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vendredi 7 août 2026

Le 6 août en Corée : le Seoul Fringe Festival et la Transfiguration, des fêtes alliant ambiance et religion

Hier a commencé le Seoul Fringe Festival qui se déroule tous les étés depuis 1998 et se termine le 23 août. Il est incontournable dans tout le pays qui ameute chaque année énormément de monde  L'événement est ouvert à tous les genres d'artistes allant de la musique jusqu'aux arts multimédias. Artistes locaux et étrangers convergent vers le quartier branché de Hongdae pour participer à l'un des meilleurs festivals d'arts indépendants de Séoul. Il met en avant des performances de théâtre, de mime, de danse, de musique... En raison du caractère non compétitif du festival, les artistes et les festivaliers sont libres d'exprimer leur sens créatif. Scène ouverte pour les artistes indie, underground... bref peu connus du grand public.

 

Pour aller Plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://french.visitkorea.or.kr/svc/contents/contentsView.do?vcontsId=104221, https://www.lonelyplanet.fr/destinations/asie/coree-du-sud/seoul/fetes-festivals, et https://www.petitfute.com/v48393-seoul/c1170-manifestation-evenement/c1250-fetes/c251-fete-traditionnelle-folklore-kermesse/652704-seoul-fringe-festival.html.

 

Le 6 août est aussi la fête de la Transfiguration du Seigneur. Cette fête fut célébrée liturgiquement pour la première fois en Syrie orientale au Ve siècle et se répandit progressivement dans l'Église d'Orient. Dans l'Église d'Occident, elle fut célébrée à Naples, en Italie, ainsi qu'en Allemagne et en Espagne, à partir du IXe siècle environ. Le pape Calixte III a intégré cette fête au calendrier liturgique universel en 1457. Cette décision faisait suite à la commémoration de la victoire remportée lors de la bataille de Belgrade le 6 août 1456. La fête de la Transfiguration du Seigneur est célébrée quarante jours avant la fête de l'Exaltation de la Croix (14 septembre), selon la tradition qui veut que Jésus ait été transfiguré quarante jours avant sa PassionLa fête est marquée par des prières et des messes dans les communautés chrétiennes en Corée du Sud, notamment dans certains lieux de recueillement comme le monastère orthodoxe de la Transfiguration à Gapyeong présidée par par le métropolite de Corée et l'exarque du Japon, où les offices religieux et la fraction des pains sont célébrés, s’en suit la divine liturgie, la bénédiction des “raisins”, puis tout le monde se rassemble dans le réfectoire. Cependant, la Transfiguration du Seigneur est aussi une fête liturgique importante du calendrier catholique, célébrée avec des messe spécifiques dans les paroisses à travers la Corée du Sud. L'Église catholique locale, très active et dynamique, célèbre ce temps fort au sein de ses communautés paroissiales habituées à une vie de foi fervente et engagée.

 

La fête de la Transfiguration du Seigneur s'appuie sur le message des Évangiles synoptiques et commémore la transfiguration de Jésus sous une forme glorieuse devant ses disciples. En effet, selon la tradition de l'Église, la glorieuse transfiguration de Jésus est comprise comme un événement survenu quarante jours avant sa crucifixion. Cet événement, relaté dans les Évangiles (Matthieu 17,1-9; Marc 9,2-10; Luc 9,28-36), commémore le moment où Jésus fut glorieusement transfiguré sur une montagne et révéla sa véritable nature à trois disciples. Jésus emmena Pierre, Jacques et Jean sur une montagne. Là, son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. Moïse et Élie apparurent et s'entretinrent avec lui, et la voix de Dieu retentit de la nuée : «Celui-ci est le Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie; écoutez-le !» À cet instant, l'accomplissement de la Loi et des Prophéties, ainsi que l'identité du Fils de Dieu, furent clairement révélés. Contrairement à de nombreux théologiens comme Raymond Brown qui voient la Transfiguration comme un récit théologique et post-pascal ancré dans la structure des évangiles synoptiques, servant de «fenêtre» anticipée sur la gloire de la résurrection du Christ, ou comme John P. Meier qui analyse la Transfiguration comme un récit théologique post-pascal de la communauté chrétienne primitive, reliant cet épisode à la confession de Pierre et démontre que la scène de la montagne haute exprime la révélation de l'identité divine de Jésus en lien avec la Loi et les Prophètes, Hyam Maccoby analyse l'événement de la Transfiguration (où le visage de Jésus brille et où une voix céleste l'identifie) comme le vestige textuel d'une véritable cérémonie d'intronisation politique. La suggestion de l'apôtre Pierre de dresser trois tentes (ou tabernacles) pour Jésus, Moïse et Élie n'est pas une métaphore spirituelle. Elle indique précisément que cet événement s'est déroulé pendant la fête juive de Souccot, une période traditionnellement associée dans l'imaginaire juif à l'avènement du Messie et à la libération nationale. La vision de Moïse et Élie symbolise la continuité parfaite avec la Torah et les Prophètes. Ils ne viennent pas annoncer un sacrifice divin à la manière des cultes à mystères grecs, mais valider le rôle de Jésus en tant que leader légitime d'Israël. Richard Horsley lui voit la Transfiguration non pas comme une épiphanie divine purement métaphysique ou isolée, mais comme un moment narratif et politique crucial, ancré dans les traditions prophétiques d'Israël, d’où le lien avec Élie et Moïse. Alors que pour Géza Vermes la Transfiguration est un récit à lire dans le contexte du judaïsme ancien. Elle illustre l'évolution de la conscience de Jésus et son rôle de prophète charismatique, plutôt qu'une preuve de sa divinité dogmatique. La scène sur la montagne rappelle l'imagerie du Sinaï et la transformation du visage de Moïse et la reconnaissance de Jésus comme «Fils de Dieu» relève d'une révélation surnaturelle vécue par les disciples.  

 

Pour aller plus loin , je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Hyam Maccoby, Revolution in Judaea: Jesus and the Jewish Resistance, Ocean Books, 1973, John P. Meier, Matthew, Liturgical Press, 1980, Raymond E. Brown, A Crucified Christ in Holy Week: Essays on the Four Gospel Passion Narratives, Liturgical Press, 1986, Richard A. Horsley, Hearing the Whole StoryThe Politics of Plot in Mark’s Gospel, Westminster John Knox Press, 2001, Géza Vermes, Christian Beginnings: From Nazareth to Nicaea, AD 30-325, Allen Lane, 2012, Églises du Monde : Corée du Sud: une Église fondée sur la foi des martyrs, KTO TV, 17 octobre 2024, dans https://www.ktotv.com/video/00442955/eglises-du-monde-du-17-octobre-2024, https://maria.catholic.or.kr/mobile/news/news_view.asp?tbcode=SEC01&seq=207060, https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20260806, et https://orthodoxkorea.org/the-feast-of-the-transfiguration-of-the-savior-at-the-holy-monastery-in-gapyeong/.

 

Merci, bon Seoul Fringe Festival et bonne fête de la Transfiguration !

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