Amis

lundi 31 août 2026

Jack l’éventreur et la Corée du Sud : un lien entre le tueur en série, des meurtres en série en Corée et une comédie musicale

L'association entre Jack l'Éventreur et la Corée du Sud renvoie généralement à deux sujets majeurs : l'affaire des meurtres en série de Hwaseong (souvent qualifiée par les médias de «Jack l'Éventreur coréen») et la célèbre comédie musicale sud-coréenne Jack the Ripper. Regardons d’abord l’affaire.

 

À l'automne 1888, la terreur s'empara des Britanniques suite à une série de meurtres à Londres. Pendant environ deux mois, cinq femmes furent découvertes l'une après l'autre à Whitechapel, un quartier pauvre de l'est londonien. Le Londres de la fin du XIXe siècle, cadre de l'œuvre, connaissait une explosion démographique suite à la révolution industrielle. La main-d'œuvre étant devenue une ressource remplaçable, les ouvriers non qualifiés étaient confrontés à une précarité extrême, et la classe pauvre augmentait rapidement. À cette époque, le salaire journalier d'un ouvrier non qualifié était d'environ deux shillings. De plus, la société de l'époque étant peu sensible à l'égalité des sexes et limitant fortement les professions féminines, il était courant que les femmes pauvres enchaînent les emplois mal rémunérés, comme domestiques, couturières et blanchisseuses, et se prostituent souvent pour survivre. À cette époque, les prostituées recevaient environ 4 pence par passe, et le prix d'une nuit dans un établissement qui fournissait des cercueils en bois aux sans-abris était de 4 pence. Ceux qui n'avaient même pas les moyens de payer ce prix payaient 2 pence et dormaient suspendus à une corde dans un lieu appelé «hangover». Whitechapel, lieu de rassemblement des plus démunis, devint naturellement un foyer de criminalité, mais le système de sécurité publique, défaillant, les négligea. Avant même l'apparition de Jack l'Éventreur en 1888, de nombreux vols et meurtres visant les pauvres se produisaient dans tout Londres, mais les enquêtes sérieuses étaient rares. Il était inévitable que ceux qui étaient exclus de la protection de la société deviennent des cibles pour les criminels. Une augmentation suspecte du nombre d'agressions contre les femmes de l'East End a été déclenchée par le meurtre d'Emma Smith le 3 avril et Martha Tabram le 7 août 1888. Le 31 août 1888, le corps d'une femme nommée Polly Nichols, qui sombra dans l’alcoolisme et erra entre les hospices et la rue après avoir été chassée de chez elle à cause de l'infidélité de son mari, fut découvert dans une rue de Whitechapel, dans l'East End, en Angleterre. Son corps était mutilé lorsqu'on l'a découvert. Sa gorge avait été tranchée si profondément qu'elle était presque décapitée, et son abdomen était gravement blessé, laissant apparaître ses organes. Un dessin macabre de son cadavre est paru en couverture du journal The Illustrated Police News le lendemain. Le journal The Star déchaîne alors les passions dans les rues de Whitechapel, révélant le surnom du tueur, «Tablier de Cuir» le 5 septembre, après que la police a mené une enquête entre le 1er et le 4 septembre en interrogeant les prostituées fréquentant les environs de Mary Ann Nichols, et au cours de cette enquête, la police obtient des informations sur un homme surnommé «Tablier de cuir» qui volait de l'argent à Mary Ann Nichols depuis 12 mois, et déclenchant une vague de violence antisémite qui plonge la ville dans le chaos. Les affrontements violents étant monnaie courante, la police peine à maintenir l'ordre et à sauver son enquête qui piétine. Le 8 septembre, le corps d'Annie Chapman, qui quitta également le domicile familial de son plein gré, prisonnière de l'alcoolisme, fut retrouvé dans une cour de Hanbury Street. Elle avait apparemment été agressée de la même manière que Nichols : dans les deux cas, la gorge tranchée à deux reprises et l'abdomen ouvert. Cela laissa supposer que les deux meurtres étaient liés. Le Pall Mall Gazette publia l'histoire d' un «autre meurtre» avant d'évoquer la perspective effrayante qu'il pourrait y en avoir «d'autres à venir». Le message était clair : un tueur en série sévissait et nul ne savait où il frapperait ensuite. Pourtant, ce type de récit n'était pas totalement inconnu des lettrés de l'époque victorienne. Lorsque le meurtrier mutile sauvagement à nouveau une autre femme, Sir Charles Warren est confronté à la colère de l'opinion publique, accusé d'incompétence. La police est désespérée de trouver une solution, mais le véritable coupable reste insaisissable. Le 10 septembre 1888, John Pizer, que le sergent Thick affirme être connu sous le nom de «Tablier de Cuir», est arrêté. Cependant, il avait un alibi pour les deux meurtres précédents et fut rapidement libéré. 

 

Alors que le Star est au sommet de sa popularité et de son influence en désignant de faux suspects, il a attisé la panique et transformé les rues de Whitechapel en champ de bataille, alimentant la justice populaire avec la création le 10 septembre par M. George Lusk, avec plusieurs autres hommes d'affaires locaux, du Comité de vigilance de Mile End, espérant aider la police dans ses efforts pour appréhender le meurtrier, et une suspicion généralisée. La ville a sombré dans la panique, la police poursuivant des fantômes tandis que le véritable meurtrier leur échappait, Fred Best se retrouve au cœur d'un jeu dangereux. Tandis que la presse alimente l'hystérie autour de Jack l'Éventreur ce dont se plaint le commissaire Sir Charles Warren le 18 septembre, les ventes explosent, tout comme la pression pour maintenir l'histoire en vie. Sur ordre de son charismatique rédacteur en chef, Fred Best falsifie une nouvelle lettre, prétendument écrite par le tueur, contribuant ainsi à l'essor du mythe. La police, submergée par les canulars et les impasses (Henry Pigott, Edward McKenna, Jacob Issenschmid, Oswald Puckeridge, Charles Ludwig suspects innocentés entre le 9 et le 17 septembre, la théorie Jill the Ripper le 18 septembre lancée par Lord Sidney Osborne, ou encore Fitzgerald qui s’est accusé du meurtre d’Annie Chapman le 26 est relâché le 29), mais aussi par les offres de récompense, cherche désespérément une piste sérieuse. Le 27 septembre 1888, l'agence de presse londonienne Central News Agency reçut ce qui est entré dans l'histoire sous le nom de lettre «Cher patron». Attribuée au tueur en personne, elle était signée «Jack l'Éventreur». Ce nom acquit rapidement une notoriété mondiale, l'Agence centrale de presse télégraphiant les nouvelles concernant Jack l'Éventreur de l'autre côté de l'Atlantique. Et tôt le matin du 30 septembre, ceux d'Elizabeth Stride et de Catherine Eddowes, qui ne se marièrent jamais officiellement, respectivement à Burner Street et à Meister Square. Elizabeth Stride qui n'avait pas été mutilée après sa mort, mais sa gorge est tranchée, et de Catherine Eddowes, une heure après, atrocement mutilé et éventré. Ses joues, ses paupières et sa gorge étaient lacérées. Son nez était partiellement ou totalement arraché et son abdomen était ouvert. Ses intestins avaient été retirés et placés sur son épaule. Il lui manquait également une partie de l'utérus et son rein gauche. La carte postale «Jack l'Éventreur» a refait surface. Elle aussi avait été envoyée à la Central News Agency par «Jack l'Éventreur». Plus tard dans la nuit, la police découvrit un morceau du tablier d'Eddowes dans l'embrasure d'une porte de Goulston Street, à Whitechapel. Au-dessus, griffonné à la craie, figurait un message mystérieux : «Les Juifs sont les hommes qu'on ne blâmera pas pour rien». Différentes versions de ce message furent relevées, et nous ignorons son contenu exact car il fut rapidement effacé avant de pouvoir être photographié, apparemment pour éviter toute réaction antisémite d'une population déjà terrorisée. Les deux meurtres, survenus à une heure d'intervalle le 30 septembre, ont souvent été qualifiés de «double événement». Ce terme provient de la carte postale «Saucy Jacky» envoyée à la CNA le lendemain. L'auteur du texte manuscrit sur la carte postale revendiquait la responsabilité du double meurtre. La CNA reçoit une autre lettre signée «Jack l'Éventreur» le 6 octobre. La police lui demande de ne pas la rendre publique. Cela n’aide pas la police