Le jeu Legend of
Zelda a fêté ses 40 ans le samedi 21 février. Je vous invite à
replonger dans l’univers de cette célèbre saga, à travers anecdotes, chiffres
marquants et moments cultes qui ont façonné son histoire. En 1986, The Legend of Zelda voyait le
jour sur la console NES, posant les
fondations d’une légende du jeu vidéo et d’un univers qui allait marquer
plusieurs générations. Conçu par Shigeru
Miyamoto et Takashi Tezuka au
Japon, le jeu révolutionnait l’époque en proposant pour la première fois un
monde ouvert à explorer, mêlant aventure, énigmes et action, loin des parcours
linéaires alors dominants. Quarante ans plus tard, Zelda n’est pas seulement une franchise phare de Nintendo : elle incarne l’histoire et
l’identité créative de la société, symbole de l’inventivité japonaise et de
l’influence durable de Nintendo sur
la culture vidéoludique mondiale.

Le premier opus de la franchise de Nintendo a vu le jour au Japon, le 21 février 1986. Les Français
équipés d’une console NES n’ont,
eux, découvert The Legend of Zelda
qu’en novembre 1987. Le jeu imaginé par Shigeru
Miyamoto (déjà créateur de Mario)
et Takashi Tezuka, comporte de
nombreux éléments désormais cultes de la saga : son héros Link, la princesse Zelda
à laquelle il vient en aide, les rubis, le grand méchant Ganon et son splendide thème musical. Shigeru Miyamoto a choisi le nom de Zelda pour sa princesse en hommage à Zelda Fitzgerald, l’épouse de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald. Dans The
Legend of Zelda: Hyrule Historia, Miyamoto
raconte que le titre du jeu a mis du temps à se définir. Il avait déjà l’idée
de The Legend of… lorsque
qu’une personne du marketing lui a
suggéré le prénom Zelda, évoquant la
célèbre Américaine, pour accompagner le projet. Bien que le livre d’histoires
initialement prévu pour accompagner le jeu ait été abandonné, Miyamoto a obtenu l’autorisation de
garder le nom, donnant ainsi naissance au titre mythique The Legend of Zelda. The
Legend of Zelda puise ses racines dans l’enfance de Shigeru Miyamoto, inspiré par The
Tower of Druaga en 1984,
le jeu nous proposait de suivre les tribulations d'un chevalier venu porter secours à une princesse enlevée par un dragon,
on y trouvait déjà cette vue aérienne, un monde divisé en plusieurs écrans
juxtaposés, des donjons et la nécessité de faire appel à divers objets pour
progresser et ouvrir de nouveaux chemins en jouant à Hydlide, sans oublier le film Legend
de Ridley Scott en 1985, et marqué par ses explorations de la
campagne autour de Kyoto, entre forêts, lacs et grottes, notamment le souvenir
d’une caverne découverte à la lanterne, qui a nourri l’importance de
l’exploration dans la série vu dans des films tels qu'Indiana Jones. L’univers du jeu mêle aussi mythologies
celtiques, nordiques et japonaises, ainsi qu’une esthétique médiévale
occidentale, que Miyamoto résumait
comme un "jardin miniature"
vivant. Son collègue Takashi Tezuka
a enrichi le décor et le récit en s’inspirant notamment du Seigneur des
anneaux, de J. R. R. Tolkien. Considéré
comme l’une des œuvres les plus importants de l’histoire du jeu vidéo aux côtés
de Mario, The Legend of Zelda a été plusieurs fois pionnier de
l’industrie vidéoludique. En 1986, le principe de son monde ouvert, immense et
dans lequel on circule sans entrave, est entièrement nouveau. Depuis, Skyrim (2011), Elden Ring (2022), Grand Theft Auto (1997) et bien
d’autres s’en sont emparés. Très vite, Zelda
a inspiré une multitude de jeux, et cela dure depuis quatre décennies !
Aujourd’hui, des titres comme Grand
Theft Auto, Cyberpunk 2077
ou The Elder Scrolls V: Skyrim
ont popularisé les mondes ouverts, offrant aux joueurs la liberté de se
déplacer et d’interagir à volonté dans des univers gigantesques. Pourtant, à la
sortie du premier The Legend of Zelda,
ce concept était totalement inédit. Shigeru
Miyamoto souhaitait rompre avec les aventures linéaires de Mario et proposer un gameplay où
le joueur pouvait explorer à son rythme. Dès la sortie du second chapitre de la saga, Zelda ne ressemblait déjà plus à Zelda. Qu'on l'aime ou pas, avec sa carte du monde et ses
phases d'action en défilement horizontal, The
Adventure of Link était déjà annonciateur d'une tendance, celle d'une
famille de jeux qui n'allait (presque) jamais se ressembler d'un épisode à
l'autre.

