L'association
entre Jack
l'Éventreur
et la Corée
du Sud
renvoie généralement à deux sujets majeurs : l'affaire
des meurtres
en série de Hwaseong
(souvent qualifiée par les médias de «Jack
l'Éventreur coréen»)
et la célèbre comédie
musicale sud-coréenne
Jack
the Ripper.
Regardons d’abord l’affaire.

À
l'automne 1888, la terreur s'empara des Britanniques suite à
une série de meurtres à Londres. Pendant environ deux mois, cinq
femmes furent découvertes l'une après l'autre à Whitechapel,
un quartier pauvre de l'est londonien. Le Londres de la fin du XIXe
siècle, cadre de l'œuvre, connaissait une explosion démographique
suite à la révolution industrielle. La main-d'œuvre
étant devenue une ressource remplaçable, les ouvriers non
qualifiés étaient confrontés à une précarité extrême, et
la classe pauvre augmentait rapidement. À cette époque, le
salaire journalier d'un ouvrier non qualifié était d'environ deux
shillings. De plus, la société de l'époque étant peu
sensible à l'égalité des sexes et limitant fortement les
professions féminines, il était courant que les femmes pauvres
enchaînent les emplois mal rémunérés, comme domestiques,
couturières et blanchisseuses, et se prostituent
souvent pour survivre. À cette époque, les prostituées
recevaient environ 4 pence par passe, et le prix d'une nuit dans un
établissement qui fournissait des cercueils en bois aux
sans-abris était de 4 pence. Ceux qui n'avaient même pas les
moyens de payer ce prix payaient 2 pence et dormaient suspendus à
une corde dans un lieu appelé «hangover». Whitechapel, lieu
de rassemblement des plus démunis, devint naturellement un
foyer de criminalité, mais le système de sécurité
publique, défaillant, les négligea. Avant même l'apparition de
Jack l'Éventreur en 1888, de nombreux vols et meurtres visant
les pauvres se produisaient dans tout Londres, mais les
enquêtes sérieuses étaient rares. Il était inévitable que ceux
qui étaient exclus de la protection de la société deviennent
des cibles pour les criminels. Une
augmentation suspecte du nombre d'agressions contre les femmes
de l'East End a été déclenchée par le meurtre d'Emma
Smith
le 3 avril et Martha
Tabram
le 7 août 1888. Le 31 août 1888, le corps d'une femme nommée Polly
Nichols,
qui sombra dans l’alcoolisme et erra entre les
hospices et la rue après avoir été chassée de chez elle à cause
de l'infidélité de son mari, fut
découvert dans une rue de Whitechapel, dans l'East End, en
Angleterre. Son corps était mutilé lorsqu'on l'a découvert. Sa
gorge avait été tranchée si profondément qu'elle était presque
décapitée, et son abdomen était gravement blessé, laissant
apparaître ses organes. Un dessin macabre de son cadavre est paru en
couverture du journal The
Illustrated Police News
le lendemain. Le journal The
Star
déchaîne alors les passions dans les rues de Whitechapel, révélant
le surnom du tueur, «Tablier
de Cuir»
le 5 septembre, après que la police
a mené une enquête entre le 1er
et le 4 septembre en interrogeant les prostituées
fréquentant les environs de Mary
Ann Nichols,
et au cours de cette
enquête, la police
obtient des informations sur un homme surnommé «Tablier
de cuir» qui volait de
l'argent à Mary Ann Nichols
depuis 12 mois,
et
déclenchant une vague de violence antisémite qui plonge la ville
dans le chaos. Les affrontements violents étant monnaie courante, la
police
peine à maintenir l'ordre et à sauver son enquête qui piétine. Le
8 septembre, le corps d'Annie
Chapman,
qui quitta également le domicile familial de son plein
gré, prisonnière de l'alcoolisme,
fut retrouvé dans une cour de Hanbury Street. Elle
avait apparemment été agressée de la même manière que Nichols :
dans les deux cas, la gorge tranchée à deux reprises et l'abdomen
ouvert. Cela laissa supposer que les deux meurtres étaient liés. Le
Pall
Mall Gazette
publia l'histoire d' un
«autre meurtre»
avant d'évoquer la perspective effrayante qu'il pourrait y en avoir
«d'autres
à venir».
