
génèrent une ambiance électrique entre espoirs et tensions. Ils proviennent de
tous les coins du pays et incarnent la France
des villages et des campagnes mais aussi des grandes villes. L’impôt pour
tous, l’abolition des taxes sur les produits de première nécessité, une même
justice pour tous, le mariage des prêtres,
l’encadrement des loyers à Paris : des revendications d’une étonnante
contemporanéité. Mais la situation échappe au roi : c’est le début de la «révolte».
C’est portés par l’enthousiasme et l’attente suscités par ces élections
associées à la légitimé qu’elles leur apportent que les députés du tiers arrivent à Versailles au début du mois de mai
1789. Le 4 mai 1789, la grande messe et procession d'ouverture des états
généraux a lieu en présence du roi.
Le sermon donné par l’évêque La Fare
avait pris à partie les réformateurs
trop avancés avec les dépenses exagérées de la Cour. Les députés du Tiers
sont humiliés avec le port de l’habit noir, la présentation en masse au roi dans la «Chambre» et non dans le «Cabinet»
plus intime, l’organisation de la procession, le Tiers en tête, loin du
roi donc. Les dissensions éclatent au grand jour au moment de vérifier les
pouvoirs des députés le 5 mai 1789 à
Versailles et alimentent un climat de défiance à l’égard du pouvoir, laissant libre cours aux
rumeurs de complots. Mais très vite l’absence de directives comme de consignes
de vote de la part de la monarchie
crée une situation de flottement et d’inaction propice à la prise d’initiative
(et de risque) de quelques députés du
tiers. L’action concertée de quelques
uns essayant d’entraîner les autres
vers l’action, à l’image du Club breton
véritable groupe de pression, et de l’intransigeance de la noblesse à refuser de se réunir au tiers pour la vérification des pouvoirs va amener un conflit. Le tiers demande en vain que ce travail se
fasse en commun. Pendant plus d'un mois, la situation stagne. Dès le 8 mai, plusieurs députés affirment qu’il faut
profiter de ces longues heures passées ensemble pour commencer à débattre de
sujets plus larges. Pendant ce temps, la majorité
de l’assemblée de la noblesse, occupée à se constituer, refuse d’écouter
les dissidents du Dauphiné, qui
proposent de négocier avec le Tiers
: «Le temps n’est pas venu», affirme d’Antraigues, révélant combien son
ordre bloque systématiquement toutes les revendications du Tiers. Le 11 mai, la Noblesse
est constituée. Le 13, les choses s’accélèrent. Prenant la parole, Le Chapelier, un des Bretons les plus radicaux, place subtilement
les privilégiés devant leurs contradictions en les dénonçant comme les
principaux responsables du blocage des États généraux. Théroigne de Méricourt a regagné Paris
en mai 1789 pour ne rien rater des États généraux réunis à Versailles.
Elle commence à scruter les brochures
politiques et s'implique plus que n'importe quelle autre femme au débat
public. Elle se rend très souvent dans les tribunes de la salle des
Menus-Plaisirs où siègent les États
généraux. Le 18 mai, Mirabeau,
s’opposant aux Bretons, va encore
plus loin. Les députés modérés réussissent
à obtenir qu’à partir du 23 mai des conférences soient organisées pour que les trois ordres puissent trouver un
terrain d’entente. Mais il est déjà trop tard. Dans l’assemblée du clergé, les prélats
conservateurs, habitués aux grandes
assemblées de l’Église, manient la tactique de l’obstruction avec talent
pour empêcher les curés de parler,
ce qui, par contrecoup, augmente la radicalisation des patriotes. Le 27 mai, plusieurs
députés proposent de valider la proposition de Le Chapelier afin de devancer une éventuelle intervention
autoritaire du roi. Pour Mirabeau, le temps de l’immobilité est
passé, le Tiers a «besoin de faire et d’agir». Le 28 mai,
le roi fait lire une lettre.
Condamnant l’«inaction» de l’Assemblée qui, précise-t‑il, menace directement
ses projets et la «prospérité de l’État»,
il exige que les conférences reprennent. Au sein de la noblesse, les plus libéraux
contestent la stratégie de l’intransigeance. Le 29, Lally-Tollendal tente de convaincre les députés nobles qu’ils ne sont plus en position de force et qu’ils
ont eux-mêmes intérêt à négocier pour ne pas tout perdre. De leur côté, les députés du Tiers acceptent, mais sous
conditions. La mort du Dauphin le 4
juin 1789 transforme Louis XVI considérablement,
il devient pacifique et cherche d'abord une entente avec la Révolution. Enfin,
le 10 juin, les membres du tiers,
impatientés, décident de procéder seuls aux vérifications. Le 11 juin, l'abbé Sieyès, auteur de l'essai fondateur
Qu'est-ce que le Tiers état ?,
invite les députés des deux autres
ordres à rejoindre les «députés des Communes». Aucun ne répond
à cette nouvelle invitation; aussi, le Tiers
état commence la validation des pouvoirs le 12. Le 12 juin, alors que tout
s’accélère, que Sieyès a réussi à
lancer un ultimatum aux privilégiés, Bailly
ne peut informer le roi de la
situation, car celui-ci continue d’aller à la chasse. Pour le tiers état, le ralliement progressif de
quelques curés à partir du 12 juin, comme
Claude Marolles, curé de
Saint-Quentin, joue un rôle décisif. Le 13
juin, les premiers députés du clergé
arrivent enfin dans la Grande Salle, bientôt suivis par d’autres. Bien avant que les députés
du Tiers ne se proclament Assemblée
nationale, un grand nombre de
députés présents à Versailles savent qu’une rupture se dessine. L'abbé Sieyès le 15 juin peut présenter
sa motion sur la constitution des Communes
en «Assemblée des représentants connus et
vérifiés de la Nation française». Sieyès
prévient toute contestation sur la légitimité de la future Assemblée : les députés
alors présents représentent les «quatre-vingt-seizièmes
de la Nation». L’entrée en révolution se fait avec la transformation des États
généraux en assemblée nationale
le 17 juin sur l’initiative de Sieyès,
se ralliant à la proposition d'un avocat d'un bailliage du Berry, Jérôme Legrand, et l’affirmation de la
souveraineté nationale. L’astronome Jean
Sylvain Bailly (1736-1793) fut élu président de l'Assemblée. Le 19, le clergé
décide de se joindre à lui. Avec le serment du Jeu de Paume le samedi 20
juin, la nouvelle assemblée nationale
s’engage à ne pas se séparer avant d’avoir rédigé la Constitution, et le mardi 23 juin, ils envoient promener le roi, sa Cour et ses soldats. «Nous sommes ici par la volonté du peuple et
nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes» réplique Mirabeau. Mais
les premiers comptes-rendus n’évoquent point de «baïonnettes». C’est donc Mirabeau
lui-même qui réécrit ses propres paroles du 23 juin dans son journal, le 26 juin. Le 24 juin,
le Tiers reprenait ses séances et le
clergé en majorité le rejoignait. Le
25 juin, 47 gentilshommes avec à
leur tête le Duc d'Orléans les
rejoignirent, à partir de là ce fut la débandade. Et le roi cède le 27 juin, il demande aux députés de la noblesse et du clergé
de se joindre à ceux du tiers-état,
pour former une seule assemblée. Le tiers
état gagne son bras de fer contre le roi.
Avec l’appui du clergé, il forme la première Assemblée nationale le 9
juillet. Les premiers pas des États généraux devenant Assemblée nationale constituante
étaient apparus aux contemporains comme quasi miraculeux tant ils étaient à la
fois attendus et improbables. Ces événements conduisent aussi à l’instauration
de la Commune de Paris.

En
juillet 1789, Marat écrit une lettre
à l’Assemblée nationale, pour lui
faire profiter de son expérience des vices de la Constitution anglaise. Il s’intéresse donc très tôt aux
nouvelles instances politiques et surveille de près leur action. Mais, Louis XVI fait appel à 20 000 soldats, en partie allemands et suisses. La
réunion de troupes au Champ-de-Mars
échauffe les esprits. Le 8 juillet, Mirabeau
avait déjà demandé à Louis XVI le
retrait des troupes royales
disposées dans Paris et à Versailles. C’est le début de l’engrenage. Le 11
juillet, Louis XVI destitue Necker, dont la faveur était immense
parmi le peuple et fit grouper autour de Paris des régiments étrangers de l’armée royale. Camille Desmoulins lance, le 12 juillet 1789, la fameuse «Saint-Barthélemy des Patriotes». Il
invite la foule à porter une «cocarde»
verte. Une charge de cavalerie
déchaîne l’émeute. Le 13 juillet, les barricades et les tranchées fleurissent
dans les rues de Paris. Les Gardes
Françaises n’obéissent plus à Louis
XVI et se mettent à la disposition des parisiens.
Le Comité des électeurs du Tiers,
réuni à l’Hôtel de Ville, s’empara des pouvoirs municipaux et organise une milice civique, la proximité des régiments étrangers entretenait une
atmosphère d’inquiétude et de menace dans la capitale. Le 14 juillet 1789, la
prise de la Bastille se décida en quelques heures puisqu’il s’agissait de
trouver rapidement de la poudre pour les fusils qui venaient d’être saisis aux
Invalides. Le peuple de Paris parmi
lequel se trouve Pauline Léon, Catherine Pochetat, et la toute nouvelle garde créée par la Commune de Paris affrontent alors les troupes royales et fait tomber la
Bastille, grâce aux gardes-françaises
se joignirent au peuple des faubourgs. La prise de la Bastille entraine
la mort du gouverneur de Launay et
du prévôt des marchands, Flesselles
qui refuse de livrer les armes de l’Hôtel de Ville. Les observateurs éclairés parlent de la menace permanente d’un nouveau
soulèvement. La prise de la Bastille étant la première des journées
révolutionnaires, elle frappa d’étonnement les contemporains, et jusque dans certains
pays étrangers. L’émigration est
alors inaugurée par le départ au lendemain même du 14 juillet 1789 des principaux opposants au déroulement des
événements, notamment le comte d’Artois,
frère du roi, et le prince de Condé qui quittent la France
pour préparer leur retour à la tête d’armées
qui auraient eu la mission de rétablir l’ordre troublé, à leurs yeux, dès 1787,
novation que 1789 a consacrée. Dans la nuit du 15 au 16 juillet,
à la tête d’une patrouille, Danton, un
avocat de la section des Cordeliers,
se rend à la Bastille pour en faire arrêter le nouveau gouverneur, un certain Soulès. Cette première action est un
échec puisque l’homme est libéré dès le lendemain sur l’intervention de La Fayette. Et le 16 juillet, Mirabeau après avoir demandé le renvoi des
ministres, vient en personne
participer à la démolition de la Bastille. Ses conséquences furent
importantes. Le roi doit renoncer à
son pouvoir absolu. Cédant en rappelant Necker,
en acceptant la cocarde tricolore, insigne de la milice parisienne qui prit le
nom de Garde Nationale et, fut
commandé par La Fayette, et en
renvoyant les régiments étrangers,
le roi perçoit le poids du
mécontentement acceptant le 17 juillet de se rendre à Paris accompagné d’une délégation de 300 députés, où fut reçu
par Bailly, chef de la municipalité
nouvelle; il accepta la cocarde tricolore. Toutes les villes eurent à l’exemple
de Paris leurs municipalités nouvelles et leurs Gardes Nationales. Ainsi, Louis
XVI sanctionne la disparition de la société
d’ordre et du régime féodal. Suivent
le meurtre de Berthier et Foulon le 22 juillet accusés de
spéculation et pendus, qui marque la distinction entre violence des révoltes
populaires et celle des révolutions politique. Le 23 juillet 1789, Barnave se fait remarquer pour l’une de
ses apostrophes en pleine séance de l’Assemblée;
il s’exclame, à propos de l’assassinat de Foulon,
contrôleur des Finances, et de son gendre Berthier
: «ce sang était-il donc si pur ?». En
se proclamant Théâtre de la Nation,
la Comédie-Française ne fait que
s'adapter aux circonstances. Dans un climat de crise frumentaire et de rumeurs
de coups de force royal, le peuple n’hésite
pas à recourir à la violence, c’est le début du soulèvement populaire qui s’est
propagé dans toute la France, très vite, le peuple se soulève dans tout le pays, soutenu par les artisans et la
bourgeoisie. Cette violence qui explose au cours de l’été 89 dans un royaume
complètement livré à lui-même, sans justice ni maintient de l’ordre. Face aux révoltes
populaires de l’été où les paysans
mène une des jacqueries les plus importantes que l’histoire ait connu connues sous le nom de ‘Grande Peur’ s’en prenant aux symboles de l’autorité que
sont le château, le seigneur, l’administrateur local, et ils réclame
une réforme agraire antiféodale, mais aussi opposée à la concentration des
grandes exploitations, qui prive la paysannerie
de l’accès à la terre, la nouvelle
Assemblée vote la fin des privilèges entre le 4 août et le 11 août, en
réalité, les droits féodaux ne
furent pas complètement abolis par les arrêtés du 4 août : les principaux, ceux
qui étaient de véritables impôts, furent déclarés seulement rachetables, au
grand mécontentement des paysans, cependant
jurandes et maîtrises, vénalité des offices,
privilèges de naissance, privilèges provinciaux, tout l’ancien régime
fut aboli. La Révolution semblait faite dans un élan de générosité et
d’union, le 26 août, la Déclaration
des droits de l’homme et du citoyen, rédigé par Mirabeau, avec l’évêque de Langres,
La Luzerne, Desmeuniers, Tronchet et Redon au sein du Comité des
cinq, et Mirabeau fut nommé
rapporteur du texte présenté à l’Assemblée
le 17 août. Malgré ses prétentions égalitaires, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen exclut opportunément
les revendications féministes et le théâtre
reste soumis à une censure municipale. Au sein de cette Assemblée, certains propriétaires
commencent à avoir peur et vont chercher un compromis avec la monarchie contre le peuple. C’est après le vote de la Déclaration des droits de l’homme
le 26 août 1789, que le clivage entre «côté
gauche» et «côté droit» va se
préciser. Le «côté droit» voulait
éluder les principes de la Déclaration,
le «côté gauche» voulait les mettre
en pratique. Méfiant, Marat publie en
août La Constitution ou projet de
déclaration des droits de l’homme et du citoyen, suivi d’un Plan de Constitution juste, sage et libre.
Quant à Théroigne de Méricourt, elle
assiste à de nombreuses séances de l'Assemblée
nationale constituante, et n'hésite pas à réclamer avec panache l'égalité
politique des femmes au même que les
hommes. En août 1789 aussi, un début d'insurrection a été sévèrement
réprimée en Martinique. La répression des colons et des autorités
en place a été implacable. En septembre, de nouveaux soulèvements se sont
multipliés sur les habitations et dans les bourgs. Le 11 septembre 1789, deux
semaines après la lecture de la Déclaration
des droits de l'homme et du citoyen, les députés votent l'attribution d'un droit de veto royal permettant au roi de refuser de signer des lois votées par l'Assemblée. Pour faciliter le décompte des voix, les uns, favorables
à la mise en place d'un veto partiel ou «veto
suspensif», se placent à gauche du président
de l'Assemblée. Les autres, préférant un veto absolu en faveur de Louis XVI, se placent à sa droite. À
l'issue de ce vote, la mise en place d'un veto suspensif l'emporte, à 673 voix
contre 325. Le clivage droite-gauche apparaît pour la première
fois. Cette disposition s'enracine à partir du mois d'octobre 1789, lorsque l'Assemblée s'installe à Paris dans la
salle du Manège des Tuileries. Les députés
qui y délibèrent reproduisent le même schéma : ceux favorables à la
Révolution s'assoient à gauche du président
de l'Assemblée, appelé aussi le «côté
du Palais Royal»; ceux hostiles à la Révolution se placent à droite
du président, du «côté de la reine». L’Assemblée se divise entre les noirs ou «aristocrates», de la
couleur de la reine, centrés autour
de l’abbé Maury, Cazalès, et Eprémesnil, et les constitutionnels,
les partisans d’une monarchie
constitutionnelle, qu’on appellera bientôt les fayettistes; la gauche ou
les ou «patriotes» autour du triumvirat
Barnave, Duport, et Alexandre de
Lameth, et d’une minuscule gauche revendicative
avec Buzot, Grégoire, Pétion et son
ami le député d’Arras, Robespierre. Le
monarchiens ou ce qu’il en reste
autour de Jean-Joseph Mounier,
avocat et figure de proue de la droite
française, prend la tête des partisans
de l'ordre ancien, il se distingue nettement de la droite aristocratique; il a pour modèle la monarchie limitée de la Grande-Bretagne, tandis que le marquis de Mirabeau guide le groupe des
«patriotes».
Les symboles de la rupture avec l’Ancien Régime s’accumulent. Les pierres et maquettes
de la Bastille, vendues par l’entrepreneur
Palloy, deviennent des reliques révolutionnaires. Les parasols brandis par
les femmes signalent leur prise de
place dans l’espace public, tandis que les piques des sans-culottes incarnent la montée en puissance du peuple en colère. La cocarde tricolore
remplace progressivement les atours de la cour,
et même les assiettes se métamorphosent en supports de propagande, capturant
l’effervescence idéologique du moment. Paris devient un laboratoire de la démocratie. Dans les sections parisiennes, on débat avec
passion. L’avènement de la liberté de la presse permet qu’en 1789 se créé 140 journaux à Paris, il y a alors 200 journaux dans la capitale, le double l’année suivante. Les aristocrates
ne sont pas les derniers à se faire entendre. La presse des «amis du roi» bénéficie des feuilles
déjà en place comme Le Mercure de France
ou La Gazette de France. Rivarol ou l’abbé Royou en sont les publicistes de talent. Les fonds royaux
soudoient Le Courrier de Versailles.
L’opinion contre-révolutionnaire,
souvent agressive mais d’une audience plus limitée s’exprime aussi dans Les Amis du Roi, Les Actes des Apôtres, ou Le
Petit Gauthier. Ces journaux
conservateurs ont une cible favorite, puisque le féminisme d'avant-garde de Théroigne
de Méricourt ne manque pas d'être conspuée par cette presse réactionnaire qui la dépeint comme une femme pervertie. La presse «centriste»,
de caractère semi-officiel est plus répandue. L Moniteur qui publie les textes
législatifs, ou Le Logographe
bénéficient de subsides ministériels. La
Feuille Villageoise ou le Journal de
Paris sont plus une presse d’information que d’opinion. Au départ la plupart de ces journaux comme celui de Brissot, déjà cité, ou de Mirabeau, le Journal de Provence, se veulent ou se disent patriotes. Mérite
surtout ce qualificatif, la presse
sans compromis comme les Révolutions
de Paris de Loustalot, qui
mène campagne pour le suffrage universel, ou Les Révolutions de France et de Brabant de Camille Desmoulins, ou L’orateur du Peuple de Fréron, ou bien sûr L’ami du Peuple de Marat qui dénonce avec virulence les cliques et complots contre-révolutionnaires et appelle sans cesse à la
mobilisation du peuple, ou encore Le Père Duchesne d’Hébert, porte-parole des masses
parisiennes, surtout très populaire dès 1792, et Louise De Keralio, elle aussi du côté «patriote» publie Le
Journal d’État et du citoyen compte, du 13 août au 27 décembre 1789,
qui est devenu le Mercure national.
Les constitutionnels vont à la Société de 89, fondée par Sieyès, qui tient ses séances dans un
luxueux local du Palais-Royal. Le droit d’entrée élevé en fait un club restreint à la bonne société. On y rencontre dans de
grands dîners d’apparat tout ce qui compte parmi les révolutionnaires modérés, Lafayette
et Bailly, Mirabeau et Condorcet,
et des financiers comme Clavière ou
le fermier général Lavoisier. Le côté gauche, lui, se rassemble dans le club des Jacobins dans lequel figurent des Constituants bretons (Lanjuinais,
Le Chapelier), auxquels
s'adjoignirent des députés d'autres
provinces et des hommes politiques
en vue (duc d'Aiguillon, Pétion, l'abbé Grégoire, Robespierre,
Sieyès, Barnave et les Lameth),
réfléchissant aux droits civiques et aux libertés nouvelles. Le district des
Cordeliers, correspondant à l'actuel Odéon, était habité par de nombreux journalistes et intellectuels patriotes aux fortes personnalités comme son président Georges Danton mais aussi Jean-Paul Marat,
Camille Desmoulins, Antoine François Momoro, Léonard Bourdon... L’Assemblée nationale constituante traite en
plusieurs débats du cas des auteurs, des comédiens
et des théâtres. La presse et les clubs s’interrogent sur le patriotisme en art, sur la moralité des
scènes. Le modèle de la Comédie-Française
paraît absolu; le poids de l’institution est capital dans les débats. Ils sont
nourris des préjugés religieux et des préconisations de Rousseau. Dès 1789 pourtant, le théâtre apparaît comme un outil éducatif majeur, une possible école
de vertu. Sur le plan économique, il doit s’émanciper des privilèges d’Ancien
Régime. La passion pour le théâtre explose à la faveur des nouvelles
libertés, mais aussi sous la pression de l’opinion avide de voir mis en scène
les événements qu’ils étaient en train de vivre : le théâtre joue alors un peu le rôle des «dazibaos» pendant la Révolution culturelle chinoise, sorte
de journal spontané et très libre de l’actualité immédiate. Les pièces, à l’époque, étaient écrites
très vite, en un jour ou deux, parfois le jour même pour le soir, ce qui leur
permettait de coller à l’actualité. Dans Le
triomphe du Tiers-État, écrite en 1789, on voit des attaques, somme
toute bon enfant, contre le clergé
régulier, Nicodème dans la lune
et Le réveil d’Épimènide en
1790, prône la réforme de la monarchie.

À droite de l’Assemblée, le «parti
noir» multiplie les incidents de séance afin de ralentir les réformes. En
septembre, Mirabeau défendit les
projets financiers de Necker, et
entraîna le vote de l'Assemblée, par
l'éloquente évocation de la banqueroute. Les idées circulent, c’est
l’effervescence. Un changement social et politique de grande ampleur est en
train d’opérer. Mais, la pénurie de pain, la famine et les désillusions
provoquent à nouveau la colère du peuple. Le 7 septembre 1789, vingt-deux femmes accompagnées d’un porte-parole masculin viennent offrir
leurs bijoux à l’Assemblée constituante
pour acquitter la dette publique. Ce sont des femmes artistes et des femmes
d’artistes reconnus, mais aussi une négociante,
sans doute d’objets d’art. Ce sont des femmes
très lettrées et elles prennent exemple sur les femmes romaines qui avaient offert leurs bijoux au Sénat. Le 1er octobre 1789, le député Guillotin demandait l’abolition
des peines infamantes. Dès octobre 1789, le couple royal s’efforce de composer avec l’Assemblée nationale pour regagner sa confiance. Pourtant au même
moment, Louis XVI envoie au roi d’Espagne une protestation
solennelle contre tous les actes contraires à l’autorité royale. D’emblée, il
installe dans un double jeu. À Paris, le nombre des chômeurs augmentait, la crise du ravitaillement se prolongeait et
le bruit se répandait parmi le peuple
parisien que le roi, la reine et les contre-révolutionnaires voulaient réduire la capitale à la famine
pour triompher de sa résistance. À l’opéra du château de Versailles, le roi accompagné de la reine et du dauphin se rend à un banquet traditionnel, où les esprits
s’échauffent et crient : Vive la
monarchie ! Cet événement anecdotique induit les journées d’octobre. Finalement,
les 5 et 6 octobre, une marche d'une cinquantaine de femmes est
organisée sur Versailles, parmi lesquelles se trouvent Pauline Léon, et la «Reine Audu», populaire marchande de
la Halle. Elles vont réclamer aux députés de l’Assemblée constituante du pain et des droits, et Mirabeau essaye de répondre à la
demande des femmes en appuyant une ordonnance qui prescrit à toutes
les municipalités voisines de laisser passer librement les blés et farines
destinées à l’approvisionnement de Paris. Par la suite, la foule brisa les grilles du palais, envahit la résidence de
Versailles et exige le transfert de la famille
royale au Palais des Tuileries, en plein centre de Paris, et l’Assemblée obtient du roi la signature des premiers articles
de la Constitution et de la Déclaration des droits de l'homme et du
Citoyen promulguée le 26 août 1789. Les positions modérées d’Olympe de Gouges se dressent contre
elle tant chez les royalistes que
les révolutionnaires (ou «patriotes»).
Lors de la «marche des femmes»
sur Versailles, le 5 octobre 1789, des hommes
de main font irruption chez elle et l’accusent de revendications populaires
et d’offenses à la famille royale. Les
perdants d’octobre sont les modérés, les monarchiens : leur projet de Constitution
à l’anglaise a été rejeté et ils sont terrifiés par le mouvement populaire. Dès le 8 octobre, Mounier, leur chef de file, démissionne
de la présidence de l’Assemblée pour
raisons de santé et rejoint son Dauphiné, d’où il ne tardera pas à émigrer en
Savoie. Dans les jours qui suivent, près
de deux cents représentants du peuple demandent un passeport pour émigrer
ou se réfugier dans leur province, tant est grande leur peur de venir siéger à Paris.
Le 10 octobre, Louis XVI, sur un décret
de l’Assemblée, devient «roi des Français». Le 12 octobre, le roi accepte de quitter Versailles avec
sa famille pour le palais des
Tuileries, à Paris. D’ailleurs, l’Assemblée
hésite à suivre le roi. Elle ne quitte
Versailles que le 19 octobre et s'installe dans le manège des Tuileries.
Avec l’installation à Paris de la famille royale et de l’Assemblée, les perspectives d’une
reprise en main monarchique par la force deviennent aléatoires. Avec la
proximité physique de la Révolution parisienne, les perspectives d’un
compromis au sommet entre notables
deviennent, elle aussi, bien hasardeuses. Le «côté droit» de l’Assemblée
va obtenir une série de violation des droits déclarés en imposant une monarchie constitutionnelle bien aidé
par La Fayette qui est devenu
l'idole des partisans d'une révolution
bourgeoise tendant à mettre en place une monarchie constitutionnelle fait face au duc d'Orléans qui convoite toujours le trône et Mirabeau qui se voit lui aussi Premier
ministre, et dès le 20 octobre l’Assemblée
adopte le suffrage censitaire, un suffrage réservé aux mâles riches – et la première exclusion des femmes des instances électives héritées du Moyen-âge –, une
politique économique de «liberté»
illimitée du droit de propriété des propriétaires.
Un député se fait remarquer, car dès
le mois d’octobre 1789, Robespierre
protesta contre la distinction des Français
en citoyens actifs, seuls pourvus du
droit de vote parce que seuls en état de payer des impôts déterminés, et en citoyens passifs, exclus de la cité
parce qu’ils ne possédaient que leur travail. Ses discours contre le marc
d’argent, c’est-à-dire contre la somme d’impôt fixée pour être éligible,
furent réimprimés dans toute la France. Nulle campagne ne le popularisa
davantage. La société des indigents amis
de la Constitution lui vota des félicitations enthousiastes. L’Assemblée réserva la garde nationale à la seule bourgeoisie. Mais Robespierre réclama des armes pour le peuple. Il voulut ouvrir à tous les citoyens cette garde nationale qui était l’armée de la Révolution. L’Assemblée tremble et vote la loi martiale à l’automne 1789
pour réprimer les troubles provoqués par le haut
prix des subsistances après le massacre le 21 octobre du boulanger François, trahissant les principes républicains de 1789, Robespierre s’était efforcé d’empêcher
la bourgeoisie de se servir de ses
armes contre le peuple affamé et
désarmé qui demandait du pain, et le 2 novembre met les biens du clergé à disposition de la nation. Alors que le futur Philippe Egalité sera rapidement
écarté. La Fayette l'incitera à
partir pour Londres suite aux soupçons qui pèsent sur lui et sur sa
responsabilité lors des émeutes de Versailles. Ce dernier reviendra en
juillet 1790. Reste Mirabeau homme
d'une toute autre trempe. À l'issue d'âpres discussions et manœuvres
politiciennes Mirabeau se voit
fermer les portes du premier ministère par le décret du 7 novembre 1789 interdisant à tout membre de l'Assemblée Nationale d'occuper une fonction
ministérielle pendant toute la durée de la session. Le 21 novembre 1789,
lorsque Charles-François Bouche,
avocat au Parlement d’Aix, représentant les députés de Provence, renouvelle sa motion pour la restitution de
l’État d’Avignon et du Comtat-Venaissin, l’Assemblée nationale ne fait qu’autoriser l’impression de son
mémoire. Le 23 novembre, l’Assemblée
substitua aux impôts d’Ancien Régime, une contribution foncière pesant
sur l’ensemble des propriétés. Le 30 novembre 1789, la réunion de la Corse à la
France est décrétée. Les citoyens de
l’île acquièrent les mêmes droits que leurs
homologues du continent. En novembre, Mirabeau
s'éleva aussi avec une remarquable compétence contre la centralisation de la banque (Caisse d'escompte) à Paris : «Nous
avons aboli les privilèges et vous voulez en créer un...» Entérinée par les
lois du 14 décembre 1789 et du 21 juin 1790, la révolution
communaliste débouche sur la constitution d’entités politiques ayant de larges pouvoirs en matière de justice,
de police, de ravitaillement (fixation des prix et des salaires), d’assistance
aux indigents – ateliers de secours et mise en culture des terrains vagues. «Âmes de la révolution populaire», les communes populaires doivent selon les sans-culottes avoir les mêmes droits
que les citoyens et incarnent la démocratie directe chère aux libertaires des XIXe et XXe
siècles, avec droit de pétition
et d’insurrection. Durant l'hiver
1789, à la Comédie-Française, la
bataille ne fait que commencer entre Rouges
révolutionnaires et Noirs prudents.
Depuis que le jeune Talma a créé Charles IX, attaquant de front l'Église et son alliée monarchique, la troupe
est en émoi. Mais le spectacle ne se joue plus seulement sur scène. Il envahit
la salle, où l'émeute permet à chaque
camp de se compter. Le spectacle est aussi à l'Assemblée, où les orateurs
rivalisent d'éloquence; et se déverse dans la rue que la foule a durablement investie, d'insurrections plus ou moins
spontanées en fêtes grandioses orchestrées par des artistes députés. Pendant ce temps, de mai 1789 à l’insurrection
d’août 1791, ce sont les colons
blancs autonomistes et esclavagistes qui se présentent comme des victimes du «despotisme» et certains de
leurs représentants à Paris participent activement à la Société des Amis de la Constitution
(les Jacobins). On peut donc être «révolutionnaire»
en métropole et «esclavagiste» dans
les colonies. En décembre 1789, le débat
bat son plein sur l’accès à la citoyenneté de ceux que le catholicisme
triomphant en avait écartés (juifs,
protestants), leur refusant leur
propre état-civil et l’exercice de nombreuses professions. Les nombreuses réformes imposées par Joseph II suscitèrent de vives
oppositions dans la population des
Pays-Bas autrichiens, fort attachée à ses privilèges et à ses coutumes. À
la fin de l'année 1789, le pays se souleva, provoquant la retraite des Autrichiens qui ne conservèrent que le
Luxembourg.

