
La solennité de l'Épiphanie est le 6 janvier, mais,
là où elle n'est pas une fête obligatoire, elle est célébrée le dimanche entre
le 2 et le 8 janvier. L’Épiphanie très connue chez nous pour sa galette des Rois n’est pas vraiment
connue en Corée du Sud. Elle commémore le jour où les trois rois mages, venus d'Orient avec leurs présents sur des
chameaux, rencontrèrent enfin l'enfant
Jésus et l'adorèrent. Dans les églises
coréennes, la signification théologique de l'Épiphanie est
généralement moins connue que celle de Noël et de Pâques. Par
conséquent, il n'est pas rare d'entendre le mot «Épiphanie» ne pas être mentionné du tout à l'église le premier
dimanche de janvier. Dans les églises
coréennes, la tradition de l'Épiphanie
n'était pas bien observée, il n'y avait donc pas de lecture de l'Épiphanie dans le recueil de cantiques de l'Unification, mais trois lectures de l'Épiphanie
ont été ajoutées à partir du recueil
de cantiques du XXIe siècle. Bien que de nombreux fidèles coréens ignorent
aujourd'hui la fête de l'Épiphanie, elle est «un temps d'espérance, empli de joie et d'attente de la manifestation
de Dieu dans tous les aspects de notre vie», soulignant que les offices de l'Épiphanie
devraient être imprégnés d'espérance eschatologique. Après le 25 décembre les
décorations et illuminations de Noël des commerces disparaissent assez rapidement du paysage des grandes villes. Les Rois mages sont omniprésents dans les pièces de Noël jouées à l'école du dimanche. On les
trouve toujours debout près de la crèche à Bethléem, où repose l'enfant Jésus. Et pour ceux qui veulent
fêter l’Épiphanie à l’occidentale, on trouve des restaurants, des hôtels-restaurant,
et des boulangeries comme Sungsimdang qui permettent
de déguster une galette traditionnelle
célébrant l'Épiphanie, confectionnée avec du beurre enrobé d'une pâte
affinée 72 heures et étalée cinq fois.

L’image des mages
qui viennent d’Orient rendre hommage à un roi
en apportant des cadeaux royaux viennent de fait historiques retravaillés dans l’évangile de Matthieu : En
10 ou 9 avant J.-C., des ambassadeurs de
différents pays vinrent en Palestine avec des cadeaux pour l’inauguration
par le roi Hérode de la nouvelle
ville de Césarée maritime, en l’an 44, la reine
Hélène d’Adiabène, qui s’était convertie au Judaïsme, vint à Jérusalem avec une multitude de cadeaux pour les gens touchés par la famine qui
dévastait le pays, et en l’an 66, Tiridate,
roi d’Arménie, vint en Italie avec les fils
de trois souverains des régions avoisinantes des Parthes pour «rentre hommage» à Néron, puis à la fin,
ne retourna pas dans son pays par la même route, mais en prenant la mer (Dion Cassius, Histoire romaine lxiii 1-7; Suétone, Néron 13).
Il vaut la peine de noter que Pline
(Histoire naturelle XXX vi 16-17)
désigne Tiridate et ses compagnons sous le titre de mages. Pour l’étoile de Bethléem, c’est
un simple alignement des planètes Jupiter et Saturne, qui crée un point
lumineux dans la nuit et que l’œil exercé peut repérer, qui a pu avoir lieu vers
le 12 avril, le 3 octobre ou le 4 décembre de l’an 7 avant J.-C,
et qui a pu faire penser aux parents de
Jésus que celui-ci aurait un destin exceptionnel. L’épisode de l’annonce de
la messianité de Jésus s’inspire de
l’épisode où la femme de Phéroras,
frère d’Hérode, avait payé une
amende infligée aux Pharisiens en 7
avant J.-C., ces derniers lui dirent que Dieu
avait décrété que le trône échapperait à Hérode
et à sa race et que la couronne passerait à elle-même, à Phéroras et à leurs enfants
(Antiquités Juives 17,4,1).
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Jean-Claude
Ingelaere, L’inspiration prophétique dans le judaïsme : le témoignage de
Flavius Josèphe, Études théologiques
et religieuses, 62-2, 1987, pp. 237-245, Raymond Brown, The Birth
of Messiah, Yale University
Press, 1998, https://en.namu.wiki/w/%EC%84%B1%ED%83%84%20%EC%8B%9C%EA%B8%B0#s-4.1,
https://home.catholic.or.kr/pdsm/bbs_view.asp?num=1526&id=127232&Page=77&menu=4801,
https://langues-asiatiques.com/vocabulaire-de-lepiphanie-en-coreen/,
https://www.gospeltoday.co.kr/news/articleView.html?idxno=2806,
https://www.instagram.com/p/DS60vXuiVUT/,
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2024/12/26/jesus-serait-ne-en-moins-7-avant-lui-meme-ou-pourquoi-nous-devrions-feter-l-annee-2032_5055156_4355771.html,
et https://www.newsm.com/news/articleView.html?idxno=4589.
Merci et bonne fête de l’Épiphanie !
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