qui trouve des nouveaux suspects (John Langam la 11 octobre, relâché le 12, Michael Ostrog est désigné comme coupable par le The Police gazette le 26 octobre) et découvre le 13 octobre que Eddowes disait connaître le tueur, car elle est induite en erreur par la presse en semant de fausses pistes, en fabriquant des preuves, poussant Sir Charles Warren à déclarer que les lettres sont fausses et en publiant des spéculations comme des faits avérés, et les lettres falsifiées n’aident pas comme celle de Maria Coroner est accusée le 21 octobre d'avoir falsifié plusieurs «lettres de Jack l'Éventreur» affirmant que le meurtrier ferait sa prochaine victime à Bradford. Enfin, il y a eu cette fameuse lettre portant la mention «De l'enfer», envoyée le 16 octobre dans un colis contenant un fragment de rein conservé. On ignore s'il s'agissait réellement du rein disparu de Catherine Eddowes, ou simplement d'un organe récupéré par un étudiant en médecine malade, voire d'un rein de porc. La lettre elle-même était bien moins recherchée et éloquente que «Cher patron» et «Jacky le coquin» , et c'est précisément ce qui la rend plus brute, passionnée et authentique. Elle n'était pas signée Jack l'Éventreur, ce que certains interprètent comme un bon signe : il aurait pu en être l'auteur, souhaitant se dissocier du surnom forgé par les médias. Ces messages sont aujourd'hui souvent considérés comme des canulars. Les journalistes Fred Best et Tom Bullen ont été associés à l'écriture de lettres accusant Jack l'Éventreur, alors qu'ils travaillaient pour le journal The Star. Il pourrait s'agir de tentatives, commanditées par le rédacteur en chef du Star, T.P. O'Connor, pour doper les ventes du journal. Sir Charles Warren démissionne. Le 9 novembre, le corps atrocement mutilé de Mary Jane Kelly, la seule à se livrer ouvertement à la prostitution, fut découvert dans son lit, à son domicile de Millerskopf. Sa gorge était tranchée, mais son visage était méconnaissable tant ses blessures étaient nombreuses. Son abdomen était ouvert et ses organes avaient été prélevés et éparpillés dans sa chambre. Son cœur avait été retiré, mais il ne fut jamais retrouvé. Lorsque l'Éventreur commet son meurtre le plus brutal à ce jour, celui de Mary Jane Kelly, l'indignation publique atteint son paroxysme. Les recherches continuent, et la xénophobie joue aussi comme avec l’autrichien Antoni Pricha le 13 novembre, le Suèdois Nikaner Benelius le 17 novembre, et Edward Buchan le 19 novembre qui se suicide, alors que le même jour Francis Tumblety est connecté aux meurtres, mais il arrive à fuir en France le 24 novembre, Joseph Isaacs le 6 décembre et David Cohen le 7 décembre qui est envoyé à l’asile le 21 décembre. Mais soudain, Jack disparut mystérieusement. Selon William Bachert, président du comité de vigilance de Whitechapel, aurait déclaré par des responsables de la police que le meurtrier de Whitechapel s'était noyé dans la Tamise à la fin de 1888, ce serait Montague John Druitt. A-t-il été arrêté pour un autre crime ? Selon les mémoires de Donald Swanson en 1910, Aaron Kosminski était le principal suspect de la police et il a été envoyé dans un asile en 1891. Ou bien a-t-il simplement fui le pays ? Ainsi, le suspect idéal serait Francis Tumblety puisqu’il figurait dans la lettre de l'inspecteur en chef John Littlechild en 1913, un homosexuel détestant les prostituées. La vérité restera peut-être à jamais un mystère, mais les journalistes ont inventé des histoires pour assurer leurs profits.

