En Corée, les fêtes du 26 au 31 décembre, tombent en semaine.
La liturgie rappelle que la nativité
s'étend sur une période de huit jours : l’octave de Noël (du 25 décembre
au 6 janvier). Les chrétiens sud-coréens
en ces célébrations de fin d’années privilégient davantage les traditions
religieuses alors que les villes et les villages sont ornés de décorations
festives, après Noël ce sont surtout des fêtes religieuses qui sont mises en
avant : la saint Étienne, la Saint Jean, l’apôtre et
évangéliste et les saint Innocents ou la sainte famille. Les
prières du matin des trois jours de fête sont composées de leurs propres
textes, centrés sur le contenu des Psaumes du premier dimanche. Les hymnes,
refrains, psaumes et hymnes de la prière du soir sont identiques à ceux de la
deuxième prière du soir de la solennité de Noël du Seigneur, et le contenu de
chaque jour liturgique est basé sur un passage biblique.

Le 26 décembre, débute avec la fête de saint Étienne le Premier Martyr. Un groupe helléniste de sept hommes, s’est groupé dans la communauté chrétienne qui s’est
placé sous la direction d’Étienne,
un prédicateur excitant le public, alliant les services sociaux à la
prédication finirent par voir leurs activité s’étendre à la communauté (Actes 6,2-3), et dont la mission principale
s’exerce les synagogues hellénistiques
de Jérusalem et considérant que les prescriptions de la Loi n’étaient plus obligatoires (Actes 6,13-14), mais la première persécution ne toucha que
les Hellénistes, et Étienne devient le premier martyr (Actes 6,11-7,1, et 7,54-60) après un lynchage suite
au reproche qu’il était un juif critiquant le Temple et la Torah
après que des Juifs d’expression grecque
le dénoncèrent, que ne put éviter le grand-prêtre
Caïphe. Cela a pour conséquence, la fuite des Hellénistes et le début de la mission en Samarie et dans les
régions côtières, cette fois en lien avec la communauté de Jérusalem par une reprise en main des Douze et de la famille de Jésus du mouvement. En Corée, lors de la messe, il est
demandé d’accepter les offrandes que l’on présente en cette glorieuse fête de saint Étienne, et de faire que la foi
dont il a témoigné par son martyre s'enracine dans les fidèles et d’aimer ces
ennemis comme il l’a fait.

… le 27 décembre, la fête de saint Jean l'Apôtre et l'Évangéliste, est un saint composite qui regroupe,
Jean, fils de Zébédée et frère de Jacques
le Majeur, distinct du frère de Jésus,
est le premier témoin de Jésus que
l’on puisse repérer, après Simon Pierre,
le chef des disciples. Dans les synoptiques, il est dans la liste
des Douze, qui commence justement
par les pêcheurs (Marc 3,17-19 et parallèles) et dans le cercle
restreint autour de Jésus avec son
frère Jacques et Pierre assistant à la résurrection de
la fille de Jaïre (Marc 5,37 et Luc
8,51) et à la Transfiguration (Marc
9,2-13), de caractère ombrageux, il reçoit le surnom avec son frère de Boanerges,
c'est-à-dire «fils du tonnerre»
(Marc 3,17), et ambitieux, car
il demande avec son frère à être assis aux côtés de Jésus quand il sera «dans sa
gloire» recevant une fin de non recevoir (Marc 10,35-45), mais comme tout les disciples, il abandonne au moment de son arrestation et voit Jésus vivant après sa mort. Puis dans
les Actes, il est présent aux
côtés de Pierre, à la tête de la communauté primitive, jusqu’à la
dissidence des Hellénistes et la
rencontre de Philippe avec Simon le mage; puis il disparaît du
récit : nous ne savons donc presque rien de lui, en dehors des deux ou trois
années qui suivent la mort de Jésus,
sans doute est-il devenu une des grandes figures de l’Église d’Éphèse et le chef de sa communauté, soit est-il mort martyr à Éphèse ou plus probablement à
Jérusalem pendant la guerre juive (66-70); un disciple dont le nom n’est jamais donné qui apparaît dans la
dernière partie de l’Évangile de Jean
(13-21) à qui Jésus montre qui va le livrer lors de
son dernier repas et confie sa mère à sa mort, et voit Jésus vivant au bord du lac de Tibériade avec 7 autres disciples, il est sans doute Jacques, le frère du Seigneur;
et auxquels s’ajoutent Jean l’évangéliste
qui ne serait qu’un groupe d'écrivains
johanniques d’une «communauté johannique» sans doute
présente en Asie Mineure qui aurait rédigé l’évangile
entre 90 et 100, après avoir regroupé divers
textes entre les 60 et 90, Jean
le presbytre qui serait à l'origine de la communauté johannique d'Éphèse, auteur du 1er épître de Jean entre 100 et 110, l'«Ancien», provenant sans doute de
la communauté chrétienne d’Éphèse, auteur
du 2e et 3e épître vers 110, et
Jean de Patmos, un auteur
judéo-chrétien qui a écrit l’Apocalypse vers 95. En Corée, c’est une fête
eucharistique, lors de la messe, on insiste bien sur le fait qu’il a
répandu le christianisme à travers
le monde et on demande de donner la sagesse aux fidèles pour comprendre les paroles de Jésus, tout en nous demandant d’écouter les paroles de saint Jean l'Apôtre, qui a témoigné
jusqu'au bout de l'amour enseigné par Jésus.