L’année
1790 apparaît ainsi comme l’année des malentendus : la recherche parfois
maladroite du compromis politique provoque aigreur et suspicion. L'indépendance
des États-Belgiques-Unis (Brabant) fut proclamée en janvier 1790. Le 20
janvier, le député Guillotin propose
à l’Assemblée que toute condamnation
capitale se réduise désormais à une décapitation par une machine, et dans une pièce de théâtre, nécessité du
divorce, Olympes de Gouges demanda
l'instauration du divorce, tandis que le 21 février, des émeutes éclatent en
Martinique. Les boutons militaires portent désormais les inscriptions d’un régime en mutation, la carte des 83 départements dessine
une France redéfinie, et les arbres de la liberté s’élèvent comme des totems
républicains. Pendant ce temps, les assignats
peinent à stabiliser l’économie naissante et le journal du Père Duchesne, dirigé par Hébert, distille une colère populaire brute, entre pamphlet et
diatribe incendiaire. L'Assemblée
commence alors ses travaux à Paris : , la division du royaume en 83 départements
qui remplacent les 34 généralités ou
provinces en vigueur sous l’Ancien
Régime (décret du 15 janvier 1790), les Juifs dits «portugais» et
«espagnols» sont maintenus dans leurs
droits et déclarés citoyens à part
entière le 20 janvier 1790, le 26 février, les tentatives centralisatrices pour
limiter les pouvoirs des communes
populaires (loi des 27 mai-27 juin
1790), le 8 mars, les assemblées
coloniales sont reconnues, le 15 mars, les conditions du rachat des
redevances seigneuriales sont définies, le 14 mai, les députés votèrent la vente des biens du clergé, le décret du 21
mai organise la municipalité
parisienne, fixant le mode de désignation du maire et du conseil
municipal, et la capitale est divisée en 48 sections, le 12 juin 1790, les députés invitent les habitants
d’Avignon à se prononcer par référendum
sur le projet de rattacher leur territoire au royaume de France, dont les deux tiers des électeurs se prononcent "pour", malgré les
protestations du pape, le décret des 16-24 août déclare que
la justice est l’apanage des nations souveraines, après que les Parlements sont dissous le 6 septembre,
les lettre de cachets
supprimées et les personnes incarcérées
pour motifs arbitraires libérés, le 24 octobre, le drapeau tricolore est adopté, il remplace le drapeau blanc à fleurs de lys
comme emblème de la France, son origine vient d’une grève de marins à Brest en septembre 1790 et des
85 colons de Saint-Domingue ayant débarqué
dans le port et qui ne veulent pas que l'Assemblée
constituante donne des droits
civiques aux libres de couleur
tout en cachant leurs désirs autonomistes, ils jouent alors double-jeu et
mettent de leur côté les marins brestois
qui réclament un nouveau pavillon que l’on trouve sur leur bateau ressemblant à
celui des Hollandais sans doute
inspiré du pavillon des colons mutinés qui arboraient les couleurs de la
Révolution le bleu, blanc, rouge, et l’Assemblée répond à leur demande tout
en arrêtant les colons insurgés, le
27 novembre, un Tribunal de cassation
composé de juges élus est chargé de
veiller à la bonne application des lois
par les juridictions... Le printemps
1790 est également marqué par les premiers échecs de l’alliance formée par la haute bourgeoisie et la partie libérale de la noblesse et du haut clergé en vue d’orienter la
Révolution dans le sens d’une monarchie
tempérée à l’anglaise ou de la démocratie
à l’américaine. Les sociétés
parisiennes et en particulier le club
des Jacobins essaiment à travers le territoire. Les sociétés autonomes ou
affiliées à une société mère se multiplient et constituent un réseau de relais politiques locaux qui œuvrent à
l’information des citoyens et à leur
formation politique. Des comités de
surveillance locaux apparaissent pour défendre la Révolution. Le district des Cordeliers avait été
capable, le 22 janvier 1790, groupé derrière Danton, son président, d'empêcher tout un bataillon des miliciens de La Fayette de parvenir à s'assurer de la
personne de Marat. Les clubs sont protégés par la Constituante : ainsi, la société de Dax ayant été dissoute
autoritairement par la municipalité,
un décret du 13 novembre 1790
la rétablit. Les artistes se forment
en Commune des arts qui ont le
dessin pour base, réunie pour la première fois le 27 septembre 1790. Ainsi, le
28 juin 1790, aux artistes venus en députation à l'Assemblée nationale proposer un moyen de conserver les quatre
statues enchaînées de Desjardins au
pied de la statue de Louis XIV,
place des Victoires (David, Restout et Pasquier faisaient partie de la députation), le président Le Peletier de Saint-Fargeau
répond qu’ils devront se consacrer à des «sujets
nationaux». Mais toujours pas de droits pour les femmes. Bien qu’exclues des assemblées, les femmes se mirent à pétitionner, elles créèrent des clubs à Paris, dont certains furent
mixtes. Louise de Keralio organisa
un cercle républicain. Théroigne de
Méricourt fonde le club des Amis de
la Loi. Au mois de janvier 1790, sous l’impulsion de Malouet, le club des
Impartiaux se constitue. Il se réunit régulièrement afin de concurrencer
celui des Jacobins, jusqu’à la fin
de la Constituante, à l’été 1791. Il
incarne une «troisième force»,
capable d’imprimer une dynamique nouvelle à la Révolution. Ses partisans s’arc-boutent sur une
idéologie du juste milieu, de la défense de la propriété et de l’autorité
suprême, garante d’un ordre public qu’il incombe par-dessus tout de défendre
par tous les moyens et surtout par le biais de la loi martiale. Le «triumvirat»
Duport-Barnave-Lameth, qui
était à gauche à l’Assemblée rallia,
dès mars 1790, les théories du côté
droit sur la question des colonies, alors que précédemment Barnave avait défendu la liberté comme
membre du comité des colonies. Or,
il se trouva qu’accompagné de quelques autres, ils orientèrent définitivement
la politique suivie par l’Assemblée
dans ce domaine. Dès lors, Robespierre
n’hésita pas à rompre avec eux et dénonce dès lors leurs trahisons avec une
vigueur admirable. Le 27 avril 1790, Danton
rejoint le club des Cordeliers, qui
vient juste d’être créé, et où ses discours percutants l’érigent rapidement en
leader. Les femmes pouvaient
assister aux séances et prendre part aux discussions. Parmi ses membres on trouvait
des avocats comme Danton et Camille Desmoulins, des journalistes
comme Fréron, Robert ou Chaumette, des
imprimeurs comme Momoro et Brune, mais aussi beaucoup de commerçants,
petits et gros – le boucher Legendre,
le brasseur Santerre, le limonadier Berger… Après diverses
brochures, Jacques René Hébert lance
en 1790 (juin-juillet) un journal qui le rend célèbre, Le Père Duchesne. Il s'y montre, au début, maladroit, attaquant
Marat notamment. Mais ses «grandes colères» et ses «fureurs» retiennent l'attention des sans-culottes. Le ton reste encore
modéré, en 1790, à l'égard du roi. Lafayette, qui gagne apparemment la
confiance de Louis XVI, cherche à
lui faire accepter l’idée d’une monarchie
constitutionnelle et le roi, sur
un mémoire remis le 15 avril
1790, écrira de sa main qu’il met sa confiance en lui. Le 22 mai 1790, quant un
conflit oppose l’Espagne et la Grande-Bretagne en Amérique lié à un incident
durant l’été 1789, connu sous le nom de «crise
de Nootka», du fait que les Espagnols
capturent quatre navires anglais,
emprisonnent les équipages britanniques
et prennent officiellement possession au nom de l’Espagne de toute la côte
nord-ouest, pousse la Grande-Bretagne a demandé réparation, l’Espagne refuse et
la guerre se profile entre les deux pays, l’Assemblée proclame alors qu’elle ne fera pas partie d’une guerre de
conquête et n’emploiera pas la force contre la souveraineté des peuples. Certes, les tensions ne
manquent pas lors de l’abolition des droits seigneuriaux qui lèsent des princes allemands possédant des terres
en Alsace. Mais des indemnités sont versées aux contempteurs. Sur le droit de paix et de guerre à attribuer au roi ou à l'Assemblée, Mirabeau
obtint, après une lutte mémorable, que le droit resterait au roi, sauf à l'exercer conjointement
avec l'Assemblée. Ce fut alors que
le parti avancé l'accusa de
trahison, d'être vendu à la cour, et
fit crier par les rues la grande trahison de Mirabeau. Mirabeau
s'était en effet rapproché de la cour,
car, «tribun par calcul et aristocrate
par goût», selon le mot de Necker,
il avait bien voulu, au début, essayer sur la royauté la puissance de ses coups, mais ses préférences secrètes et
avouée étaient pour une monarchie
constitutionnelle, dont il aurait été le premier ministre et le tuteur
nécessaire. Ce fut ce qui l'entraîna dans le parti de la résistance bien plus que l'argent dont la Cour soldait ses services : «Je suis payé, disait-il, mais je ne suis
pas vendu.» Il défendit donc énergiquement la sanction royale : «J'ai voulu, disait-il, délivrer les
Français de la superstition de la monarchie pour y substituer le culte.» Il
s'éleva contre la loi contre les
émigrés, «jurant de lui désobéir».
L'ardeur de sa colère dominait l'Assemblée,
et Barnave lui-même, son digne
adversaire, n'osait protester, quand Mirabeau
jetait à la gauche murmurante la
dédaigneuse apostrophe : «Silence aux
trente voix !». Le roi
connaissant un regain de popularité vient à l’Assemblée le 4 février, dire son attachement à la Constitution, alors en rédaction.
Pour les monarchiens, sa présence
est la garantie du succès de ce qu'ils promeuvent, une monarchie où le pouvoir royal s'exerce dans un cadre
constitutionnel. Il faut que le peuple
retrouve ou garde sa confiance dans le roi
: quand il paraît en public, celui-ci ne donne pas toujours les meilleures
garanties d'amour pour la nation
nouvelle. Ainsi, même certains
partisans d'un pouvoir royal fort, comme le comte de Montlosier, qui a laissé des souvenirs remarquablement
intelligents, sont convaincus de la nécessité de sa présence à Paris. 1790, est
aussi une année de radicalisation des tensions. Les affrontements religieux
font leur réapparition, sans lien avec les antagonismes
protestants-catholiques qui sont
pourtant au cœur des antagonismes des Français
de l’époque, malgré la proposition rejetée à l’Assemblée du député patriote, le chartreux Dom Gerle de déclarer le 12 avril 1790 la religion catholique religion d’État et
le vote par les députés de la Constitution civile du clergé le
12 juillet dont le texte est approuvé par le roi le 24 août, les évêques
se montrent au départ conciliant attendant l’approbation du pape, l’opposition du clergé vient du fait que le 27 novembre
que l’Assemblée radicalise la
question avec un décret qui impose le serment
civique à tous les ecclésiastiques,
et la noblesse voit les paysans se dresser aux premières
semaines de l’année contre leurs anciens
seigneurs et refuser de payer les redevances sur leur terre, la distribution
des tribunaux seigneuriaux y aida
beaucoup menant à des mouvement antifiscaux, des attaques contres des
gardes forestiers ou des manifestations
visant à demander des augmentations des salaires agricole, de nombreux châteaux
furent incendiés ou détruits, et plusieurs villes furent concernées, ce qui
poussa Lyon à proclamer la loi
martiale, et de nombreuses mutineries marquent les annales
militaires du fait que des officiers
nobles restent en activité et voient des questions de discipline ou de
solde les opposent à leurs troupes, tant dans la marine (Brest, Toulon…), que dans l’armée de terre (Hesdin, Nancy…), celles-ci s’apaisent après la
brutale répression de la mutinerie de Nancy à l’été 1790, et diverses
mesures pour améliorer le sort des soldats,
tandis que la fin de l’année est marquée par l’écrasement autrichien de la
révolution du Brabant le 2 décembre, car trop divisés, les insurgés des États-Belgiques-Unis ne
purent s'opposer au retour de l'armée
autrichienne en novembre 1790. Quant à la fête de la Fédération le
14 juillet qui réunit selon Marat «les bons Parisiens afin de posséder enfin
leur roi», il n’y a pas de caractère unanime, puisque viennent des
critiques adressées à l’époque par certains vis-à-vis de Louis XVI ou Lafayette,
accusé de se placer au-dessus du peuple
et de ses représentants. Cependant,
cette gigantesque fête de l’unité nationale mobilise l’Assemblée constituante, des représentations
des districts et de nombreuses
unités militaires. Les corps
constitués, la famille royale,
une immense foule couvrant le coteau
de Passy et la colline de Chaillot, 50
000 hommes défilent devant la monarchie.
Talleyrand, évêque d’Autun, officie
sur l’autel de la patrie, dressé au milieu du Champ-de-Mars, puis bénit les
drapeaux. Lafayette, promu major
général de la fédération, prononce le serment
civique «à la nation, au roi, et
à la loi». Après plus de vingt ans d'exil en Grande Bretagne, le général Paoli revient le 14 juillet
1790 sur l'île de beauté. Il épouse les valeurs de la Révolution, jure
obéissance et fidélité au peuple
français. Il est nommé commandant de l'île par Louis XVI et souhaite la reconnaissance d'un «statuto corso». Cependant, un décret
des 29-30 septembre limite l’existence politique des clubs : ils ne peuvent agir sur les pouvoirs publics, pétitionner en nom
collectif, ou former des députations.
La Constituante souhaitait ainsi
clairement freiner leur expansion, et ainsi achever la Révolution. Le
rôle fondamental des questions religieuses va permettre la montée des
antagonismes. Le conflit entre catholiques
réfractaires et révolutionnaires
mène la France au bord de la guerre civile, car l'application de la constitution civile et la
condamnation du pape de la constitution civile du clergé le
10 mars 1791 entraîna des troubles religieux dès 1790-1791 dans les
villes et les villages à l’occasion du serment exigé des prêtres. De graves troubles agitèrent Montauban, Uzès
et Nîmes, où une guerre civile qui sévit entre le 13 et 15 juin, qui se
conclue par plus de 300 morts, sont
compris comme la «bagarre de Nîmes»,
fait local, quasiment ordinaire dans un sud-est au tempérament bouillant. Deux
mois plus tard, se constitua le premier camp
de Jalès, regroupant des milliers
de catholiques armés et laissant craindre l’émergence d’une véritable
contre-révolution. La politique extérieure de la France dépend aussi de sa
puissance militaire. Une grande prudence s’impose en raison des troubles dans
les armées privées de leur chef et
composées de soldats acquis aux idées révolutionnaires. Le 4
septembre, Necker démissionne et
prend la direction de la Suisse, assistant, impuissant, à l'écroulement de l'Ancien
Régime, se battant en vain contre l'anarchie des finances publiques.
L'attitude de plus en plus trouble du roi,
qui joue la carte Mirabeau dans
l'espoir de recouvrer son pouvoir, l'hostilité que lui vouent à présent les députés, lassés par ces constantes
mises en garde, et les surenchères de toutes sortes achèvent de décourager. Les
colons sont des ségrégationnistes convaincus qui refusent d’admettre les «libres de couleur» au sein des assembles coloniales malgré leur
demande comme dans l’Île Maurice le 5 mai même s’ils obtiennent le vote dans
les assemblées primaires en
septembre, et face à cette situation, les Noirs
et Métis libres de Saint-Domingue qui
a vu la dissolution de son Assemblée
coloniale entre le 31 juillet et le 7 août déclenchent plusieurs
révoltes, dont celle de Vincent Ogé
qui finira avec lui roué vif le 25 février 1791, à la fin de l’année 1790, est
demeurée la plus emblématique, ou encore celle des esclaves en Guyane qui demandent la liberté générale entre le 4 et
le 6 décembre, ou la guerre civile après le massacre des mulâtres lors de la Fête-Dieu du 3
juin 1790 à Saint-Pierre en Martinique.

En
1791, les sociétés se développent
considérablement dans les premiers mois de l'année 1791, à Paris en particulier
où elles forment avec la plus importante d'entre elles, le Club des Cordeliers, un comité
central. C’est dans ces sociétés,
sans cesse soutenues par Marat et tous
les démocrates, que se fit l’éducation
politique du peuple parisien, de
ceux qui s’appelleront bientôt les sans-culottes.
Le bonnet rouge s’impose comme le signe distinctif des révolutionnaires. C’est une année difficile, la Révolution
semble régresser dans un éparpillement progressif de ses forces. Dès janvier 1791, Barnave
défend le club jacobin contre le club monarchique qu'il considère comme «un ramas de factieux». Dans la rue, le peuple ne fait plus confiance à une garde nationale tenue par les nobles, à l’assemblée, on vote aussi des lois impopulaires comme le décret d’Allarde qui supprime
les corporations, les maîtrises, et les jurandes (2 mars), et la loi
Le Chapelier qui interdit les «coalitions»
des salariés et des patrons (14 mai) qui déchainent la
colère alors les conditions de travail des ouvrières
et ouvriers se dégradent avec les
premières machines. Au conflit de deux libertés, la liberté d’association
contre la liberté du travail, l’arbitrage de la Constituante fait prévaloir celle qui est la plus favorable à la bourgeoisie, la loi proscrit donc la
reformation des corporations. Le décret d’Allarde et à la loi Le Chapelier, a favorisé la
liberté de commerce et d’industrie. Cependant, le 7 mai 1791, Robespierre parvint à empêcher l’Assemblée d’enlever aux citoyens
passifs le droit de pétition. Les triumvirs
Barnave, Duport et Duport se rapprochèrent secret avec la Cour et, pour y couper court, Robespierre fit voter, le 16 mai 1791,
l’exclusion de tous les Constituants
de l’Assemblée suivante. Les triumvirs ne lui pardonnèrent pas ce
coup terrible. Face à l’agitation ouvrière
persistante, le maire de Paris, Jean-Sylvain
Bailly, adressa un «Avis aux
ouvriers» le 26 avril 1791 : «Le
corps municipal est instruit que des ouvriers de quelques professions se
réunissent journellement en très grand nombre, se coalisent au lieu d’employer
leur temps au travail, délibèrent et font des arrêtés par lesquels ils taxent
arbitrairement le prix de leurs journées». Il faut dire que le club des Cordeliers à agit en faveur
des ouvriers charpentiers contre
leurs employeurs dans le long
affrontement social qui va conduire à la loi
Le Chapelier. Les compromissions, les divisions éclatent au grand jour.
La violence explose, qu'on le veuille ou non. Du 23 au 28 février 1791, dans
une atmosphère particulièrement trouble : craintes éveillées par l'intention
prêtée à Monsieur de quitter Paris, par le départ de Mesdames Tantes, par l'activité (supposée ?) du Club monarchique, par la marche
d'habitants du Faubourg Saint-Antoine sur le donjon de Vincennes pendant que se
faufilent aux Tuileries de prétendus «chevaliers du poignard», par
l'altercation enfin, au sein de l'Assemblée,
entre Mirabeau et le triumvirat dans la discussion d'une loi
contre les émigrés. Malgré tous les décrets, les paysans dans leurs campagnes, travaillent toujours sous le joug de
leurs anciens maîtres. Les femmes
ont aussi leur part dans la Révolution, dans les ateliers de
confections, dans la rue etc., et libelles
et journaux de tous bords
volettent dans toute la France diffusant bonnes et mauvaises informations sans
qu’on sache vraiment les distinguer, le peuple
découvre L’Ami du Peuple de Marat
ou Le Père Duchesne de Hébert, alors que les Révolutions de Paris privilégient l’anti-royalisme et la
question sociale, celles de France et
de Brabant le contrôle du peuple
sur ses élus et les institutions, et Le Patriote français, pour sa part, se limite à souhaiter
l’élection de meilleurs députés à la
prochaine législature et à terme que le peuple soit assez éclairé pour qu’une
convention prochaine puisse réformer les abus dans la constitution de 1791, dont la royauté héréditaire.... Mais il y aussi des acquis. L'émancipation
des Juifs est adoptée sans
discussion le 27 janvier. Le 13 novembre, Louis
XVI ratifie la loi déclarant les Juifs
citoyens français. L’Assemblée Nationale, le 13 janvier
1791, supprime le privilège royal, libère le Théâtre et reconnaît, au rang des droits de l’homme, les droits de
l’auteur, passés à la trappe le 4 Août 1789, en même temps que les autres
privilèges. À la suite de la proclamation de la libération des théâtres, en
janvier 1791, Talma quitta la Comédie-Française et rejoignit une
salle construite rue de Richelieu, les Variétés
Amusantes, qui deviendra par la suite Théâtre
de la République. Cette séparation entraîna la querelle des rouges (les révolutionnaires) contre les noirs
(les monarchistes). Devenus citoyens, les artistes s’engagent en politique, portent les armes, multiplient
les dons et bouleversent parfois leur répertoire. Cette période (1791-1792) de
grande liberté du théâtre ne dura
pas, car le pouvoir révolutionnaire
ne tolérait pas davantage que le pouvoir royal, la liberté complète
d’expression et les critiques à son égard. Des demandes répétées des artistes
auprès de l'Assemblée nationale pour
réclamer l'ouverture du Salon à tous
les artistes, la soumission à des concours
publics des travaux donnés par la Nation,
et même, dès avril 1791, la suppression de l'Académie. Par leurs pressions
et grâce à l'appui de David, les
artistes obtiendront d'abord l'ouverture du premier Salon libre en 1791, puis un premier concours pour la distribution
des prix d'encouragement. L’Assemblée
institue également une égalité successorale entre garçons et filles en avril
1791. La garde nationale, sorte
d'armée populaire, constituée de citoyens
qui paient l'impôt est traversée par ces divisions et voit la levée des
volontaire nationaux parmi eux (13 juin), Lafayette
à sa tête en est le meilleur exemple, dans son attachement à la monarchie, conservateur, et manœuvrier.
