Le 20, 21, 22 et 24 janvier, des saints du calendrier
liturgique catholique sont fêtés et sont montrés comme exemple à la
messe. C’est ce que nous allons voir.

En Corée, la Saint
Sébastien célébrée le 20 janvier est une mémoire facultative. Pour les catholiques coréens, son histoire donne un enseignement profond. On
doit suivre son exemple pour son amour de la patrie, envers ses coreligionnaires et sa foi inébranlable
envers le christianisme. La plus
ancienne mention de son nom provient du «Chronographe
de 354» au 20 janvier, et l’endroit où il était vénéré se trouvait dans
les catacombes à Rome, puis au IVe siècle, Ambroise de Milan le mentionne, mais place son martyr à Milan alors
qu’il a eu lieu à Rome, durant la persécution antichrétienne à la fin du IIIe
siècle sans doute au moment de l’épuration des chrétiens de l’armée
entre 299 et 301, et au Ve siècle, les hagiographies devinrent créatives, le rendant originaire de
Narbonne, le faisant aller en Lombardie, puis entrer dans l’armée impériale, tout en le faisant
devenir centurion grâce à cause de l’affection que lui vouait Dioclétien, et finissant criblé de
flèches après avoir été dénoncé.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures : Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité :
Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007, Bodies
Beyond Labels : Finding Joy in the Shadows of Imperial Spain,
University of toronto Press, 2024, et https://m.blog.naver.com/captainjeon/220246880199.

En Corée, la sainte
Agnès le 21 janvier est aussi une mémoire
facultative. Lors de la messe, les prêtres avancent que le nom et la vie de sainte Agnès nous invitent à contempler l'espace clair et
transparent qui réside au plus profond de nos cœurs et qui nous protège de
toutes les menaces, des ténèbres et du mal de la vie, à notre place dans la vie
et dans notre vocation. Cette dernière a été touchée par la «grande persécution» qui s’est
répandue dans tout l’empire en 304
après que le 4e édit de persécution générale qui impose le
test du sacrifice et la libation aux idoles à tous, pour les contrevenants, c’est la mort ou la
condamnation aux travaux forcés, et Rome fut particulièrement visée. Tout ce
que l’on sait historiquement d’elle provient d’une inscription romaine qui
figurait, à date ancienne, sur l’arc de l’abside de la basilique Sainte-Agnès,
une basilique érigée sur la voie Nomentane entre 337 et 351, au-dessus de la memoria
souterraine de la martyr, où Agnès
est mentionnée de manière récurrente comme une vierge martyre, mais le poème ne
donne aucun autre détail, de la Depositio martyrum romaine du «Chronographe de 354» signalait
la depositio de la sainte, le 21 janvier, sur la voie Nomentane, sans
s’aventurer dans des détails narratifs, et la seconde moitié du IVe
siècle, avec le pape Damase, qui
permet de rencontrer des récits de la mort d’Agnès, avec la memoria souterraine d’Agnès, sur la voie Nomentane, bénéficia
d’une épigramme damasienne: le pontife
y rapportait le martyre de la jeune
fille, affrontant avec pudeur la mort sur un bûcher. Après Damase, plusieurs auteurs évoquèrent à
leur tour la figure de la martyre romaine, mais le plus intéressant est l’évêque
Ambroise de Milan († 397) pour qui Agnès est une vierge enfant, qui défie
les autorités païennes et subit le
martyre avec allégresse. Au début du Ve siècle, Prudence et la Passion
grecque BHG 45 enrichirent le dossier hagiographique d’Agnès d’un nouvel épisode, la condamnation au lupanar. Mais il
fallut encore attendre le VIe siècle, et les lendemains du schisme laurentien, pour voir Agnès dotée d’une Passion latine, BHL
156, abusivement placée sous le nom d’Ambroise, et composée pour le plus grand bénéfice des moniales de Sainte-Agnès, sur la voie
Nomentane.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Jacques
Baudoin, Grand livre des saints :
culte et iconographie en Occident, Créer, 2006, Marie-Françoise Baslez, Persécutions
dans l'Antiquité : Victimes, héros, martyrs, Fayard, 2007, Cécile Lanéry, La légende de sainte
Agnès: quelques réflexions sur la genèse d’un dossier hagiographique (IVe-VIe
s.), dans Le culte de sainte Agnès à place Navone entre Antiquité et Moyen Âge
- Le monopole de l’alun pontifical à la fin du Moyen Âge, dans Varia - Regards croisés, 126, 1 |
2014, https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&ctxtSaintID=1413,
et https://www.catholicnews.co.kr/news/articleView.html?idxno=19401.

