
Nous sommes aujourd’hui le jeudi de la première semaine
de l'Avent, où «Se préparer» est
le thème principal de ce temps de l’avent. La sainte Barbe est aussi
célébrée le 4 décembre en Corée, mais ce n’est pas une mémoire «obligatoire», elle est «facultative». Son nom fut très
populaire dans le royaume de Joseon
et il fut porté par une martyre Sainte Barbe Yi (1798-1839), une vierge de 15 ans qui subit la persécution de
Gihae (1839), après avoir échappé à un mariage avec un non chrétien, s’être mariée à un catholique, puis elle fait son veuvage chez sa tante catholique, torturée, elle est décapitée avec 5 autres
personnes. Elle est également la patronne de
nombreuses églises en Corée qu’elles soient catholiques, orthodoxes et
protestantes. Les Coréens
connaissent aussi la coutume des chrétiens
d'Europe centrale qui ont pour habitude de couper des branches de fruits ou
de fleurs et de les placer dans des vases à l'intérieur le 4 décembre, jour de
la Sainte Barbe. Ces branches fleurissent aux alentours de Noël
et, comme elles sont coupées le jour de la Saint Barnabé, on les appelle
branches de Barnabé. L'authenticité de Barbe
est fortement mise en doute, et les légendes
à son sujet sont très probablement fausses; c'est pourquoi sa fête a été
retirée du calendrier liturgique
depuis 1969, et c’est pour cela que l’ancien
martyrologue romain, qui parle de la passion de sainte Barbe est moins légendaire que les hagiographies, vierge et martyre, à Nicomédie lors de la
persécution de Maximin Daïa, qui
après une série de souffrances, un long emprisonnement, le supplice des torches
et l'amputation de ses seins, on mit fin à son martyre par l'épée, et celui
révisé de 2001 avec quelques modifications et ajouts en 2004, mentionnent tous
les deux saintes Barbe, la vierge
martyre de Nicomédie, parmi les martyrs
du 4 décembre, cependant, cet ajout de Barbe
le 4 décembre en Nicomédie n’est pas un incident, car on chercha à la
rapprocher du Martyrologe hiéronymien
du IVe siècle qui plaçait cinq
martyrs à Nicomédie le 4 décembre, mais qui ne la mentionnait pas.

On pense que Sainte
Barbe, était d’origine perse, ses parents ont sans doute fait partie de la population déportée selon les vieilles
coutumes du Proche-Orient par le souverain perse Chapour Ier, qui a envahi toute la Syrie en 252 et
occupa brièvement la ville d’Édesse en 262, parmi eux de nombreux chrétiens (les archives mentionnent un évêque déplacé avec toute sa communauté) qui s’établirent à
Édesse qui accueillit l'Église
assyrienne de l’Orient, chassée de Perse par les Sassanides, elle faisait sans doute partie de ces chrétiens syriaques d’origine perse et
comme le montre la littérature
syriaque du IIIe et IVe siècle les préoccupations
du présent l’emportait sur la réalité des faits passés chez ces chrétiens, ils avaient leur propre traduction
de la Septante en Syriaque, la
Peshitta, et cette insistance
sur les générations et les
millénaires de ce christianisme syriaque
explique pourquoi Rome a pu se méfier de ce mouvement, elle faisait sans doute partie des fils et des filles du pacte
qui regroupait des laïcs au service
d’une paroisse, engagés dans le célibat par des vœux, et elle fut martyrisée sous
l'empereur Maximin Daïa en 306, mais
il n'y a pas de trace exacte de sa vie et son lieu de martyr est incertain,
cependant cela a bien pu se passer en Syrie, plus particulièrement à Édesse, où
les chrétiens étaient poursuivis et
condamnés entre 307 et 309 selon les Actes
des Martyrs. Enfin, les chrétiens
récupérant son corps ne connaissant pas son nom, demandèrent la «barbare», ce terme signifiait «étranger» pour les Romains. Barbe
était honoré dès IVe siècle puisqu’Édesse lui était voué et un
monastère portait son nom.
Pour aller plus loin, je vous conseille
ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Hervé Inglebert, Aphraate, le "Sage Persan" : la première
historiographie syriaque, dans Syria.
Archéologie, Art et histoire, 78, 2001, pp. 179-208, Le Christianisme syriaque en Inde,
Conférence donnée le 7 avril 2018 par Françoise
Briquel-Chatonnet, docteur en Histoire, directrice de recherche au CNRS au
laboratoire ‘Orient et Méditerranée’, Florence Jullien, «Entre méfiance et fascination : figures
féminines d’influence en milieu monastique syriaque», dans G. Aragione, B. Föllmi (éds), 2019, https://dmspdml.tistory.com/entry/%EB%B0%94%EB%A5%B4%EB%B0%94%EB%9D%BCBarbara-%EC%B6%95%EC%9D%BC-12%EC%9B%94-4%EC%9D%BC,
https://gcatholic.org/calendar/2025/KR-en,
https://www.boston-catholic-journal.com/roman-martrylogy-in-english/roman-martyrology-december-in-english.htm#December_4th,
https://www.catholictimes.org/article/200906250257672,
et https://www.lemagfemmes.com/Fetes-populaires/Sainte-Barbe-et-les-Sapeurs-Pompiers.html.
Merci et bonne Sainte Barbe !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire