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jeudi 4 décembre 2025

Barbe, une sainte qui a toute sa place en Corée

Nous sommes aujourd’hui le jeudi de la première semaine de l'Avent, où «Se préparer» est le thème principal de ce temps de l’avent. La sainte Barbe est aussi célébrée le 4 décembre en Corée, mais ce n’est pas une mémoire «obligatoire», elle est «facultative». Son nom fut très populaire dans le royaume de Joseon et il fut porté par une martyre Sainte Barbe Yi (1798-1839), une vierge de 15 ans qui subit la persécution de Gihae (1839), après avoir échappé à un mariage avec un non chrétien, s’être mariée à un catholique, puis elle fait son veuvage chez sa tante catholique, torturée, elle est décapitée avec 5 autres personnes. Elle est également la patronne de nombreuses églises en Corée qu’elles soient catholiques, orthodoxes et protestantes. Les Coréens connaissent aussi la coutume des chrétiens d'Europe centrale qui ont pour habitude de couper des branches de fruits ou de fleurs et de les placer dans des vases à l'intérieur le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe. Ces branches fleurissent aux alentours de Noël et, comme elles sont coupées le jour de la Saint Barnabé, on les appelle branches de Barnabé. L'authenticité de Barbe est fortement mise en doute, et les légendes à son sujet sont très probablement fausses; c'est pourquoi sa fête a été retirée du calendrier liturgique depuis 1969, et c’est pour cela que l’ancien martyrologue romain, qui parle de la passion de sainte Barbe est moins légendaire que les hagiographies, vierge et martyre, à Nicomédie lors de la persécution de Maximin Daïa, qui après une série de souffrances, un long emprisonnement, le supplice des torches et l'amputation de ses seins, on mit fin à son martyre par l'épée, et celui révisé de 2001 avec quelques modifications et ajouts en 2004, mentionnent tous les deux saintes Barbe, la vierge martyre de Nicomédie, parmi les martyrs du 4 décembre, cependant, cet ajout de Barbe le 4 décembre en Nicomédie n’est pas un incident, car on chercha à la rapprocher du Martyrologe hiéronymien du IVe siècle qui plaçait cinq martyrs à Nicomédie le 4 décembre, mais qui ne la mentionnait pas.   

 

On pense que Sainte Barbe, était d’origine perse, ses parents ont sans doute fait partie de la population déportée selon les vieilles coutumes du Proche-Orient par le souverain perse Chapour Ier, qui a envahi toute la Syrie en 252 et occupa brièvement la ville d’Édesse en 262, parmi eux de nombreux chrétiens (les archives mentionnent un évêque déplacé avec toute sa communauté) qui s’établirent à Édesse qui accueillit l'Église assyrienne de l’Orient, chassée de Perse par les Sassanides, elle faisait sans doute partie de ces chrétiens syriaques d’origine perse et comme le montre la littérature syriaque du IIIe et IVe siècle les préoccupations du présent l’emportait sur la réalité des faits passés chez ces chrétiens, ils avaient leur propre traduction de la Septante en Syriaque, la Peshitta, et cette insistance sur les générations et les millénaires de ce christianisme syriaque explique pourquoi Rome a pu se méfier de ce mouvement, elle faisait sans doute partie des fils et des filles du pacte qui regroupait des laïcs au service d’une paroisse, engagés dans le célibat par des vœux, et elle fut martyrisée sous l'empereur Maximin Daïa en 306, mais il n'y a pas de trace exacte de sa vie et son lieu de martyr est incertain, cependant cela a bien pu se passer en Syrie, plus particulièrement à Édesse, où les chrétiens étaient poursuivis et condamnés entre 307 et 309 selon les Actes des Martyrs. Enfin, les chrétiens récupérant son corps ne connaissant pas son nom, demandèrent la «barbare», ce terme signifiait «étranger» pour les Romains. Barbe était honoré dès IVe siècle puisqu’Édesse lui était voué et un monastère portait son nom

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Hervé Inglebert, Aphraate, le "Sage Persan" : la première historiographie syriaque, dans Syria. Archéologie, Art et histoire, 78, 2001, pp. 179-208, Le Christianisme syriaque en Inde, Conférence donnée le 7 avril 2018 par Françoise Briquel-Chatonnet, docteur en Histoire, directrice de recherche au CNRS au laboratoire ‘Orient et Méditerranée’, Florence Jullien, «Entre méfiance et fascination : figures féminines d’influence en milieu monastique syriaque», dans G. Aragione, B. Föllmi (éds), 2019, https://dmspdml.tistory.com/entry/%EB%B0%94%EB%A5%B4%EB%B0%94%EB%9D%BCBarbara-%EC%B6%95%EC%9D%BC-12%EC%9B%94-4%EC%9D%BC, https://gcatholic.org/calendar/2025/KR-en, https://www.boston-catholic-journal.com/roman-martrylogy-in-english/roman-martyrology-december-in-english.htm#December_4th, https://www.catholictimes.org/article/200906250257672, et https://www.lemagfemmes.com/Fetes-populaires/Sainte-Barbe-et-les-Sapeurs-Pompiers.html.

 

Merci et bonne Sainte Barbe !

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