La Saint Vincent
le 22 janvier est également une mémoire
facultative en Corée. Il est donné comme un exemple de foi dans le
martyr, il est conseillé de suivre sa sagesse, sa patience et sa résistance
face à cette épreuve. Martyrisé à Valence le 22
janvier 304 avec son évêque Valère, Vincent, diacre de l’Église de
Saragosse, ayant refusé d’abjurer et, en plus, au cours de l’interrogatoire, de
révéler la cachette des livres
cultuels de son Église, a
été mis à la question pour qu’il revînt sur sa décision. Dans la nuit qui
suivit cette première séance de tortures, il mourut de ses suites, sa
résistance physique ayant été inférieure à son endurance morale. Il fut alors
discrètement enterré dans la nécropole du bord de mer. Ses contemporains, frappés par son énergie et sa constance, en
transmirent le souvenir à la postérité. Il connut ensuite au Moyen-Âge
une popularité considérable, aux dimensions européennes, qui s’étendit même, du
moins sur les plans liturgique et littéraire, au monde byzantin. Intégré aux martyrologes
dès le Ve siècle, il inspira assez rapidement des panégyristes de talent. Prudence (Peristephanon) et Augustin (six sermons), imités par de nombreux hagiographes, entreprirent de célébrer le martyre de Vincent, dont les supplices
spectaculaires et l’âpreté des confrontations verbales avec le persécuteur, marquèrent à l’évidence
les esprits.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Saxer V.,
Saint Vincent diacre et martyr. Culte et légendes avant l’An Mil, coll. Subsidia hagiographica, 83,
Bruxelles, Société des Bollandistes, 2002, et https://najumary.kr/board/bbs/board.php?bo_table=group1_1&wr_id=265780.

Enfin, le 24 janvier, la Saint François de Sales
est une mémoire officielle. En
Corée, lors de la messe on demande aux fidèles d’imiter l’amour et la douceur
du Bienheureux François sur terre,
afin de participer à sa gloire au ciel. En Savoie, François de Sales (1567-1622), né dans une famille noble, fait ses
études à Clermont, où il est tourmenté par une crise mystique, se reprend en
main, puis achève ses études de droit à Padoue en 1591, puis devient prêtre en
1593 pour reconvertir le Chablais, et évêque de Genève-Annecy (il devient
évêque en 1602), il ne peut pas aller à Genève, et reste en Savoie, où il a
profondément marqué les habitants et
même au-delà, s'imposant comme homme de la douceur, un homme du dialogue dans
une époque marquée par la violence, l'intransigeance, fondant en 1611, avec Jeanne de Chantal (1572-1641) un nouvel
ordre, la Visitation, et il a été
déclaré bienheureux dès 1661 et canonisé dès 1665, après sa mort en 1622.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Josette
Curtil, Mémoire et patrimoine :
les représentations de Saint François de Sales dans les églises et chapelles
des Pays de Savoie (1594-1965), thèse Grenoble 2, 2009, et https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?gomonth=2025-01-24.
Merci, bonne Saint Sébastien, Sainte Agnès, saint
Vincent et Saint François de Sales !
Super la présentation des saints célébrés du 20 au 24 janvier.
RépondreSupprimerHELLO ... BONJOUR chers ALEXANDRE & RAPHAËL,
où êtes-vous ... ici on est plongé en un brouillard épais,
malgré un temps frisquet et un paysage givré, gelé,
je VOUS souhaite un agréable Dimanche en Famille.
BONNE JOURNÉE ... CIAO @ + ... KISS ... AMITIÉS !
.