Amis

dimanche 24 mai 2026

L’Anniversaire de Bouddha et la Pentecôte, deux célébrations coréennes aux origines différentes

Nous fêtons aujourd’hui Yeondeunghoe qui est un événement culturel traditionnel de la Corée du Sud qui se déroule à chaque printemps, plus précisément le 8e jour du 4e mois du calendrier lunaire. Ce sera cette année le 24 mai. La célébration de l’anniversaire de Bouddha remonte au royaume de Silla (57 avant J.-C. – 935), pendant la période des Trois Royaumes. Le premier document historique relatant la célébration de l’anniversaire de Bouddha dans le temple Hwangnyongsa à Gyeongju date de l’année 866. Le festival des lanternes de Lotus a été organisé pour la première fois durant la dynastie Goryeo (918-1392) et occupa une place de plus en plus importante avant de devenir un des éléments fondamentaux de la culture coréenne. Cette période historique a été marquée par une intense ferveur religieuse. Le royaume attacha une grande importance au bouddhisme. Taejo Wusang Geon, fondateur de la dynastie Goryeo, unifia les Trois Royaumes sur la péninsule coréenne. Il ordonna la construction de nombreux monastères bouddhistes et, entre 1237 et 1248, la gravure de 81 258 blocs de bois représentant la collection la plus complète des textes, lois et traités bouddhistes (Tripitaka Koreana). Inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2020, il s’agit d’une célébration des lanternes où des milliers de lanternes sont suspendues et allumées pour illuminer les rues la nuit. De nombreux temples et organisations bouddhistes participent à l’événement. 

 

Le début de la fête est marqué par le rituel du bain dans l’eau d’une sculpture de Bouddha bébé afin de célébrer la naissance de Shakyamuni, un membre du clergé. Le rituel consiste à verser à l’aide d’une louche de l’eau sur la tête et les épaules du Bouddha. À l’origine un rituel religieux, aujourd’hui devenu une fête nationale du printemps ouverte à tout le monde. Les rues sont ornées de lanternes colorées en forme de lotus tandis que les foules, tenant des lanternes faites à la main, se rassemblent pour un défilé de célébration. Afin d’exprimer leurs meilleurs vœux, pour eux-mêmes, leurs familles, leurs quartiers et le pays tout entier. Allumer des lanternes symbolisent également l’illumination des individus, des communautés et de toute la société grâce à la sagesse de Bouddha. Les Temples Bouddhistes et la communauté perpétuent la tradition. Quelques semaines avant le jour J, la ville se couvre de lumière, notamment dans les Temples et le long du canal de Cheongyecheon. Les lanternes sur le canal sont fabriquées avec du papier hanji (papier traditionnel fabriqué à base de feuilles de mûrier). Outre la cérémonie de flottaison des lanternes, le festival propose également une variété d’activités et d’événements, notamment des spectacles de rue, des jeux et des concours traditionnels coréens, ainsi que des marchés alimentaires et artisanaux. Par ailleurs, l’Association de sauvegarde du Yeondeunghoe joue un rôle remarquable en organisant des programmes éducatifs. Cette fête est un moment de joie pendant lequel les clivages sociaux sont temporairement effacés. Durant les périodes marquées par des difficultés sociales, elle contribue à l’intégration des citoyens et les aide à surmonter leurs problèmes quotidiens.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-une-exposition-qui-celebre-la-richesse-des-fetes-traditionnelles-coreennes_60317536.html, https://french.korea.net/NewsFocus/HonoraryReporters/view?articleId=198237&pageIndex=1, https://ich.unesco.org/fr/RL/le-yeondeunghoe-fete-des-lanternes-en-republique-de-coree-00882, et https://www.souslecieldecoree.fr/20-festivals-incontournables-en-coree-du-sud/

 

Aujourd’hui en Corée, on fête aussi la solennité de la Pentecôte, qui est l'un des jours liturgiques de l'Église catholique. Elle est considérée comme l'un des trois piliers du calendrier chrétien, avec Noël et Pâques. Elle est célébrée cinquante jours après Pâques et commémore la descente du Saint-Esprit relatée dans le livre des Actes, chapitre 2, du Nouveau Testament. Ce n’est qu’à partir du IIe siècle, que la fête est mentionnée comme suivant celle de Pâques 50 jours après, empreinte de joie pascale comme le signale Tertullien vers 200, tombant souvent un dimanche, puis la fête est attestée à Rome et à Milan vers 380, et en Espagne au début du IVe siècle. À l’époque de Charlemagne, la Pentecôte est devenue une «fête d’obligation», mentionnée comme telle lors du concile régional de Mayence. Au cours de cette fête, l’Église catholique s’adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. En Corée, on voit ce jour comme celui de la naissance de l'Église, le nouveau peuple de Dieu. À l’occasion de la Pentecôte 2026, les églises du monde entier méditent à nouveau sur la confession du livre des Actes : «Ils furent tous remplis du Saint-Esprit.» Cependant, face à la stagnation de l'Église coréenne et à la chute de sa réputation, l'action du mouvement pentecôtiste protestant est plus cruciale que jamais à l’exemple de l'Église du Plein Évangile de Yoido, fondée en 1958 avec cinq membres, est un exemple représentatif du renouveau pentecôtiste. Depuis, elle est devenue la plus grande Église du monde, avec 100 000 fidèles en 1979, 500 000 en 1985, 700 000 en 1992 et 840 000 en 2008. Il s’est répandu sans aucune institution, grandement aidé par les facilités de transport et les mouvements migratoires, comme le retour aux pays des Philippins et des Coréens venant des États-Unis. Des mouvements de renouveau pentecôtistes sont signalés en Corée dès 1903, en Inde en 1905, en Mandchourie en 1908, et de façon tout à fait spectaculaire à la Mission de l’Azusa Street à Los Angeles, aux États-Unis, en 1906-190.

 

Sans doute, à partir de 30-32, le mouvement de Jésus se divise entre la famille de Jésus dirigée par Jacques, le frère du Seigneur, qui reste à Jérusalem, les femmes autour de Marie, la mère de Jésus, et les Douze qui stabilisent les mouvements galiléens. Tous se rassemblent à Jérusalem en temps de fêtes, car Jésus leur a dit de ne pas s’éloigner de Jérusalem. La communauté naissante est assidue à la prière et à l’enseignement de Jésus, et continue à monter au Temple, selon la stricte observance juive. Lors de la Pentecôte (Chavouot) de l’an 33, une fête agraire prescrite par la Torah devenue le jour où les Juifs se souviennent du don de la Loi à Moïse, qui est aussi l’un des trois grands pèlerinage de Jérusalem, le contexte social est favorable au mouvement de Jésus avec l’instabilité à Rome qui connaît une crise financière que l’empereur Tibère a provoqué afin de ruiner les sénateurs qui voulaient le trahir, une menace de guerre puisque Hérode Antipas répudia sa femme Phaséalis pour se marier avec Hérodiade, provoquant le conflit avec le roi des Nabatéens Arétas IV, et le préfet de Judée Pilate est désavoué par l’empereur et doit retirer ses boucliers dorés, le ‘noyau dur’ de la communauté chrétienne qui y voit une justification supplémentaire d’attendre le dénouement apocalyptique s’est réunie dans la «chambre haute» dans la ville basse de Jérusalem, ces quartiers modeste où Dieu établira son roi (Psaumes 2,6), réussie sa prédication auprès des pèlerins de la diaspora juive de l’empire romain et parthe pour propager «l’évangile de Jésus», menée par Pierre (Actes 2,14-42) qui est de plus en plus présent à Jérusalem et annonce la résurrection de Jésus comme la justification de la légitimité de sa prédication, appelle le peuple d’Israël à l’accomplissement des promesses du salut et à la repentance, c’est le point de départ de l’envoi vers les terres de missions juives qui ne se concrétisera qu’après la mort d’Étienne en 36. Le choix de la Pentecôte n’est pas un incident et s’explique par le fait que cette fête juive fait entrer dans la ville entre 100 000 et 200 000 pèlerins et elle a vu un soulèvement de la foule des pèlerins contre Sabinus, le préfet de Judée en 4 avant J.-C. après qu’il se soit emparé du trésor du Temple. La croissance de la communauté est fulgurante et elle touche aussi les environs de la ville.

 

Pour aller plus loin, je vous conseille ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Semitica, Volumes 18-22, Université de Paris. Institut d'études sémitiques, 1968, Philippe Rouillard, Les fêtes chrétiennes en Occident, éditions du Cerf, 2003, Didier Long, L'invention du christianisme, et Jésus devint Dieu, Plon, 2012, James D. Tabor, La véritable histoire de Jésus - Une enquête scientifique et historique sur l'homme et sa lignée, Groupe Robert Laffont, 2014, François Vouga, Une théologie du Nouveau testament, Labor et Fides, 2024, et https://en.namu.wiki/w/%EB%B6%80%ED%99%9C%20%EC%8B%9C%EA%B8%B0#s-4.2.6, https://www.asiatoday.co.kr/kn/view.php?key=20220905010001995, https://www.asiatoday.co.kr/kn/view.php?key=20220905010001995, et https://www.christiandaily.co.kr/amp/news/160242, et https://www.madinin-art.net/pentecote-ou-chavouot/

 

Merci, bon anniversaire de Bouddha et bonne Pentecôte !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Qu'allons nous voir ici ?

Ce blog s'intéressera avant tout à la question de l'historicité du roi Arthur durant les Dark Ages, une période de grands changeme...