Autour du Roi, on intrigue et on
complote. En parallèle, Louis XVI
initie une politique secrète car il a le sentiment de perdre une grande part de
son autorité. Le roi s’appuie donc
sur d’anciens ministres comme le comte de Breteuil, Bouillé, ou même Mirabeau.
Il a ses gardes suisses, une cour, où nombreux sont les aristocrates infiniment dévoués au roi
de France et navrés qu'il ne soit plus que le roi des Français, comme Breteuil ou Bonneuil. Parmi eux, Axel de
Fersen, aristocrate suédois dont la proximité avec la reine a fait l'objet
de nombreuses spéculations. Hors même de la cour, tout un appareil politique
existe, qui déplore la fin de la monarchie de droit divin : Les Actes des apôtres, d'Antoine de Rivarol, ou L'Ami du roi, de l'abbé Royou, par exemple, sont des périodiques fort lus. À
l'étranger, dans les provinces, à Paris, et à la cour même, existent des forces importantes qui encouragent la famille royale à opter pour la fuite,
jugée salutaire pour la monarchie absolue. Une correspondance active relie les
Tuileries aux capitales de l'Europe, où un Calonne,
un Molleville parviennent à
constituer des réseaux aux moyens financiers et politiques remarquables. La
mort de Mirabeau, le 2 avril 1791
prive néanmoins le roi d’un
conseiller précieux. Il est panthéonisé le 4. La Constitution civile du clergé inquiète ce pieu catholique,
plus encore lorsqu’elle est condamnée par le pape Pie VI (en mars et avril 1791). La volonté de la famille royale de faire leurs Pâques
au château de Saint-Cloud le 18 avril, entraîne une radicalisation des clubs et de la presse populaire. Des femmes
contre-révolutionnaires, ou suspectées de l’être, vont même recevoir des «fessées patriotiques» à Nantes et à
Paris entre le 10 et 17 avril 1791, actes symboliques de leur infantilisation.
En avril également, la situation se dégrade en Corse. La constitution civile du clergé par les émeutes
contre-révolutionnaires qu’elle génère à Bastia, constitue une mise à l’épreuve
pour Paoli, chargé de la répression
alors qu’il serait plutôt partisan de la modération. La foule est versatile et suit les rumeurs surtout le petit
peuple de Paris au cœur des quartiers
parisiens quadrillés en sections,
avec des figures féminines au
premier plan. Le roi les abandonne. À l’Assemblée,
les discussions se radicalisent entre partisans
et adversaires de la monarchie, cette dernière Sans oublier
les insurrections qui ont lieu dans les colonies même si en mars 1791,
l’arrivée du nouveau gouverneur Behague
en Martinique met fin à la guerre civile. C’est le tournant de la Révolution. Alors
la monarchie elle-même est remise en
question. La Russie est en guerre contre la Suède (en 1790), contre la Turquie
(jusqu’en 1791) et tournée vers l’occupation de la Pologne. L’Angleterre ne
pense pas intervenir, pour rétablir le statu quo, dans l’immédiat. Léopold II diffère la solidarité
dynastique pour régler les affaires instantes, jusqu’à la fuite de juin 1791,
qui «déchire le voile». L’Autriche
et la Prusse mettent un terme à leurs différents en signant une paix
conjoncturelle, le 4 août 1791.Réunis en exil, les comtes de Provence et d'Artois
n'ont désormais qu'un but, soulever l'Europe afin de sauver la monarchie française et leur frère aîné,
le roi Louis XVI. Or les souverains européens sont difficiles à
convaincre. L'entrevue de Léopold II
et du comte d'Artois à Mantoue, le
17 mai, échoue, ce qui explique les réticences de la déclaration de Pillnitz entre le 25 et 27 aout 1791, qui
est une invitation, le 27 août 1791, à rétablir
l’ordre en France, comme il l’avait été jusque-là dans tous les espaces
troublés par des forces révolutionnaires (Hollande, Brabant). En Autriche, Théroigne de Méricourt, dont les idées
révolutionnaires sont jugées dangereuses, a été arrêtée puis incarcérée. Plus
rapidement qu’en France, le 3 mai 1791, la Pologne réalisait le rêve des Lumières
et se dotait d’une loi fondamentale
destinée à moderniser son système politique. La structure politique de la République
n’est pas bouleversée : un roi, une noblesse, un Parlement composé d’un Sénat
et d’une Chambre. La Pologne évite de devenir un absolutisme comme la Prusse ou la Russie. Cependant, le pouvoir du roi est renforcé, tandis que la règle
du «liberum veto» (veto bloquant de
n’importe quel député) est abrogée. Par ailleurs, la Constitution met en application le principe de séparation
des pouvoirs de l’État : l’exécutif,
le législatif et le judiciaire. Elle restaure aussi l’hérédité de la monarchie, disparue avec le dernier Jagellon en 1572. Le rôle de la
bourgeoisie est reconnu, ses représentants pouvant désormais siéger
à la Diète. La condition des paysans s’améliore, avec une première
étape vers l’abolition du servage. La tolérance religieuse, particularité
polonaise depuis 400 ans, est maintenue. La
Russie, exerçant un protectorat sur la Pologne-Lituanie, voit d’un mauvais œil
cette volonté réformatrice de la Pologne.
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En
secret, le roi et sa famille fuient à Varennes dans la nuit
du 20 au 21 juin 1791. Le roi compte sur ses troupes pour renverser l'Assemblée constituante, mettre fin à la
Révolution et restaurer ses prérogatives de souverain absolu. Hésitations,
bévues, découragement, fatalisme, mauvaise appréciation ont conduit et stoppé
le carrosse à Varennes. Reconnu dans un relais de poste, il est reconduit dans
une capitale silencieuse le 25 juin. Pour le peuple, c’est une trahison. Le roi
les abandonne. Alors la monarchie
elle-même est remise en question. Après la fuite de Varennes, l’Autriche et la
Prusse s’inquiètent. L’empereur
pousse les cours européennes à sauver la famille
royale française. L’Assemblée constituante le suspend, puis
le rétablit dans ses prérogatives le 15 juillet, cette attitude achève de
diviser le parti patriote,
majoritaire à l'Assemblée : d'un
côté, ceux qui, les plus nombreux, veulent s'en tenir à une monarchie constitutionnelle, de
l'autre, ceux qui, républicains ou
non, veulent la déchéance de Louis XVI.
Mais les députés vont jusqu’à
inventer la fiction de son enlèvement, Louis
XVI se serait ainsi enfui contre son gré. Une version mise en doute par le club des Cordeliers dès le 21 juin qui
demande le 22 un conseil de Régence,
proposition que partage le club des
Jacobins. Des pétitions
organisées par le club des Cordeliers
circulent le 15, et le 16 juillet alors pour exiger la déchéance du roi, et la proclamation d’une
République que demande Condorcet le
8 juillet, Brissot le 11, mais Robespierre se montre plus prudent le
13, ce qui pousse le club des Cordeliers
à modérer ses propos, alors que les fédérations
révolutionnaires du 14 juillet 1791 sont divisées, tandis que Barnave, du côté des Constitutionnels souhaite le 15 la
consolidation de la monarchie
constitutionnelle et défend ardemment l'inviolabilité du roi. Le 16 juillet, des membres du club
rédigent une pétition, inspirée par Choderlos
de Laclos, demandant la mise en accusation de Louis XVI et son remplacement par tous les «moyens constitutionnels» (en fait, Laclos songe au duc
d'Orléans). En désaccord avec ce texte, un nombre important de députés
jusque-là inscrits au club, comme Antoine
Barnave, le marquis de La Fayette
et l'abbé Sieyès, décide de quitter
les Jacobins pour créer un nouveau
club dans l'ancien couvent des feuillants. Les Jacobins par prudence ne vont pas participer au rassemblement prévu
le 17. Le 17 juillet 1791, alors que des Parisiens viennent en famille sur le Champ-de-Mars signer une
pétition écrite par Louise de Kéralio
et son mari pour demander l’abdication du roi,
la Garde nationale sur les ordres du
général Lafayette tire sur la foule.
C’est le tournant de la Révolution. De nombreuses arrestations viennent
compléter la répression. Le club des
Cordeliers est fermé. Fréron, Brune, Momoro, Saint-Félix, Desmoulins, Hébert, Santerre, etc.,
sont poursuivis. Danton et Marat, prudents, s’enfuient en
Angleterre, Robespierre ne rentre
pas chez lui. Après la séparation de l'Assemblée
constituante, Barnave, critiqué
pour ses prises de position et surnommé Monsieur
Double-Visage, se retirera à Grenoble. Puis dans la nuit du 22 au 23 août
1791, les esclaves noirs révoltés entrent
dans la lutte pour la «liberté générale»
à Saint-Domingue. Afin d’éviter que l’Assemblée
nationale ne mette fin au «préjugé de
couleur» (la ségrégation au sein des «libres»)
pour tenter d’apaiser les troubles, les colons
entretiennent la désinformation sur la nature de la guerre civile. Les troubles
révolutionnaires gagnent Sainte-Lucie en septembre 1791. La Constitution est officiellement
votée le 3 septembre 1791 et accepté par Louis
XVI le 13. La Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 lui sert de préambule.