Le message était clair : un tueur
en série
sévissait et nul ne savait où il frapperait ensuite. Pourtant, ce
type de récit n'était pas totalement inconnu des lettrés
de l'époque
victorienne.
Lorsque le meurtrier
mutile sauvagement à nouveau une autre femme, Sir
Charles Warren
est confronté à la colère de l'opinion
publique,
accusé d'incompétence. La police
est désespérée de trouver une solution, mais le véritable
coupable
reste insaisissable. Le
10 septembre 1888, John
Pizer,
que le sergent
Thick
affirme être connu sous le nom de «Tablier
de Cuir»,
est arrêté. Cependant,
il avait un alibi pour les deux meurtres précédents et fut
rapidement libéré.

Alors
que le Star
est au sommet de sa popularité et de son influence en désignant de
faux suspects, il a attisé la panique et transformé les rues de
Whitechapel en champ de bataille, alimentant la justice
populaire
avec la création le 10 septembre par M. George
Lusk, avec plusieurs autres hommes d'affaires locaux, du
Comité de vigilance de Mile End, espérant aider la police
dans ses efforts pour appréhender le meurtrier, et
une suspicion généralisée. La ville a sombré dans la panique, la
police
poursuivant des fantômes
tandis que le véritable
meurtrier
leur échappait, Fred
Best
se retrouve au cœur d'un jeu dangereux. Tandis que la presse
alimente l'hystérie autour de Jack
l'Éventreur
ce dont se plaint le commissaire
Sir Charles Warren
le 18 septembre, les ventes explosent, tout comme la pression pour
maintenir l'histoire en vie. Sur ordre de son charismatique rédacteur
en chef, Fred
Best falsifie
une nouvelle lettre, prétendument écrite par le tueur, contribuant
ainsi à l'essor du mythe. La police,
submergée par les canulars et les impasses (Henry
Pigott,
Edward McKenna, Jacob Issenschmid, Oswald
Puckeridge, Charles
Ludwig
suspects innocentés entre le 9 et le 17 septembre, la théorie Jill
the Ripper
le 18 septembre lancée par Lord Sidney Osborne,
ou
encore Fitzgerald
qui s’est accusé du meurtre d’Annie
Chapman
le 26 est relâché le 29), mais aussi par les offres de récompense,
cherche désespérément une piste sérieuse. Le 27 septembre 1888,
l'agence de presse londonienne Central
News Agency
reçut ce qui est entré dans l'histoire sous le nom de lettre «Cher
patron».
Attribuée au tueur
en personne, elle était signée «Jack
l'Éventreur».
Ce nom acquit rapidement une notoriété mondiale, l'Agence
centrale de presse
télégraphiant les nouvelles concernant Jack
l'Éventreur
de l'autre côté de l'Atlantique. Et tôt le matin du 30 septembre,
ceux d'Elizabeth
Stride
et de Catherine
Eddowes,
qui ne se marièrent jamais officiellement,
respectivement
à Burner Street et à Meister Square. Elizabeth
Stride
qui n'avait pas été mutilée après sa mort, mais sa gorge est
tranchée, et de Catherine
Eddowes,
une heure après, atrocement mutilé et éventré. Ses joues, ses
paupières et sa gorge étaient lacérées. Son nez était
partiellement ou totalement arraché et son abdomen était ouvert.
Ses intestins avaient été retirés et placés sur son épaule. Il
lui manquait également une partie de l'utérus et son rein gauche.
La carte
postale
«Jack
l'Éventreur»
a refait surface. Elle aussi avait été envoyée à la Central
News Agency
par «Jack
l'Éventreur».
Plus tard dans la nuit, la police découvrit un morceau du tablier
d'Eddowes
dans l'embrasure d'une porte de Goulston Street, à Whitechapel.