Suivront le mélancolique Link's
Awakening en 1993, avec ses références et son rebondissement
narratif, et l’immersif A Link to the
Past qui est un épisode mythique de la saga Legend of Zelda sur Super
Nintendo, célèbre pour ses graphismes, sa bande sonore, ses donjons
ingénieux et ses nouveaux objets tels que le grappin, les bottes de Pégase et
la fameuse Excalibur. Puis, une série de jeux vidéo a été développée et
commercialisée sur Philips CD-i au
début des années 1990, fruit d'un compromis entre Philips et Nintendo,
suite à l'échec des deux sociétés à développer un périphérique CD pour la SNES. Créés sans aucune influence de
Nintendo, ces jeux sont Link: The
Faces of Evil en 1993, Zelda:
The Wand of Gamelon en 1993 et le film en prises de vues réelles Zelda's Adventure en 1995. Cette «trilogie» tranche radicalement avec le
reste de la série et est généralement considérée comme une œuvre de piètre
qualité par les fans et la critique. Nintendo
les a effacés du canon Zelda,
comme en témoigne leur absence de tous ses sites web et publications. Le design
et la personnalité des personnages semblent fortement inspirés de la série animée du même nom. Le
virage de la 3D négocié à merveille par le cultissime Ocarina of Time en 1998 et son système de verrouillage. Majora's Mask en 2000, une suite
directe qui, au lieu de se reposer sur ses lauriers, sortait de son chapeau une
structure temporelle unique sous l'impulsion d'un certain Eiji Aonuma. Oracle of
Ages et Oracle of Seasons
en 2001, les épisodes jumeaux interconnectés. Four Swords en 2002 remanie Link To the Past et sa préquelle The Minish Cap en 2004 permet l’exploration sous un nouveau
regard. The Wind Waker en 2003,
où l'art de prendre tout le monde de court avec une direction artistique aux
antipodes de la plupart des attentes de l'époque. Et au moment où l'on pense
que Zelda commence peut-être,
finalement, à s'essouffler un peu, avec un Skyward
Sword étriqué en 2011 qui faisait suite à un Twilight Princess en 2006 solide mais déjà un peu
conventionnel et à Phantom Hourglass
en 2007 au gameplay centré sur les voyages en bateau qui a été très bien
accueilli, la Switch arrive et avec
elle un nouveau changement de paradigme, un nouveau souffle pour la franchise
et pour la construction des mondes ouverts en général, Breath of the Wild en 2017 qui a encore élargi la liberté
d’exploration, laissant les joueurs découvrir l’univers par eux-mêmes, sans
imposer une carte truffée de points d’intérêt, suivi de Tears of the Kingdom en
2023 qui repousse les limites d’Hyrule plus loin que jamais. On retrouve les
modernes remasters tels que Link’s Awakening (2019, développé
par Grezzo) et Skyward Sword HD (2021, en collaboration avec Tantalus Media). Pour explorer
l’univers de Breath of the Wild
à travers un autre genre, Nintendo a collaboré avec Koei Tecmo pour le jeu Hyrule
Warriors: L’Ère de la Calamité, sorti en 2020, se déroulant un siècle
avant les événements de Breath of the
Wild. Ce n’était pas le premier jeu du genre, mais c’était le premier
directement lié à un épisode principal, en explorant la même esthétique
graphique. Nintendo a aussi développé une suite directe, acclamée par la
critique, Tears of the Kingdom,
lancée en 2023, se déroulant cinq ans après son prédécesseur et héritant de sa
carte, élargie cette fois avec le Souterrain et les Îles Célestes. Le
développement d’un autre musou, Hyrule Warriors: L’Ère de l’Exil,
semble venir compléter l’histoire de Link
et Zelda, s’étalant sur des siècles,
voire des millénaires, entre voyages dans le temps et transformations
fantastiques. Pour conclure cette “ère”
de la série, deux autres spin-offs ont vu le jour, Cadence of Hyrule (2019, développé par Brace Yourself Games) et l’ambitieux Echoes of Wisdom, en collaboration avec Grezzo.