Elle consacre les «droits barrières» qui
ont pour objectif d’assurer la protection des citoyens contre l’emprise étatique. La Constitution est excessivement rigide. La révision est
impossible au cours des trois premières législatures. Le caractère extrêmement
formaliste de la procédure mise en place empêchait en fait toute révision. Louis XVI, rétabli dans ses pouvoirs,
prête serment, et le 30, l'Assemblée
nationale constituante se sépare après avoir déclaré «sa mission remplie». En septembre 1791, comme les Avignonnais (dès novembre 1790) et les Alsaciens manifestent le désir d’être
français mais sont déboutés en mai 1791, sont finalement satisfaits en
septembre 1791, tandis que les étrangers
résidant en France – Belges, Suisses, Savoyards, Corses, Niçois – en conçoivent des espoirs
accrus, et l'Assemblée constituante
établit une politique d'encouragement aux artistes;
l'Assemblée législative confirmera
par un décret du 3 décembre
une somme de cent mille livres pour subventionner les œuvres réalisées par les artistes choisis par un jury, la condition
étant d'avoir exposé au dernier Salon
ouvert pour la première fois à «tous les
artistes Français ou étrangers». Il est significatif, par exemple, que David, qui n'avait que deux œuvres
nouvelles au Salon de 1791, le
dessin du Serment du Jeu de paume
(n° 132) et le portrait de Mme Sorcy de Thélusson (n° 719) ait obtenu le premier
prix de la peinture d'histoire. Et les textes d’Olympe de Gouges, le Divorce,
en 1790, et Le Couvent, ou les Vœux
forcés, en 1791, et sa Déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne le 5 septembre 1791, qu’elle
dédie à Marie-Antoinette, “la première des femmes”, montraient les
barrières et les freins qui empêchaient les femmes elles-mêmes de construire
leur émancipation. Dès le lendemain, 1er octobre, l'Assemblée législative tient sa première
séance. Ses membres, élus le 25 août
par les assemblées primaires, sont
pour la plupart des inconnus, les constituants
s'étant déclarés inéligibles. On retrouve avec l’Assemblée législative une
assemblée plus «patriote» que la Constituante : aucun partisan de l’ancienne droite ne siège plus. Siègent,
à droite, 264 députés inscrits au Club
des feuillants, ils suivent les triumvirs
et La Fayette, à gauche, 136 députés
inscrits au Club des jacobins, quelques
élus dirigent cette tendance comme Brissot,
Condorcet, Vergniaud, Guadet, Gensonné, et au centre, quelque 300 députés résolus à défendre
l'œuvre de la Révolution. Tous se disent monarchistes et constitutionnels,
mais les députés jacobins ne cachent
pas leur méfiance à l'égard du roi
notamment Brissot et Condorcet, quelques Jacobins et Cordeliers
: ils sont prêts à le déposer s'il tente de violer la Constitution. Le roi,
pour sa part, persuadé que ce nouveau régime n'est pas viable, mène la
politique du pire et choisit un ministère
choisit par les Feuillants. Le peuple ardemment patriote est déçu par
la Constitution censitaire de
1791, choqué par l'amnistie de
l'automne 1791, préoccupé par la hausse des prix du blé et scandalisé par la
décision du roi de mettre son veto
sur les décrets contre les émigrés
et les prêtres réfractaires,
crut d'abord qu'il pouvait infléchir le cours de l'histoire en adressant des pétitions à ses représentants. Vain espoir. À Avignon,
a lieu le massacre du 16 octobre 1791 où 60 partisans du Pape ont été exécutés sommairement pour avoir tenté
de faire triompher les défenseurs du "non".
La guillotine - du nom de son créateur, le député et médecin Joseph Ignace Guillotin - est aussi adoptée
par l'Assemblée constituante en
octobre 1791, elle est à sa création, perçue comme une œuvre humanitaire. La
guillotine annonce un immense progrès. Non seulement parce qu'elle permet
d'éviter d'ajouter à la mort donnée, la violence de la cruauté sur les corps. Mais aussi et parce qu'elle
parvient à régler le problème des exécutions sommaires qui étaient souvent
encore données jusqu'alors sous la torture. Adieu donc les décapitations à la
hache ou l'épée. Dorénavant, les condamnés
seront tous égaux devant la mort. À l’automne 1791, les Brissotins font campagne en faveur de la guerre pour, disent-ils, «étouffer les germes de nos divisions
intestines» et «consommer la
Révolution», autrement dit pour y mettre un terme. Le roi compte notamment sur l'intervention des armées étrangères pour l'aider à retrouver la plénitude de son
autorité. Des intérêts privés
entraînent le souverain vers cette
escalade internationale. Il semble que Louis
XVI ait pensé pouvoir être un médiateur entre l’Assemblée et les têtes
couronnées. C’est pour cela que Danton
qui regagne Paris, où il est amnistié en septembre 1791, est élu, avec l'aide
de la cour, qui pratique alors la
politique du pire, substitut du procureur de la Commune (8 décembre). Bon nombre de députés feuillants, Lafayette
en tête, sont d'ailleurs partisans d'une guerre limitée, qui permettrait de «briser les factieux»; de nombreux députés jacobins, Brissot et Roland en tête, souhaitent aussi la guerre, mais pour des raisons
fort différentes : ils voient dans une grande croisade contre «les despotes européens» un moyen de
galvaniser la nation, d'exporter la
Révolution au-delà des frontières, de démasquer les intrigues royales et contre-révolutionnaires
et, pour mieux faire face à la situation, de proclamer la république. Les Jacobins s’unissent à la droite pour
faire voter des décrets qui
sont autant de provocations : le comte
de Provence a deux mois pour revenir en France sous peine d’être déchu de
ses droits (31 octobre), les biens des émigrés
non rentrés au 1er janvier sont confisqués (9 novembre), et un nouveau serment est exigé des prêtres
et demande est faite aux pays étrangers de disperser les émigrés (29 novembre). Même si le roi émet son véto sur le décret
contre les émigrés le 11 novembre et les réfractaires le 19 décembre, il n’est pas contre une guerre
qui lui permettrait de retrouver son pouvoir. Le 14 novembre 1791, le Jacobin Pétion est élu pour succéder à Bailly, transformant de fait la Commune de Paris en contre-pouvoir.
Revenu dans la capitale, Robespierre,
qui n'est plus député, mais domine le Club
des jacobins dont il a pris la tête en novembre 1791, combat farouchement
la politique de Brissot depuis la
tribune du club demande de remettre
de l’ordre avant de faire la guerre le 2 janvier 1792, et dénonce les dangers
de la politique belliciste, notamment une
éventuelle dictature militaire, et reproche à Brissot de vouloir hâter l'installation de la république, qui ne lui apparaît nullement comme une urgence.

L’empereur sort de sa réserve et donne des prétextes pour la
marche à la guerre. Chaque puissance
y va de sa proposition. La mort de l’empereur
Léopold II, le 1er mars 1792, accélère la marche vers la guerre.
Son fils, François II, s’avère très
hostile aux idées révolutionnaires.
L’alliance entre la Prusse et l’Autriche laisse Catherine de Russie libre d’intervenir en Pologne. On espère une
guerre courte contre la France pour rétablir l’autorité en Europe. Très
secrètement, en février 1792, Fersen
rencontre Marie-Antoinette et Louis XVI aux Tuileries. Celui-ci
refuse catégoriquement tout nouveau projet d’évasion, mais il demande de faire
savoir aux puissances européennes,
qu’il n’est plus libre de ses déclarations
officielles. Marie-Antoinette,
ayant des informations sur les préparatifs militaires, les transmet à Vienne.
Elle fait passer au comte suédois
des notes sur des discussions aux Tuileries. La reine se risque ainsi à une forme de trahison. Officiellement, Louis XVI acceptait d’envoyer à l’électeur de Trèves une sommation
d’avoir à disperser l’armée des émigrés.
Secrètement, il négociait l’intervention étrangère. Les Girondins s’en doutaient : Brissot,
Vergniaud, et Isnard tinrent à l’Assemblée
des discours de plus en plus menaçants pour la Cour; le ministre des affaires étrangères fut décrété d’accusation.
Louis XVI effrayé céda une fois de
plus et constitua un ministère girondin
dont les principaux membres furent Dumouriez
et Rolland (12 mars 1792). Les Girondins étaient partisans de la
guerre contre l’Autriche pour mettre la royauté
à l’épreuve et en finir avec les intrigues
contre-révolutionnaires. Au printemps 1792, les Français s’apprêtent à vivre à la fois un miracle démocratique et
l'une des périodes les plus sanglantes de leur histoire, et les femmes processionnent dans le pays
contre la Constitution civile du
clergé et la révolution. Le 27
mars 1792, Pascal Paoli, critique la
radicalité des Jacobins, les
accusant de «faire la ruine de la Corse».
Alors que la loi du 4 avril 1792
reconnaît l'égalité politique des mulâtres
mais les propriétaires répugnent
toujours à appliquer la loi. La
France entre en guerre contre l’Empire d’Autriche-Hongrie. La Prusse, liée par
son traité avec l’Autriche, déclare la guerre à la France et le roi de Piémont-Sardaigne se prépare à
combattre. La France est menacée du Nord au Sud. Dumouriez part diriger les opérations. Il suppose que la campagne
sera facile. Dans ce contexte de la guerre contre les armées prussienne et autrichienne
qui débute le 20 avril 1792, l’hostilité du peuple à l’encontre de Louis
XVI grandit. La psychose de la trahison contre-révolutionnaire s’empare de l’opinion.
En effet, la guerre débute mal pour la France. Non seulement la Prusse se range
aux côtés de l'Autriche dès le mois de mai, mais l'offensive française contre
les Pays-Bas autrichiens échoue. Ces premiers revers excitent la population parisienne qui y voit le
résultat des intrigues du roi ou de Lafayette. La faiblesse de l’exécutif laisse les administrateurs libres d’interpréter la
loi à leur guise. Le 25
avril 1792, c’est la naissance de la Marseillaise,
car Rouget de Lisle entonne, devant
le maire de Strasbourg, le Chant de guerre pour l’armée du Rhin.
Dès avril 1792, la moitié des
directoires départementaux avait ainsi adopté une position dure face aux réfractaires. Le mécontentement enfle
un peu plus de jour en jour, aucune loi nouvelle ne vient l'apaiser. "Le jour de la colère du peuple est
arrivé", avaient affirmé des Marseillais
le 6 juin 1792. Le 12 juin, Louis XVI
oppose son veto à deux décrets de
l'Assemblée; il renvoie Roland,
ministre de l'Intérieur, et deux autres
ministres, et les remplace par des feuillants.