… et le 28 décembre, a lieu la fête des bébés martyrs innocents, dont le massacre supposé de Bethléem n’est
attesté par aucune source historique, ni grecque, ni romaine, ni juive, mais
dont l’inspiration viendrait qu’entre 7 et 4 avant J.-C., Hérode a fait condamner pour complot parricide les trois fils qu’il avait désignés pour lui
succéder. Pour la fuite en Égypte, l’exemple vient sans doute d’Hérode ordonna en 4 avant J.-C.
qu’après sa mort les principaux membres
de la noblesse du pays soient rassemblés dans l’amphithéâtre de Jéricho et
criblés de flèches, un ordre qui ne fut pas exécuté. Il y aussi le fait qu’en Galilée,
un dénommé Judas dirige la révolte
armée contre Rome, également en 4-3 av. J.-C. Il s’empare du palais de
Sepphoris, et de grands domaines agricoles pour en redistribuer les richesses
aux plus démunis. Il demande justice
pour les paysans endettés. Mais les Romains réagirent vite avec Varus qui
mit le siège devant Sepphoris, fit arrêter et mettre à mort Judas, mit le feu à la ville, la
détruisant entièrement et réduisant en cendre tous ses monuments, et vendit finalement
tous ses habitants comme esclaves,
pour les punir d’avoir soutenu Judas.
Ces deux événements ont pu expliquer la fuite de Jésus et de ses parents
dans les villes côtières de Galilée (Cana et Capharnaüm, où elle semble avoir
des demeures dans les évangiles)
plus sûres et non en Égypte. L'Église
célèbre depuis longtemps la fête des Innocents, commémorant le martyre
des saints Innocents, survenu à
l'époque de la naissance de Jésus.
Les premières traces de cette fête remontent au Ve siècle, dans les écrits de Pierre Chrysologue, le calendrier
carthaginois et le martyrologe
de Jérôme. À partir de 1568, cette
fête fut célébrée avec une grande solennité et, à Constantinople, elle avait
lieu le 29 décembre. En Corée, on commémore ce jour avec une grande tristesse.
Et les bébés sacrifiés sont vus
comme les prémices du salut, on demande donc aux fidèles d’en faire une journée heureuse, et de ne pas rester sur la
culpabilité.