 

Cette affaire inspira des livres, des séries télévisées et des comédies musicales, faisant de Jack l'Éventreur le tueur en série le plus célèbre de l'histoire. Les travaux des chercheurs continuent dans leur registre propre de s’inscrire dans cette fascination de l’«underworld», un monde sous le monde. En parallèle la postérité du personnage de Jack l’Éventreur conserve depuis près de cent trente ans sa place dans l’imaginaire occidental. La littérature et le cinéma s’étaient vite emparés du personnage. Reprenant l’intrigue imaginée, en 1913, par la romancière Marie Belloc, Alfred Hitchcock réalisa en 1927 The Lodger, dans lequel un mystérieux locataire assassine des jeunes femmes dans Londres. Certains films restent dans les mémoires comme From Hell (2001), d’Albert et Allen Hughes, ou Time After Time (C’était demain, 1979), de Nicholas Meyer, dans lequel On y suit Jack l’Éventreur dans un San Francisco moderne, pourchassé par H. G. Wells auquel il a volé la machine à voyager dans le temps. Les téléfilms et séries, bandes dessinées ou jeux vidéo abondent. C’est donc à la fiction, qui a rivalisé d’emblée avec la science et à qui il revint aussi d’incarner l’Éventreur, de lui donner un visage et une identité qui ont échappé encore à ce jour aux multiples enquêtes, nourries de techniques et de perspectives nouvelles. Habitués à l'illusion de Jack l'Éventreur – un tueur inconnu et insaisissable –, nous oublions qu'il vit toujours parmi nous. On ignore combien d'affiches et de flancs de bus le représentent, brandissant un couteau ensanglanté, coiffé d'un chapeau melon et vêtu d'une cape. Des bars proposent des cocktails à son nom, et des magasins affichent son nom sur leurs enseignes. Des touristes du monde entier affluent à Londres pour un pèlerinage à Whitechapel, sur ses traces, et visitent les musées consacrés à ses crimes. Aujourd'hui, d'innombrables personnes à travers le monde se déguisent en Jack l'Éventreur pour Halloween, s'identifient à lui, célèbrent son génie et considèrent ce meurtrier de femmes comme une figure ridicule. Pourtant, accepter Jack l'Éventreur, c'est accepter les valeurs qui l'entouraient en 1888 : celles qui inculquaient aux femmes l'idée qu'elles ne valaient rien et qu'elles seraient donc vouées à la honte et aux mauvais traitements. Alors que la peur de Jack l'Éventreur régnait en maître, la presse affirmait que les auberges de Whitechapel étaient en réalité des bordels et que la plupart des femmes qui y vivaient étaient des prostituées. Abandonnées et malades, elles dormaient dans la rue ou dans des abris délabrés, victimes de l'indifférence générale, même après leur mort. En définitive, le meurtrier Jack l'Éventreur ciblait «les femmes qui vivaient en marge des conventions et des règles, les femmes sans foyer ni famille, les alcooliques et les femmes pauvres». En réalité, l'affaire Jack l'Éventreur repose avant tout sur la misogynie vicieuse et persistante d'un meurtrier, et l'obsession de notre culture pour le “tueur en série de prostituées” ne fait que normaliser cette même misogynie. 
 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Hallie Rubenhold, The Five: The Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper, Doubleday, 2019, https://www.hankookilbo.com/news/article/A2022030309250003036, https://blog.naver.com/hiseongyang/222686572314, et https://m.blog.naver.com/iwhgp5456/220046044349, Tracey Lacombe, Jack l'Éventreur : Lettres de sang (Jack the Ripper: Written in Blood), 3 épisodes, 2025, Nutopia (documentaire), https://blueantrightsscreeningroom.i2ic.com/title/jack-the-ripper-written-in-blood, https://www.history.co.uk/articles/jack-the-ripper-dear-boss-letters, https://www.history.co.uk/articles/jack-the-ripper-tabloid-press, https://www.history.co.uk/articles/the-victims-of-jack-the-ripper, et https://www.tvmaze.com/shows/83858/jack-the-ripper-written-in-blood, https://theconversation.com/jack-leventreur-premier-cold-case-de-lhistoire-263358, https://whitechapeljack.com/whitechapel-murders-timeline/, et https://www.casebook.org/timeline/, https://www.jack-the-ripper-tour.com/contemporary-ripper-suspects/.

 

Puis, Le «Jack l'Éventreur coréen» fait référence à la première grande affaire de tueur en série de l'histoire moderne de la Corée du Sud. Entre 1986 et 1991, dix femmes ont été violées et assassinées de manière atroce dans la région rurale de Hwaseong, au sud de Séoul. Tout comme pour Jack l'Éventreur à Londres, le tueur ciblait spécifiquement des femmes, agissait la nuit, et l'enquête a piétiné pendant des décennies malgré le déploiement de millions de policiers. Des centaines de détectives furent mobilisés. On a questionné 21 280 suspects ! Sans résultat, pas même un ADN exploitable à la date de prescription des recherches en 2006. Rien, sinon la frustration pour les policiers et les familles. Les scènes de crimes n’ont pas été sécurisées. À ce moment, le général Chun dirigeait le pays. Il voulait que l’affaire soit résolue au plus vite. Les policiers, venant de dizaines de commissariats, avaient été mis en concurrence. Et nul n’a recherché la coopération de la population. Certains officiers de police essayèrent même de se cacher mutuellement les informations. Les protocoles d’analyse étaient flous. Les détectives laissaient leurs empreintes sur les sites... Ajoutons des traces mal collectées, inexploitables. Le film Memories of Murder en 2003 cristallise l’échec d’une recherche d’ADN qui portait tous les espoirs. Néanmoins, la créativité des Coréens a tiré une dynamique imaginative de cette faillite. Et ce filon criminel est loin d’être épuisé. Le mystère a finalement pris fin en 2019. Grâce aux progrès des analyses ADN, la police a identifié le coupable : Lee Chun-jae. Il purgeait déjà une peine de prison à perpétuité pour un autre meurtre commis en 1994. Cette affaire a inspiré le chef-d'œuvre du cinéma coréen Memories of Murder (2003) réalisé par Bong Joon-ho, ainsi que de nombreux drames télévisés (Signal, Tunnel). Début 2016, le Myeongdong Theater de Séoul reprend Come to see me, la comédie amère de Kim Kwang-lim sur Hwaseong. Le théâtre célèbre les vingt ans de la pièce (1996). Plusieurs acteurs de la création reprennent le rôle qu’ils ont aussi tenu dans Memories of murder (Bong Joon-ho, 2003), l’adaptation de la pièce à l’écran. Come to see me raconte les aléas de l’enquête, les jalousies policières, les fuites, les incompétences. On ne compte plus les productions s’inspirant de la pièce et de Hwaseong jusqu’à la série télé Signal (2015-2016). La TV y mêle thriller et science fiction avec une voix venue du passé celle d’un témoin récusé par la police. S’y ajoutent Confession of Murder pour débusquer le psychopathe (2012), Gapdon (2014), le suicide d’un innocent, et SADO (2015), transformé en prince-bourreau compulsif.

 

Pour aller beaucoup plus loin, je vous conseille ces articles qui m’ont beaucoup aidé : Marc Renneville. Quand la folie meurtrière fait son cinéma. De Nosferatu au tueur sans visage, Criminocorpus, revue hypermédia. Histoire de la justice, des crimes et des peines, 2006, et https://coree-culture.org/comment-le-jack-l-eventreur-coreen,4132.html, https://www.bbc.com/news/world-asia-49750184.

 

Enfin, la Corée du Sud est également connue pour avoir créé une adaptation musicale majeure basée sur le tueur londonien d'origine. L'œuvre a été écrite à l'origine en tchèque par Vaso Patejdl (musique) et Ivan Hejna (paroles). La version coréenne a été développée par la M Musical Company; elle présente un livret considérablement remanié et une mise en scène signée Wang Yong-beom. Cette adaptation a enrichi la partition musicale et recentré l'intrigue sur le sensationnalisme médiatique ainsi que sur la déliquescence sociale, tout en étant conçue dès sa création avec l'ambition d'une tournée internationale. Lancé en 2009 à Séoul, ce spectacle s'inspire librement des meurtres de Whitechapel de 1888. L'histoire suit un chirurgien nommé Daniel qui conclut un pacte dangereux avec le tueur Jack pour obtenir des organes afin de sauver la femme qu'il aime. En 2009–2010, c’est la Première au Universal Arts Center de Séoul (sous le titre «Salinma Jack»), puis en 2010, c’est le changement de titre pour «Jack the Ripper» et nouvelle mise en scène au Seongnam Arts Center. Ensuite, en 2012, c’est la reprise au Théâtre national de Corée, suivie de plusieurs séries de représentations commerciales, dont la production du 10e anniversaire (2019) et la reprise la plus récente en 2021–2022. La comédie musicale est restée régulièrement à l'affiche, portée par des distributions alternant des vedettes et par une demande soutenue du public. Succès international : Portée par de grandes stars de la K-pop et de la scène théâtrale coréenne, la pièce est devenue l'un des plus gros succès commerciaux de l'industrie musicale en Corée et s'est largement exportée, notamment au Japon, à Tokyo (2012) avec des représentations sous licence en langue coréenne au Aoyama Theatre, du 16 septembre au 8 octobre 2012 (30 représentations). Coproduite par M Musical Company et le partenaire japonais Quaras, cette production réunissait Shin Sung-woo, Yoo Jun-sang et Um Ki-joon, ainsi que les idoles Sungmin (Super Junior) et Song Seung-hyun (FT Island). Le spectacle a atteint le seuil de rentabilité avant même sa première et a enregistré un taux de remplissage payant de 81,5 % ; il a bénéficié d'une large couverture médiatique et a été explicitement présenté comme une mise en scène d'origine coréenne plutôt que comme une simple importation de la version tchèque. Dans l'histoire des comédies musicales K, Jack the Ripper a enregistré les ventes au box-office les plus élevées, établissant sa position de principale comédie musicale K-wave au Japon.

 

Pour aller beaucoup plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://asianmoviepulse.com/2021/12/k-wave-musical-jack-the-ripper-performing-strong-globally-with-metatheaters-online-streaming/, https://baike.baidu.com/fr/item/Jack%20l%27%C3%89ventreur/3150492, et https://www.musicalsofkorea.com/k-musicals-worldwide-non-english/201207-jack-the-ripper-jp.

 

Merci !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...