Vasco
de Gama
(vers 1469-1524) découvrit la route maritime des Indes, bouleversant les
rapports entre l’Orient et l’Occident. Après l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique (1492), le voyage de Vasco de Gama aux Indes par le cap de
Bonne-Espérance (1497-1499) est l’un des événements majeurs de l’époque des Grandes
Découvertes.

Vasco
de Gama
né vers 1469 à Sines, dans le sud-ouest du Portugal, dans la petite noblesse provinciale, grandit
parmi les chevaliers et les corsaires dont il partage les passions,
les rancunes et les espérances. Sur les navires
du roi, il s'entraîne aux techniques
de navigation qui donnent au Portugal la maîtrise de l'Atlantique, effectuant
une première mission pour le roi du
Portugal de l’époque, Jean II,
chargé de saisir des bateaux français
situés à Setúbal, au Portugal, en guise de représailles contre la France qui a
commis des dommages à l’endroit de navires
portugais, avant de traverser l'océan Indien à la tête de quatre navires avec près de 200 hommes envoyé en 1497 à la
recherche d’épices par Manuel Ier,
roi du Portugal, sans passer par des intermédiaires
évitant ainsi de payer les droits de passage et autres taxes imposées par le sultanat d’Égypte, et doit aussi
profiter de l’expédition pour trouver le royaume du prêtre Jean, un pays chrétien mythique au Moyen Âge qui
serait situé à l’est de l’Empire ottoman,
car ce dernier pourrait être un allié de poids face à cet ennemi, car le roi et son navigateur se sont lancés dans l'aventure en pensant qu'il y avait
en Inde des populations chrétiennes
à découvrir et à protéger des musulmans
puisque Dom Manuel entretenait des
espérances messianiques celle de sauver les «chrétiens perdus». Pour Vasco de Gama, en allié de la noblesse portugaise, rêvait d'un
enrichissement possible, car son origine et ses biens sont trop modestes pour
qu'il puisse contester la volonté du souverain
acceptant d’endosser les habits du chevalier mystique, tandis que Dom Manuel défendait le projet d'un
capitalisme monarchique et surtout, comme plus tard Charles Quint, de créer une monarchie chrétienne universelle avec l'intention
de constituer un monde uni selon le vieux mythe de croisade. Vasco de Gama découvre un monde
maritime prospère, un espace immense marqué par la puissance croissante de l'Islam. Finalement, il y aura davantage
d'épices que de chrétiens.

Cette première expédition qui aboutit à
Calicut en 1498, d'abord bien accueilli, il fut soupçonné d'être venu se livrer
au pillage, et dut partir, il rejoignit Lisbonne en juillet 1499 même si le
voyage est un échec commercial, car les marchandises proposées par les Portugais ne satisfont pas le raja (synonyme de prince ou de roi d’un petit royaume en Inde) de Calicut, des
bases commerciales sont tout de même établies. Vasco de Gama ne fut toutefois pas le premier navigateur à doubler
le cap de Bonne-Espérance, Bartholoméo
Diaz l’avait déjà fait en 1488. Il dira à Dom Manuel qu'il a découvert une quinzaine de royaumes chrétiens en Inde. En fait pour lui, tout ce
qui n'était pas musulman ne pouvait ou ne devait être que chrétien. Vasco de Gama, comme tout noble portugais du XVIe
siècle, est obsédé par la lutte contre l'islam.
Vasco de Gama nommé amiral des Indes
entreprit un second voyage en 1502 où il va torturer, piller et tuer, n'hésitant
pas d'ailleurs à couler un navire appartenant au sultan mamelouk, avec à bord des centaines de pèlerins musulmans qui revenaient de La Mecque, ce
dernier projetait de détruire La Mecque et Médine et reprendre Jérusalem, et à
recourir aux menaces pour convaincre ses interlocuteurs de faire allégeance au roi Manuel Ier, une “politique de terreur” qui va laisser
des séquelles. Après avoir bombardé Calicut, il conclut des alliances avec
d’autres ports d’Inde, à Cannamore et Cochin, où il fonde des établissements
commerciaux. Il fonda alors les
comptoirs portugais sur les côtes africaines de Sofala (Mozambique). Il put
atteindre sa destination grâce à des pilotes
arabes, familiers de l’océan Indien. Il obtient au Portugal le titre de
comte en 1519 en faisant chanter le roi
en menaçant de quitter le Portugal et de se mettre au service de Charles Quint, puis il tombe en
disgrâce, et il revient en faveur appelé par
Jean III, successeur de Manuel Ier
et devint vice-roi des Indes portugaises en 1524 et un organisateur implacable
d'une société coloniale. Sa famille
et lui s'en accommodent fort bien. Il va fonder une véritable dynastie. Sa famille anoblie a pu ainsi faire main
basse sur le commerce avec les Indes. Aucun autre navigateur ne connaîtra une
telle ascension sociale. Il meurt de malaria le 24 décembre 1524 peu de temps
après son arrivée sur ce continent, à Cochin.

Sa personnalité a été occultée par une
gloire posthume farouchement exaltée par ses descendants. Celle-ci a culminé à la fin du XVIe siècle
avec la publication de la célèbre épopée des Lusiades où le poète Camoens
en fait un héros mythique, digne de l'Odyssée
ou de l'Enéide, bien différent
de l'homme réel.
Pour aller plus loin, je vous conseille
ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Geneviève Bouchon, Vasco
de Gama, Hachette, 1997, Gérard
Chaliand et Sophie Mousset, Vasco
de Gama (1469 ∼ 1524), dans L'héritage occidental, Odile Jacob, 2002, pages 489 à 490, Sanjay Subrahmanyam, Vasco de Gama : légende et tribulations
du vice-roi des Indes, Alma éditions, 2023, et https://www.nouvelobs.com/essais/20120618.OBS8944/ignorant-assassin-paranoiaque-cupide-lache-cruel-le-vrai-vasco-de-gama.html, https://www.courrierinternational.com/une/une-du-jour-vasco-de-gama-le-portugais-qui-a-change-le-monde_225643, https://www.geo.fr/histoire/decouverte-de-linde-retour-sur-le-voyage-de-vasco-de-gama-en-1498-214772, https://www.lemonde.fr/talents-fr/article/2009/06/02/vasco-de-gama-et-la-decouverte-de-l-inde_1201029_3504.html, https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2024-12-24/il-y-a-500-ans-vasco-de-gama-mourait-a-noel-apres-avoir-ouvert-la-route-maritime-vers-l-inde-e614f906-b4a1-4f08-babd-b5d4a530ae0c, et https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-marche-de-l-histoire/vasco-de-gama-et-l-expansion-portugaise-3192336.
Merci !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire