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vendredi 26 décembre 2025

En Corée, l’octave de Noël a aussi lieu chez les catholiques coréens

En Corée, les fêtes du 26 au 31 décembre, tombent en semaine. La liturgie rappelle que la nativité s'étend sur une période de huit jours : l’octave de Noël (du 25 décembre au 6 janvier). Les chrétiens sud-coréens en ces célébrations de fin d’années privilégient davantage les traditions religieuses alors que les villes et les villages sont ornés de décorations festives, après Noël ce sont surtout des fêtes religieuses qui sont mises en avant : la saint Étienne, la Saint Jean, l’apôtre et évangéliste et les saint Innocents ou la sainte famille. Les prières du matin des trois jours de fête sont composées de leurs propres textes, centrés sur le contenu des Psaumes du premier dimanche. Les hymnes, refrains, psaumes et hymnes de la prière du soir sont identiques à ceux de la deuxième prière du soir de la solennité de Noël du Seigneur, et le contenu de chaque jour liturgique est basé sur un passage biblique.

 

Le 26 décembre, débute avec la fête de saint Étienne le Premier Martyr. Un groupe helléniste de sept hommes, s’est  groupé dans la communauté chrétienne qui s’est placé sous la direction d’Étienne, un prédicateur excitant le public, alliant les services sociaux à la prédication finirent par voir leurs activité s’étendre à la communauté (Actes 6,2-3), et dont la mission principale s’exerce les synagogues hellénistiques de Jérusalem et considérant que les prescriptions de la Loi n’étaient plus obligatoires (Actes 6,13-14), mais la première persécution ne toucha que les Hellénistes, et Étienne devient le premier martyr (Actes 6,11-7,1, et 7,54-60) après un lynchage suite au reproche qu’il était un juif critiquant le Temple  et la Torah après que des Juifs d’expression grecque le dénoncèrent, que ne put éviter le grand-prêtre Caïphe. Cela a pour conséquence, la fuite des Hellénistes et le début de la mission en Samarie et dans les régions côtières, cette fois en lien avec la communauté de Jérusalem par une reprise en main des Douze et de la famille de Jésus du mouvement. En Corée, lors de la messe, il est demandé d’accepter les offrandes que l’on présente en cette glorieuse fête de saint Étienne, et de faire que la foi dont il a témoigné par son martyre s'enracine dans les fidèles et d’aimer ces ennemis comme il l’a fait.

 

… le 27 décembre, la fête de saint Jean l'Apôtre et l'Évangéliste, est un saint composite qui regroupe, Jean, fils de Zébédée et frère de Jacques le Majeur, distinct du frère de Jésus, est le premier témoin de Jésus que l’on puisse repérer, après Simon Pierre, le chef des disciples. Dans les synoptiques, il est dans la liste des Douze, qui commence justement par les pêcheurs (Marc 3,17-19 et parallèles) et dans le cercle restreint autour de Jésus avec son frère Jacques et Pierre assistant à la résurrection de la fille de Jaïre (Marc 5,37 et Luc 8,51) et à la Transfiguration (Marc 9,2-13), de caractère ombrageux, il reçoit le surnom avec son frère de Boanerges, c'est-à-dire «fils du tonnerre» (Marc 3,17), et ambitieux, car il demande avec son frère à être assis aux côtés de Jésus quand il sera «dans sa gloire» recevant une fin de non recevoir (Marc 10,35-45), mais comme tout les disciples, il abandonne au moment de son arrestation et voit Jésus vivant après sa mort. Puis dans les Actes, il est présent aux côtés de Pierre, à la tête de la communauté primitive, jusqu’à la dissidence des Hellénistes et la rencontre de Philippe avec Simon le mage; puis il disparaît du récit : nous ne savons donc presque rien de lui, en dehors des deux ou trois années qui suivent la mort de Jésus, sans doute est-il devenu une des grandes figures de l’Église d’Éphèse et le chef de sa communauté, soit est-il mort martyr à Éphèse ou plus probablement à Jérusalem pendant la guerre juive (66-70); un disciple dont le nom n’est jamais donné qui apparaît dans la dernière partie de l’Évangile de Jean (13-21) à qui Jésus montre qui va le livrer lors de son dernier repas et confie sa mère à sa mort, et voit Jésus vivant au bord du lac de Tibériade avec 7 autres disciples, il est sans doute Jacques, le frère du Seigneur; et auxquels s’ajoutent Jean l’évangéliste qui ne serait qu’un groupe d'écrivains johanniques d’une «communauté johannique» sans doute présente en Asie Mineure qui aurait rédigé l’évangile entre 90 et 100, après avoir regroupé divers textes entre les 60 et 90, Jean le presbytre qui serait à l'origine de la communauté johannique d'Éphèse, auteur du 1er épître de Jean entre 100 et 110, l'«Ancien», provenant sans doute de la communauté chrétienne d’Éphèse, auteur du 2e et 3e épître vers 110, et Jean de Patmos, un auteur judéo-chrétien qui a écrit l’Apocalypse vers 95. En Corée, c’est une fête eucharistique, lors de la messe, on insiste bien sur le fait qu’il a répandu le christianisme à travers le monde et on demande de donner la sagesse aux fidèles pour comprendre les paroles de Jésus, tout en nous demandant d’écouter les paroles de saint Jean l'Apôtre, qui a témoigné jusqu'au bout de l'amour enseigné par Jésus.

 

… et le 28 décembre, a lieu la fête des bébés martyrs innocents, dont le massacre supposé de Bethléem n’est attesté par aucune source historique, ni grecque, ni romaine, ni juive, mais dont l’inspiration viendrait qu’entre 7 et 4 avant J.-C., Hérode a fait condamner pour complot parricide les trois fils qu’il avait désignés pour lui succéder. Pour la fuite en Égypte, l’exemple vient sans doute d’Hérode ordonna en 4 avant J.-C. qu’après sa mort les principaux membres de la noblesse du pays soient rassemblés dans l’amphithéâtre de Jéricho et criblés de flèches, un ordre qui ne fut pas exécuté. Il y aussi le fait qu’en Galilée, un dénommé Judas dirige la révolte armée contre Rome, également en 4-3 av. J.-C. Il s’empare du palais de Sepphoris, et de grands domaines agricoles pour en redistribuer les richesses aux plus démunis. Il demande justice pour les paysans endettés. Mais les Romains réagirent vite avec Varus qui mit le siège devant Sepphoris, fit arrêter et mettre à mort Judas, mit le feu à la ville, la détruisant entièrement et réduisant en cendre tous ses monuments, et vendit finalement tous ses habitants comme esclaves, pour les punir d’avoir soutenu Judas. Ces deux événements ont pu expliquer la fuite de Jésus et de ses parents dans les villes côtières de Galilée (Cana et Capharnaüm, où elle semble avoir des demeures dans les évangiles) plus sûres et non en Égypte. L'Église célèbre depuis longtemps la fête des Innocents, commémorant le martyre des saints Innocents, survenu à l'époque de la naissance de Jésus. Les premières traces de cette fête remontent au Ve siècle, dans les écrits de Pierre Chrysologue, le calendrier carthaginois et le martyrologe de Jérôme. À partir de 1568, cette fête fut célébrée avec une grande solennité et, à Constantinople, elle avait lieu le 29 décembre. En Corée, on commémore ce jour avec une grande tristesse. Et les bébés sacrifiés sont vus comme les prémices du salut, on demande donc aux fidèles d’en faire une journée heureuse, et de ne pas rester sur la culpabilité. 

 