Au-dessus, griffonné à la craie, figurait un message mystérieux :
«Les
Juifs sont les hommes qu'on ne blâmera pas pour rien».
Différentes versions de ce message
furent relevées, et nous ignorons son contenu exact car il fut
rapidement effacé avant de pouvoir être photographié, apparemment
pour éviter toute réaction antisémite d'une population
déjà terrorisée.
Les
deux meurtres, survenus à une heure d'intervalle le 30 septembre,
ont souvent été qualifiés de «double
événement». Ce
terme provient de la carte
postale
«Saucy
Jacky»
envoyée à la CNA
le lendemain. L'auteur
du texte
manuscrit sur la carte postale revendiquait la responsabilité du
double meurtre. La CNA
reçoit une autre lettre signée «Jack
l'Éventreur» le 6 octobre. La police lui demande de ne pas
la rendre publique. Cela
n’aide pas la police qui trouve des nouveaux suspects (John
Langam
la 11 octobre, relâché le 12, Michael
Ostrog
est désigné comme coupable par le The
Police gazette
le 26 octobre) et découvre le 13 octobre que Eddowes
disait
connaître le tueur,
car elle est induite en erreur par la presse
en semant de fausses pistes, en fabriquant des preuves, poussant Sir
Charles Warren
à déclarer que les lettres
sont fausses et en publiant des spéculations comme des faits avérés,
et les lettres
falsifiées n’aident pas comme celle de Maria
Coroner est accusée le 21 octobre d'avoir falsifié plusieurs
«lettres de Jack l'Éventreur» affirmant que le
meurtrier ferait sa prochaine victime à Bradford.
Enfin, il y a eu cette fameuse lettre
portant la mention «De
l'enfer»,
envoyée le 16 octobre dans un colis contenant un fragment de rein
conservé. On ignore s'il s'agissait réellement du rein disparu de
Catherine
Eddowes,
ou simplement d'un organe récupéré par un étudiant
en médecine malade,
voire d'un rein de porc. La lettre
elle-même était bien moins recherchée et éloquente que «Cher
patron»
et «Jacky
le coquin»
, et c'est précisément ce qui la rend plus brute, passionnée et
authentique. Elle n'était pas signée Jack
l'Éventreur,
ce que certains interprètent comme un bon signe : il aurait pu
en être l'auteur, souhaitant se dissocier du surnom forgé par les
médias.
Ces messages sont aujourd'hui souvent considérés comme des
canulars. Les journalistes
Fred Best
et Tom Bullen
ont été associés à l'écriture de lettres
accusant
Jack
l'Éventreur,
alors qu'ils travaillaient pour le journal The
Star.
Il pourrait s'agir de tentatives, commanditées par le rédacteur en
chef du
Star,
T.P. O'Connor,
pour doper les ventes du journal.
Sir Charles Warren démissionne.
Le 9 novembre, le corps atrocement mutilé de Mary
Jane Kelly,
la seule à se livrer ouvertement à la prostitution,
fut découvert dans son lit, à son domicile de Millerskopf. Sa
gorge était tranchée, mais son visage était méconnaissable tant
ses blessures étaient nombreuses. Son abdomen était ouvert et ses
organes avaient été prélevés et éparpillés dans sa chambre. Son
cœur avait été retiré, mais il ne fut jamais retrouvé. Lorsque
l'Éventreur commet son meurtre le plus brutal à ce jour,
celui de Mary Jane Kelly, l'indignation publique atteint son
paroxysme. Les recherches continuent, et la xénophobie joue
aussi comme avec l’autrichien Antoni Pricha le 13 novembre,
le Suèdois Nikaner Benelius le 17 novembre, et Edward
Buchan le 19 novembre qui se suicide, alors que le même jour
Francis Tumblety est connecté aux meurtres, mais il arrive à
fuir en France le 24 novembre, Joseph Isaacs le 6 décembre et
David Cohen le 7 décembre qui est envoyé à l’asile le 21
décembre. Mais soudain, Jack disparut mystérieusement. Selon
William Bachert, président du comité de vigilance de
Whitechapel, aurait déclaré par des responsables de la police
que le meurtrier de Whitechapel s'était noyé dans la Tamise
à la fin de 1888, ce serait Montague John Druitt. A-t-il été
arrêté pour un autre crime ? Selon les mémoires
de Donald Swanson en 1910, Aaron Kosminski était le
principal suspect de la police et il a été envoyé dans un
asile en 1891. Ou bien a-t-il simplement fui le pays ? Ainsi, le
suspect idéal serait Francis Tumblety puisqu’il figurait
dans la lettre de l'inspecteur en chef John
Littlechild en 1913, un homosexuel détestant les prostituées.
La vérité restera peut-être à jamais un mystère, mais les
journalistes ont inventé des histoires pour assurer leurs
profits.

Cette
affaire inspira des livres, des séries
télévisées et des comédies musicales,
faisant de Jack l'Éventreur le tueur en série le plus
célèbre de l'histoire. Les
travaux des chercheurs continuent dans leur registre propre de
s’inscrire dans cette fascination de l’«underworld»,
un monde sous le monde. En parallèle la postérité du personnage de
Jack l’Éventreur
conserve depuis près de cent trente ans sa place dans
l’imaginaire occidental. La littérature
et le cinéma
s’étaient vite emparés du personnage. Reprenant
l’intrigue imaginée, en 1913, par la romancière
Marie Belloc,
Alfred
Hitchcock
réalisa en 1927 The
Lodger,
dans lequel un mystérieux
locataire
assassine des jeunes
femmes
dans Londres. Certains films
restent dans les mémoires comme From
Hell
(2001), d’Albert
et Allen
Hughes,
ou Time
After Time
(C’était
demain,
1979), de Nicholas
Meyer,
dans lequel On y suit Jack
l’Éventreur
dans un San Francisco moderne, pourchassé par H. G. Wells
auquel il a volé la machine à voyager dans le temps. Les téléfilms
et séries,
bandes
dessinées
ou jeux
vidéo
abondent. C’est donc à la fiction,
qui a rivalisé d’emblée avec la science
et à qui il revint aussi d’incarner l’Éventreur,
de lui donner un visage et une identité qui ont échappé encore à
ce jour aux multiples enquêtes, nourries de techniques et de
perspectives nouvelles. Habitués à l'illusion de Jack
l'Éventreur
– un tueur inconnu et insaisissable –, nous oublions qu'il vit
toujours parmi nous. On ignore combien d'affiches
et de flancs de bus le représentent, brandissant un couteau
ensanglanté, coiffé d'un chapeau melon et vêtu d'une cape. Des
bars
proposent des cocktails à son nom, et des magasins
affichent son nom sur leurs enseignes. Des touristes
du monde entier
affluent à Londres pour un pèlerinage à Whitechapel, sur ses
traces, et visitent les musées
consacrés à ses crimes. Aujourd'hui, d'innombrables
personnes
à travers le monde se déguisent en Jack
l'Éventreur
pour Halloween,
s'identifient à lui, célèbrent son génie et considèrent ce
meurtrier de femmes
comme une figure ridicule. Pourtant, accepter Jack
l'Éventreur,
c'est accepter les valeurs qui l'entouraient en 1888 : celles
qui inculquaient aux femmes
l'idée qu'elles ne valaient rien et qu'elles seraient donc vouées à
la honte et aux mauvais traitements. Alors que la peur de Jack
l'Éventreur régnait
en maître, la presse
affirmait que les auberges
de Whitechapel étaient en réalité des bordels
et que la plupart des femmes
qui y vivaient étaient des prostituées.
Abandonnées et malades, elles dormaient dans la rue ou dans des
abris délabrés, victimes de l'indifférence générale, même après
leur mort. En
définitive, le meurtrier
Jack l'Éventreur
ciblait «les
femmes qui vivaient en marge des conventions et des règles, les
femmes sans foyer ni famille, les alcooliques et les femmes pauvres».
En réalité, l'affaire
Jack l'Éventreur repose avant tout sur la
misogynie vicieuse et persistante d'un meurtrier, et
l'obsession de notre culture pour le “tueur en série de
prostituées” ne fait que normaliser cette même misogynie.
Pour
aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup
aidé : Hallie Rubenhold, The Five: The
Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper,
Doubleday, 2019,
https://www.hankookilbo.com/news/article/A2022030309250003036,
https://blog.naver.com/hiseongyang/222686572314,
et https://m.blog.naver.com/iwhgp5456/220046044349,
Tracey
Lacombe,
Jack
l'Éventreur : Lettres de sang
(Jack
the Ripper: Written in Blood),
3 épisodes,
2025, Nutopia (documentaire),
https://blueantrightsscreeningroom.i2ic.com/title/jack-the-ripper-written-in-blood,
https://www.history.co.uk/articles/jack-the-ripper-dear-boss-letters,
https://www.history.co.uk/articles/jack-the-ripper-tabloid-press,
https://www.history.co.uk/articles/the-victims-of-jack-the-ripper,
et
https://www.tvmaze.com/shows/83858/jack-the-ripper-written-in-blood,
https://theconversation.com/jack-leventreur-premier-cold-case-de-lhistoire-263358,
https://whitechapeljack.com/whitechapel-murders-timeline/,
et https://www.casebook.org/timeline/,
https://www.jack-the-ripper-tour.com/contemporary-ripper-suspects/.

Puis,
Le «Jack
l'Éventreur coréen»
fait référence à la
première
grande affaire de tueur en série
de l'histoire moderne de la Corée du Sud.
Entre 1986 et 1991, dix
femmes
ont été violées et assassinées de manière atroce dans la région
rurale de Hwaseong, au sud de Séoul. Tout comme pour Jack
l'Éventreur
à Londres, le tueur
ciblait spécifiquement des femmes,
agissait la nuit, et l'enquête a piétiné pendant des décennies
malgré le déploiement de millions
de policiers.
Des
centaines
de détectives
furent mobilisés. On a questionné 21
280 suspects !
Sans résultat, pas même un ADN exploitable à la date de
prescription des recherches en 2006. Rien, sinon la frustration pour
les policiers
et les familles.
Les scènes de crimes n’ont pas été sécurisées. À ce moment,
le général
Chun
dirigeait le pays. Il voulait que l’affaire soit résolue au plus
vite. Les policiers,
venant de dizaines
de commissariats,
avaient été mis en concurrence. Et nul n’a recherché la
coopération de la population. Certains officiers de police
essayèrent même de se cacher mutuellement les informations. Les
protocoles
d’analyse
étaient flous. Les détectives
laissaient leurs empreintes sur les sites... Ajoutons des traces mal
collectées, inexploitables. Le film Memories
of Murder
en 2003 cristallise l’échec d’une recherche d’ADN qui portait
tous les espoirs. Néanmoins, la créativité des Coréens
a tiré une dynamique imaginative de cette faillite. Et ce filon
criminel est loin d’être épuisé. Le
mystère a finalement pris fin en 2019.
Grâce aux progrès des analyses ADN, la police a identifié le
coupable : Lee
Chun-jae.
Il purgeait déjà une peine de prison à perpétuité pour un autre
meurtre commis en 1994. Cette affaire a inspiré le chef-d'œuvre du
cinéma coréen Memories
of Murder
(2003) réalisé par Bong
Joon-ho,
ainsi que de nombreux drames télévisés (Signal,
Tunnel).
Début
2016, le Myeongdong
Theater
de Séoul reprend Come
to see me,
la comédie amère de Kim
Kwang-lim
sur Hwaseong. Le théâtre célèbre les vingt ans de la pièce
(1996). Plusieurs
acteurs
de la création reprennent le rôle qu’ils ont aussi tenu dans
Memories
of murder
(Bong
Joon-ho,
2003),
l’adaptation de la pièce à l’écran. Come
to see me
raconte les aléas de l’enquête, les jalousies policières, les
fuites, les incompétences. On ne compte
plus les productions s’inspirant de la pièce et de Hwaseong
jusqu’à la série télé Signal
(2015-2016). La TV y mêle thriller et science fiction avec une voix
venue du passé celle d’un témoin
récusé par la police.
S’y ajoutent Confession
of Murder
pour débusquer le psychopathe
(2012), Gapdon
(2014), le suicide d’un innocent,
et SADO
(2015), transformé en prince-bourreau
compulsif.
Pour
aller beaucoup plus loin, je vous conseille ces articles qui m’ont
beaucoup aidé : Marc
Renneville.
Quand la folie meurtrière fait son cinéma. De Nosferatu au tueur
sans visage, Criminocorpus,
revue hypermédia. Histoire de la justice, des crimes et des peines,
2006, et
https://coree-culture.org/comment-le-jack-l-eventreur-coreen,4132.html,
https://www.bbc.com/news/world-asia-49750184.

Enfin,
la Corée du Sud est également connue pour avoir créé une
adaptation
musicale majeure
basée sur le tueur
londonien
d'origine. L'œuvre
a été écrite à l'origine en tchèque par Vaso
Patejdl
(musique) et Ivan
Hejna
(paroles). La version
coréenne
a été développée par la M
Musical Company;
elle présente un livret considérablement remanié et une mise en
scène signée Wang
Yong-beom.
Cette adaptation a enrichi la partition musicale et recentré
l'intrigue sur le sensationnalisme médiatique ainsi que sur la
déliquescence sociale, tout en étant conçue dès sa création avec
l'ambition d'une tournée internationale. Lancé
en 2009
à Séoul, ce spectacle s'inspire librement des meurtres
de Whitechapel de 1888.
L'histoire
suit
un chirurgien nommé Daniel
qui conclut un pacte dangereux avec le tueur Jack
pour obtenir des organes afin de sauver la femme
qu'il aime. En 2009–2010,
c’est la Première au Universal
Arts Center de Séoul
(sous le titre «Salinma
Jack»),
puis en 2010, c’est le changement de titre pour «Jack
the Ripper»
et nouvelle mise en scène au Seongnam
Arts Center.
Ensuite, en 2012, c’est la reprise au Théâtre
national de Corée,
suivie de plusieurs séries de représentations commerciales, dont la
production du 10e
anniversaire
(2019) et la reprise la plus récente en 2021–2022. La comédie
musicale
est restée régulièrement à l'affiche, portée par des
distributions alternant des vedettes
et par une demande soutenue du public. Succès
international :
Portée par de grandes
stars de la K-pop
et de la scène
théâtrale coréenne,
la pièce
est devenue l'un des plus gros succès commerciaux de l'industrie
musicale en Corée
et s'est largement exportée, notamment au Japon, à
Tokyo (2012) avec des représentations sous licence en langue
coréenne au Aoyama Theatre,
du 16 septembre au 8 octobre 2012 (30 représentations). Coproduite
par M Musical Company
et le partenaire japonais Quaras,
cette production réunissait Shin
Sung-woo, Yoo
Jun-sang et Um
Ki-joon, ainsi que les idoles Sungmin
(Super Junior)
et Song Seung-hyun
(FT Island).
Le spectacle
a atteint le seuil de rentabilité avant même sa première et a
enregistré un taux de remplissage payant de 81,5 % ; il a bénéficié
d'une large couverture médiatique et a été explicitement présenté
comme une mise en scène d'origine coréenne plutôt que comme une
simple importation de la version tchèque. Dans
l'histoire des comédies
musicales K,
Jack
the Ripper
a enregistré les ventes au box-office
les plus élevées, établissant sa position de principale
comédie musicale K-wave
au Japon.
Pour
aller beaucoup plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont
beaucoup aidé :
https://asianmoviepulse.com/2021/12/k-wave-musical-jack-the-ripper-performing-strong-globally-with-metatheaters-online-streaming/,
https://baike.baidu.com/fr/item/Jack%20l%27%C3%89ventreur/3150492,
et
https://www.musicalsofkorea.com/k-musicals-worldwide-non-english/201207-jack-the-ripper-jp.
Merci !
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