
L’Église fait la
mémoire (facultative) de la fête de Saint
Nicolas, archevêque de Myre comme c’est le cas en Corée. Le Martyrologue romain nous signale la
célébration le 6 décembre à Myre de l'anniversaire de saint Nicolas, évêque et confesseur,
qui raconte un de ses miracles où il incita l’empereur Constantin dans une vision à la clémence envers des hommes l’ayant appelé à l’aide, et dans
ses versions révisées en 2001
et en 2004, on le donne le 6
décembre comme évêque de Myre en Lycie, réputé pour sa sainteté et son
intercession auprès du trône de la grâce divine. Dans sa version la plus
ancienne le Martyrologue
insistait les miracles du saint,
alors que dans les plus récentes on insiste sur son rôle d’évêque. Il
faut dure que Nicolas de Myre, dont
la célébrité est assez tardive et sans doute confondue avec celle du moine Nicolas de Sion vivant en Lycie
au VIe siècle, a été aussi ajouté à la liste des Pères du Concile de Nicée en
325, ce qui atteste du développement de son culte à l’époque de Justinien au VIe siècle. On
ne sait pas grande chose de lui à part que Nicolas
de Myre est né de parents chrétiens
s’étant enrichis dans le commerce à Patara vers 270, en Lycie au sud de
l’actuelle Turquie, et après la mort de ces derniers lors d’une épidémie, il
hérite d’une grande fortune, et aide tout le monde sans distinction. Après
s’être installé à Myre, il devient évêque désigné par les chrétiens de la ville alors qu’il n’est qu’un diacre, puis il sauve
les gens d'une grande famine en
réquisitionnant une partie du blé d'un navire romain en 311 et en 333, il est
emprisonné en 312 à cause des conflits entre païens et chrétiens,
puis libéré en 313 quand Constantin
devient empereur et fait du christianisme
la religion officielle, il aurait aussi sauvé 3 officiers accusés de haute trahison en convainquant l'empereur Constantin, ou 3 jeunes hommes injustement condamnés à
mort, en prenant leur défense devant le gouverneur
local, et obtint une réduction d'impôts de l'empereur Constantin, on ne sait pas si Nicolas participa à l'important Concile de Nicée en 325,
mais il lutta contre l’arianisme et
réussit à convaincre Théognis de Nicée
d’accepter le concile avant son exil en Gaule, et son dernier coup d'éclat est
la destruction du temple païen d'Artémis
à Myre, et il y a été inhumé vers 340-343.

Son culte très oriental notamment à Constantinople, où les
sceaux et représentations artistiques sont en sa faveur, se répand en Italie au
VIIe siècle, dans l’Empire
carolingien au IXe siècle, surtout Germanie et en Alsace vers la
fin du IXe siècle. Entre le Xe-XIe siècle, saint Nicolas est un saint de combat,
puisque le culte du saint se développe en Espagne face aux progrès de l’Islam, il est fondé sur la protection
des pèlerins et le soutien dans la
confrontation avec les musulmans, et
il devient le saint protecteur des croisés
irlandais. Cela explique aussi pourquoi la tonalité anti-islamique du culte
qui s’explique quant à elle par la situation des deux principaux sanctuaires du
saint, Bari, terme de la translation (1087, suite vol du corps du saint par des
marchands de la ville), et Myre,
premier sanctuaire du saint historique : la fondation des émirats de Bari et de Tarente au IXe siècle et la conquête saldjoukide de
Myre au XIe siècle.
C’est le moment où il est passé de pasteur d’Orient à patron vénéré en Occident
à la faveur de la translation de ses reliques en 1087 à Bari. Le culte se
répand aussi en Europe de l’Est, et se partage entre Orthodoxes et Catholiques.
Au XIe-XIIIe siècle, saint
Nicolas devient l’arme de la réforme grégorienne notamment en France
puisque sa charité doit contribuer à une moralisation des comportements et son
incarnation du modèle épiscopal doit participer à une valorisation du
sacerdoce, et la dimension réformatrice du culte de Saint Nicolas qui s’y est développé au XIe siècle va se
retrouver dans le contexte de la Lorraine de la réforme tridentine entre
le XVIe et le XVIIe siècle. Ce ne sera qu’au XIIe
siècle, que saint Nicolas sera lié
aux cadeaux car des religieuses
françaises ont commencé à distribuer des bonbons et des cadeaux aux enfants nécessiteux, même si la Réforme
protestante au XVIe siècle tenta d’y mettre fin aux Pays-Bas et
en Allemagne, la tradition festive continua et s’exporta aux États-Unis au
XVIIe siècle, et à cause de la dégradation des festivités de Noël en
Angleterre et en Amérique au XIXe siècle du fait des réjouissances
en plein air, avec l’abus d'alcool et les tapages, on créa pour y mettre fin
une version moins religieuse du saint mais tout aussi morale, Santeclaus, Sandy Klaw ou le Père Noël,
avant qu’il devienne plus réjouissant vers 1900.

