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mardi 20 janvier 2026

Les saints célébrés cette semaine chez les catholiques coréens

Le 20, 21, 22 et 24 janvier, des saints du calendrier liturgique catholique sont fêtés et sont montrés comme exemple à la messe. C’est ce que nous allons voir.

 

En Corée, la Saint Sébastien célébrée le 20 janvier est une mémoire facultative. Pour les catholiques coréens, son histoire donne un enseignement profond. On doit suivre son exemple pour son amour de la patrie, envers ses coreligionnaires et sa foi inébranlable envers le christianisme. La plus ancienne mention de son nom provient du «Chronographe de 354» au 20 janvier, et l’endroit où il était vénéré se trouvait dans les catacombes à Rome, puis au IVe siècle, Ambroise de Milan le mentionne, mais place son martyr à Milan alors qu’il a eu lieu à Rome, durant la persécution antichrétienne à la fin du IIIe siècle sans doute au moment de l’épuration des chrétiens de l’armée entre 299 et 301, et au Ve siècle, les hagiographies devinrent créatives, le rendant originaire de Narbonne, le faisant aller en Lombardie, puis entrer dans l’armée impériale, tout en le faisant devenir centurion grâce à cause de l’affection que lui vouait Dioclétien, et finissant criblé de flèches après avoir été dénoncé.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures : Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité : Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007, Bodies Beyond Labels : Finding Joy in the Shadows of Imperial Spain, University of toronto Press, 2024, et https://m.blog.naver.com/captainjeon/220246880199.


En Corée, la sainte Agnès le 21 janvier est aussi une mémoire facultative. Lors de la messe, les prêtres avancent que le nom et la vie de sainte Agnès nous invitent à contempler l'espace clair et transparent qui réside au plus profond de nos cœurs et qui nous protège de toutes les menaces, des ténèbres et du mal de la vie, à notre place dans la vie et dans notre vocation. Cette dernière a été touchée par la «grande persécution» qui s’est répandue dans tout l’empire en 304 après que le 4e édit de persécution générale qui impose le test du sacrifice et la libation aux idoles à tous, pour les contrevenants, c’est la mort ou la condamnation aux travaux forcés, et Rome fut particulièrement visée. Tout ce que l’on sait historiquement d’elle provient d’une inscription romaine qui figurait, à date ancienne, sur l’arc de l’abside de la basilique Sainte-Agnès, une basilique érigée sur la voie Nomentane entre 337 et 351, au-dessus de la memoria souterraine de la martyr, où Agnès est mentionnée de manière récurrente comme une vierge martyre, mais le poème ne donne aucun autre détail, de la Depositio martyrum romaine du «Chronographe de 354» signalait la depositio de la sainte, le 21 janvier, sur la voie Nomentane, sans s’aventurer dans des détails narratifs, et la seconde moitié du IVe siècle, avec le pape Damase, qui permet de rencontrer des récits de la mort d’Agnès, avec la memoria souterraine d’Agnès, sur la voie Nomentane, bénéficia d’une épigramme damasienne: le pontife y rapportait le martyre de la jeune fille, affrontant avec pudeur la mort sur un bûcher. Après Damase, plusieurs auteurs évoquèrent à leur tour la figure de la martyre romaine, mais le plus intéressant est l’évêque Ambroise de Milan († 397) pour qui Agnès est une vierge enfant, qui défie les autorités païennes et subit le martyre avec allégresse. Au début du Ve siècle, Prudence et la Passion grecque BHG 45 enrichirent le dossier hagiographique d’Agnès d’un nouvel épisode, la condamnation au lupanar. Mais il fallut encore attendre le VIe siècle, et les lendemains du schisme laurentien, pour voir Agnès dotée d’une Passion latine, BHL 156, abusivement placée sous le nom d’Ambroise, et composée pour le plus grand bénéfice des moniales de Sainte-Agnès, sur la voie Nomentane.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Créer, 2006, Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité : Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007, Cécile Lanéry, La légende de sainte Agnès: quelques réflexions sur la genèse d’un dossier hagiographique (IVe-VIe s.), dans Le culte de sainte Agnès à place Navone entre Antiquité et Moyen Âge - Le monopole de l’alun pontifical à la fin du Moyen Âge, dans Varia - Regards croisés, 126, 1 | 2014, https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintID=1413, et https://www.catholicnews.co.kr/news/articleView.html?idxno=19401


La Saint Vincent le 22 janvier est également une mémoire facultative en Corée. Il est donné comme un exemple de foi dans le martyr, il est conseillé de suivre sa sagesse, sa patience et sa résistance face à cette épreuve. Martyrisé à Valence le 22 janvier 304 avec son évêque Valère, Vincent, diacre de l’Église de Saragosse, ayant refusé d’abjurer et, en plus, au cours de l’interrogatoire, de révéler la cachette des livres cultuels de son Église, a été mis à la question pour qu’il revînt sur sa décision. Dans la nuit qui suivit cette première séance de tortures, il mourut de ses suites, sa résistance physique ayant été inférieure à son endurance morale. Il fut alors discrètement enterré dans la nécropole du bord de mer. Ses contemporains, frappés par son énergie et sa constance, en transmirent le souvenir à la postérité. Il connut ensuite au Moyen-Âge une popularité considérable, aux dimensions européennes, qui s’étendit même, du moins sur les plans liturgique et littéraire, au monde byzantin. Intégré aux martyrologes dès le Ve siècle, il inspira assez rapidement des panégyristes de talent. Prudence (Peristephanon) et Augustin (six sermons), imités par de nombreux hagiographes, entreprirent de célébrer le martyre de Vincent, dont les supplices spectaculaires et l’âpreté des confrontations verbales avec le persécuteur, marquèrent à l’évidence les esprits.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Saxer V., Saint Vincent diacre et martyr. Culte et légendes avant l’An Mil, coll. Subsidia hagiographica, 83, Bruxelles, Société des Bollandistes, 2002, et https://najumary.kr/board/bbs/board.php?bo_table=group1_1&wr_id=265780

 

Enfin, le 24 janvier, la Saint François de Sales est une mémoire officielle. En Corée, lors de la messe on demande aux fidèles d’imiter l’amour et la douceur du Bienheureux François sur terre, afin de participer à sa gloire au ciel. En Savoie, François de Sales (1567-1622), né dans une famille noble, fait ses études à Clermont, où il est tourmenté par une crise mystique, se reprend en main, puis achève ses études de droit à Padoue en 1591, puis devient prêtre en 1593 pour reconvertir le Chablais, et évêque de Genève-Annecy (il devient évêque en 1602), il ne peut pas aller à Genève, et reste en Savoie, où il a profondément marqué les habitants et même au-delà, s'imposant comme homme de la douceur, un homme du dialogue dans une époque marquée par la violence, l'intransigeance, fondant en 1611, avec Jeanne de Chantal (1572-1641) un nouvel ordre, la Visitation, et il a été déclaré bienheureux dès 1661 et canonisé dès 1665, après sa mort en 1622. 

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Josette Curtil, Mémoire et patrimoine : les représentations de Saint François de Sales dans les églises et chapelles des Pays de Savoie (1594-1965), thèse Grenoble 2, 2009, et https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?gomonth=2025-01-24.

 

Merci, bonne Saint Sébastien, Sainte Agnès, saint Vincent et Saint François de Sales ! 

1 commentaire:

  1. Super la présentation des saints célébrés du 20 au 24 janvier.
    HELLO ... BONJOUR chers ALEXANDRE & RAPHAËL,
    où êtes-vous ... ici on est plongé en un brouillard épais,
    malgré un temps frisquet et un paysage givré, gelé,
    je VOUS souhaite un agréable Dimanche en Famille.
    BONNE JOURNÉE ... CIAO @ + ... KISS ... AMITIÉS !
    .

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