Son attitude est violemment dénoncée dans les sociétés populaires parisiennes et provinciales, notamment par Robespierre
au Club des Jacobins. "Le peuple est debout, il attend dans
le silence une réponse enfin digne de sa souveraineté", proclamait une
pétition le 20 juin. Le 20
juin, une pétition protestant
contre le veto royal, le
renvoi des «ministres patriotes»
et «l'inaction des armées» est
portée par des milliers d'hommes et de
femmes venues des faubourgs parisiens armes à la main d'abord à l'Assemblée en intimidant les Feuillants puis se dirigea ensuite
vers le palais des Tuileries dont les gardes
nationaux cédèrent le passage. Si le roi
ne fut pas menacé physiquement, l’épisode suscita de vifs débats dans le
royaume les semaines suivantes et l’Assemblée,
submergée de lettres, vit sa
bipolarisation s’accentuer entre Montagnards
et Feuillants. Les Girondins voyaient alors leur position
fragilisée et espéraient encore de convaincre le roi de revenir sur ses vetos.
Les gardes nationaux arrivés de
toute la France à Paris et les nombreuses
pétitions des clubs jacobins du
pays demandent à l’Assemblée la
destitution du roi. Sous la pression
du peuple, l’Assemblée se décida, malgré l’opposition des Feuillants et l’indécision des Girondins,
à examiner la question. Mais elle fut reportée et le cas Lafayette qui avait menacé l’Assemblée
le 18 juin, fut classé sans suite. Les Gouverneurs
en place empêchent le débarquement de Collot
en Guadeloupe en juin et de Rochambeau
en Martinique en septembre, ils doivent partir sur Saint Domingue, où Rochambeau devient gouverneur par
intérim. La majorité des sans-culottes
et des gardes nationaux de Marseille et d’ailleurs
souhaitaient un règlement pacifique de la question du roi. Au début de la période (été 1792), le fait dominant est la
division de l'Église de France entre
constitutionnels et réfractaires. Personne ne met plus
en doute la sincérité de beaucoup d'assermentés.
Le 11 juillet, la patrie en danger
est proclamée en danger poussée par Danton.
Pour protéger Paris, les députés
font appel à 20 000 fédérés venus de
tout le pays. Des femmes se
dirigent aussi vers des actions collectives concertées. Théroigne de Méricourt appelle les femmes à former un «corps
armé». Pendant que les Girondins,
à la veille même de l’insurrection, négociaient encore avec la Cour, Brissot, le 25 juillet, menaçait, à la tribune de l’Assemblée, les républicains du glaive de la loi, pendant qu’Isnard et Brissot
demandaient, à la réunion des députés
girondins, que Robespierre fût
traduit devant la Haute Cour. Le 26
juillet 1792, des banquets sont offerts aux Fédérés sur la place de la Bastille. Lorsque le 30 juillet 1792,
les fédérés de Marseille entrent
dans la capitale, en chantant «la
Marseillaise», ils n’ont qu’une idée en tête, faire tomber le roi. C’est un manifeste, signé par le duc de Brunswick le 25 juillet et
publié à Paris le 3 août, qui met le feu aux poudres. Le chef des armées prussiennes menace de détruire Paris si les Français s’en prennent à Louis XVI. Mais, à l'instigation de Robespierre, 47 sections parisiennes sur 48
exigent de l'Assemblée la déchéance
du roi et menacent de passer aux
actes si elle n'obtempère pas avant le 9. "Le
peuple se lasse", déclara à nouveau un Parisien à la barre de l'Assemblée
le 6 août. Autant de menaces qui, faute d'avoir été prises au sérieux par les législateurs, finirent par émousser la "longue patience du peuple" au
point de légitimer un "terrible
droit de résistance à l'oppression". C'est bien ce "silence des lois", autrement
dit l'"incapacité" des
représentants à "recevoir la voix du
peuple" et à la "transmuter
en lois justes", qui explique le choix de l'insurrection, le 10 août
1792. Pétion se rend chez Robespierre, le 7 août, pour l’inviter
à empêcher l’insurrection, alors que Danton
quittait Paris pour Arcis-sur-Aube et ne rentrait dans la capitale que le 9
août au soir après avoir lui aussi préparé l'assaut contre les Tuileries. Sachant
qu’une attaque révolutionnaire se prépare, la défense du château s’organise et
environ 200 gardes sous les ordres
du maréchal de Mailly, 400 gardes nationaux encore fidèles au roi,
900 gardes suisses, protègent les
Tuileries. Le 10 août 1792, est préparée par les sections parisiennes encadrées par les Jacobins et les Cordeliers
dont la figure la plus emblématique est Danton.
Ce dernier appelle la garde nationale
à massacrer la garde suisse encore
fidèle à la famille royale. Les sections
parisiennes, des milliers de
sans-culottes et de volontaires
marseillais et bretons, parmi lesquels figurent Théroigne de Méricourt, Claire
Lacombe, et Catherine Pochetat, arrivent
devant le Palais-Royal. Une bataille impitoyable éclate. La victoire de la commune insurrectionnelle de Paris est
totale. Le 10 août est avant tout un coup de force de groupes militants. Le roi
est suspendu de ses fonctions, et l’Assemblée
nationale, dissoute, est remplacée par une Convention nationale élue au suffrage universel masculin pour établir
une nouvelle constitution. Les élections qui s’en suivent alors pour la future Convention, avec un mode de
scrutin toutefois assez complexe, à deux degrés, avec un corps électoral qui reste inaccessible aux femmes, aux domestiques
et aux chômeurs, où l’abstention
frise les 90 % des inscrits, particulièrement élevé dans les campagnes, un scrutin
compliqué qui implique une longueur et des opérations étalées sur plusieurs
jours, De plus, la situation du pays, en guerre, est explosive, dressent le portrait
des forces en présence et annonce une assemblée,
otage de la guerre des factions : les
Montagnards avec les représentants de la Commune, et ceux
des Jacobins et des Cordeliers, autour de Robespierre Danton, et Marat, avec
lesquels siègent Desmoulins, Saint-Just, Fouché, Couthon, Collot d'Herbois, le duc d'Orléans, Billaud-Varenne, Fabre
d'Églantine, Legendre, Le Bas, Hébert, Jacques Roux, et
le reste, venant de la province autour des Girondins,
conduits par Brissot, Vergniaud, Guadet, Pétion, Roland, Isnard et Buzot, au
centre, on trouve la Plaine ou le Marais groupée autour de Sieyès, Cambacérès, et Boissy d'Anglas. Danton
se voit nommé ministre de la Justice dans le Conseil exécutif provisoire, lequel constitue alors le véritable gouvernement
de la France. Grâce à l'appui de la Commune
de Paris, grâce aussi à l'effacement de ses collègues du ministère, Danton se trouve en fait maître du
pouvoir exécutif, dont il use pour faire adopter la révolution du 10 août
dans tout le pays et surtout pour stopper l'invasion étrangère. Le
10 août 1792 restaure la souveraineté
populaire et le droit de vote,
selon les formes des États généraux, où la pratique populaire rétablit
spontanément la participation des femmes.
Le roi et sa famille sont transférés dans la prison du Temple. La commune de Paris «impose» à l’assemblée
moribonde l’instauration d’une politique de Salut Public. À l’inverse, les esclaves révoltés se tournent vers le roi d’Espagne (qui possède la partie
orientale de l’île d’Hispaniola) et se proclament royalistes contre les républicains
blancs après la chute de la monarchie
en France le 10 août 1792, alors que le 11 Août 1792, la prime accordée à la Traite des Noirs est supprimée
par l’Assemblée appelée Convention. Le 28 août 1792, l’autorité
paternelle est abolie. Le 30 août 1792, les Prussiens assiègent Verdun, ce qui mène à des arrestations massives
de suspects à Paris. Et le 2 et 3
septembre 1792, Verdun capitule. L’armée
prussienne envahit tout l’est de la France. C’est encore le «silence des lois» et les armées étrangères entrent en France qui
explique le déchaînement des massacres de septembre. Le peuple démocrate est alors acculé à la
violence. Le 2 septembre, l’annonce de la chute de Longwy puis de
Verdun poussèrent la Commune et
les sections à mobiliser le peuple pour la défense de la ville. Exaltée
par les proclamations de Marat et de
Danton, la population parisienne se trouvait dans un état d’excitation
extraordinaire. Les massacres de septembre 1792 semble spontanés et
attisés par cette lourde atmosphère de défaites militaires, rumeurs d’évasion
de détenus, d’attitude hostile de l’Assemblée à l’égard de la Commune de Paris… C’est alors un déchaînement
incontrôlé et incontrôlable des pulsions de haine : les opinions politiques
président alors à la violence. Contrôler cette violence devient alors l’enjeu
de la suite des évènements. Cette mobilisation se dirigea, telle une sorte
d’exutoire, vers les prisons au hasard d’un convoi de prisonniers transféré à la prison de l’Abbaye. Les quatre jours
suivants, la plupart des prisons
parisiennes furent vidés de leurs occupants
et on dénombra entre 1100 et 1400 exécutions. Des bandes armées se portèrent alors vers les prisons. Après avoir
comparu devant une sorte de tribunal
populaire des détenus sont
massacrés, parmi eux la princesse de
Lamballe, dont la tête fut hissée sur une pique et promenée jusque sous les
fenêtres de la souveraine,
emprisonnée au Temple. Les tentatives d’enrayer le massacre par les autorités, députation envoyée par la Législative et garde nationale se révélèrent inefficaces. Poussée par un peuple mobilisé, et susceptible à ses
yeux de nouvelles actions incontrôlées, la Convention
fait de l’armée révolutionnaire
l’outil principal de la pacification. Alors que la situation se tend dans la
capitale, Danton parvient à éviter
la panique et prononce son célèbre discours à l’Assemblée le 2 septembre et cette phrase qui fit date : "Le tocsin qu'on va sonner n'est point
un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les
vaincre, messieurs, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de
l'audace, et la France est sauvée". Et le recul des Prussiens à Valmy le 20 septembre,
modeste avancée militaire, constitue une grande victoire morale. Les volontaires, peu nombreux alors, ont
montré leur attachement à la Révolution. La France saura se défendre.
Pour
aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Annette Graczyk, Le théâtre de la
Révolution française, média de masses entre 1789 et 1794, dans Montesquieu et
la Révolution, dans Dix-Huitième Siècle n° 21, 1989, pp. 395-409, Michel Vovelle, La Chute
de la monarchie 1787-1792, Nouvelle histoire de la France volumes 1,
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