Des églises en Corée l’ont comme saint patron. À l'entrée de la
cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas, dans le quartier d'Ahyeon-dong, à Mapo-gu
(Séoul), se dresse une icône du saint patron, Nicolas. À moins de vingt minutes en
métro de la cathédrale Saint-Nicolas, la cathédrale anglicane de Séoul a
également saint Nicolas comme
co-patron (l'autre étant la Vierge Marie).
Et Partout au pays, les églises organisent diverses manifestations pour
célébrer la Nativité et perpétuer la tradition de générosité de Saint Nicolas. Le siège du Mouvement Un Esprit, Un Corps (présidé
par l'évêque Timothy Yoo Kyung-chon)
mène depuis 2006 une campagne pour mettre en pratique l'esprit de partage du Père Noël. L'opération «Soyez le Père Noël» consiste à
offrir des cadeaux de Noël aux enfants
et adolescents atteints de cancer
pédiatrique ou de maladies rares et
incurables. Kim Young-sam (Gregorio), responsable des relations
publiques du siège du Mouvement Un Esprit,
Un Corps, a déclaré : «Nous avons
lancé cette campagne de distribution de cadeaux pour partager la joie de Noël
avec les enfants hospitalisés qui ne peuvent pas le fêter pleinement. Nous
espérons qu'elle nous permettra de mettre en pratique l'esprit de générosité
incarné par le Père Noël.» La branche coréenne de l'Aide à l'Église en Détresse (AED),
une fondation pontificale (Président : l'évêque
Yoo Kyung-chon), demande également aux gens de passer Noël à faire
preuve de charité envers les familles de
réfugiés à travers la campagne «Espoir
pour les familles chrétiennes réfugiées».
Pour aller plus loin, je vous conseille
ces lectures qui m’ont beaucoup aidé : Jean-Marie Mayeur, André
Vauchez, Luce Pietri, et Marc Venard, Histoire du christianisme T.2 : Naissance d'une chrétienté
(250-430), Desclée, 1995, Thierry
Wintzner, St Nicolas de l'Orient à
l'Occident, Editions du Signe, 2003, Pierre Maraval, Le
christianisme, de Constantin à la conquête arabe, Humensis, 2015, Véronique Gazeau, Catherine Guyon et Catherine
Vincent (dir.), En Orient et en
Occident, le culte de Saint Nicolas en Europe (Xe-XXIe siècle), actes du
colloque de Lunéville et Saint-Nicolas-de-Port, 5 au 7 Paris, Les
Éditions du Cerf, («Patrimoines»),
2015, https://journals.openedition.org/rhr/8868,
et https://www.persee.fr/doc/rhef_0048-7988_2016_num_102_249_4971_t12_0419_0000_2,
https://gcatholic.org/calendar/2025/KR-en,
https://cafe.daum.net/ang.daejeon/67mm/586,
https://www.boston-catholic-journal.com/roman-martrylogy-in-english/roman-martyrology-december-in-english.htm#December_6th,
https://www.boston-catholic-journal.com/2004-roman-martyrology-complete-in-english/roman-martyrology-2004-in-english-complete-december.htm#D6,
https://www.catholictimes.org/article/202212200148344,
https://www.reflexionchretienne.fr/pages/archives-eucharistie/annee-2012/decembre-2012/eucharistie-du-jeudi-06-decembre-2012-jeudi-de-la-1ere-semaine-de-l-avent-l-eglise-fait-memoire-de-la-fete-de-saint-nicolas.html, https://www.stnicholascenter.org/who-is-st-nicholas/origin-of-santa/bowler, https://www.stnicholascenter.org/who-is-st-nicholas, https://www.stnicholascenter.org/who-is-st-nicholas/real-person, et https://www.stnicholascenter.org/who-is-st-nicholas/real-person/early-sources.
Merci et bonne Saint Nicolas !
COUCOU ... BONJOUR mon cher ALEXANDRE,
RépondreSupprimeret voilà la 2ème Bougie de la Couronne allumée maintenant,
je TE souhaite un heureux 2ème Dimanche de l'AVENT.
Profitons de la " douceur " avec cette météo inhabituelle,
mais cela ne nuit pas à l'atmosphère heureuse de Noël.
BONNE JOURNÉE ... CIAO @ + ... KISS ... AMITIÉS.
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Bonsoir Taigon, Juste un petit coucou ce soir mes enfants viennent de repartir. J'espère que tu as passé un bon deuxième dimanche de l'Avent .C'est avec du mauvais temps que je passe pour te souhaiter une bonne soirée et aussi une douce nuit et je te joins de gros bisous
RépondreSupprimerBrigitte
PS très bel article et haeder