La franchise The
Legend of Zelda a franchi un cap historique avec l’ère de la Nintendo Switch, marquant une rupture
nette avec les volumes de ventes des générations précédentes. Alors que le
record a longtemps été détenu par Ocarina
of Time (14,04 millions) et Twilight
Princess (10,02 millions), Breath
of the Wild a pulvérisé toutes les statistiques avec un score colossal
de 32,81 millions d'unités. Cette dynamique s'est confirmée avec Tears of the Kingdom, qui affiche
déjà 21,72 millions de ventes, prouvant que la licence est passée d'un succès
critique de niche à un véritable phénomène de masse... capable de porter à lui
seul les bilans financiers de Nintendo.
Mais derrière le jeu, il y a autant d’histoires croustillantes que de chiffres
qui font tourner la tête. Une cartouche scellée du mythique premier opus pour
la console Nintendo NES a été
adjugée à un prix record de 870 000 dollars. Datée de 1987, cette pièce faisait
partie des 443 lots de la vente, en ligne pour partie, et a été qualifiée par Eric Bradley, porte-parole de la maison
d’enchères de Dallas, de "pièce
maîtresse". Ce record mondial en dépasse un autre, où une cartouche Super Mario Bros avait été vendue
660 000 dollars. Pendant deux jours, Zelda
a détenu le titre du jeu vidéo vendu le plus cher au monde. Lors d’une vente
aux enchères aux États-Unis, le 9 juillet 2021, un acheteur a dépensé 870 000
dollars (environ 740 000 €) pour une cartouche pour la console NES encore dans son emballage et datant
de 1987. Du fait de la rareté de l’exemplaire, la maison d’enchères Heritage Auctions le considérait au
moment de sa cession comme la pièce maîtresse des 433 lots qu’elle proposait.
Mais ce record mondial n’aura duré que quelques dizaines d’heures, avant d’être
battu au cours de la même vente. Une cartouche de Super Mario 64, elle aussi encore dans son emballage
d’origine, a trouvé preneur pour 1,56 million de dollars ! Depuis la sortie de The Legend of Zelda en 1986, qui
a conquis près de 7 millions de joueurs
dans le monde, vingt autres jeux sont venus gonfler les rangs de la franchise.
De ces 21 jeux confondus, 150 millions d’exemplaires ont été vendus, dans une
forme physique ou numérique. C’est The
Legend of Zelda : Breath of the Wild (2017), sorti le jour du lancement
de la console Switch, qui tient le
haut du pavé, avec 34,32 millions de ventes. C’est le 21e jeu le
plus vendu dans le monde. Son successeur Tears
of the Kingdom (2023), sur la même console, arrive en deuxième position
: 21,5 millions de copies du jeu ont été vendues. Si les deux premières marches
du podium sont occupées par les derniers nés de la franchise, la médaille de
bronze revient à l’incontournable. The
Legend of Zelda : Ocarina of Time (1998), qui cumule plus de 14
millions de ventes. Premier jeu de la saga en 3D, il réinvente la formule de Zelda
pour l’adapter à cette technologie nouvelle. Salué comme un monument
vidéoludique, son influence continue de se faire sentir plus d’un quart de
siècle après.

Parmi les produits dérivés et autres déclinaisons de la
franchise Zelda, on trouve un
dessin animé méconnu, dont seulement 13 épisodes ont été produits en 1989. Princesse Zelda, série télévisée
d’animation canadienne et américaine reprend le scénario de la saga : Link, courageux combattant du royaume
d’Hyrule, doit veiller sur un puissant diamant ainsi que sur la princesse Zelda en repoussant les
attaques du maléfique Ganon. Dans la
série, cependant, Link est dépeint
comme un séducteur malhabile, obnubilé par la princesse, qui attend qu’elle le récompense d’un baiser (qu’elle ne
lui offrira pas !). À l’inverse, le jeu, lui, ne tranche jamais sur la nature
de la relation qui unit les deux protagonistes. Valiant Comics a publié entre 1990 et 1991 une série de bandes dessinées éphémère mettant en
scène les personnages et les décors
du dessin animé Zelda, dans le
cadre de sa collection Nintendo Comics
System. Par ailleurs, des mangas
ont été créés à partir de nombreux jeux de la série, notamment Legend of Zelda (1986 et 2 mangas
différents en 1989), A Link to the
Past (1992, 1992-1995, 1992-2003, 1993, 1995-1997, 2005), Link's Awakening (1993, 1994), Ocarina of Time (1998, une
version chinoise Ocarina of Time 3D
(Ming) en 2012), Majora's Mask (2000), Oracle of Ages et Oracle of Seasons (2009), The Wind Waker (2006), Four Swords Adventures (2009), The Minish Cap (2006), Skyward Sword (2011), Twilight Princess (2016-2023), et
Phantom Hourglass (2009). Ces
bandes dessinées et mangas ne sont pas considérés comme faisant partie de
l'univers étendu de Zelda. Cinq romans (publiés par Futabusha en 1986, 1987, et 3 en 1992)
et plusieurs mangas (publiés par Shiseisha) basés sur des aspects de la
série The Legend of Zelda ont
également été publiés comme The
Adventure of Link (1988, et 1991), Kwōku
and the Fairy Queen (1991-1992), 4-koma
Land: The Legend of Zelda (1993), et Oath of Riruto (1995-1996), ou encore des livres-jeux comme La Bataille du château Mirage en
1986. Des rumeurs circulaient concernant une adaptation télévisée de la série,
exclusive à Netflix, qui a vu son
projet annulé en 2025 après qu'une révélation publique ait alerté Nintendo, qui craignait de perdre le
contrôle de sa licence emblématique. À l’instar de ses compères Minecraft ou The Last of Us, Zelda
aura également droit à son adaptation en live-action. Le film The Legend of Zelda, réalisé par Wes Ball et produit par Shigeru Miyamoto et Avi Arad, sortira en salles le 7 mai
2027, avec Benjamin Evan Ainsworth
dans le rôle de Link et Bo Bragason dans celui de Zelda. Le tournage, cofinancé par Nintendo et Sony Pictures, se déroule actuellement à Wellington
(Nouvelle-Zélande) jusqu’en avril 2026, avec une distribution prévue en salles
puis sur Netflix, dans l’espoir d’un
succès mondial comparable à Super
Mario Bros... si les effets spéciaux sont à la hauteur de la magie
teintée de nostalgie que chacun des titres de la série fait naître chez les joueurs. Pas mal pour un personnage
mutique, car à l’origine, le mutisme de Link
était dû à une contrainte technique : les processeurs des consoles sur lesquels
fonctionnait le tout premier jeu de la saga ne permettaient d’obtenir que des
voix robotiques. Quand la contrainte technique est levée, en 1995, l’autre star
de Nintendo, Mario, se découvre une voix. Mais pas Link ! Shigeru Miyamoto,
créateur de la saga The Legend of
Zelda, a expliqué avoir voulu, à travers ce silence, donner à son héros
un air naïf, comme un enfant qui découvrirait le monde comme le fait le joueur
à travers lui. Il y a donc fort à parier qu’à l’avenir Link en reste à prononcer, tout au plus, un mot par décennie.

La saga Zelda
a marqué l'histoire de Nintendo en
s'illustrant sur 11 consoles différentes au fil des générations. Des débuts sur
NES jusqu'à l'ère hybride de la Switch, en passant par les consoles
portables comme la Game Boy ou la DS, chaque machine a accueilli au moins
un épisode majeur. Cette présence constante sur quatre décennies a permis à la
licence de s'adapter aux évolutions techniques, passant de la 2D à la 3D, tout en restant le pilier central de l'écosystème Nintendo. Et à l’occasion des 40 ans de
The Legend of Zelda, 9 jeux
cultes sont disponibles gratuitement via Nintendo
Switch Online que sont The
Legend of Zelda, The Adventure
of Link, A Link to the Past,
Link’s Awakening, Oracle of Seasons et Oracle of Ages, Ocarina of Time et Majora’s Mask, et Wind Waker.
Pour aller plus loin, je vous conseilles ces lectures qui m’ont
beaucoup aidé : https://zelda-archive.fandom.com/wiki/The_Legend_of_Zelda_series,
https://zelda.fandom.com/wiki/Manga,
https://zelda.fandom.com/wiki/The_Legend_of_Zelda_(series),
https://www.bfmtv.com/tech/gaming/the-legend-of-zelda-fete-ses-40-ans-de-la-nes-au-grand-ecran-plongee-dans-la-saga-mythique-du-jeu-video_AN-202602210032.html,
https://www.gamekult.com/actualite/zelda-le-souffle-de-l-aventure-qui-se-renouvelle-depuis-40-ans-3050868518.html,
https://www.la-croix.com/culture/zelda-retour-en-5-chiffres-sur-la-saga-qui-a-revolutionne-l-univers-du-jeu-video-20260220,
et https://lesnews.ca/tech/jeux-videos/40-ans-de-the-legend-of-zelda-une-quete-sans-fin-pour-laventure/.
Merci !
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