Les 29, 29, 30 et 31 décembre correspondent respectivement aux cinquième, sixième et septième jours de la fête de Noël, qui dure huit jours. Les hymnes, le refrain, les psaumes et les cantiques des Laudes et des Vêpres sont identiques à ceux des Laudes et des Secondes Vêpres de la solennité de la Nativité. La liturgie comprend des prières spécifiques à chaque jour, commençant par un passage biblique. On fête également la Saint Thomas Beckett le 29 décembre, mais en Corée c’est une mémoire facultative. L’ancien «Martyrologe romain», ainsi que la version révisée et publiée en 2001, enrichie de corrections et d’ajouts en 2004, mentionnent dans leur liste du 29 décembre que saint Thomas Becket, ami d’Henri II, devenu chancelier du royaume et archevêque de Canterbury, fut exilé pour avoir défendu la justice et l’Église en s'opposant au roi, allant jusqu'à l'excommunier, car celui-ci, qui voulait soumettre la justice ecclésiastique à la justice royale, qu’il souffrit beaucoup, puis qu’à son retour, il fut assassiné dans la cathédrale par un courtisan envoyé par Henri II le 21 décembre 1170. Cette tragédie concluait une lutte de six années autour des pouvoirs spirituel et temporel et s'insérait dans une trame séculaire de heurts quasiment constitutifs d'un royaume anglo-normand centralisé et d'une Eglise travaillée par la réforme grégorienne. Peu de temps après sa mort, Thomas Becket sera béatifié en 1173. Cette fête en Corée est plus celle des évêques qui sont invités à suivre son exemple. Et le 30 décembre, c’est le sixième jour de l’octave de Noël. On fête aussi Roger de Cannes, qui dans le Martyrologue révisé de 2001, puis de 2004 est désigné comme l’évêque de Cannes. Roger était l'évêque de Cannes, une ville d'Italie, devenue célèbre par la victoire remportée par Hannibal de Carthage sur les Romains en 216, et un diocèse fréquemment impliqué dans des guerres contre les Carthaginois et les Romains. Profondément compatissant envers les pauvres, il transforma sa résidence épiscopale en auberge. Cannes fut détruite en 1083 par l'invasion normande de Robert Guiscard. Cependant, avant sa mort, l'évêque Roger reconstruisit l'auberge en 1128, accueillant les pauvres et les voyageurs de passage et leur offrant un refuge chaleureux. Son culte repose sur un cambriolage. En effet, dans la région des Pouilles, à Barletta, on vénère depuis 1276. Peu de temps après la mort de l'évêque Roger à Cannes, les habitants de Barletta, ville voisine, en manque de reliques, vinrent s'emparer de ses restes. Il n'était pas considéré spécialement comme un saint chez lui, il le devint ailleurs par la grâce d'ingénieux cleptomanes. Le 31 décembre, c’est le septième jour de l'octave de Noël, et la célébration de la Saint Sylvestre

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Pierre Aubé, Thomas Becket, Fayard, 1988, François Vouga, Une théologie du Nouveau Testament, Labor et Fides, 2001, Christian-B. Amphoux, L’identité et la fonction de Jean le témoin (Jn 1, 6), dans Revue des sciences philosophiques et théologiques, Tome 101, 2017/1, pages 31 à 48, Marie-Françoise Baslez, Jésus : Dictionnaire historique des évangiles, Éditions Tallandier, coll. «Poche», 2020, Édith Parmentier, Le massacre des Innocents ou comment réécrire l’histoire, dans Dossier thématique : Violences de masse et violences extrêmes en contexte de guerre dans l’Antiquité (suite et fin), dans Kentron n°39, 2024, p. 119-136, https://blog.naver.com/PostView.naver?blogId=cswhite&logNo=221428896394&categoryNo=143&parentCategoryNo=0, https://gcatholic.org/calendar/2025/KR-en, https://en.namu.wiki/w/%EC%84%B1%ED%83%84%20%EC%8B%9C%EA%B8%B0#s-4.2, https://m.cafe.daum.net/Jeongnch/2tOX/683?listURI=%2FJeongnch%2F_image%3FboardType%3DS, https://maria.catholic.or.kr/mi_pr/missa/missa.asp?menu=missa&gomonth=2002-12-26&missatype=DA, https://maria.catholic.or.kr/sa_ho/list/view.asp?menugubun=saint&Orggubun=101&ctxtSaintId=2661, https://missa.cbck.or.kr/DailyMissa/20251227, https://theconversation.com/le-messie-etait-il-un-leader-nationaliste-157262, https://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-complete-in-english/roman-martyrology-2004-in-english-complete-december.htm#D30, https://www.choisir.ch/religion/bible/item/3357-quelles-revoltes-politiques-jesus-a-t-il-connues, et https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-bible-histoire-judaisme-herode-le-souverain-meprise-qui-modernisa-la-terre-sainte

 

Merci et bon octave de Noël !

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