Les 29, 29, 30 et 31 décembre
correspondent respectivement aux cinquième, sixième et septième
jours de la fête de Noël, qui dure huit jours. Les hymnes, le refrain, les psaumes et les cantiques
des Laudes et des Vêpres sont identiques à ceux des
Laudes et des Secondes Vêpres de la
solennité de la Nativité. La liturgie
comprend des prières
spécifiques à chaque jour, commençant par un passage biblique. On fête
également la Saint Thomas Beckett le 29 décembre, mais en Corée c’est une mémoire
facultative. L’ancien «Martyrologe
romain», ainsi que la version
révisée et publiée en 2001, enrichie de corrections et d’ajouts en
2004, mentionnent dans leur liste du 29 décembre que saint Thomas Becket, ami d’Henri
II, devenu chancelier du royaume et archevêque de Canterbury, fut exilé
pour avoir défendu la justice et l’Église
en s'opposant au roi, allant jusqu'à l'excommunier, car celui-ci, qui voulait
soumettre la justice ecclésiastique
à la justice royale, qu’il souffrit
beaucoup, puis qu’à son retour, il fut assassiné dans la cathédrale par un courtisan envoyé par Henri II le 21 décembre 1170. Cette tragédie
concluait une lutte de six années autour des pouvoirs spirituel et temporel et
s'insérait dans une trame séculaire de heurts quasiment constitutifs d'un royaume anglo-normand centralisé et
d'une Eglise travaillée par la
réforme grégorienne. Peu de temps après sa mort, Thomas Becket sera béatifié en 1173. Cette fête en Corée est plus
celle des évêques qui sont invités à
suivre son exemple. Et le 30 décembre, c’est
le sixième jour de l’octave de Noël. On fête aussi Roger de Cannes, qui dans le Martyrologue
révisé de 2001, puis de 2004 est désigné comme l’évêque de Cannes. Roger était l'évêque de Cannes, une
ville d'Italie, devenue célèbre par la victoire remportée par Hannibal de Carthage sur les Romains en 216, et un diocèse fréquemment impliqué dans des
guerres contre les Carthaginois et
les Romains. Profondément
compatissant envers les pauvres, il
transforma sa résidence épiscopale en auberge. Cannes fut détruite en 1083 par l'invasion
normande de Robert Guiscard.
Cependant, avant sa mort, l'évêque Roger
reconstruisit l'auberge en 1128, accueillant les pauvres et les voyageurs
de passage et leur offrant un refuge chaleureux. Son culte repose sur un
cambriolage. En effet, dans la région des Pouilles, à Barletta, on vénère
depuis 1276. Peu de temps après la mort de l'évêque Roger à Cannes, les habitants de Barletta, ville voisine, en
manque de reliques, vinrent s'emparer de ses restes. Il n'était pas considéré
spécialement comme un saint chez lui, il le devint ailleurs par la grâce
d'ingénieux cleptomanes. Le 31 décembre, c’est le septième jour de l'octave
de Noël, et la célébration de la Saint Sylvestre.
Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui
m’ont beaucoup aidé : Pierre Aubé,
Thomas Becket, Fayard, 1988, François Vouga, Une théologie du
Nouveau Testament, Labor et Fides, 2001, Christian-B. Amphoux, L’identité et la
fonction de Jean le témoin (Jn 1, 6), dans Revue
des sciences philosophiques et théologiques, Tome 101, 2017/1, pages 31
à 48, Marie-Françoise Baslez, Jésus :
Dictionnaire historique des évangiles, Éditions Tallandier, coll. «Poche», 2020, Édith Parmentier, Le massacre des Innocents ou comment réécrire
l’histoire, dans Dossier thématique : Violences de masse et violences extrêmes
en contexte de guerre dans l’Antiquité (suite et fin), dans Kentron n°39, 2024, p. 119-136, https://blog.naver.com/PostView.naver?blogId=cswhite&logNo=221428896394&categoryNo=143&parentCategoryNo=0,
https://gcatholic.org/calendar/2025/KR-en,
https://en.namu.wiki/w/%EC%84%B1%ED%83%84%20%EC%8B%9C%EA%B8%B0#s-4.2,
https://m.cafe.daum.net/Jeongnch/2tOX/683?listURI=%2FJeongnch%2F_image%3FboardType%3DS,
https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&gomonth=2002-12-26&missatype=DA,
https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&Orggubun=101&ctxtSaintId=2661,
https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20251227,
https://theconversation.com/le-messie-etait-il-un-leader-nationaliste-157262,
https://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-complete-in-english/roman-martyrology-2004-in-english-complete-december.htm#D30,
https://www.choisir.ch/religion/bible/item/3357-quelles-revoltes-politiques-jesus-a-t-il-connues,
et https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-bible-histoire-judaisme-herode-le-souverain-meprise-qui-modernisa-la-terre-sainte.
Merci et bon octave de Noël !
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