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mardi 24 février 2026

Legend of Zelda, 40 ans d’aventures

Le jeu Legend of Zelda a fêté ses 40 ans le samedi 21 février. Je vous invite à replonger dans l’univers de cette célèbre saga, à travers anecdotes, chiffres marquants et moments cultes qui ont façonné son histoire. En 1986, The Legend of Zelda voyait le jour sur la console NES, posant les fondations d’une légende du jeu vidéo et d’un univers qui allait marquer plusieurs générations. Conçu par Shigeru Miyamoto et Takashi Tezuka au Japon, le jeu révolutionnait l’époque en proposant pour la première fois un monde ouvert à explorer, mêlant aventure, énigmes et action, loin des parcours linéaires alors dominants. Quarante ans plus tard, Zelda n’est pas seulement une franchise phare de Nintendo : elle incarne l’histoire et l’identité créative de la société, symbole de l’inventivité japonaise et de l’influence durable de Nintendo sur la culture vidéoludique mondiale.

 

Le premier opus de la franchise de Nintendo a vu le jour au Japon, le 21 février 1986. Les Français équipés d’une console NES n’ont, eux, découvert The Legend of Zelda qu’en novembre 1987. Le jeu imaginé par Shigeru Miyamoto (déjà créateur de Mario) et Takashi Tezuka, comporte de nombreux éléments désormais cultes de la saga : son héros Link, la princesse Zelda à laquelle il vient en aide, les rubis, le grand méchant Ganon et son splendide thème musical. Shigeru Miyamoto a choisi le nom de Zelda pour sa princesse en hommage à Zelda Fitzgerald, l’épouse de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald. Dans The Legend of Zelda: Hyrule Historia, Miyamoto raconte que le titre du jeu a mis du temps à se définir. Il avait déjà l’idée de The Legend of… lorsque qu’une personne du marketing lui a suggéré le prénom Zelda, évoquant la célèbre Américaine, pour accompagner le projet. Bien que le livre d’histoires initialement prévu pour accompagner le jeu ait été abandonné, Miyamoto a obtenu l’autorisation de garder le nom, donnant ainsi naissance au titre mythique The Legend of Zelda. The Legend of Zelda puise ses racines dans l’enfance de Shigeru Miyamoto, inspiré par The Tower of Druaga en 1984, le jeu nous proposait de suivre les tribulations d'un chevalier venu porter secours à une princesse enlevée par un dragon, on y trouvait déjà cette vue aérienne, un monde divisé en plusieurs écrans juxtaposés, des donjons et la nécessité de faire appel à divers objets pour progresser et ouvrir de nouveaux chemins en jouant à Hydlide, sans oublier le film Legend de Ridley Scott en 1985, et marqué par ses explorations de la campagne autour de Kyoto, entre forêts, lacs et grottes, notamment le souvenir d’une caverne découverte à la lanterne, qui a nourri l’importance de l’exploration dans la série vu dans des films tels qu'Indiana Jones. L’univers du jeu mêle aussi mythologies celtiques, nordiques et japonaises, ainsi qu’une esthétique médiévale occidentale, que Miyamoto résumait comme un "jardin miniature" vivant. Son collègue Takashi Tezuka a enrichi le décor et le récit en s’inspirant notamment du Seigneur des anneaux, de J. R. R. Tolkien. Considéré comme l’une des œuvres les plus importants de l’histoire du jeu vidéo aux côtés de Mario, The Legend of Zelda a été plusieurs fois pionnier de l’industrie vidéoludique. En 1986, le principe de son monde ouvert, immense et dans lequel on circule sans entrave, est entièrement nouveau. Depuis, Skyrim (2011), Elden Ring (2022), Grand Theft Auto (1997) et bien d’autres s’en sont emparés. Très vite, Zelda a inspiré une multitude de jeux, et cela dure depuis quatre décennies ! Aujourd’hui, des titres comme Grand Theft Auto, Cyberpunk 2077 ou The Elder Scrolls V: Skyrim ont popularisé les mondes ouverts, offrant aux joueurs la liberté de se déplacer et d’interagir à volonté dans des univers gigantesques. Pourtant, à la sortie du premier The Legend of Zelda, ce concept était totalement inédit. Shigeru Miyamoto souhaitait rompre avec les aventures linéaires de Mario et proposer un gameplay où le joueur pouvait explorer à son rythme. Dès la sortie du second chapitre de la saga, Zelda ne ressemblait déjà plus à Zelda. Qu'on l'aime ou pas, avec sa carte du monde et ses phases d'action en défilement horizontal, The Adventure of Link était déjà annonciateur d'une tendance, celle d'une famille de jeux qui n'allait (presque) jamais se ressembler d'un épisode à l'autre. 

 

Suivront le mélancolique Link's Awakening en 1993, avec ses références et son rebondissement narratif, et l’immersif A Link to the Past qui est un épisode mythique de la saga Legend of Zelda sur Super Nintendo, célèbre pour ses graphismes, sa bande sonore, ses donjons ingénieux et ses nouveaux objets tels que le grappin, les bottes de Pégase et la fameuse Excalibur. Puis, une série de jeux vidéo a été développée et commercialisée sur Philips CD-i au début des années 1990, fruit d'un compromis entre Philips et Nintendo, suite à l'échec des deux sociétés à développer un périphérique CD pour la SNES. Créés sans aucune influence de Nintendo, ces jeux sont Link: The Faces of Evil en 1993, Zelda: The Wand of Gamelon en 1993 et le film en prises de vues réelles Zelda's Adventure en 1995. Cette «trilogie» tranche radicalement avec le reste de la série et est généralement considérée comme une œuvre de piètre qualité par les fans et la critique. Nintendo les a effacés du canon Zelda, comme en témoigne leur absence de tous ses sites web et publications. Le design et la personnalité des personnages semblent fortement inspirés de la série animée du même nom. Le virage de la 3D négocié à merveille par le cultissime Ocarina of Time en 1998 et son système de verrouillage. Majora's Mask en 2000, une suite directe qui, au lieu de se reposer sur ses lauriers, sortait de son chapeau une structure temporelle unique sous l'impulsion d'un certain Eiji Aonuma. Oracle of Ages et Oracle of Seasons en 2001, les épisodes jumeaux interconnectés. Four Swords en 2002 remanie Link To the Past et sa préquelle The Minish Cap en 2004 permet l’exploration sous un nouveau regard. The Wind Waker en 2003, où l'art de prendre tout le monde de court avec une direction artistique aux antipodes de la plupart des attentes de l'époque. Et au moment où l'on pense que Zelda commence peut-être, finalement, à s'essouffler un peu, avec un Skyward Sword étriqué en 2011 qui faisait suite à un Twilight Princess en 2006 solide mais déjà un peu conventionnel et à Phantom Hourglass en 2007 au gameplay centré sur les voyages en bateau qui a été très bien accueilli, la Switch arrive et avec elle un nouveau changement de paradigme, un nouveau souffle pour la franchise et pour la construction des mondes ouverts en général, Breath of the Wild en 2017 qui a encore élargi la liberté d’exploration, laissant les joueurs découvrir l’univers par eux-mêmes, sans imposer une carte truffée de points d’intérêt, suivi de Tears of the Kingdom en 2023 qui repousse les limites d’Hyrule plus loin que jamais. On retrouve les modernes remasters tels que Link’s Awakening (2019, développé par Grezzo) et Skyward Sword HD (2021, en collaboration avec Tantalus Media). Pour explorer l’univers de Breath of the Wild à travers un autre genre, Nintendo a collaboré avec Koei Tecmo pour le jeu Hyrule Warriors: L’Ère de la Calamité, sorti en 2020, se déroulant un siècle avant les événements de Breath of the Wild. Ce n’était pas le premier jeu du genre, mais c’était le premier directement lié à un épisode principal, en explorant la même esthétique graphique. Nintendo a aussi développé une suite directe, acclamée par la critique, Tears of the Kingdom, lancée en 2023, se déroulant cinq ans après son prédécesseur et héritant de sa carte, élargie cette fois avec le Souterrain et les Îles Célestes. Le développement d’un autre musou, Hyrule Warriors: L’Ère de l’Exil, semble venir compléter l’histoire de Link et Zelda, s’étalant sur des siècles, voire des millénaires, entre voyages dans le temps et transformations fantastiques. Pour conclure cette “ère” de la série, deux autres spin-offs ont vu le jour, Cadence of Hyrule (2019, développé par Brace Yourself Games) et l’ambitieux Echoes of Wisdom, en collaboration avec Grezzo.

 

La franchise The Legend of Zelda a franchi un cap historique avec l’ère de la Nintendo Switch, marquant une rupture nette avec les volumes de ventes des générations précédentes. Alors que le record a longtemps été détenu par Ocarina of Time (14,04 millions) et Twilight Princess (10,02 millions), Breath of the Wild a pulvérisé toutes les statistiques avec un score colossal de 32,81 millions d'unités. Cette dynamique s'est confirmée avec Tears of the Kingdom, qui affiche déjà 21,72 millions de ventes, prouvant que la licence est passée d'un succès critique de niche à un véritable phénomène de masse... capable de porter à lui seul les bilans financiers de Nintendo. Mais derrière le jeu, il y a autant d’histoires croustillantes que de chiffres qui font tourner la tête. Une cartouche scellée du mythique premier opus pour la console Nintendo NES a été adjugée à un prix record de 870 000 dollars. Datée de 1987, cette pièce faisait partie des 443 lots de la vente, en ligne pour partie, et a été qualifiée par Eric Bradley, porte-parole de la maison d’enchères de Dallas, de "pièce maîtresse". Ce record mondial en dépasse un autre, où une cartouche Super Mario Bros avait été vendue 660 000 dollars. Pendant deux jours, Zelda a détenu le titre du jeu vidéo vendu le plus cher au monde. Lors d’une vente aux enchères aux États-Unis, le 9 juillet 2021, un acheteur a dépensé 870 000 dollars (environ 740 000 €) pour une cartouche pour la console NES encore dans son emballage et datant de 1987. Du fait de la rareté de l’exemplaire, la maison d’enchères Heritage Auctions le considérait au moment de sa cession comme la pièce maîtresse des 433 lots qu’elle proposait. Mais ce record mondial n’aura duré que quelques dizaines d’heures, avant d’être battu au cours de la même vente. Une cartouche de Super Mario 64, elle aussi encore dans son emballage d’origine, a trouvé preneur pour 1,56 million de dollars ! Depuis la sortie de The Legend of Zelda en 1986, qui a conquis près de 7 millions de joueurs dans le monde, vingt autres jeux sont venus gonfler les rangs de la franchise. De ces 21 jeux confondus, 150 millions d’exemplaires ont été vendus, dans une forme physique ou numérique. C’est The Legend of Zelda : Breath of the Wild (2017), sorti le jour du lancement de la console Switch, qui tient le haut du pavé, avec 34,32 millions de ventes. C’est le 21e jeu le plus vendu dans le monde. Son successeur Tears of the Kingdom (2023), sur la même console, arrive en deuxième position : 21,5 millions de copies du jeu ont été vendues. Si les deux premières marches du podium sont occupées par les derniers nés de la franchise, la médaille de bronze revient à l’incontournable. The Legend of Zelda : Ocarina of Time (1998), qui cumule plus de 14 millions de ventes. Premier jeu de la saga en 3D, il réinvente la formule de Zelda pour l’adapter à cette technologie nouvelle. Salué comme un monument vidéoludique, son influence continue de se faire sentir plus d’un quart de siècle après.

 

Parmi les produits dérivés et autres déclinaisons de la franchise Zelda, on trouve un dessin animé méconnu, dont seulement 13 épisodes ont été produits en 1989. Princesse Zelda, série télévisée d’animation canadienne et américaine reprend le scénario de la saga : Link, courageux combattant du royaume d’Hyrule, doit veiller sur un puissant diamant ainsi que sur la princesse Zelda en repoussant les attaques du maléfique Ganon. Dans la série, cependant, Link est dépeint comme un séducteur malhabile, obnubilé par la princesse, qui attend qu’elle le récompense d’un baiser (qu’elle ne lui offrira pas !). À l’inverse, le jeu, lui, ne tranche jamais sur la nature de la relation qui unit les deux protagonistes. Valiant Comics a publié entre 1990 et 1991 une série de bandes dessinées éphémère mettant en scène les personnages et les décors du dessin animé Zelda, dans le cadre de sa collection Nintendo Comics System. Par ailleurs, des mangas ont été créés à partir de nombreux jeux de la série, notamment Legend of Zelda (1986 et 2 mangas différents en 1989), A Link to the Past (1992, 1992-1995, 1992-2003, 1993, 1995-1997, 2005), Link's Awakening (1993, 1994), Ocarina of Time (1998, une version chinoise Ocarina of Time 3D (Ming) en 2012), Majora's Mask (2000), Oracle of Ages et Oracle of Seasons (2009), The Wind Waker (2006), Four Swords Adventures (2009), The Minish Cap (2006), Skyward Sword (2011), Twilight Princess (2016-2023), et Phantom Hourglass (2009). Ces bandes dessinées et mangas ne sont pas considérés comme faisant partie de l'univers étendu de Zelda. Cinq romans (publiés par Futabusha en 1986, 1987, et 3 en 1992) et plusieurs mangas (publiés par Shiseisha) basés sur des aspects de la série The Legend of Zelda ont également été publiés comme The Adventure of Link (1988, et 1991), Kwōku and the Fairy Queen (1991-1992), 4-koma Land: The Legend of Zelda (1993), et Oath of Riruto (1995-1996), ou encore des livres-jeux comme La Bataille du château Mirage en 1986. Des rumeurs circulaient concernant une adaptation télévisée de la série, exclusive à Netflix, qui a vu son projet annulé en 2025 après qu'une révélation publique ait alerté Nintendo, qui craignait de perdre le contrôle de sa licence emblématique. À l’instar de ses compères Minecraft ou The Last of Us, Zelda aura également droit à son adaptation en live-action. Le film The Legend of Zelda, réalisé par Wes Ball et produit par Shigeru Miyamoto et Avi Arad, sortira en salles le 7 mai 2027, avec Benjamin Evan Ainsworth dans le rôle de Link et Bo Bragason dans celui de Zelda. Le tournage, cofinancé par Nintendo et Sony Pictures, se déroule actuellement à Wellington (Nouvelle-Zélande) jusqu’en avril 2026, avec une distribution prévue en salles puis sur Netflix, dans l’espoir d’un succès mondial comparable à Super Mario Bros... si les effets spéciaux sont à la hauteur de la magie teintée de nostalgie que chacun des titres de la série fait naître chez les joueurs. Pas mal pour un personnage mutique, car à l’origine, le mutisme de Link était dû à une contrainte technique : les processeurs des consoles sur lesquels fonctionnait le tout premier jeu de la saga ne permettaient d’obtenir que des voix robotiques. Quand la contrainte technique est levée, en 1995, l’autre star de Nintendo, Mario, se découvre une voix. Mais pas Link ! Shigeru Miyamoto, créateur de la saga The Legend of Zelda, a expliqué avoir voulu, à travers ce silence, donner à son héros un air naïf, comme un enfant qui découvrirait le monde comme le fait le joueur à travers lui. Il y a donc fort à parier qu’à l’avenir Link en reste à prononcer, tout au plus, un mot par décennie.

 

La saga Zelda a marqué l'histoire de Nintendo en s'illustrant sur 11 consoles différentes au fil des générations. Des débuts sur NES jusqu'à l'ère hybride de la Switch, en passant par les consoles portables comme la Game Boy ou la DS, chaque machine a accueilli au moins un épisode majeur. Cette présence constante sur quatre décennies a permis à la licence de s'adapter aux évolutions techniques, passant de la 2D à la 3D, tout en restant le pilier central de l'écosystème Nintendo. Et à l’occasion des 40 ans de The Legend of Zelda, 9 jeux cultes sont disponibles gratuitement via Nintendo Switch Online que sont The Legend of Zelda, The Adventure of Link, A Link to the Past, Link’s Awakening, Oracle of Seasons et Oracle of Ages, Ocarina of Time et Majora’s Mask, et Wind Waker

 

Pour aller plus loin, je vous conseilles ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : https://zelda-archive.fandom.com/wiki/The_Legend_of_Zelda_series, https://zelda.fandom.com/wiki/Manga, https://zelda.fandom.com/wiki/The_Legend_of_Zelda_(series), https://www.bfmtv.com/tech/gaming/the-legend-of-zelda-fete-ses-40-ans-de-la-nes-au-grand-ecran-plongee-dans-la-saga-mythique-du-jeu-video_AN-202602210032.html, https://www.gamekult.com/actualite/zelda-le-souffle-de-l-aventure-qui-se-renouvelle-depuis-40-ans-3050868518.html, https://www.la-croix.com/culture/zelda-retour-en-5-chiffres-sur-la-saga-qui-a-revolutionne-l-univers-du-jeu-video-20260220, et https://lesnews.ca/tech/jeux-videos/40-ans-de-the-legend-of-zelda-une-quete-sans-fin-pour-laventure/.

 

Merci !

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